I. F aiiiberhe' Campagne de l'unnée du .Vwd
^8 LE CÉNÉBIL FAlMlERfiE
Le 3! , ii leur dit : » A PoBl-Xoyelles, n pas complété notre Tictoîre, parce que l'ei pnyait à nne place forte. Aujonrâ'btii c'est n avona <rei avanlage ; ansi je compte sor voua | charger Tt^nreoseinent de près, â la française, j qu'à ce qu'il soit mis en roîte.
■ La France a Ie« yeax sur roos; que cbaeDBJi de Taincre oa de mourir, et la rictoire esï t Vous serez fiers de pouToirdire que Toisêlijz&ra] du Nord, lorsqu'elle aura déliYré le pays d'il blés eoTahiaseurs. k
Ed même temps il écrÎTait à M. Testelio la leUraij Tante :
n UoQ cher monsieur Teatelin,
■ Nous allons partir pour uue marche en avant. « Nous allons inévitable ment rencontrer le
n était grand temps de le faire pour i pays.
n Je trouve bien peu de confiance dans le succès parmi Qos grands chefs. La plupart penaent et disent que notre semblaat d'armée peut résister aus Prussiens dans une position, mais non les attaquer.
• Moi, j'ai quelque espoir.
8 Tout à vous,
« Faidherbe. •
Cet espoir était partagé par les troupes. « Que dit-on dans l'armée î demanda H. Teslelin au gendarme qui remit celte lettre. — .\h 1 répondit le vieux soldat avec enthousiasme, avec un général comme Faidherbe tout le monde dit que nous allons battre les Prussiens. >>
Le 8° corps prussien était concentré sur la Somme.
I ses brigades, avec 6 batteries, assiégeait Félonne. Trois autres brigades, cantonnées autour da. , kipaume, formaient au nord de Péronne un corps d'observation. Deux brigades de cavalerie occupaient - ^ne la droite, l'autre la gauche de ce déploiement.
ifin, àl'exlrème droite, une division de cavalerie était Uacée au Catelet.
l Le 2 janvier, les troupes, munies de trois jours de FTnvreB, se mirent en marche par quatre routes parallèles dans la direction de Bucquoy et Bapaume. Faidherbe avait recommandé d'aiorder vivement l'ennerai ( partout où on le rencontrerait.
La division Derroja, à droite, arriva sans obstacle & Bucquoy et Acbiet-le-Petît.
La division du Bessol, au centre, atteignit Ablainzevelle, où elle échangea quelques coups de fusil avec les " postes avancés de l'ennemi. Mais vers une heure, entendant le canon de Payen, le général en chef, qui marchait avec la division du Bessol, donna l'ordre de courir au secours du 23" corps. Les troupes se précipitèrent 3urAchiet-le-Grand quefçardaientSOOOPrussiens avec 3 pièces de canon. Le village, foudroyé par una batterie française, attaqué de front et de Ûanc par le 20" bataillon de chasseurs et le G9** régiment de marche, fut péniblement enlevé. Les Prussiens battirent en retraite lentement. On les chassa ensuite de Bihucourt. La poursuite ne s'arrêta qu'aux environs de Bapaume.
a Cette affaire où l'ennemi éprouva des perles sensi-. blés et laissa entre nos mains une cinquantaine de prisonniers, dont un officier, nous coûta une centaine de tués ou de blessés, » (Faidherbe.)
