‹ Le général FaidherbeChapitre 7 sur 40 · PT-T · texte numérisé non relu

PT-T

LE GÉMÉRAL FA.IDHi;nBE

Afrique, est devenu le langage usuel du commerce d toute la Séuégatiibie, prenant .-linsi une importaid considérable. Quant au peuple lui-même, il a toujog montré du penchant pour les l^ui-opéens, (■-qu'une race mélangée assez nombreuse a été le J Bultat de ce contact prolonge ". On peut reprocher aj Ouolofs le manque de ressort, d'énergie, d'aetivi on ne saurait nier les progrès matériels et moru qu'ils oui accomplis dans le courant de ce siècle. < Ouolofs de Saint-Louis, dit M. Elisée Iteclus, il n'e! de travail qu'ils n'acconnpliasent avec joie quand ^ fait appel à leur sentiment de l'honneur, pas d'œiin de dévouement à laquetle ils ne se sacrifient qusd on leur en fait un devoir. Pour franchir la barre ef] hasarder au milieu des brisants, tous les pirogoj ouolofs sont des héros et l'on ne cite point d'exem d'un blanc qui ait été abandonné par les noirs dansil naufrage. Tandis que les autres nègres du SénégalJ sont que les sujets ou les douteux alliés de l'étraiu d'Europe, les Ouolofs de Saint-Louis sont assocté»4^ Français et se disent les en/ants de la ville : ce août É qui constituent la nation franco-séuégalaise, et eM par milliers qu'on a trouvé les volontaires parmi e toutes les fois qu'il s'est agi de défendre ua point a oacé du fleuve, k Médine, à Bakel ou aux escales-jf Maures ', »

En 1834, leOualo ne comprenait plus qu'un territ^ de 400 lieues de surface sur la rive gauche du Sèndj' Saint-Louis était englobé dans cet Etal. Les Ouolofi^ la rive droite chassés par les Maures se sont réfuj avant celle époque dans une provincedu Cayor app4

I lilisée Reclus, Géographie uniuresdie, t. I, xi

Kambonr. Lea chefs des Diamboiirs ou hûmmes lip élisaient le roi ou Brak. En verlu des lois d'héré- , le fils lie la sœur do roi décédé devenait le successeur désigne d'avance au chois des électeurs. Or, le Oualo, iJonI l'alliance ne nous avait jamais fait défaut contre les Trarzas, était en quelque sorte tombé en leur pouvoir par le mariag'e de la princesse ouolove Guimbotte avec le roi des Trarzas, Moliammed-el-Habib. Leur fils Ely fut, dès sa naissance, au mépris des conventions, reconnu comme bérilier présomptif du Oualo. II en était le maître réel sous sa lante Ndété-Yallah en I 1834, lorsque la guerre commenta. Il s'agissait de cbâ- | lier le Oualo de sa défection et de l'appui qu'il prêtait ( aux Maures. Mettant le comble à son impudence, li reine du Oualo, esclave de Mohammed-el-Habîb et j d'Ely, venait de sommer le gouverneur d'évacuer les , îles autour de Saint-Louis, D'ailleurs lea chefs des Trar- ( zasse plaisaient à dire qu'ils viendraient faire leur ; lam dans l'église de Saint-Louis. A cause de l'inipr sion produite par ces parolea dans la population de Saint-Louis il convenait de démontrer la vanité de leurs * insolentes menaces,

Dès le commencement de janvier 1835, une expédition j fut dirigée contre le village de Bokol, dont les habitanta excitaient nos soldats noirs à la désertion. On brûla le village. Le diniar épouvanté de cette exécution ra- j pide se soumit à nos exigences.

Selon leur coutume, les Maures Trarzas, ayant passé ' sur la rive gauche du fleuve, commettaient dans le Oualo leurs exactions habituelles. Faidherbe résolut de , les surprendre.

