‹ Le général FaidherbeChapitre 23 sur 40 · Devienne, Souvenirs d'un mobilisé lillois · texte numérisé non relu

Devienne, Souvenirs d'un mobilisé lillois

LE i.;fiSÉit\L FAIDIIERUK tails '. » Quelques-uns l'appelaient u le géaérâl bronze '■.

Tout daos ces relalioDS, dont oa pourrait luull les témoignages, connrme l'estime affectueuse et 6ante que l'aroiée professait pour Faidherbe. Un vain militaire, qui s'est quelquefois montré ai pour lui, a dit : « Le général Faidherbe, tout le moode ie reconnaît, flt preuve â Pont-Noyellea d'une extrême bravoure... 11 excita l'admiratioit du soldat, qui le voyait s'exposer comme lui; mais peut être le commandement soulTrit-il un peu de la part trop large que le général prit, ce jour-là, aux dilTérenla épisodes do combat. Les générau^L commandant les divisions se mirent aussi souvent â la tête de leurs troupes composées en grande partie de soldats de la veille ', u Ne semble-t-il pas qae la critique, au lieu de l'alTaibUr, fortifie l'éloge ?

Dans toutes les batailles que uoua avons livrées aux Prussiens, nous disait un officier de l'armée du Nord, improvisé comme elle, particulièrement à Pont-NoyeU les, nous avons tous passé par trois phases d'émotions. Le matin, surtout si le temps était elaii', ai le aolett.' brillait, les cœurs s'ouvraient à la joie, à l'espéraoCB;, L'enthousiasme qui manquait était remplacé par une sorte de foi que nous soufflait un rêve de victoire. A midi, échauffés par le combat, voyant que nous gardions nos positions, que l'ennemi n'avançait pas on avançait peu, nous étions contents de nous-mêmes; notre force se retrempait à notre succès : on était devenu capable des plus énergiques elTorts. Mais quand la brume, estompant le paysage, commençait h, voiler

i. Cnnsoul, Va bataillon de mobilea pendant la guerre,

ï."* Oiiérations del'armfe fraa;aiiedaNorii.{Ti

% nature,!'ame peu à peu s'ahaoclonnait à la tristesse,

i le découragement nous envahissait avec le soir..

^■est le moment où la fièvre tombe. La réflexion re-,

irend le dessus, et avec elle le sentiment du danger,,,

|} doute, l'amour de la vie, iout ce qui affaiblit la réso—

ition, éteint l'héroïsme. C'est alors que l'apparitîoa

Ru général en chef, comme le dieu des batailles anti-

[aes, raffermissant le courage, peut sauver la fortunel.

A 3 heures et demie les Prussiens, dans un effort,,

npréme, attaquèrent avec une furieuse énergie les.

Eb^teurs qui dominent Pont-Noyelles. Faidherbe S6i

■porta devant nos ligues qu'il parcourut au galop. Son.

attitude électrisa les tirailleurs répandus dans la valléa.

de l'Hallue : ils répondirent par une fusillade nourria-

à l'assaut des Prussiens. Ce ne fut toutefois qu'en ar-i

rivant sur la seconde ligne que l'ennemi rencontra une

résistance invincible. On se touchait : Allemands et,

Français se ruèrent dans une mêlée sanglante au milieii^

du crépitement de la fusillade, sons les éclats de l'arlil^d

lerie qui tonnait dans les hauteurs.

En même temps les Prussiens s'efforçaient de pren-, dre la posilion en la tournant. Avec audace, prudenceet bravoure ils se glissent par un chemin creux presque à pic et apparaissent subitement sur la crête, à la. droite de la 2° division, L'efiet fut terrible ; les canons lâchèrent vainement leur dernière volée; deux pièces tombèrent au pouvoir de l'ennemi. Mais, s'enlevant, dans un cri de colère, l'infanterie bondit ; le 33° par une attaque de flanc, une compagnie de mobiles de Somme-ct-Marne, capitaine d'Haulerive. par une charge de"' front, brisent l'cian de l'ennemi. Toute la^ ligne allemande Hotte un moment, recule, regagne les. borda. de la rivière, serrée de près par nos troupes vie-'

