‹ Le général FaidherbeChapitre 30 sur 40 · Erneat LaTisse, t'inuasiort dans le déporlemeitt detÀnni · texte numérisé non relu

Erneat LaTisse, t'inuasiort dans le déporlemeitt detÀnni

là.

LK GÉSIÏRAL FAIDirEllUE

"che de l'armée française, était sur ses gardes; il i

I le combat, puis s'éi^happa en lâchant une bordée "d bus sur la ville. Isnard resta ainsi maître de Saî

I Oueutîn sans coup férir.

Enfin, le J9 janvier, ce fut autour des mura et d les rues de Saint-Quentin que l'armée du Nord livri dernière bataille.

Le général Lecointe avec le 22' corps s'établin^ sud, à Gaucliy et tîrugis, jusqu'à la roule de Paris d*3 part, la route de la Fére de l'autre. Le général PaM d'ivoy plaça le 23* corps, renforcé de la brigade Istu à l'ouest de la ville, faisant face à l'ennemi, du moiîA de Recourt au village de Fayet. La brigade de Pal (mobilises du Pas-de-Calais) occupait Bellicourt p^ protéger les lignes de retraite.

Quant aux Prussiens : leur aile droite tenait les rîl| de la Somme à Ham et Jussy ; leur aile gaucho s'élfl 'dait à l'ouest de la ville, de Haucourt à Be: "Ham. Comme à î'ont-NoycIlca et â liapaume, en wÊ

'. attaquant au centre, les Prussiens allaient s'efforce^

■ nous tourner par les deux ailes.

i La situation n'était du reste pas mauvaise : a toutes les ressources d'une grande ville à portée, vnA trouvions, dans les hauteurs qui entourent Sa» 'Quentin il 3 ou 4 kilomètres d'excellentes positiooS combat. » (Faidherbe.)

La bataille commença parle 22° corps. Il avaitlj vant lui les 3 divisions de Barnekow, prince Alber(^ Prusse, comte de Lippe et une brigade decaralerÏM -la garde, comte de Hesso. Les deux brigades de la S •viaîon du Bes?ol, qui occupaient Grugîs et CastS

'•nyaot reçu sans broncher le choc de la cavalerie etB l'infanterie ennemies, couvrirent de leurs obos-l

positions allemandes. Le colonel de Gislafn faillît être enlevé, victime de sa témérité ; le colonel Fœrster chargea à la tète de ses troupes. Pendant toute la matinée ce coin du champ de bataille, vivement disputé par les deux partis, fut le théâtre de luttes sanglantes. Le général du- Bessol, frappé d'un éclat d'obus au ventre, tomba grièvement blessé. C'était sa troisième blessure depuis le commencement de la guerre.

Cependant le mouvement tournant des Prussiens se dessinait sur notre gauche : on voyait une forte colonne de hussards s'avançant vers les villages de Neuville- Saint -Amand, Mesnii-Saint-Laurent. Heureusement la 1'^ division entrait en ligne. Le colonel Pittié se plaçait près du moulin à tout vent, d'où il dirigeait les coups de son artillerie sur les batteries prussiennes d'Urvil- 1ers. De ce côté, le combat ne fut pas moins vit qu'à la droite. La brigade Aynès, qui avait passé la nuit à Saint-Quentin, parut enfin sur le champ de bataille, tandis que 3 bataillons de la 2* division, égarés la veille à Vermand, se portaient à sa suite, à l'extrême gauche, sur la route de la Fère. Comme on peut s'en rendre compte, tandis que la division du Bessol était trop à l'étroit pour se développer, la division Derroj-a était obligée de trop s'étendre. En arrière du 22® corps se tenaient les 200 zouaves du Nord et une batterie de réserve de 6 pièces de 12.

On ne tarda pas à s'apercevoir que les Prussiens recevaient des renforts importants par le chemin de fer. Il en venait de Laon, de la Fère, de l'armée dé la Meuse qui était sous Paris, d'Amiens. Néanmoins les Français, malgré quelques échecs partiels, tenaient •avec opiniâtreté. Faidherbe était convaincu que le -22** corps conserverait ses positions lorsque, dans

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t'aprË8-midi, il se transporta au milieu du 23' corps.