Pour cela il ordonne au lieutenant de vaisseau Des- | m^rai^ d'amener par eau à fiaggar nne partie des

38 LE GÉNÉRAL FAIDIIERDf!

Iruupes delà garDJson de Podor et ses compagnîeéfl débarquement, au capitaine Bilhau de le rejoiadre a sesspahiâ. La posilionqu'on leur assigne leur perià Ira de couper la retraite à. l'eanemi. D'un autre Gâtèj| gouverneur Faidherbe remonte le fleuve avec les lroa|j de SaiQt-Louis, débarque près de Dickten. Malheur Bernent un chef maure, venu à Saint-Louis pour s'aal rer des dispositions du gouverneur, a surpris le aec^ de l'expédition. 11 s'échappe, répand l'alarme pan les tribus. Tout le Oualo retentit des cris de guerres lam-tam résonne dans tous les villages. Des tri^ Irarïas, les unes repassent le fleuve, les autres s'eal cent dans l'intérieur. Seuls les Azouna, forisdela f i-cur qu'ils iaspii-ent, habitués à l'impunie., ne s'd frayent ni ne bougeai

Au point du jour, le 13 janvier, Faidherbe surprfl leur camp. Les Maures, avertis par leurs femmes d pilaient le mil, ont le temps de s'enfuir, mais ils to) bentdans la colonne qui gardait le fleuve. Le capital Bilhau avec ses spahis les charge, leur tue quel(p hommes, leur enlève 69 prisonniers et 700 bœià D'autre part, les volontaires de Saint-Louis pilleOl «am^i {les Azouna, dont les tentes sont livrées | llammes.

La colonne reprit le chemin de Richard-Toll. « Lommes.quoique fatiguéa.étaientgais et bien port Les spahis étaient restés vingt-deux heures àcbevfr^ En niëmetejnps une razzia opérée par le lieutenaôtll vaisseau Butel ramena à Saint-Louis les troupeaux 4^ Tendras, de sorte que les habilants n'eurent plui crainte de manquer de lait et de beurre pendant^ guerre.

C'est ainsi (|ue Faiijlierbe inaugurait soagouven

Atl SÉNÉGAL

ment, en mettant à laraison la tribu la plus redoutée dei i Trarzas. Tl semblait que cet exemple dût inapirei' uno ' craÎQle salutaire aux chefs du Ounlo. A défaut d'aiitra " senltment, l'intérêt devait les rapproclier de nous. Noire victoire ne profitait-elle pasàleurinclêpendanca ' ausFÎ bien qu'a notre sécurité? Il n'en fut rien. La reins HuOuflla.Ndété-Yalla, subissait l'aacendant des Maures, Faidherbe épuisa les négociations pour la fléchir. Promesses, cadeaux, menaces, elle résista à tout ; ella prit nellcmeut parti pour les oppresseurs de son pays. D'ailleurs nous avions pour adversaires inconciliables, dans le Oualo, lescapli/s de ta couronne. L'esclavag« «ntre noirs ne ressemble en rien h resclavago entra peuples de couleurs différentes. Celte condition prend même un autre nom en Afrique, Les esclaves sont dej Cff/)'i/V. Ils sont tenus dans une espèce de domealicitâ oii chacun garde le rang que lui donne sa caste. Si on lea emploie aux travaux de la case ou des champs. leur serviluJe n'est Jamais Lien lourde. Les chefs en forment leurs armées. Ce sont alors les captifs de U couronne. Quelquefoisleur influence grandit tellement que, élevés aux plus hautes fonctions, ils gouvernent , en réalité l'État. C'était le cas dans le Ûualo. On lea appelait Oiam-Gallo.