Pendant ce temps, la 1" division du 23' corps qua commandait, en remplacement de l'amiral Moulue, la '
230 LE GtlNKRAI. KAlIlllKlUII;
capitaiae de vaisseau Pajen, éprouvait ua saDglsj échec h. Béhagnitis. (i bataillons prussiens et :2 battes défendaient ce village. Imprudemment Uncé en \ lonne, le régiment des t'ustlîers marina sâ j^ta sans a Gune précaution sur l'ennemi prêt à \è recevoir. Il i couvert de milraiile, broyé, rompu, mis ea déroud Chargé pur la cavalerie, dana sa fuite précipitéetj perdit 300 hommes tués ou prisonniers. Le 4S* i ment de mobiles du Nord, malgré sa bravoui éprouvée, subissant l'exemple et le choc des mari fut enlrainé dans la dcfaile. Heureusement l'arriv) du 19" bataillon de chasseurs et du 33" de ligue, ci^ duits par d'intrépides officiers, arrêta l'ennemi ( mit à la division de se reformer à la hauteur d'Etre lers. Sous la protection de t batteries, la 2° brig^ entra alors en ligne. Mais ses ell'orts échouaient: était même vivement ramenée en arrière, lorsqu^M entendit le canon de du Bessol. Craignant d'être pd en Hanc, les Prussiens suspendirent le combat. - A l'extrême gauche, les mobilisés de Robia étaid arrivés tard, b.'d heures, à. Mory. A ce sujet, Faidhetj s'exprime ainsi, avec une réserve discrète: n Le caa^ de la 5." division (mobilisés) du général Robin aui changé la l'ace du combat, si, conformément aux on] qu'elle avait reçus, elle s'était portée plus tôt en lîgi Elle pénétra sans avoir trop à ensoulTrirdansIe villaj de Mory, où sa présence ne fut pas saos elfet utile » la contenance de l'ennemi. » Voici ce qui s'était paeM d'après un écrivain militaire qui, s'il n'a pas été prési à l'airaire, l'a connue par des témoins ou des rapport » Le bataillon des vidtigeurs avait appuyé à droite, ( négligeant de touiller ua petit bois sur la gauct Lorsque le général Itobia et son état-major-soi'tirf^
LA (LUIPAGNE DE L'ARilÉE DU BORD
du village, plusieurs balles vinrent s'aplalir sur uaS mur à quelques pas d'eux, u Maladroits, vous lirez surf votre généra! ! " s'écria-t-il, en se retournant vi bataillon de mobilisés, qui le suivait de près. Il croyait 1 que les coups venaient de là ; mais une vive fusillade 1 partit soudain du bouquet de bois en face. Le batail!oa-j de mobilisés se mit aussitôt sur le ventre, et il fut iin'.fl possible de le faire se relever. Le général Robin accou- J~ rut au galop, et, en s'exposant beaucoup, il essaya àl coups de plat de sabre de mettre debout officiers eta soldats, li n'y parvint pas ; ses troupes affolées se aii-C rent à tirer en l'air, sans lever la tête, et la plupart ■ dans une direction opposée â l'ennemi ' ». Maispen-T dant ce temps le bataillon d'avant-garde ayant occupé! le village u empêchait toute autre tentative des Prua^ '
Le froid, la neige, toutes les rigueurs d'un impitoyS' 1 ble hiver assombrirent la nuit du 2 au 3 Janvier, quL^ précéda la journée de Bapaume. Au point du joury.r toutes les troupes étaient sous les armes.
L'armée prussienne occupait une ligne formée desl villages de Grévillera, Biefvillers, Favreuil etBeugnâ'T tre ; elle couvrait les abords de Bapaume, Le plan dal général prussien consistait, selon sa tactique ordinaire, . h résister au centre, tandis qu'il s'efforcerait denouffl tourner par les deux ailes.
Quant à Faidherbe, il avait réuni ses troupes sur uil front de H kilomètres. « Il n'était pas tombé dans cel défaut si commun d'embrasser plus qu'on ne peati étreindre. ■■ (F. Bonnet.)
Chaque division avait disposé ses brigades en éche^
t. Opéralioiu de l'armie fi-aiiçaise du Nord, XXX. (Tranera, '
234 LE GÉNÉRAL FAIBHERBE
loQS, prêtes à se soutenir Tune l'autre. A droite, Dérroja, ayant pour objectif Grévillers, s'étendait le long du chemin de fer et sur la route de Bapaume. Au centre, du Bessol, sur le plateau d'Achiet et Sapignies, faisait face à la colline de Biefvillers. A gauche, Payen, maître de Béhagnies, que les Prussiens avaient évacué pendant la nuit, avait rangé ses forces à Test de Sapignies. A Textrême droite se plaça la division des mobilisés devant Favreuil, sous le général Robin.
