Devienne, ifouvuiira d'un mobilisé lillolt
LA CAMPAGNE DE L ARMEE DU RORD ' saientpas des déprédations parLJculiéres. Tous pillaientl pour la masse ; chacun volait pour soi. La rapaciltl germanique s'accommodait de tout ce qu'elle ponvaï . saisir. Un uhlan ayant été abattu par des francs-tireurs [ on flt l'inventaire de son butin, produit d'indignes vw-jB ,. leries. On trouva dans sa selle une foule d'objets sai ' valeui-, inutiles à un soldai, plusieurs mouchoirs bro dés, un bonnet de femme, une robe d'enfant. Tout i caractère de la race est dans ce trait ' 1
11 serait facile d'étendre ce tableau. 11 n'est . village, pas une petite ville qui n'ait aubi les désostreir , effets de l'invasion. Ces faits, dignes d'un autre à f sont reproduits partout. Partout le vol, le pillage sye ' tématiques précédèrent o.u accompagnèrent les i j leaces contre les personnes, l'enlèvement des otag^j (Je meurtre, l'incendie, la destruction. Les soldai , d'Attila n'épouvantèrent pas plus l'ancienne Gaule i
l,Les Allemands ne s'en dêfendcnlpis. Nous relevons dansli L-Técent ouvrage de M. Théodore Fonlane, Kr'iegsgefartgtn, \ ■ipBsaage BuWint. Il s'agit d'im hussard. - C'était lout à fâ.it ii f >eroïab[e loul ce qu'il put trouver ï l'époque qui suivi Tdiaument la balaitle de Wœrlh : plusieurs jeux de caries, u
J>li]nied'autrui:be, un voile noir avec des petites étoUcBd'oi
nioulellle d'anisetle. Il avait aussi possédé plusieurs jours u
«îïe d'épauletlea de général français, et encore à Oléron G
BTUait le plus brillant de ses souvenirs militaires; a.
■ tl^ lerrit pas nuirenient que pour le plaisir lout idéal de 11
f regarder, et enfin il s'en sépara volontairement.
— Où donc les avez-vous laissées?
-Ohije lesiiijtlèes. .
I n'y avait dans le son âecesparoles'aucun trouble ni aucuaf,']| F<infDl£,'on ne Usait dans son regard qu'une véritable joie d'à' eu en sa possession ce joujou brillant. C'est là la v, aatioir aussi jouir de ce gui ne peut cependant pas m L'wwir. ». (lievii! ùleue, 6 fév. 1892, page 173.)
LE GÉSÉilAL FAIDHEBBE
Le froid était si vif qu'on était obligé de supprim l'exercice, les mains se collaient aux canons du (u^ Et pour cnmbaltre le fléau, on sait de quels vëtemeQlj de quelles chaussures on usait ! Ceci s'applique surtM aax mobilisés, car l'armée régulière fut mieux part gée.
Dans une retraite on marchait sur les sillons get^ C'était un supplice : les pieds mal défendus par d souliers sans fond, s'appiiyanl immédiatement suf^ sol, se traînaient avec peine, glacés, couverts d Un jour une compaguiearrive dans ses cantonnement Rien n'est prêt pour la recevoir. En attendant, haraasij de fatigue, épuisés par la faim, beaucoup de soldd s'étendent dans la neige. Ils ne se relèvent que pou l'hôpital. De temps en temps on faisait une distrils tion de vêtements de laine, ceintures de flanelle, baj tricots, toujours du reste en quantité insuffisante. Fain herbe, dans un ordre sévère, menaça de la cour n tiale les fournisseurs véreux qui volaient l'administ tion. Mais il ne put parvenir à extirper les abns. Ce| dans les conditions les plus déplorables que les tronpt de l'armée du Nord accomplirent leurs marches pr^ digieuses, que Faidherbe Jui-mémo évalaa à iS7 lieal dans une durée de quarante-cinq jours.
Encore si les vivres eussent été prêts quand les mid heureux avaient faim. II ne parait pas que les troupn régulières aient eu trop à souffrir de rirrégularllé"^ distributions, mais lesmobilisés subirent les plus dura privations. Un détachement de marine — le fait^ passait le 23 décembre — arriva à Bray dans la nuï Malgré leurs fatigues et avant de s'endormir eurfl chaussée, ils porlagèrent leur pain avec quelques a bilisés affamés. Tantôt la viande et le pain entait
L\ CAMMGNE DE L'ARUliE DU KÛRD dans les sacs devenaient, en se glaçant, impropresà la nourriture ; tantôt l'approvisionnement manquait.