Faidherbe n'hésita pas. 11 résolut d'aller chercher la poix dans N'der, capitale du Oualo. Comme dam l'expédition contre les Trarzas, les garnisons de PoJor, i de Ricbard-Toll devaient prendre l'ennemi a rêvera. Maiti la colonue Bilhau, trompée par l'altitude pacifique et les promesses des indigènes, tomba dans un guet-apens. Acculéeà un marigot, assaillie par une nuéa de Ouolof^, elle n'échappa i un désastre certain quB par une résistance désespérée et le secours des compa^-

LE GÉNÉRAL FAIDUERCE

gnies de débarquemenl (la vapeur le Grand-Bassam.Jl nouvelle de celle Irahisoo, Faidberbe pril 400 hoï mes, donl il s'assura larulélité en impoaaal a taires l'obligoLioa de servir pendant toute la duréedg guerre. Avecun convoi de vivres composé d'ànea etï bœuf^, il iranohil le port de Leybar, remonta au DOl alleignil Lampsar, où il se décida à laisser le t pour alléger sa marche.

« La colonne eut à traverser de nombreux marïgdj ob les hommes avaient de Veau au-dessus de la ceintïfl et où les obusiers de montagne traînés dîsparaissai complètement sous l'eau; ou se tira gaiement deq difficultés qui avaient étonné les troupes au preio abord. » iFaîdhcrbe.)

Le 25 février au matin on rencontra l'arméâ'] Ouolofs et des Maures près du village de Diouboulcfi Elle avait pris position à l'entrée d'un bois. Une t de fantassins se dissimulaient dans les hautes he^ dont la plaine était couverte. Une brillante chargj^ no9 tirailleurs et spahis, conduite par le gouvern lui-même, dispersa cette multitude. « Ce ne sont pt^Jj hommes que nous avons eu à combattre, disaient j[ guerriers du Oualo, ce sont des démons, o

La conséquence de cette glorieusejournée fut la p de N'dep- Les volontaires la pillèrent et la brillèi|^ Les captifs de la couronne, les Diam-Gallo, avec ta longs fusils, les cordes dont ils devaient lier lesP çais, se dispersèrent de tous côtés. C'étaient d'aïl^ des soldats peu redoutables; abrutis par l'ivre n'avaient qu'une fureur passagère, ils manquaieifl solidité. La reinu du Oualu se réfu^'ia dans le C d'où elle continua ses intrigues. Le résultat de c première expédition fut, outre un immense butin <^

sistanl en chevaux, ftnes et bteufs.la soumission de i|uelques peuplades, eo particulier du village de Dagana.

Cependant l'ormée du Oualo ne tarda pas à se reformer à Diagaii, près de la localité plus connue de Merigbanem. Les eliefa avaient jure sur le nez de leur mère de vaincre ou de mourir sur place. Faidherbe accourut de Saint-Louis parRichard-To[l,afreclaut de oiéna- K&r les villages dont les habitants se montraient inoffensifs, tandis qu'il brûlait au contraire sans pitié tous ceux qui témoignaient des seuliments hostiles. A la vue de la colon ne française, ((u'accompagnait une petite (lottille sur le lac Guier, l'ennemi prit la fuite sans coup férir. Cette seconde campagnB consista en une course rapide, où Faidherbe s'appliqua à frapper les peuples h la fois par ses coups et par sa bienveillance. Politique habile destinée à substituer un jour i^ la force les moyens purement morausl

H En vingt jours nou^ avions donc parcouru deux fois le Oualo, passé trois fois par la capitale de cet État et fait cent lieues de marche à terre ; l'état sani- j laîre était excellent : les noirs déclaraient qu'ils ne reconnaissaient plus les lottOas (les blancs^ et qu'ils pouvaient à peine les suivre. i> (Faidherbe.)

C'est alors que Faidherbe mit en pratique un de ses meilleurs principes de politique coloniale, celui de gouverner les noirs par des hommes de leur race, de manière à conquérir ainsi le pays par les habitants eux-mêmes, en dissimulant leur soumission soi:s une apparence d'autonomie.