LE GÉSÉRAL FAIllllKRriE

torieusea. Autour de Patit-Koyelles le combat reprend avec une nouvelle fureur. Les Français s'emparent do village. Ce fut le terme de leur succès. C'est là qu'on vit bien le pouvoir de la discipline. Tandis que dans l'effervescence de la lutte nos soldats, confondant les rangs, méconnaissant la voix de leurs offieiers, se précipitaient, les uns dans les maisons de Pont-Noyelle( pour continuer le carnage, les autres sur la route ma-*'j récageuse de Querrîeux, les Prussiens se reformaient^ recevaient desrenforls, couvraient l'assaillant de lem feux. La déroute devint bientôt irrémédiable. Unesoi^ de pani[|ue entraîna dans une retraite folle mobiles ^ réguliers. Beaucoup jetèrent leurs armes, désertère le champ de bataille, annonçant sur leur passage la  faite et la ruine de l'armée.

Le général du Bessol ae trouvait dans la position U plus critique. II ne lui restait qu'un bataillon d'il terie de marine. II l'oppose aux Prussiens qui recofli mencent l'assaut du plateau. Le clairon sonne pot^ ranimer les combattants, rappeler les fuyards, s'élance et les Prussiens sont encore ramenés à Po^ Noyelles, que l'arlilierie française écrase de s

Ce fut tout. La nuit était venue. L'artillerie seuljj continua à tirer sur le malbeureux village dontI< flammes éclairaient la vallée d'une sinistre lueur.

A gaucbe, la lutte n'avait pas été moins vive. L'ani rai Moulnc, chargé d'enlever le village de Daoui avait écboué dans un premier assaut malgré la v lance du i9° chasseurs.

Faidherbe, arrivant sut ces entrefaites, renouvôl l'attaque en portant au secours des chasseurs une coh| pagnie de marins. Ces braves gens se précipilfepiil| dans les rues. Mais criLlés de balles, d'éclats'^

tA CAMPAGNE DE L'ARMÉE DU NORD eaitraille, bientôt cernés de toutes parts, ceux qui q& ' tombèrent pas restèrent en grand nombre aux main» i e l'ennemi.

i A l'extrême droite, la division Derroja réussit à-' Opécher Vennemi de s'étendre, tant par un bon emtdoi de son artillerieque par les bonnes positions qu'elle int occuper. » (Faidherbe.) De ce coté on pouvait si [Vanter d'un succèa relatif. En effet, après une charge' j iïiriilanle, nous avions arraché aux Prussiens les vil» tages de Bavelincourt et de Eéhencourt, que nous gar- ^^èmeit malgré plus d'un retour offensif. Là au moins^ ^ous restions maîtres de la rive droite de la rivière. - Telle fut la bataille à laquelle les Français ont donné- I enom du village de Pont-Noyelles, centre et p fpal théâtre de la lutte, et que les Allemands appellenL 1 '"«taille de l'Hailue.

[ Nos troupes, dit Faidherbe, occupaient les posi- " lions de combat que nous avions choisies et se conai- ] déraient par cela même comme victorieuses. On leur fit- 1 comprendre qu'à la guerre on constatait sa victoire e; couchant sur le champ de bataille et qu'il ne pouvaîLJ être question de reprendre des cantonnements à plusieurs lieues en arrière. On bivouaqua donc surplace.

K L'issue défavorable de la bataille de l'Hallue, dit \ la relation de létal-major allemand, avait profondément ébranlé les troupes françaises, qui n'avaient pa» | eu le temps d'acquérir encore beaucoup de consistance £ et dont une partie d'ailleurs était insuffisamment équi-^ pée en vue de froids rigoureux. Le général Faidherbei'J renonçait par suite â prolonger sa résistance et il ra-', menait son arméesous la protection desplaces fortes'.

1. Èlal-majM- : la Guen-e /ranco-allemande (Irad. Costa d«^ S«rda;.

T'nrr

LE GKNÉILIL FAllIHEfiBE

Les dei^x partis s'attribuèrent la victoire. En réalitéi la bataille fut indécise. Mais elle profita peul-ëtre eux Français qu'aux Allemands. Le Havre sauvé, une - armée allemande retenue sur la Somme, la certitude ■ que l'armée du Nord pouvait tenir tête à son redouta- ' ble adversaire, tels Turent pour nous les résultats de cette honorable, sinon victorieuse journée.