Une longue pisinte s'exhale de ce long martyre. On a iiccusé l'intendance d'avoir mal rempli ses devoirs . envers l'armée. Faidherbe a pris soin de la disculper en fiémonlrant « qu'elle a été à ia hauteur de ses fonctions ». Il se loue tout particulièrement des services de l'intendantenchefde l'armée du Nord, M. Richard, el de l'intendant de la 3° division militaire, M. Hontaudon. On peut concilier ces opinions opposées. It suffît d'expliquer les opérations auxquelles donne lieu \ l'approvieiomiement d'une troupe. On sait que l'intendance militaire est chargée d'assurer aux troupes en I campagne la solde, les subsistances, les objets d'babillemenl, d'équipement, de campement. Elle a dans ses I atlribulions le service médical comprenant les ambu- J lances el les hôpitaux. Elle passe des marchés, transporte, manutentionne tout ce qui concerne la subsistance de l'armée. Ils'agit, par exemple, d'approvision- ■ 1 ner une division en marche : l'intendance prépare un j convoi qu'elle dirige sur le point qu'on lui indique. Mais l'élai-maj'or trace la route du convoi, marque le point d'arrivée. Il doit laisser la roule libre, ne changer ses ordres de marche, au cours de la journée, que 1 dans des conditions permettant au convoi de suiv division. En même temps il informe lescorps de troupe i des lieux oii se trouvera le convoi à la fin de la journéc- Alors commence le troisiènoe rôle, celui du chef d»! troupe. En arrivant au cantonnement, celui-ci doiti s'occuper de la nourriture, commander des corvées,eigner des bons, s'assurer que sa troupe mange ; il doit ] prévoir le café du lendemain, prévenir ses hommes d© 1 l'heure du départ, les mettre en état de partir bien-1
lesLés. Oq voit par ce siuiple exposé que, si les soldats Démangeât pas, ce n'est pas toujours la faute de l'inteodaDce. L'élal-major, l'officier de lioupe, ont leur part de responsaliilîlé. Il serait injuste d'attribuer à l'intendance on défaut d'application et de soin imputable à d'autres services. Les charretiers réquisîlionnésse déctiargeaient de leur tâche sur des valets loués pour la circonstance. C'était la plupart du temps d'anciens soldats, gens de sac et de corde, capables de tout, surtout deproûter des embarras, indisciplinés et pillards, qu'il fallait manier la cravache ou le revolver au poing. Kn outre, par la faute de l'état-major, qui négligeait parfois de donner les avertissements nécessaires, la marche des convois était iouvent entravée par le passage des troupes. Enfin les officiers des gardes nationales, mobiles et mobilisés, par ignorance ou défaut d'habitude, plutôt que par indîB'éreiice ou mauvaise volonté, n'ont pas toujours exercé leurs fonctions avec exactitude . Arrachés brusquement à la vie civile, ils ne pouvaient qu'à la longue connaître, de fai;ou â les pratiquer, les devoirs militaires. De là des lacunes dans leur service; delà les privations du aoldat.
La même cause favorisa l'indiscipline. Soldats sans préparation, nos jeunes gens portèrent dans les camps des habitudes d'indépendance; ils eurent de la peine à se plier à la règle. L'uniforme, malgré sa vertu réelle, ne corrigea pas tout d'an coup leur éducation. Les défaillances, il ne faut pas s'en étonner, furent le résultat logique de cet état de choses.
Faidherbs en prenant possession de son commandement avait dit : « La discipline, je l'e^^igerai impitoyablement. >> Après la bataille de Font-Noyelles, il flétrit
LA CAMPAGNE DE L'aRHÉE DD NORD 225
' les lâches, les menaça de la rigueur des lois. Les cours ■ martiales ne cessèrent de fonclionuerpendant la guerre: I nais la douceur des mœurs, les circonstances, lacama- I raderie alténuèrenl singulièrement la répression. L'arl-Biée du Nord ne vit pasces exécutions fréquentes aux- L truelles d'autres armées durent avoir recours pour [ .rétablir l'ordre dans leurs rangs. Toutefois (juelriuea ! exemples furent nécessaires. Il y avait des espions ► dont il convenait de débarrasser le pays : on ne leur f montra, avec raison, aucune pitié. Il y avait aussi déi' j [ «orps l'ranca aussi dangereux pour leurs concitoyei I t\ue l'ennemi même. Leurs exploits les mirent en rap- J . port autant avec les conseils de guerre qu'avec lesj ^.Allemands.