Un chefouolof, Fara-Penda, ami de la France, qu'il avait servie autrefois, réfugié depuis longtemps dans

Cictepta de se charger de ce soin. Il montra

dans la suite une fidélité, un dévouement à toute «preuve. Il contribua puissamment à la guerre contre les Maures, puis à la pacification du Oualo. II sut habilement profiter de la haine qu'inspirait la reine à la caste des Diambours et de la peur que causaient les Maures aux petites gens, pour opérer dans les esprits une sorte de révolution morale, qui les inclina i rechercher notre protection.

. Néanmoins on dut, en présence de l'hostilité et des manœuvres des anciens chefs, renoncer à rétablir le Oualo dans ses anciennes institutions. Au mois de décembre 1855, il fut déclaré pays français, divisé en cinq cercles, sous des chefi^ nommés par le gouvernement de la colonie. Sidia, un des fils de la reine Ndeté- Yalla, laquelle venait mourir au Gayor, élevé à l'école des otages à Saint-Louis, devint chef du cerclede N'der, simple agent du gouvernement français dans un pays dont sa naissance l'avait fait roi.

Faidherbe dépeint ainsi le noir: « Naturellement bon, d'une intelligence comparable à celle de bien des races blanches, mais qui, manquant de caractère, c'està-dire de force, de volonté, de prévoyance et de persévérance, sera toujours à la merci des races mieux douées que lui sous ce rapport, avec lesquelles il se trouvera en contact . » On s'explique dès lors la facilité avec laquelle le Oualo subit sa nouvelle condition. Les Ouolofs, saut quelques insoumis, renonçant à la lutte, portèrent leurs etîorts vers la culture du sol et le commerce: ils se montrèrent les sujets lesplus soumis de la France.

A une époque lointaine, indéterminée, des tribus du nord de l'Afrique s'étaient avancées à travers le ^'allara : '^yj^ bords du grand fleuve qui sépare le pays

des blancs da pays des noira. C'étaient des Bcrbtrei 1 Zénngas-. ils doonèrenl leur nom au (leiive et & Ift j conlrée. C'est de cette tribu i^ue Paidherbe fait sortir J les Alnior.iviJes (Marabouts) conquérants des Maure* J et. de l'Espfigiie au xfi siècle. Quoi qu'il en soit, les Zëp.agas, pasteurs, guerriers, marchands, ne tardèrent! jiaa k opprimer les nègres, tout en nouant avec eux-l des ri'lations commerciales dont l'objet était l'écban^ | des chevaux et du ?el gemme des oasis contre l'c les esclaves noirs. A leur passion de guerre, de pillage, i .se joignait leur fanatisme religieux ; ils converl irent iM l'Islam, de gré ou de force, les populations riveraine! ■ jiu Sénégal. Les Arabes vinrent à leur tour ; par une suite d'invasions successives ils subjuguèrent ou absorbèrent les Zénagas. Du long conflit de ces races diverses sortit un état social où, dans le mélange des types, J rêlément arabe a pris la prépondérance.

Les Maures du Sénégal se divisent en trois classes, j La première comprend les Hassan on bommes de r ligion, tous gens de proie, de couleur plus ou moins I claire, pouvant passer pour des blancs, de religion 1 musulmane, oppresseurs impitoyables des vaincus. Ua I mot peint leur tyrannie : » II faut, disait un marabout | au voyageur Caillé, il faut fouler le peuple et l'appauvrir alîn qu'il soît soumis et respectueux ». Le» 1 débris des Zëuagas forment la classe des asieruts, les ] noirs celle des esùlaves.

Sous le rapport politique, on partage actuellement ' les Maures en trois nations; les Trarzas à l'ouest, les Bracknas au centre, les Douaïcii à l'est. Ces nations elles-mêmes comprunnenl de nombreuses tribus dont les rivalités entretiennent un état permanent d'ai ■cbie.