D'après Faidherbe, nos perles s'élevaient à 136 sol- ' âats et 5 officiers tués, 860 soldats et 4S ofQciers blessés, quelques centaines de prisonniers, un millier de disparus. Les Allemands déclarent que leurs propres pertes ne dépassaient pas S300 hommes ; en outre, qu'en déblayant le champ de bataille, ils ont donné la sépulture à 239 cadavres français, et que, des le 23, au soir, 19 officiers et 933 prisonniers non blessés avaient été conduits à Amiens.

Les militaires reprochent & Faidherbe d'avoir sacrifié un peu trop son rôle de général en chef à celui de soldat. Tout en reconnaissant qu'il avait choisi une position excellente, ils la trouvent trop élendue. La répartition des troupes amena une véritable dislocation du 23' corps. Enfin le général en chef eut tort d'abandonner les villages de la rive droite, de fournir ainsi à l'ennemi un point d'appui et un abri dont il usa contre ' nous et de s'interdire à lui-même le moyea de passer la rivière.

De son côté, le général Manteufel étendit beaucoup' trop ses 23000 hommes pour une ofTenaive résolue. Le grand mouvement de la 16' division, destiné à tourner la droite française, exposa cette division à une attaque de flanc et retarda considérablement son entrée en Bofene. R Que serait-il arrivé si Faidherbe, iuformé â temps par sa cavalerie du mouvement excentrique, eût

dite, I plus I

■ LA CAMPAGNE DE L'ARMÉE IIU KORD 213

dfibouché en force de Querrieux vers une heure de ['après- midi '? »

Li n'jit f[ui suivit la bataille fut uue des plus pénibles de ce grand hiver. Par un froid de plus de 10 degrés les troupes bivouaquèrent sur place avec Icura officiera de tout rang. Le bois manquait ; puis on évita d'allumer du feu pour ne pas trahir les positions. Pas de vivres ou des vivres ge!é.q, pas d'eau-de-vie, rien pour résister h une température polaire. Beaucoup de blessés succombèrent; beaucoup d'hommes valides, mais épuisés par les fatigues de la journée, s'endormirent cette nuit-là pour toujours; jamais peut-être une armée improvisée n'avait été soumise à de telles épreuves. L'armée du Nord « les supporta avec une patience et une abnégation qu'on ne saurait assez admirer et qui font autant d'honneur à nos jeunes soldats que leur courage devant le feu de l'ennemi ». (Faidherbe.) Le lendemain 24 décembre, un brillant soleil se leva sur le champ de bataille. Nos troupes étaient en ligne ; nos munitions avaient été complétées avec les réserves : nous étions prêts à recommencer la lutte. Hais Hanteufel parut vouloir se renfernner dans la défensive. La matinée ne fut troublée que par quelques engagements . sans importance, une fusillade intermittente, des coups de canon. De fait, les Prussiens ne restaient pas im- IQobiles. Bientôt on signalait la marche d'une colonne ^ ennemie d'Amiens sur Querrieux; on apprenait un double mouvement sur Doulleus et Corbie dans le dessein de nous tourner par nos deux ailes. Si la manccu- ' vre réussissait, nous étions coupés de notre base d'opération. D'un autre cftté, le général en chef, jugeant

■L l'élis llonnel, Cmn-e fraiico-aC/emmde.

IDItERBE ^H

ter une seconde nuit de- 1 regagner ses cantonne- |

2U LE GÉNÉRAL FAIDIIERBE

que rsrmée ne pouvait supporter u bivouac, lui donna l'ordre

ments. A deux heures la retraite commença sous la proteclîon de tirailleurs d'élite et de deux balleriea d'artillerie laissées en arrière pour teDir*à distance l'ennemi, s'il lui plaisait d'inquiéter notre marche. Il n'en fit rien, ou à peu près. Suivant son usage, il ne tarda même pas à perdre le contact.

Le 23, Faidherbe publia l'ordre du jour suivant, daté de Boialeux :

<i Le général commandant en chef adresse flea félicitations aux troupes de l'armée du Nord, à la suite de leur belle conduite à la bataille de Pont-Noyelles, qui restera pour elle un glorieux succès.