L*attaquepartit du centre. Battu par Tartillerie, har. celé par les tirailleurs, l'ennemi, dérobant sa cavalerie dans les fonds, se concentre sur Biefvillers. La position était formidable. Nos soldats l'abordent avec vigueur, l'escaladent malgré les balles qui partaient des maisons, converties en forteresses, s'en emparent, s'y maintiennent en dépit de tous les efforts. L'artillerie suit l'infanterie et couronne la crête du plateau, d'où elle menace Bapaume. Ce succès était d'un t>on augure : il honorait singulièrement nos armes.
Le général en chef en fut témoin. Il put admirer Télan de ses troupes non moins que la résistance de l'ennemi. Posté à l'angle nord-ouest du village, il s'entretenait avec deux ofGciers de son état-major. A côté de lui, dans un verger, des soldats installaient un 3 ambulance sous un hangar. L'endroit semblait entièrement abandonné de l'ennemi. Tout à coup un Prussien bondit d'un fossé où il se tenait blotti et tira à 40 mètres sur le général. La balle atteignit Faidherbe, troua son caban, déchirant une carte d*état-major, sans lui faire de blessure. Faidherbe se contenta dedire : « Mes cabaos n'ont pas de chance, celui-ci était tout neuf ! » 11 se porta à l'est du village. Là un obus en éclatant abattit huit hommes sous ses yeux. « Je ne
■Tl^f"
LA CAlU'ACSIi: DK L.UtSlIiE DU NORD croyais pas, s'éeria-l-il, que l'artillerie fût csipalile iXé^ pareils elïeU 1 " Puis comme on lui reprùcliait s mérité, il répondit familiëremeat : « Plus on en perd»! moins on y tient. "•!! parlait de sa peau.
En même temps, le général Derroja, à la suite d'u violent combat d'artillerie, enlevait à la baïonnette leM village de Grévillers. Bientôt après, secondé par le»V meilleurs tireurs de la 2° division, il s'emparait aul pas de course d'Avesnes-lez-Bapaume. Les Prussiens! battaient en retraite sur toute la ligne devant le^ Î2° corps.
A droite, Payen se maintenait par des prodiges i valeur. Mais les mobilisés lâchèrent pied devant Fa— J vreuil, sans combat, au premier coup de canon. Seul,! le 48° régiment de mobiles supporta un moment le fea>fl sans faiblir. Le bataillon de voltigeurs du Nord, formé'B d'anciens soldats et de Belges volontaires, concouratM avec les troupes de la 1'° division à la prise du village, f opération d'ailleurs peu pénible et peu meurtrière
Le moment décisif approchait. Il était environ deuxJ heures. Les troupes de la 2° division du 22° corp$'l occupaient le plateau de Bapaume. Delà, tandis qui^ rar[illerie envoyait ses obus par-dessus la ville. Tin— T fanterie se préci[)itait sur le faubourg d'Arrns, oui elle pénétrait au prix de grandes pertes. Un dernier! effort et Bapaume était emporté. Les Prussiens tttient si bien qu'ils se hâtèrent de sortir de la ville,! ne laissant derrière eux qu'un rideau de troupes pourB masquer leur retraite. On a même dit qu'il aurait suffffl d'un peudecavaleriepourenleverlea pièces quel'ennemîï avait mises en batterie derrière les tranchées du che-l .min de fer alors en construction. Pourquoi le général I
i chef résista-t-il aux ins.tances de ses généraux*? J
LE UliNÉRAL FAinilEntlE
Pourquoi refusa-t-il l'ordre de pénétrer dans j paume î Craigoait'il une surprise, un retour olTeDl Il a donné lui-même le motif de sa détermination ^ traordinaire. « Une vaste esplanaiie irrégul des fossés â moitié comblés, remplaçait les ancifl remparts de la place, présentant des obstacles séri'M à la marche de l'assaillant, qui restait exposé aux M des murs el des maisons crénelées par l'ennemi, ll'i fallu, pour le déloger, détruire avec l'artilleri abris où il s'était établi, extrémité bien dure quaoi s'agit d'une ville française et à laquelle le général 4 chef ne put se décider, ne tenant pas essentiellemei la possession deBapaume. »
Pendant ce temps, à droite, pour prévenir le s vement tournant des Prussiens, le général Leco^ donna l'ordre à la i" division d'enlever Tilloy et 1 gny. Le colonel Pittié, chargé de ce soin, s'en aequ! avec sa vigueur ordinaire. Les villages furent pi^ mais le soir, devant l'arrivée de nouvelles forces s mandes, nous dûmes nous retirer.