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a Les MaoKS gaenîers, A-il, qai rurment à ] pfès la BoHïé de la popoUtioa des Trarras (les auf •tent naiaboats et sans armes). Eost armés de fi iemx eoaps et i pierre, qv'ib adbHeat a nos o Beaneonp d'entre eax sont estropiés aax maintel braa par Enite de lexplosioa de <{aelqa'iiDe die^ armes ; en effet ces tusils ne sont p3â très solides 4 sont sonrent beaa<:oDp trop chargés, avec deux, I et quatre balles: ils soDt liu reste parfailemeiU e tenus, et leur poignée est généralement renforeëe | les foirerons du pays au moveo d'une gaine on d^ simple bande de fer poli- Enfin, ils sont toujonra ij fermés avec soin dans un étui en cuir, d'ob on 1 sort qu'au moment de s'en serrir pour combaUre. j

■ Les Maures ne sont «-élus que duce cuIoUe e

et d'une espèce de gandoura qu ih relèvent laté

au-desjus de leurs épaules, de maolérc à lai

AU SÉMÉCAL

les bras entièrement libres, et qu'ils serrent à la taille | par tme ceinture ; avec ces vêlements noirs, la tête nue et leurs longs cheveux bouclés et Qottant au vent, ils ont un air excessivement sauvage.

« Leurs selles sont petites et ne pèsent, toutes garnies, que quatre kilogrammes au plus, de sorte que, comme les cavaliers eux-mêmes sont généralement ' maigres, leurs petits chevaux n'ont pas une grande charge à porter et sont susceptibles de fournir de longues courses.

i< Les Maures n'attaquent que pour enlever du '

butin ou des captifs ; s'il n'y a rien àgagoer, ils refusent généralement le combat ; ils montrent même moins de vigueur pour défendre leur propre bien que pour en ver celui des autres.

S'ils veulent attaquer une caravane en route, s'embusquent dans l'herbe, et, au moment où la ca, vane arrive sur eux, ils tuent à bout portant quelques hommes, se lèvent en poussant des cris, et, si les conducteurs fuient, ils s'emparent du butin; si les conducteurs se défendent, les agresseurs se sauvent généralement eux-mêmes.

" Pour enlever un troupeau, ils le font observer au pftturagc pendant quelques jours par des espions ; 1 puis, à un moment propice, ils assassinent les bergers, qui sont souvent des enfants, et se sauvent avec le troupeau. S'ils ont & craindre d'être poursuivis, cesont des 1 cavaliers qui enlèvent le troupeau et le font com " toute vitesse, et, dans ce cas, une bande de fantassins 1 s'embusque dans l'herbe, sur le chemin que doit suivre ! la razzia; les maîtres du troupeau, en chercbantà rat' traper leur bien, tombent dans l'embuscade, perdent 1 .quelques hommes et cessent généralement la poursuite, j

46 LK GÔÉRAL FAIDIIERBE

n S'agiL-il d'enlever un village de noirs, les Hsâ

l'enlourenl pendant la nuit; à un signal donné,' tirent des coupa de fusil et poussent des cris qui [ les habitants sont plus ettrayants que les rugissema du lion; les hommes du village se sauvent près tous et les Maures emmènent femnies, enfants bestiau:;.

<< Les seuls cas où les lUaures se battent a oement, c'est dans leurs querelles intestines, suseifl par des haines de famille et de tribus ; alors ils » vrent des combats sérieux, des luttes à mort; contre les blancs et contre les noirs, que le[ méprisaient presque également, le point d'honi consistait pour eux à faire du mal à l'ennemi gj en éprouver. St un noble Trarza était tué p&rïl blancs ou par les noirs, c'était un déshonneur ponn famille,

« Du reste, ces espèces d'hommes de proie sont îiâ tigables et pleins d'énergie pour supporter lessi franges et les privations; ils montrent en outre I grande cruauté envers les vaincus et les prisoDi

!■ Le Maure a certainement du courage, mais c'est le courage de l'homme qui vit de rapine à main armée, La première condition est qu'il rapporte du butin sans être tué ni blessé, aussi fuit-il devant la résistance.. ., Mais ne faut-il pas à une bande de ces brigands un grand courage pour traverser le fleuve â la nage, malgré tes croisières et les crocodiles, poura'engager dans un pays oii ils sont détestés, pour passer entre les villages populeux, se cacher pendant desjours'et des nuits en pays ennemi, attaquer hardiment un village