Mais l'eflort des Prussiens devint terrible. Ils éteignaient nos batteries du moulin ft tout vent, ils brisaient à coups de mitraille le 24' régiment de marcha que les officiers avaient de la peine à ramenet , ils arrêtaient la brigade Aynès devant Esaigny et Urviliers, ils refoulaient de Castres, après quatre assauts furieut, la brigade Gîslain en couvrant sa retraite d'obus. Serrées l'une contre l'autre, les deux brigades Fœrsteret Gislain, soutenues par une puissante artillerie, réussirent à les arrêter un moment, à les empêcher do H glisser le long du canal et des marais. Derroja eut même un moment la joîe de voir les Prussiens, vers la ferme du Pontehu, reculer sous son feu écrasant. Elle fut de courte durée. De nouvelles masses ennemies refluaient vers notre gauche. Nous combattions depuisle matin, mais à chaque instant nous avions afTaire à de nouvelles troupes fraîches.

Deux colonnes prussiennes, commandées par les généraux de Barnekow et von derCroeben, s'étaient portées contre le 23" corps. Pendant la matinée on se battit mollement; mais, vers 1 heure, le village de Fayet, la position la plus importante du champ de bataille, fut enlevé aux mobilisés. Aussi bien la perte de Fayet, c'était la perte de notre ligne de retraite, c'était peut-être un désastre épouvantable à ajouter aux désastres de cette affreuse guerre. Fsidherbe vit le danger. Tandis qu'une batterie foudroie le village pour empêcher les Prussiens de s'y établir et d'y recevoir des secoura, il lance à l'assaut toute In brigade Michelet. Chasseur^ fusiliers marins, comprenant la sublimité de leur rôle, se précipitent avec furie^ atteignent l'ennemi, le culbutent, reprennent levillage. Ces vaillants soldats se poi--

LA CAMPAGNE 1)E LAFiMÈE BU SOBD i

tent aussiiôl après à l'extrém.e droite, où l'on voyait s'avancer de nouvelles forces ; le 48' .nobiles reste chargé de la défeose du village contre uq retour de l'ennemi.

Les Prussien B, essayant, d'un autre côté, de déboucher du bois d'Holnon, rencontrèrent une résistance acharnée dans les brigades de Lageange et Isnard. Une batterie, qui tirait des projectiles Treuil de Beaulieu, les tint longtemps en respect. Mais il était bien évident que le 23° corps réduit, pour ainsi dire, à une division, serait bientôt incapable de prolonger la résistance. Une nouvelle division d'infant«rie prussienne, soua le commandement du général de Mémerty, entrait en ligne vers 4 heures. Les brigades Isnard et Lagrango accueillirent ces nouveaux arrivants du feu de toute leur artillerie ; les tirailleurs d'fsQard les empêchèrent d'occuper Savy. Mais la brigade Lagrange, vigoureusement pressée au moulin de Rocourt, commença h plier. Elle demanda au général en chef des secours : Faidherbe lui envoya son seul bataillon de réserve 1

a Calme, mais l'œil fixé sur l'horizon, sans s'inquiéter le moins du monde des obus qui pleuvaîent autour de lui, le général Faidherbe suivait les progrès des Prussiens sur aa droite. La formidable ligne des batteries françaises continuait à faire des efforts surhumains; mais l'ennemi ne cessait de s'avancer de ce côté, en' portant toujours en avant ses nombreuses bouches à feu '■ » Une angoisse poignante étreignait Faidherbe; Bans doute il entrevoyait les conséquences possibles d'un suprême désastre : la retraite empêchée, l'armée eu désordre refoulée dans les murs de Saint-Quentin,

1 , Opiratiens de l'armie da f!ord <Tanera, éditeur).

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la ville ioforliinée accablée aous le fer et le feu, etliii|* Paidherbe, responsable de ces extrémités atroces devant ses conciloyeDS, devant l'histoire, réduit h percer, au prix de (lois de sang, les lignes ennemies, ou à s'ensevelir sous les ruines de la cité. Car il ne capitulerait pas, il ne capitulerait jamais. A l'idée de capitulatioD, tous les officiers de l'armée du Nord frémissaienl d'horreur, le général en chef plus que tout autre.