En somme, à la tombée de la nuit, nous avions ts quis sept villages, nous é lions aux portes de Bapaui maîtres de cette ville, si nous l'avions voulu : l siens reculaient sur toute la ligne, traînant leurs i nons, se préparant même à lever le siège de Pérooi'
H Le général Paidberbe avait vigoureusement c<JÎ duit ses troupes. Sur tout son front il avait repoi l'ennemi, el s'il avait eu la constance de rester stii champ de bataille, il aurait eu la joie de voir l'ennéj lui abandonner Bapaume et la ligne de la Somm (FélixBonnet.l
On évacua le faubourg d'Arras et Avesnes-lea paume. De leur côté, les Prussiens réoccupërent S
I,A tWITAfiNE DE L'ARMÉE DU KORD Aubin. Mais l'armée du Nord coucha sur les positiona I qu'elle avait conquises. " Le général Faidherbe aurait,] pu y établir les troupes pour quelques jours, mais ces i villages êLaienl encombrés de morts et de blessés, Des I retours offensifs étaient possibles à si petite distance d'Amiens oii l'ennemi avait encore des forces ; on ap- ' prenait d'ailleurs que l'attaque de Péronne avait été suspendue Alors, prenant en considération !a fatigue des troupes et le froid extrêmement rigoureux 1 qu'elles avaient supporté, le général en chef résolulde j reprendre ses cantonnemenla, à quelques kilomètres en arrière, remettant à quelques jours la marche sur ] Péronne, si elle redevenait nécessaire. « (Faidherbe.) î
Le lendemain, 4 janvier, le général en chef adressa \ en ces termes des félicitations & l'armée: « A laba-~; taille de Pont-Noyelles, vous avez gardé victorieuse- 3 ment vos positions. A la bataille de Bapaume, voua avez enlevé toutes les positions de l'ennemi; j'espère que celte fois il ne vous contestera pas la toire.
a Par votre valeur sur le champ de bataille, par , votre constance à supporter les fatigues de la guerre,, dans une saison aussi rigoureuse, vous avez bien mérité de la patrie, n "
Dans Tordre du jour qui suivit, il exprime ainsi sa reconnaissance : « Tous les corps de l'armée du Nord qui ont combattu à la bataille de Bapaume ont noblement fait leur devoir. Parmi les mobiles et les mobilisés, sont mis à l'ordre de l'armée pour leur belle conduite dans des circonstances exceptionnelles; le 48*de mobiles, le bataillon de voltigeurs et le â° bataillon du 1" régiment des mobilisés du Nord. Le 48° mobiles a eu n officiers tués ou blessés et des sous-offi-
LE GÉSÉILiL FAJDHERBE
ciers ou soldais en proportion ; il a montré la soIh d'une vieille troupe. «
Les Prussiens nous ont conleslé la victoire da ! paume. Les /ails démentent leur prétention. L'hisU; dira avec vérité qu'ils ont perdu la bataille, mais 4J dira non moins justement que, si Faidherbe a si cre, il n'a pas su profiter de sa victoire.
Le lendemain de la bataille, l'armée reprit ses c tonnemeuts autour de Boisleux, première stalion^fl chemin de Ter d'Arras à Amiens. Sa retraite fut s: lée par un fait d'armes que les Allemands, dans lei récits, ont arrangé à leur avantage, mais qui, i lité, fut tout à l'bonneur des Français. Nous laiaa parier Faidherbe :
u Deux escadrons de cuirassiers prussiens ayant! l'idée d'attaquer l'arrière- garde d'une brigade dft^ division du Dessol, cette arrière- garde, composée ^ chasseurs à pied, les attendit à SO pas, détruisit pres^ complètement un des deux escadrons, et l'antre ^ la Tuile.