" a quelquefois plus de fusils qu'eux, fah-e des prises considérables et les ramener, malgré la poursuite def

AU SÉNÉGAL

Elations, à îraTers les forêts, les marigots, lestiraa 1 Beuvc, où ils peuvent à chaque pas tomber Jatia kmbuscades ' 1 »

ihammed-el-Hsbib régnait sur les Trarzas au mo- I îltoùFnidherbe prit la direction de la colonie. Son '

s'étendait sur le Oualo, le Dimor, les Draknaa. pouaïcb et les tribus d'Adrar, au nord, dans le dé- . Foidherbe l'avait sans cesse trouvé devant lui \ lant la guerre du Oualo. « Pas de guerre avec les :al s'écriait hypocritement le roi maure ; ils luei, mou Qls aîné Seidi, que je nu leur ferais pas la j B I M Le gouverneur, qui n'était pas dupe de ces fetestations, l'ayant sommé de supprimer les escales, mtumea, de cesser ses pillages, de renoniier ou Uilo, Mohammed-el-Habib, jetantlemasque, l'ompil irtemeut les traités.

J'ai reçu tes conditions, écrivit-il â Faidherbe, i les miennes : Augmentation des coutumes des ' pzas, des Braknas et des Oualo ; — destruction ira- Je tous les forts bâtis dans le poys par les J ; — défense à tout bâtiment de guerre d'en- ]e fleuve; — établissement de coutumes' ] blTelles pour prendre de l'eau et du bois à Guetr et à Bop'Nkior ; enfin, préalablement h tout ii'Ier, le gouverneur Faidherbe sera renvoyé tominieusement en France. »

a ne pouvait répondre à de telles insolences que des victoires. Faidherbe résolut d'aller chercher le j

■B Trarzas sur son propre territoire (avril i853). ^ansporta loOO hommes h Dagana, les Inissa sur la e droite, chassa devant lui les tribus, enleva d

i. Faidherbe, /e Hinégnt.

LE GÉaëRAL FAIBdERBE

seul coup un bulin de 3000 bœufa, Mais," pendadU temps, Mohammed-el-Hnbib tentait un coup de i contre le pont de Leyhar. La tour que Faidhe| avait construite pour défendre le pont, n'avait [ défenseurs que i3 hommes sous le commandement- J sergent d'infanterie Brunier. Brunier accomplit avf ces actes d'héi-oïsme qui sauvent un homme de l'oirf Pendant cinq heures, le 21 avril, il résista à 1 de plus de 1000 ennemis. Les assauts furieux et râ tés, l'incendie, la fumée, le danger de sauter aveo| poudres, rien n'ébranla son courage. 11 eut l'honijl de sauver son pavillon, la joie de voir fuir le roi 3 Trarzas avec aea troupes décimées, Paidherbe, àSniiit-Louis, accourut trop tard. Mohammed-el-Hal ne l'attendit pas. Il se hâta d'évacuer le Oualo, m^ les instances de ses partisans et du prétendant Elw parvint ensuite à regagner, à travers le hlocua ineif plet, la rive droite du fleuve.

. Comprenant alors qu'il fallait en finir hostile au Oualo, le gouverneur franchit au moi juin 1833 le pont de Leybar avec 1100 hommes, mi lesquels se trouvaient 600 volontaires peuls ou i(J lofs. Pendant cinq jours il parcourut le Oualo. llS foula sur la rive droite Ely, fils de Mohammed, avegj partisans; dans le Cayor, la reiiLe avec ses guerriers^; J Tandis qu'il brûlait les villages insoumis, il relevait et', repeuplait les villages fidèles des bords du tleuve. Hng Croisière active défendait les passages. Desexpédilîoos courtes et rapides portaient l'effroi chez les T.mrzAa. Ainsi, par des coups énergiques et répétés, Faidberbo abattait la révolte, brisait la résistance, encourageait la confiance, la fidélité. Lesnoirs reprirent courage: bientôt même leur ardeur, stimulée parnos succès,. Us '

porta à un soulèvemenl général conlre leurs oppi'ea» seura, tellement f[ue les débris des Azouoa, réfugiés j au Cayor, n'osèrent s'engager dans le Oualo pour ren- i trer dans leur pays. Pendant plusieurs mois les Maures, ayant suspendu leurs attaques, restèrent dans le désert.