Sur ces entrefaites, le chef d'élat-major du 23' corps arriva au galop prfes du général Faidherbe. « Jusqu'ici, lui dit-il, nous avons arrêté l'ennemi, mais cela ne peut durer loogleoips, que faul-il faire? — Réapprovisionner les cartouchières et les caissons et tenir hon. — Mais nous serons refoulés sur Saint-Quentin I — Je le sais bien. — Et que ferons-nous après? — Nous recommencerons la lutte. — Mais, mon général, alors c'est Sedan, — Pas du tout : nous brûlerons toutes nos cartouches, nous ferons sauter le matériel, et quaait nous n'aurons plus de munitions, noua nous défendrons à la baïonnette. Ceux qui pourront se sauver se sauveront, ceux qui seront cernés ou n'auront plus la force de se battre ou de se sauver, se laisseront prendre; néanmoins on ne se rendra pas. — Est-ce votre dernier mot, mon général î — Oui ; les journaux se moquent dénoua et disent que nous noua replions toujours. Ëh bien I celte fois nous ne nous replierons pas ' I »

Cependant, à la tombée de la nuit, le 2^= corps accusait nettement aa retraite ; malgré des retours offensifs exécutés avec une rare intrépidité, il était refoulé-

I.U. Charles Louaadre qui rcproduil cet cnlnlien {La Prauee-, du Nord: fteuue des deux ÎToudcs, iSTi) affirme que les paroles en • sont tettuelles: maïa par une modesiie qui l'hgDore, le ginèrsl Paidherbe n'en parle pas dans sa brochure >.

sur la ville, où il pénétra en désordre par le faubourg Saint-Martin.

- De son côté, le 22'' corps se repliait lentement. Le général Lecointe, laissé à ses inspirations, défendait le terrain pied à pied, sans perdre de vue ce qui se passait à la droite de la bataille. Jusqu'à 3 heures les Prussiens ne purent déborder son extrême gauche ; ils n'avançaient pas non plus au sud de la position, à Essignyle-Grand, Urvillers, Haucourt. Mais, à partir de ce moment, la situation changea. Deux colonnes prussiennes s'étant emparées de Neuville-Saint-^Âmand et de Mesnil -Saint-Laurent, s'abattirent sur la ligne française avec toutes leurs forces. La ferme de la Patte fut le théâtre d'un brillant combat. Lo colonel Aynès, commandant la 2* brigade de la division Derroja, s'y était établi lui-même avec le 67® régiment de marche, Il considérait la position comme très importante, car elle pouvait arrêter les Prussiens dans leur mouvement tournant. 11 s'y défendit avec obstination, repoussa deux fois les attaques furieuses de l'ennemi. Ce fut en^ vain. Une balle le tua raide. Malgré l'héroïsme du commandant Tramont, nous perdîmes la ferme de la Patte à 5 heures du soir.

Pendant ce temps, « les hauteurs avancées de Gauchy furent assaillies six fois par des troupes fraîches qui se renouvelaient sans cesse ; six fois, nos soldats, animés par le courage et l'intrépidité du colonel Pittié, repoussèrent ces assauts. Dans ces attaques, lios soldats s& rapprochèrent plusieurs fois jusqu'à vingt pas de l'ennemi, jonchant le terrain de ses morts. La cavalerie prussienne ne fut pas plus heureuse devant l'élan et la solidité de notre infanterie. Une charge faite par un régiment de hussards fut, en pçu de^temps^arrétée

LE GÉNÉRAL FAlDiiEKBE

et brisée par dea feux d'ea^emble bien dirigés p coloQel Cottia. Dans cette lutte, les mobiles du U du 46°, malgré l'iafériorîté de leur armement, ri sèrent de courage avec les troupes de ligue, u