« Le général von Goeb€n n'admet pas cette vers et il en donne une tout autre. 11 dit d'abord que l'es dron qui attaqua était d'un faible cfTectif, et que TKa) fut arrêté dans sa charge par des obstacles de terrât que le capitaine qui corumandait le premier da i escadrons rompit complètement un carré fraaçaû^l que, ne pouvant rompre le second, parce qu'ils:j^ trouvaient désunis par le succès même, les cuiraBS^ se retirèrent tranquillement, emmenant 30 prisoniM et leur chef grièvement blessé.
Il Nous allons donner en détail le rapport d affaire et on verra comme tout y est naturel, autant que vraisemblable et combien la réalitél
L\ CASirAGSE l)K L'ARIIÉE DU NORD 241 '
Bemble peu à la vcraioo du général von Goeben. (' La division du Cessol suivait le chemiQ creux de
. Biervilfers à Bihueourt. Son arriére-garde élait composée du ^0" bataillon de chasseurs de marche, fort de- | 45(1 hommes au plus et commandé par le chef de h taillon Hecquet. Le commandant aperçut à 1500 ' mètres de distance, sur sa droite, une forte colonne de . cavalerie prussienne suivant la route de Bapau Arraa. Il vit deux esL'adrons s'en dclacher, puis se ! rer comme pour venir l'attaquer, l'un en tête, l'autre | enqueue.Ily avait pour extrême arrière-garde 20chas- 3 seura avec un officier. Le commandant leur donne I l'ordre d'envoyer quelques coups de lusil à l'escadron I qui se dirigeait vers eus, quand il serait d 300 mètres.! et puis de rallier vivement le bataillon. Cela fut fait ] exactement et sans difEcuItô. Pendant ce temps, [
■ M. Hecquet avait sarti son bataillou du chemin creux,, en gravissant le talus de gauche, et il s'était formé eo carré dans les champs à SO mètres du chemin creux; les faces menacées de tète et de queue étaient renfoncées et les premiers rangs à genoux. L'escadron qui I avait reçu le feu de l'extrême arrière-garde avait continué sa marche et traversé le chemin creux à l'endroit môme d'où on avait tiré sur lui, mais oii il n'y avait J plus personne {c'est ce que le rapport prussien appella: rompre un premier carré) ; se trouvant alors de plainpied avec le bataillon de chasseurs formé en carré, II 1 avait bravement chargé à fond. Les chasseurs, sans- | broncher, ouvrirent le feu à bonne distance ; le commandant de l'escadron fut abaitu le premier à 80 mètres, puis hommes et chevaux tombèrent et roulèrent ' BOUS les balles. Ceux qui vinrent tomber le plusprèa du carré étaient encore à plua de 10 mètres. Ceux, i
LE GÔÉRAI. FAIDIIERUE
petit nombre, <[ui ne furent pas abattus, possèi^ entre le carré et le eheiniti creux, franchirent celui et s'enfuirent, qui à pied, qui à clieval, dans la dilt lion de la colonne de cavalerie. Un jeune lieutenai • non blessé, resta engagé sous son cheval auprès I carré; c'était leneTcudug^énératcomtedeGoeben, coi mandant la division de cavalerie prussienne. Il refd de se rendre à un sapeur du bataillon et remit aw beaucoup de dignité son sabre au commandant Hq qufit.
« Pendant que cela se passait, l'autre escadron a^ aussi dessiné une charge, mais trouvant, déjà soum feu du bataillon, le chemin creux qui l'arrêta, et voyi l'autre escadron, déconfit, il fit demi-tour et s'éloig Alors le 20° bataillon de chasseurs reprit sa marche' j carré, pour le cas où une plus grande force de c lerie prussienne viendrait l'attaquer, ce qui n'arn pas, parce que le général du Bessol, à 1000 mètresâ là, voyant ce qui se passait, avait déjà déployé ^ troupes en bataille pour secourir son arrière-garde,! en eût été besoin. Un seul chasseur avait été légi ment blessé d'une balle de pistolet. Pas un, commet le comprend bien, ne fut pris par l'ennemi. Si les à rassiers prussiens ont ramassé dans les environs qaifl ques traînards, cela n'a aucun rapport avec l'atta^ du 20' bataillon. Les pertes de l'escadron mont^ d'après le récit prussien, A 32 hommes dont S priaf niers et 57 chevaux ; et ce qui prouve combien le r' port du commandant Hecquet était exact, c'est q évalue les pertes de l'ennemi à 25 ou 30 hommea D chevaux,,.. Cette mésaventure des cuirassiers p^ eiens, ajoute Faidherbe, n'a peut-être pas été aansij fluence sur ce fait que, à la bataîtie de Saint-Quenl
LA CAMrAGNE DE L'AIIMKE DD NORD
2ia
les 59 escadrons de l'armée prussienne n'ont pas tente 1 Bérieuaement de couper la retraite à l'armée fran- ■ çaîae '. » Le rapport entre les deux événements est | peol-èlre un peu forcé, mais il ne faut pas oublier l'o-pinion de Faidhertje sur la cavalerie, pas plus que to, 1 rigueur habituelle de son raisonnement.