(c L'artillerie s'est parfaitement comportée, quelque» batteries ont été admirables.

fl L'infanterie régulière, après avoir montré de la solidité dans sa position, sous le feu de l'ennemi, a fail preuve de la plus grande vigueur, quand elle a reçu l'ordre de l'assaillir de près.

o Les mobiles et les motilisés ont prouvé qu'on pouvait compter sur eux, que les marches et les combats les aguerrissaient de jour en jour.

H Les privations et les rigueurs de la saison sont supportées avec résignation ; quelques jours de repos et de bien-èlre les feront oublier : du reste rappelons-nous que c'est pour la patrie que nous souffrons ces dures épreuves.

« Quelques hommes se sont débandés avant et après la bataille : on fera des exemples sévères. »

Le 27, l'armée était dans sesnouvellea positions, derrière la Scarpe, la droite appuyée à Arras, la gauche à Douai. La première ligne occupait les villages de

lA CAMPAGNE DE L'ARHÉË DU NORD 215

Fampoux, Rœux, Vitry, Brebiëres, Gorbehem ; on mit en deuxième ligne, de Oppy à. Esquerchin, la 2* division du 23® corps.

Les Prussiens se sont vantés d^avoir poursuivi l'armée. Selon Faidherbe ils la suivirent. Du moins, il faut bien le reconnaître, ils la suivirent en vainqueurs. Audacieux, arrogants, cupides, leur retour sur le territoire du Pas-de-Calais fut signalé par quelques heureux coups de main et déprédations de toutes sortes.

Un bataillon de mobilisés du Pas-de-Calais non in* corporé à l'armée du Nord, était chargé de défendre le chemin de fer d*Arras à Béthune. Il avait 2 compagnies à Carency, 2 à Ablain-Saint-Nazaire et 4 à Sou- «hez. On se gardait mal, les soldats n'observaient aucune discipline, les officiers semblaient ignorer les devoirs du commandement. Tout à coup, le 29 décembre, vers midi, une vingtaine de uhlans, pénétrant dans Carency, surprennent les compagnies, les disperi(ent sans combat. Les ofQciers étaient à table : ils abandonnèrent leur repas pour prendre la clef des champs ; 40 prisonniers restèrent au pouvoir des Prussiens. On les aligna la face contre un mur. Deux uhlans furent commis à leur surveillance ; les autres allèrent continuer leurs exploits à Ablain-Saint- Nazaire. Les mobilisés ne les avaient pas attendus. Seul le chef de bataillon était resté ; il sortit •de chez lui, courut sur la place du village, mais, ne trouvant pas ses soldats, il battit en retraite et dis« parut, o

A 2 heures ce fut le tour de Souchez. Les uhlans se précipitent dans le village au galop de leurs chevaux, poussant des hurrahs, tirant des coups de pistolet. Les .officiers s'échappent précipitamment de l'auberge du

216 LE utSÉEtAI- FAIDflEr.UK

Cheval blanc où ils ne songeaient guère à rennemî;les soldats se baient par louUs les issues de gagner la campaane. Quelques-uns d'entre eux voulaient se défendre: ils en furent empêchés par leur capitaine. 100 prisonniers restèrent aux mains du vainqueur. Il faut ajouter avec Faidberbe, qui parle incidemment de cette aventure, que ces mobilisés n'avaient pas de cartouches. Ils avaient eacore moins des chefs!

La guerre nourrit la guerre. Ce principe que tant de gcnêraux ont appliqué, les Prussiens le poussèrent jusqu'à ses liernières conséquences. Maïs leurs rigueurs dépassèrent tellement les droits et les besoins de l'bumanité qu'elles semblèreat l'teuvre de la barbarie plutôt que de la nécessité. Nous en citerons quelques traits empruntés aux mémoires du temps, sans souci de l'ordre chronologique : ces excès qui se sont renouvelés pendant toute la durée de la guerre, ont été pour ainsi direpermanents.