Le 2^° corps était capable néacmoias de résister i core sur les hauteurs qui avoisinent Saiot-Qu( Hais la retraite s'imposait. On recevait de i nouvelles du 23° corps : les routes du Nord poun être interceptées d'uD moment k l'autre, l'arméft^ née dans Saint-Quentin. 11 fallait prévenir ce d Le général Lecointe semble avoir pris de lui-mèm décision de se replier, décision opportune, à laqiu une partie de l'armée dut son salut. Le mouvem s'accomplit sous la protection d'une ligne de batt« et de trois bataillons disposés en arrière S heures les troupes, avec leurs canons, déQlant s pont du faubourg d'isie, commencèrent à pénétre la ville. Grâce à l'énergie des olficiers et au bon e des troupes, l'opération s'effectua réguliërenienUU seul incident fâcheux fut une panique qui se p sur les hauteurs du faubourg dans un rassemblera de soldais débandés. L'exemple, de nature contagÏM pouvait avoir de funestes conséquences. Le coma) dant Zédé, cheE d'état-major du général du B précipite dans le groupe ; il cherche à le rami raison. Un coup de fusil lui répond. Le conunancïi est obligé de se servir de ses armes. Le géaàl Faidherbe, qui se trouvait à 200 mètres, accourt i bruit. Son autorité est méconnue ; les fusils p côté de lui. Ce fut avec la plus grande peine qw officiers apaisèrent ces furieux, dont le danger oo la peur étaient imaginaires. 11 est à remarquer, i leurs, que les paniques furent assez rares dans l'arl

LA Campagne de l'armée du nord 273

du Nord, malgré les prédispositions que laissaient supposer son origine et sa composition.

Peu à peu les rues et les places s'emplirent de troupes, de pièces d'artillerie, de fourgons, de voitures s' écoulant comme un torrent par le faubourg Saint - Jean vers les routes de Cambrai et du Catelet. A ce fracas d'une armée vaincue, en retraite, la population mêlait son agitation, ses cris, ses terreurs. Cette poussée humaine s'accomplissait dans une nuit d'hiver, traversée par les obus, les crépitements de la fusillade, le son des clairons, les clameurs des combattants, des blessés, des mourants.

Car, tandis que l'armée s'éloignait, les arrièregardes des 23® et 22^ corps livraient à l'ennemi aux faubourgs Saint-Martin et d'Isle le dernier combat.

La commission municipale siégeait à l'hôtel de ville, elle n*en sortit que prisonnière des Prussiens. La population qu^on avait vue, le matin, stimuler les soldats, traînait, le soir, des chariots, du bois, des pierres, des balles de coton pour construire des barricades. Dans cette sombre journée, le patriotisme de Saint- Quentin fut au-dessus de tout éloge.

Faidherbe parut un instant au faubourg Saint-Martin, répétant toujours sa maxime favorite r « Quand un général veut vaincre, il faut qu'il se mette luimême à la tête de ses troupes. Les officiers se préoc* cupent de savoir si le général s'expose avec eux. » Et suivant ce principe, Faidherbe s'était exposé toute la journée, tellement qu'au moulin à tout vent un éclat d'obus ou une balle avait renversé son képi. Au faubourg Saint-Martin il avisa un sapeur, a Qui vous commande? » lui dit it. Un jeune officier répond et so nomme. « Monsieur, savez-vous ce que c'est que pro-

LE GOEllAL FAIDIIERBE Jtèger la retraite?... C'est se faire tue ri — [général. «

. Le chef de batailloo Richard, aide de camp i RPaidiierbe, qui s'était mis à la tèle de la défense fcfaubourg, déploya autant de présence d'esprit ■ I d'énergie. Ralliant les soldats, il faisait sonner le c

>n, leur parlait de victoire, ranimait la flamme dij fccombat. L'ennemi, arrêté par des feux de salve, éta

ntraiul de se porter à gauche pour envahir le faill tibourg. La lutte fut elTroyable; bientôt la bamcade-n jcouvrit de morts.

faubourg d'isie, -le général Derroja, derrière dd KliarricadeB dressées dans la rue, sur la place, â la g Kopposaut UQ feu d'enfer aux progrès de l'ei l^lui abandonna la gare que lorsqu'il fut certain qudti ^.retraite de l'armée du Nord était assurée.