L'armée du Nord laissa sur le champ de bataille do J Bapaume 183 tués, 1136 blessés, 50 officiers mis bors' I de combat. Les Allemands n'avouent qu'une perte deJ 51 officiers et 698 hommes, mais leurs chiffres paraia-J sent être au-dessous de la réalité.
Cependant aux maux de la guerre, de l'invasion, dél l'hiver, correspondait une charité aussi universelle ^ qu'inépuisable. Le service médical, dirigé par le médecin-inspecteur Laveran, prodigue sa science, son uc- ■ livité, son dévouement. L'initiative individuelle, prompte à se réveiller en France quand il s'agit dé] faire le bien, accomplit des merveilles. On aime à r peler la visite toute privée du D' Houzé de l'Aulnoit k Faidherbe pendant la bataille do Ponl-Noyelles, visitefl dont il employa les loisirs à opérer des blessés, gnerdes malades. Ce n'est pas sans raison que Faidjl herbe a lui-même signalé h la reconnaissance du payad tant de dévouements volontaires. Toutes les clas la société apportèrent leur concours à l'œuvre de sou-] lagemeot. Faidbcrbe vante o la grandeur du patrio-l -tisme, de la générosité des villes de Saiiit-Quenlinij d'Arras, de Cambrai, de Corbie, d'Avesoes, de Lille et| la plupart des villes et des villages occupés par no! troupes. Les noms des personnes qui se montrèrent dé- 1 vouées et charitables composent une liste aussi longue^
). FflUticitie, Ki'ponse ù la relnlion du g^"
LE GflSÉBAI. FAIDIIERUE
Iqu'honornble pour le pays, A la tèle de ceLte liste t l placent : M. LéopoldLebé, de Saint-Quentin, Mgr Taw t«hevéque de Cambrai et l'évéque d'Arras, M. Galli r «eveur des domaines à Corbie, les sœurs de l'hospice ^ Uie, même ville. Les villes, les sociétés, les établisse rmeats, les Bimples particuliers rivalisèrent d'ardeiu enir en aide k nos malheureux soldats; les direo^ Ueurs de la Société de secours de Douai, MM. Léor RDaoel, Auguste Longhaye et Arnoux, de Lille. Iljnembres de l'Université ont rivalisé de zèle avecl^ ■•iclergé, et il y aurait ingratitude à oublier de i Sionner parmi eux M. le principal du collègt^ d'Arras '.«
C'est dans une lumière éclatante qu'il faut mettre ces
louvenirs pour honorer ceux qu'ils concernent, ponp
inger l'humanité outragée, la civilisation compro-
naise par la férocité d'une guerre barbare. Us sont
mme ces rayons de soleil qui, traversant les nuées
d'orage, empêchent, dans la tourmente, de désespérer
|<de Igi nature.
Les mêmes sentiments de compassion nous ameoê-
K^nt des secours de l'étranger, La Société internatio-
ale belge, les Sociétés anglaises, laSociété de Londres
jrouvèrent que pour le bien il n'y a pas de frontières,
Ique dans la soulfrauce la fraternité des peuples a'eata
Ipas un vain mot.
Un exemple entre beaucoup d'autres : Une t Mance du service belge composée de 5 médecins belgêf Ê-^ français, 3 norvégiens, sous la direction du D' SiaM IrTan Aelsert (de Bruxelles), après avoir été attachée-]! u'armée du Rhin, suivit les opérations de l'armée d