I.F. GfNgML FAIDHERBE
' jiaitres de la pfdago^e moderne, U. GréarJ, il opj
i'Qne^iiiain sure et délicate les modificatioos <
réclamaient les besoins de l'époqne, autant que I*^
^ nion publique. Avant toutes choses, il exigea qw
I religieuses d'Écouen et des Loges, qai devaient ctd
i la placée des laïques, fussent dédommagées par 4
I ïndcintiité convenable. Ans adversaires de cette meâ
il opposa les droits de la. justice, les devoirs de la i
:iaissance. Il alla-mëme jusqu'à ofTrir sa démis de grand chancelier sî sa proposition n'était ' écoutée. On lui donna raison et les religieuses sortîi avec les égards qui leur étaient dus.
Le projet de réorganisation qu'il prépara rega^ eonsécralion dans le statut de 1881. DésormaU] mies d'officiers de tout grade sont réparties, seloi principe égaiitaire, dans les Irois maisons. L'effilé des Loges est composé pour un cinquième de i d'officiers.
Aucune maîtresse nouvelle ne peut exercer samË séder les grades universitaires exigés pour l'ens ment public. C'est la garantie d'un personnel supélÇ au point de vue de l'instruction. Dans les trois E BOUS, leducalioa a pour base les études prim poussées jusqu'au brevet élémentaire et l'économie^ mestique.
A Saint-Denis, une classe spéciale, oii sont adco les élèves les mieux douées des trois maisons, pré|lri auljrevet supérieur, aux diplômes de l'enseignes] secondaire. C'est là que se forment les stagiaire»-,a fourniront plus tard des fonctionnaires à l'établ^ ment.
Si toutes les pensionnaires sont astreintes à eiU les cours de couture, de coupe, d'assemblage, sî to)
APItf;S LA GUERRE. — LES DERNIÈRES ANNÉES 297 sont iuiliées aux soins du ménage, à la préparation des aliments, si toutes apprennent ce qui peut élre n saire ou mile à une mère de famille, on leur donne encore un enseignement professionnel conforme à leurs aptitudes, de façon à ce que, à leur sortie, elles possèdent un métier ou un art qui les mette à l'abri des dangers de la misère. Aux Loges, les travaux manuels, la confection, la tapisserie, la broderie, l'ornementation; à Saint-Denis, les études artistiques, le dessin, la peinture, la musique sont l'objet de cours spéciaux.
Les réformes accomplies par Faidherbe ne tardèrent pas à porter les meilleurs fruits. Le H décembre 1884, M. de Hérédia disait, aux applaudissements de la Chambre : « Je suis bien aise de pouvoir rendre justice h l'homme éminent qui a fait depuis trois ans des efforts considérables en vue d'étendre l'enseignement pratique et prolessionnel dans les trois établissements de ta Légion d'honneur ; il s'y est attaché de la façun la plus constante et la pins persévérante... Les améliorations réalisées par le général Faidherbe sont excellentes '. »
Dans tes derniers temps de sa vie, Faidherbe revint avec une sorte de prédilectioa aux études sénégalaises. 11 dicta d'après ses notes et ses précédents écrits le grand ouvrage intitulé : le Sénégal : la. France dam l'Afrique occi'tenlak, qui parut en 1889, l'année même de sa mort. Le Sénégal fut sa dernière préoccupation, tellement que sa mémoire défaillante en garda les sou-
1. Nous avons tiré lous ces renaciqiiemenis de l'excellent Iravail de H. Uelarbre, conseiller d'ËUt honoraire : ta Lfgion d'honneur, kistuire, organisalion, administration, quia paru dans .la nevue mai-iliine et coloniale, anaùei 18SS et 18B1.