Mais l'infanterie du prince Albert de Prusse, à S I suite du 32° corps, pénétra dans la ville. Les déf^ f aeurs du faubourg Saint-Martin, pris à revers, se t F Tèrent comme enfermés dans un vaste filet. Les Pm I, siens ramassèrent des milliers de prisonniers. Le g i néral Paulze d'Ivoy et son état-major ne durent 1^ f salut qu'au dévouement des habitants, qui leur ouvi I rent une issue par les jardins. Le commandant Richai L tomba plusieurs fois dans des partis ennemis: il s'dl jea heureusement k coups de revolver, à fort" f d'audace et de courage.

Cependant l'armée disparaissait dans la nuit ; t routes de Cambrai et de Bohain étaient libres. ] i quel miracle? Les mobilisés du Pas-de-Calais formait I un corps assez considérable, plus nombreux que 8 r lide. Du reste ils n'avaient pris part à aucur ' ment pendant la guerre. On se souvient que Faidheil

leur avait donné pour mission de protéger la roule de Cambrai. Ils avaient pour chef un vieil officier du J génie, M. Pauly, que le danger national avait tiré de ", sa retraite. Dans cette époque de jactance et de galons, il accepta avec une rare modestie le commandement qu'on lui offrit soua le titre de commandant supérieur \ des mobilisés du Pasde-Galaîs. Or, le général Pauly, comme on l'appelle, apercevant les masses prussiennes 1 devant lui, soit obéissance à des ordres reçus, soit ins-. piralion, comprit que te salut de l'armée était dans ses mains. 11 fallait à tout pri^ arrêter la marche de l'en- /l nemi par une manifestation décisive. Alors il déploya j ses troupes avec ostentation, derrière le canal, sur les hauteurs; il les montra. Pour appuyer sa démonstra- ] tion, il plaQa en avant ses obusiers dont les coups répétés ne portaient pas, mais dont les détonations étaient entendues au loin. Les Prussiens s'y trompèrent: leur prudence laissa échapper l'occasion d'anéantir l'armée du Nord.

Les Allemands ont rendu compte ainsi de la fin de | la bataille: u Le général Faidherbe, qui avait assisté I au combat livré dans la matinée sur la rive sud de la 1 Somme, était persuadé h midi encore que le 22' corps maintiendrait ses positions. Il se rendait alors auprès J du 23" corps oii, entre 3 et 4 heures, il était amené à reconnaître que, selon toute apparence, son aile droite serait culbutée. Une retraite de nuit avec des troupes harassées na pouvait être assurément que fort dangereuse: mais une plus longue attente exposait l'armée au danger d'ctre bloquée dans Saint-Quentin. Vers ' 4 h. 1/2, le général en chef rentrait dans la ville se avoir pris une résolution définitive ; il yTCncontrait le J général Lecointe. Celui-ci avait renoncé & lutter plus ]

LE GÉSÉRAL FAIDHEnBE

longtemps sur la rive sud, et comme par silleun général Paulze d'Ivoy tenait vigoureusement daiB fauhourg ouest, il se trouvait à même de repliera troupes eu bon ordre sur le Gâteau. Le général 1 dlierbe prescrivait en conséquence au 32° corps de o tiauer sa retraite dans cette direction et au 23° de r pre sur Cambrai.

V Mais il était 6 heures du soir quand le géfli Paulze d'Ivoy recevait cet ordre et la nouvelle quw ville avait été évacuée sut ces entrefaites par le corpî voisin. A ce moment do la journée, tes brigades Pauly et Miclielet, qui formaient son aile droite, avaient déjà abandonné la lutte et ^'étaient mises en marche sur Cambrai, de sorte que quand le général comte von den Groeben ae portait alors de Selency sur le village en (lammes de Fayet, il n'y trouvait plus que des traînards. Dés lors, plus la résistance était opiniâtre daûs le faubourg Saint-Martin, plus aussi elle devait être fatale pour les fractions du 23' corps qui y luttaient encore, .attaquées au dos par l'aile droite allemande, ces troupes sont faites prisonnières presque en totalité. Le général en chef lui-même ne parvenait à s'échapper que f,'râce à l'aide des habitants. «

1. Cette victoire péniblement acquise coûtait aux Allemands 96 officiers et 2304 hommes. Le général PaïdherbeaccuseenchîfTresronds une perte de 3000 hommes et de 7C0 a 800 disparus. Cependant, en blessés seulement, on relevait plus de 3000 hommes dans Saint- Quentin et dans les localités voisines, et le nombre des prisonniers non blessés dépassait 9000. 6 boucbea à feu restaient dans les mains du vninqueur '. ■■ — Mais ce

), Guerre franco-allemande (Ltat-major). [Tradutlion de E- Costa da Serda.)