FaiJherbe avait une trop haute opinion de la dignité J
pet de la responsabilité humaines pour confisquer à saa-M
Ij^rofit les droits ou les devoirs de ses collaborateurs, 1
LAucun homme, nous l'avons déjà dit, ne fut moins en-T
Evahissant quelui. Son optimisme humain fortifiait e
fjWre son respect, Aussi n'intervint-il presque jamais. 1
' dans les décisions des conseils de guerre. Et s'il rompit 1
pw nécessité avec ce principe, ce fut pour sauvegardera
iajuslice contre les caprices de l'arbitraire. Deux tral-f
Qards de la division Robin, surpris en flagrant délit de 1
maraude, coupables peut-être de quelque faute plus
[ grave, passèrent devant une cour martiale qui les con- j
V damna à mort. La promptitude de l'exécution rendit I
frTBinesl88 démarches que quelques offlciersfirenl en leurfl
ir. MaîsFaidherbedictaaussitôt à un de ses officiel
ËTordonnance un ordre par lequel il prescrivait de ne 1
^procédera aucune exécution avant d'en avoir référé ao 1
ffigénéral en chef. C'est peut-être la seule fois que Faid- -
^lierbe aoit sorti de la réserve qu'il s'était imposée.
LE Gl^flËB\L FAIDUERBE
D'ailleurs les généraux, principalement ceux de Vtt [ 'inêe ré^lière, ne se montrèrent pas ianccessibles àjj I piliê. Va artilleur ayant été condamné h mort avi ■ demandé un prêtre. Le curé de l'endroit, vieillard ld soixante-quinze ans, elTrayé du bruit des armes, eiH -gérant ses terreurs, s'était réfugié dans un couventd femmes, où il respirait en pais à l'abri du aanctuaîl4 En présence de l'offîcier d'ordonnance du général S 'chef qui venait h chercher, le malheureux prètti bien qu'il fût escorté par les bonnes sœura, se troubli perdit contenance. Que lui voulait-on, pour l'arrf^ cher à son asile ? Mais quand il connut l'objet de 1 inrssioD, secouant ses terreurs, il se h&Ia d'accoui^ auprès du malheureux qui attendait de lui les dernièff consolations. Toute coup on le voit revenir ému, aj^ par une sourde colère.... « C'est un tigre que votre g HÔral Derroja. 11 va faire fusiller un brave garçon, ' véritable innocent. Je veux voir le général en ch4 je lui demanderai sa grâ.ce.... >> II ne put vi herbe, mais le général Derroja se laissa toucher îm accorda une commutation de peine.
Un jour, cinq soldats, condamnés à mort par t cour martiale, devaient être passés par les arm Arrivé sur le lieu d'exécution, l'un d'eux, un mobi^ prend tout à coup son élan, et, se sauvant à perdre h leine, échappe aux coups de fusil qu'on tire sur la 11 erra dans la campagne pendant quelque temn misérable, «sans abri, sans pain. On le reprit. sentence devait suivre son cours. Mais, dans l'iaM valie, un officier d'état-major intéressai sa caust^ même offlcier d'ordonnance. Le général Faidhei e à la règle qu'il s'était imposée, déclina toi intervention. Le mobile n'échappa pas moins &-i
-»p»wf^
U CAMPAGNE DE L'aRM^E DU KORD
Iprt, grâce à la. coni[niséru.tioa du général dix A près la campagne, les conseils de guerre aié| lie eurent à s'occuper des ré fractaires, Flamands pour j la plupart. La guerre était terminée, la faute moins 1 dommageable, les cœurs s'ouvraient à la bieuveillance : ils furent presque tous acquittés. Et lorsque le générali de Fénelon eut exprimé ses regrets d'uue telle indul- i gence, onacquîltatout le monde, tant l'humani té avait j besoin de se satisfaire !
■ Cependant « l'iirmée occupait une position très forte j et bien appuyée, où l'on aurait pu résister à des forces ] supérieures, mais l'ennemi ne vint pas y chercher | l'armée du Nord ; il se contenta d'envoyer des coureurs 1 autour d'Arras et jusque sur la route de l.ena... Dès leJ Zi décembre, on mît un ternie à ces incursions en en-' voyant une forte colonne faire une reconnaissance iiM l'ouest d'Arras '
Au commencement de Janvier 1871, on apprit qus. J les Prussiens avaient mis le siège devant Péronne. Faidherbe reprit la campagne pour délivrer cette place importante. Le I" janvier, L'armée vint s'établir eu ] avant d'Arras depuis Rivière jusqu'à Tilloy.
Le 29 décembre, il avait adressé à ses troupes l'ordre 1 suivant : <> En vouscantonnant près de nos places fortes, je vous ai donné la possibilité de vous reposer, da 1 vous réconforter pendant deux ou trois jours ; ce que j vous n'auriez pu faire près de la place d'Amiens, oc- [ cupée par l'armée prussienne. L'ennemi a'profito do 1 cela pour dire qu'il nous avait battus et poursuivis. C'est à vous de le punir de ces vanterics quand il eo présentera ou que nous irons le chercher.