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venirs jusqu'à la fiD. II s'intéressait d'une façon active à 5a colonie. C'est ainsi qu'au mois de décembre 1883, ne pouvant prendre la parole au Sénat, it insista, dans une lettre à son collègue le ministre de la marine, pour que le gouvernement, malgré de nombreux mécomptes, ne renonçât pas à continuer la voie ferrée entre Médine et le Niger, commencée jusqu'à Bafoulabé. « Ce serait mériter les reproches d'inconstance, de légèreté, d'incapacité à coloniser qu'on a l'habitude de nous adresser. Gomme cela entraînerait probablement l'abandon de nos postes au-dessus de Médine, lesconsé* quences politiques d'une pareille reculade pourraient être désastreuses pour notre domination au Sénégal, et mettraient à néant notre prestige dans toutes nos poïjsessions africaines. Enfin, cela serait justifier les paroles du voyageur autrichien LenZt qui, après son retour par le Sénégal de son voyage à Tombouctou, a écrit et dit dans ses diverses conférences en Europe et à moi-même : « L'idée de la construction d'une voie « ferrée du Sénégal au Niger est grandiose : les résul- « tais en seraient magnifiques; mais il y a de grandes « difficultés à vaincre ; et les Français auront-ils assez « de persévérance et d'esprit de suite pour mener à « bonne fin une pareille entreprise ? »
« L'œuvre du général Faidherbe, dit une correspondance particulière insérée dans le Bulletin de la Société de géographie de Lille, se complétait dans sa pensée par l'extension de notre influence au Niger.
« Il me souvient que lors du voyage de la canonnière le M^er jusqu'àDiafoulabé,un matelotrentra en France avant le commandant et le reste de l'équipage. On le présenta au général. Celui-ci le considéra longuement, en silence ; .le matelot interloqué, tournant son bonnet
^ APRÈS LA GUERRE. — LES DERNIÈRES ANNÉES i dans ses mains pour se liouDer une conlt^nance, iitfl comprenait rien â l'émotion du vieux soldai. Enfîii^"J avec des larmes dans la voix, avec un accent dans Ifr'-J quel on sentait vibrer toutes les aspirations d'un pasBâJ regretté, d'un présent qu'il ne pouvait diriger que d^:] loin, d'un avenir qu'il rêvait plus merveilleux e le général lui dit: <c Alors vous avez navigué Niger? — Oui, mon général. » Puis après un silenwi assez long : « Vous êtes bien heureux, vous avez ac-*l 11 compli le rêve de toute ma vie 1 »
a Et son attention se détachant des personnel présentes, son regard s'immobilisa, sembla suivrâil au loin le vol de sa pensée qui le transporlait para delà, les mers vers ces régions oii son génie avaiçT EU si glorieusement fixer au sol le drapeau de la?l France '. »
Cependant les forces du général Faidherbe s'alTai^S blîsaaient. k En i87S, dit M. Brosselard-FaiUherbe, sosQ gendre, la maladie prit un caractère plus aigu et ijâ perdit peu à peu l'usage de ses jambes. Il subissait dq temps à autre, surtout aux changements de saii des crises douloureuses. liaCn, il y a trois mois, i suite d'une crise plus violente, l'état intellectuel dqj grand chancelier subit UQ certain airaiblissemeatjl Sous l'influence d'attaques réitérées d' œdème cérébral^I qui furent la conséquence de cette rechute, le générall avait perdu la'notion du temps, la mémoire lui faisaïi:1 complètement défaut. Sous l'influence des iusomnietj qui hâtaient son affaiblissement, il reslail le joiif>l poursuivi par des hallucinations de la vue et de roulE^'i^
I. Faidlierbe était prùsiiienl d'tionneur de la SociéLê de U60-J graphie du Lille, qu'il appelait sa. chire Sociilê. 11 lui a ci Diquà dillérentes éludes sur le SÉnAgal.
LE GÉSÉaAL FAlDIIEftBË
et soutenait difficile ment la conversation avec les { eonnes de son entourage.
« SoQ ataxie locomolrice, qui durait depuis ( rante-trois ans, fait sans précédent dans les anoi médicales, s'est alors compliquée d'hydropïsie géD& lisce. qui amena une paralysie progressive dans I complissement des fonctions. Et, dans ses dera^ jours, l'illustre malade est entré dans un état comat^ qui a amené l'engourdissement rapide de touteajj facultés. i>
Enfin, le 29 septembre 1889, Faidlierbe rendit & ï sa belle âme, au milieu de sa famille éplorée.
L'Ëtat lui a fait des funérailles nationales. Dans J imposant appareil de forces militaires, à travers i foule qui, par une singuJiëre fortune, renfermait i représentants des races africaines, le cercueil fut C duit au son du canon à la chapelle des Invalides'^ cardinal Richard, archevêque de Paris, entouré d grands vicaires, célébra la messe. Dans la cour A'tÀ neurdel'hfilel, M. de Freyeinet, ministre de la gui prononça au nom du gouvernement un grand discfl dans lequel, après avoir retracé la vie militaire dafl nérni, il rendait un solennel hommage à ses veg civiques et guerrières.
