CHAPITRE II
AU SÉNÉGAL § I. — Géographie et Historique
' Soudcin français. — Rivages. — Relief du sol. -* Les fleuves le Sénégal et sa barre; opinion de Faidherbe; la Gambie; la ' ^asamance. ^ Le climat d'après Faidherbe; acclimatation- ^ore. — L'arachide. — Richesses minérales. — Population ^t races du Soudan.
'^îgines de la colonie. — André Bruê et Faidherbe. — Vicissitudes des compagnies de commerce et de la colonie au . Xvui^' siècle, sous la Révolution, l'Empire et la Restauration. Situation de la colonie en 183&; Bouet, RalTenel. — Le capitaine Faidherbe bâtit le fort de Podor. — Pétitions des habitants de Saint-Louis. — Faidherbe est nommé gouverneur. •^ Instructions du ministre. — Conduite héroïque de Faidherbe à Bakel.
Sur la côte occidentale d'Afrique, au nord de Téquatear, occupant près de 12 degrés en latitude, s'étend une région qu'on désigne sous les noms de Sénégal, Sénégambie et Soudan occidental. Ce dernier terme paraît seul exact, parce que le pays n'eat que la continuation du Soudan par sa configuration, la nature de son sol, sa faune, sa flore, ses habitants. Faidherbe un .«H
des premiers Ta reconnu : il a appelé nos possessions du Sénégal le Soudan français. Quand on descend au sud, c'est la première terre de la véritable Afrique, de TAfrique noire. Au nord s'étendent les steppes sahariens, suite de la Berbérie, parcourus par des nomades blancs, tandis qu'au midi des falaises du grand désert vivent les populations nègres sédentaires, adonnées à l'agriculture.
Des rivages de la mer, formés de plages et de dunes basses, que battent les flots du large et que déchirent les eaux de l'intérieur, le pays s'avance en immenses plaines d'alluvions anciennes ou modernes, sables ou grès ferrugineux, jusqu'aux terrasses de 300 à 400 mètres, premiers gradins du massif du Fouta-Djallon. Ce massif dont les sommets ne semblent pas dépasser 1600 ou 1800 mètres offre une ossature de roches cristallines dont les pentes tombent à pic du côté de l'orient, tandis qu'elles s'inclinent lentement vers les plaines de Touest.
Des plateaux peu accidentés et semés de gros blocs, des crevasses, des vallées d'érosion où s'écoulent les courants aurifères; tout autour de la masse centrale des chaînons secondaires : tel est, à vue d'oiseau, l'aspect de la contrée montagneuse, dont l'importance est considérable : en effet, elle est le réservoir des grands fleuves; elle commande les routes de pénétration vers l'intérieur du continent.
Le Niger, le Sénégal, la Gambie y prennent naissance. Le Niger dont les flots s'écoulent vers le Soudan central, à travers des terres fertiles et des populations serrées, le Niger, c'est l'avenir de la colonie. Le Sénégal c'est sa fortune présente. « 11 détermine les caractères physiques et même les conditions sociales du
AU SÉNÉGAL
1 qu'il traverse. C'est lui en elTeL qui forme le»
5 lignes de séparation entre les deux races pria- '
jales d'ifldigèQes, les Maures sur la rive droite, les
■3 sur la rive gauche. Pour les EuropécDa, il ml la
B vole de transport de leurs marchandises, qui
PDrraient de graves risques à circuler par terre. Dana
Ue admirable alliance des forces de la nature et dea
Ësoius (le l'homme, tout vient du fleuve, ou s'y ratta-
, la culture, le commerce, les mœurs, la
ôsëre et la richesse, la paix et la guerre. Cette har-
e- doit toujours être présente à l'esprit de quicon-
e veut comprendre l'histoire du Sénégal. Elle seule
^ donne la clef . n Dans son cours de 1700 kilomètres
K'fleuve décrit une grande courbe dont la convexité
tt tournée vers l'est et le nord. En ligne droite, de la
e à la barre de Saint-Louis la distance ue dépasse
s 280 kilomètres. Les dcuK courants, le Bafmg et le
ifcoy, que l'on eonaidère comme les sources du Séné-
Ui après avoir traversé dans des gorges profondes un
tys escarpé, se rejoignent à Bafoulabé à une altitude
L43 mètres au-dessus de la mer. Le fleuve roule en-
e ees eaux dans un lit encaissé entre des berges de
toiDètres, et, rencontrant un sol étage, se précipite en
a et cataractes dont les plus fameuses sont celle
RGouina, haute de 11 mètres, large de SOO, et celle du
iBou, remarquable par les deux obélisques de granit
1* le ilôt resserré se brise et s'élance en deux énormes
tcadea par un saut de 18 mètres dans un gouflra
isé de roclies. C'est au-dessous que commence la
gation, Pendant l'hivernage, les bateaux â vapeur
b^'ent remonter jusqu'aux chutes, près des rochers
tfBuTai, Colonies françaises.
LE GÉNÉRAL FAIDIIERIIE
des Kippes eL du porL de Médine. Le fleuve ea cet droit a encore 1000 kilomètres à parcourir avant d'atteindre la mer.
En amont de Bakel, le Sénégal reçoit, à gauche, son principal affluent, la Falcmé, rivière au cours brisé par des biefs successifs, mais dont le lit, quand il est gonflé par les pluies tropicales, s'élargit jusqu'à 300 mètres, et dont la masse, offrant une épaisseur de 8 mètres d'eau, supporte les embarcations jusqu'à 100 kilomètres de l'embouchure.
Le tleuve pénètre ensuite dans la zone médiane, laissant & gauche les plaines unies et sans écoulement du Ferlo, recevant à droite le tribut des ouadi du Sahara inclinés au sud.
Suivant les saisons, il contourne ou recouvre en