Un jour (28 décembrej, 2000 hommes de pied et ■100 chevaux se présentèrent à Aubigny. La visite était d'importance. Les Prussiens se mirent à couper les fils télégraphiques, à désarmer les pompiers, dont les ar- ■ mes furent brisées. C'était de bonne guerre, Mais à ' -l'œuvre militaire succéda promptement le brigandage. Les maisons furent fouillées et vidées en quelques instants. Tout ce qui était & prendre fut enlevé : vètements d'hommes ou de femmes, chaussures, bijoux, meubles. On saccagea les boutiques de boulangera, épiciers, bouchers, marchand de vin, les caves particulières. Quand tout fut pris, entassé sur des charrettes .que les habitants durent fournir eux-mêmes, la ( lonne, lasse de violences, sortit du village é

Dans une antre localité, à Foucaucourt, des coû)

mneiuis ayant été repoussés par une compagnie franche, les Prussiens se vengèrent sur le village. Ils arrî- È^ent en nombre, tirent des coups de fusil, se répandent vdaDS les habitations, les livrent au pillage. LeshommU lont arrêtés, alignés le long d'un mur, conduits a peliëre. Les maisons deviennent la proie des flammes'^ Rie vainqueur défend, sous peine de mort, d'éteindre*! l'incendie qu'il a lui-même allumé. Des vieillards, > Benfants, des malades 30ntfusillés,3anschoix, au hasard» Bvictimes d'une rage aveugle. On aurait dit une hordi ï^e sauvages s'abandonnant à ses instincts de destru(q K^OQ- Voilà ia guerre allemande ' !

«A Ayette, dit un contemporain, "de la cave a

■ |iïer, u tout est visité, les soldats se gorgent de viandec^ Kde vin. En quelques jours ils ont fait le vide et sont

Spbligés d'aller se pourvoir dans les villages voisins. Ca"^ [QÏ fat le plus pénible dans cette saison rigoureuse | it que tous les habitants de celte localité, sans fen 1 nt sans pain, étaient obligés de coucher sur la paille J iBodis que l'ennemi s'était emparé de tout le confor- '{ Etable des maisons.... Un homme n'obéissant pas asseï pTite à l'ordre d'un ublan qui lui commandait de U t''4uire au village voisin fut à l'instant étendu raidcmOi Ld'un coup de revolver '. »

Un régiment de ligne occupa pendant quatre ou cia^ Vbeures le village de Souastre. Après avoir allumé deg

■ feux de bivouac à toutes les issues pour fermer toutâ ^-retraite aux habitants, les Prussiens se mirent à

r et & boire. Quand ils partirent, ils emportèrent sufl !8 charrettes mémesde leurs victimes le pain, la viand^

218 LE GÉSÉIUL FAIDHEUBE

-qa'ils avaient réquisitionnés, avec toute l'eau-de-*!

qu'ils purent découvrir.

Le village Je Beugnatre avait été brûlé par les olfl peDilant la bataille de Bapaume. Le soir, une comp) gnie de mobilisés, cherchant un asile pour 'la not découvrit une masure que l'incendie avait en partîw épargnée. Il s'y trouvait une vieille (srame qui s'empressa d'oCrir aux soldats quelques pommes de terre. Elle leur raconta ses malheurs. Elle avait perdu soa Bis tué dans un combat. Sa maisonnette avait reçu la visite des uhlans, qui n'y avaient rien laissé. Puis était venu le dernier désastre, l'écrasement. Sa vieillesse, ses infirmités l'avaient empêchée de fuir avec les autres habitants du village. « Cinq Allemands, disait-elle, ont logé ici pendant deux nuits ; deux reposaient dans ce lit et avaient l'air d'être les chefs, car ils battaient comme plâtre les trois autres qui couchaient par terre. Les exigences de ces derniers grandissaient à mon égard à proportion des coups qu'ils recevaient. Sitôt les chefs disparus, il fallait que je leur fournisse de l'eau-de-vie Bans la moindre réplique. Ils m'eussent battue, au moindre refus.... Ils ont emporté les poules qu'ils ont volées dans la ferme voisine. Je vis de mes dernières ressources et le pillage de ces deux jours a achevé ma raine. Demain j'irai tendre la main et mendierai désormais, si Dieu, dans sa miséricorde, ne m'envoie rejoiadre mon fils'. »

A Tilloy-Ligny, les habitants racontaient que leurs métiers de tisserands avaient été brûlés par l'ennemi comme bois de chaufTuge.

Du reste les déprédations communes ne garantisr^^J

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