Mais la ville de Lille réclamait l'honneur de reci lir les restes de son illustre enfant. Du consentei de la famille, le corps de Faidherbe y fut trunspl 11 arriva le mercredi 2 octobre. Le lendemain,.! jeudi, fi-ïé pour les obsèques, le temps fut beau, f rayons du soleil traversaient affaiblis les vapetief gères d'un ciel d'automne. Les ateliers chàmttj toute la population était sorlie de ses demeure^jj chemins de fer versaient des ûols d'éti'angers c
^m APRÈS LA GUERRE. — I,FS DERNIÈRES AS.NfiES 301 ville. Plus de 300 000 personnes, garnissant les fenS- Lrea et les rues, lémoigaatent moins d'une curiosité I empressée que d'une sympathie patriotique. Le cortège orGciel, grossi des délégués des départements voisins, des Sociétés du Nord, des anciens compagnons d'armes du général, partit de la cour de la mairie. Le cercueil enveloppé d'un drapeau tricolore était posé sur l'affiit d'un cauon, que traînaient quatre chevaux d'artillerie, " L'église déploya toutes ses pompes dans la cérémonie religieuse.
A la porte du cimetière, les représentants du gou- " vernemenl, de l'armée, de la Légion d'honneur, de Saint-Quenlin, de Bapaume, de l'armée du Nord, des Sociétés savantes, prononcèrent, chacun en ce qui le concernait, l'éloge funèbre du général. L'amitié apporta son tribut de regrets. L'émotion était universelle, comme si chacun eût perdu quelque chose do soi-même. C'était l'hommaga des cœurs débordant d'estime, d'affeetion, de reconnaissance pour l'homme qui avait sauvé le paya aux jours sombres de l'invasion.
Puis le cauon retentit, les Sociétés avec leurs bannières voilées d'un crêpe, les troupes de la garnison avec leurs drapeaux délitèrent devant le corps.
Enfin, on descendit Faidherbe dans un caveau provisoire pour y attendre le tombeau qu'on se proposait de lui offrir et où maintenant il repose.
Faidherbe était de grande taille, bien proportionné, fort, vigoureux. Il réalisait jusqu'à un certain point . ce type anglo-saxon que présentent les jeunes Anglais ' formés h l'entraînement physique des universités da Cambridge et d'Oxford, type pour lequel il professait, personnalité à part, une véritable admiration.
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LE GÉNÉIUL l'AlDIIERBE
Ses traits accenlués annoDcaieuL l'énergie, là{) meté. Sous son large front, on devinait l'habitudm la pensée. Ses yeux clairs, doux et rêveurs exa maienl l'intelligence plus que la passion. Mais qui la passion l'animait, sa physionomie prenait une foi singulière. On grand air, une dignité froide appeltul le re<>pect, donnaient la vision du commandem^ Sous cette apparence sévère, il cachait une aensiw el une délicatesse incomparables.
Il n'y eut pas d'homme meilleur dans la vie prïM
>i Ceux qui l'ont vu dans son cabinet oublie dii'Gcilement le regard l'roid et troublant de l'homâ officiel; mais, dans aoii intérieur, le père de l'amille avait une tout autre physionomie, Il se plaisait dona la société des siens; il aimait à connaître les moindres délaila de leur existence, il leur prodiguait ses conseils, mais avec un tact et des ménagements qui dénotaient sa profonde connaissance du cœur humain '. »
Dans les relations sociales, deux qualités pré venaient en sa faveur et détruisaient bien vite l'effet qu'avait produit d'abord sa gravité un peu froide. C'étaient sa simplicité et sa politesse. Par lune il mettait à l'aise; par l'autre, il attirait. Il porta la simplicité parfois si JO.in qu'elle aurait suffi à le dL-guîser, s'ill'eùt voulu. Quant à sa politesse, lorsqu'elle manquait d'eiruaion, elle restait encore parfaitement correcte â l'égard de tout \ù monde. Où il ne pouvait mettre i'alTabilité il mettait toujours l'urbunita.
Sous ces formes réservées ae cachait un fond de bienveillance naturelle qui se fortifia encore au contact des hommes, La niéJisance lui était iut:onuuË;