Là CAMPAGNE DE L'ARMÉE DU NORD 277

que le vainqueur ne dit pas, c'est que ces 6 canons appartenaient à la petite colonne auxiliaire entrée l'avantveille à Saînt*Quéntin et que a les Ï5 batteries de campagne de l'armée du Nord furent ramenées intactes à Cambrai avec leurs caissons et notre convoi ». (Faidherbe.) A ce récit, exact en partie, Faidherbe a répondu : « Qui voudrait donner une juste idée de cette bataille dirait : Le 19 janvier se rencontrèrent autour de Saint- Quentin, d'une part, une armée allemande forte de 38 bataillons d'infanterie prussienne, de 52 escadrons de cavalerie et de i6t pièces d'artillerie, toutes troupes aguerries formant 5 divisions et une réserve, et auxquelles arriva dans l'après-midi et dans la nuit un ren fort de 10 000 hommes de Paris (du 4^ corps) par le chemin de fer de Soissons, Laon et la Père; et, d'autre part, une armée française improvisée dans des circonstances désastreuses, formée de 24 bataillons de marche, et 18 bataillons de garde nationale mobilisée, en partie armée de simples fusils à percussion : total illusoire de 56 bataillons; plus 5 escadrons de dragons employés principalement à former les escortes des officiers généraux et à rallier les hommes débandés; plus enfin 98 pièces d'artillerie.

« Après une lutte qui dura toute la journée, et où les pertes prussiennes furent au moins égales à celles de l'armée française, celle-ci, à bout de forces, à Tarrivée de renforts considérables à l'ennemi, abandonna le champ de bataille et la ville de Saint-Quentin, emmenanrt ses batteries de campagne et son convoi, malgré la présence de 52 escadrons de cavalerie, qui, du reste, ne cherchèrent pas très vigoureusement à l'en empêcher. Quelques compagnies cernées le soir dans la

LE GEKER.4L FAIDIIEliltE

ville, en soutenant la retraite avec le général Paoln d'Ivoy et tous les hommes débandés depuis la veille a eoir (4000 à 5000) et dispersés dans la ville, ^dans!^! faubourgs, dans les villagea et les fermes des environi ceux enfin qui ne purent pas suivre la retraite pou cause de faiblesse, de fatigue ou de manque de chatu sures, tombèrent entre les mains des Prussiens fti^ nombre de 7000 k 8000 ho mmes ' . »

L'ordre de marche indiquait comme but au 22" corpi la ville du Cateau, au 23° celle de Cambrai. On a <

- que n ce fut une véritable retraite de Moscou, en plein] France! « N'exagérons rien, ni nos maux ni dos fa^j blesses. S'il est vrai que le 23° corps, broyé, disloqua dans la bataille, pris à dos et mis en déroute par Iflt Prussiens dans les rues de Saint-Quentin, &t mU retraite tumultueuse; le 22' corps se replia en boi^ ordre, dans l'attitude de vaincus à qui le nombre s a fait défaut pour vaincre. Le général Faidherbe s'éU placé à un poste d'observation près du faubourî

; Saint-Jean. Là, devant son état-major, f"

- comme pendant une revue au défilé des troupes. L

I soldats passaient régiment par régiment, saluant de'' leurs armes. Ils gagnèrent la campagne, sans trouble, fians impatience; et, leur marche n'ayant pas été inquiétée, ils ne perdirent pas uo seul instant leur bonne

< contenance, malgré les fatigues de la journée, malgré la température glaciale d'une nuit d'hiver. — Voilà la vérité sur la retraite de l'ai-mée du Nord àlasuitedell bataille de Saint-Quentin:

Le général von Goeben n'ordonna la poursuite qd le lendemain. Nos troupes remises de leurs émotia^

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