Mais là, vaincus, noQ domptés, ils réparaient leurs | pertes pour revenir plus ardents àl'asaaut denos positions. La guerre avec les nomades ne porte ses fruits qu'à la longue. Les épuiser n'est pas facile; or, ils ne cèdent qu'à l'épuisenient. Mohammed rêva d'une grande , coiïfédéralion entre les rois ir.aures, Facile à former, ■ 8emblftit-il, sur la commuuauté des intérêts religieux, , Pour cela on convoqua les chefs de tribus auprès de Cbeik Sidia, grand marabout desEraknas, dont tous les Maures vénéraient la sainteté. Les instincts de race, le fanatisme, le souvenir des défaites, l'espoir de les yenger exaltèrent loutes les â.mes, qu'on n'eut pas de peine ù entraîner aux résolutions extrêmes. La guerre contre les Français, la guerre implacable, au nom do la loi sainte, fut décidée d'une voix unanime. Mohammed-el-Hahib lui-même, abdiquant ses baines personnelles dans un intérêt supérieur, se réconcilia avec ses rivaux et ses ennemis. I! ramena par des concessions habiles les membres de sa famille réfugiés au nord, dans l'Adrar. La moitié de la nation des Braknaa, sous lecommaademeat de Mohammed-Sidi, embrassa son parti, tandis que l'autre moitié avec Sidi-Eli se renfermait dans une neutralité soupçonneuse. Dêa lors, le poi des Trarzas, perdant toute retenue, renouvela ses provocations. S'il ne ee vantait plus d'aller dicter lapais aux Français à Saint- Louis, il proclamait l'exîraiiiiation prochaine des colonnes qui se hasarde-

leraunation p.

50 LE GÉNÉRAL FAIDlIfinUE

raient sur son lerriloire. Malheui'cusemeDt ses Ta^ ronnailes ne luissèrent pas dctroublcrquelque peï Doirs. Aussi bien, ta mémoire des maux que l'oppâ sioQ des Maures avail fait peser sur eux était J récente, pour qu'il ne leur restât pas la crainte d« subir encore. Il rallait une bonne fois caliu appréhension par une campagne hardie et heuretu pk'in pays trarza. C'est alors qu'eut lieu laprcoS expédition de Faidherbe au lac Cayar.

IjG gouverneur emmena avec lui lOCO homm troupe ou de marine, ISOO volontaires, 2O0 cbevain 4 obusiera : ses moyens de transport se réduisait 6 chameaux et 40 chevaux. Une partie de la colfll fut transportée â Naolé par la Hottille, l'autre arf de Podor au même point par la rive gauche, février lHi)6, tous les corps réunis bivouaquaient'^ la rive droite. Faidherbe se proposait de se jeter à le Ganar, sur les communications des Trarzas a Braknaa du parti de Mohammed-Sidi. La marcliffl très pénible. On eut à traverser une forât de ; (^mmiers), où les sentiers avaient été défoncés^ daot les pluies par le passage des bippopotamefl parcourut ensuite une belle plaine sablonneuse, [ mée de bouquets de bois, de collines et de pelitsn d'eau douce. C'était le désert : on en déchirait iejf 1ère. Le pays, loin d'offrir l'aspect des étendui lées sous lequel le Sahara se présente à. I'imagia8il| charmait les yeux par des sites gracieux ou pilÉ ques. La surprise du soldat égalait sa joie. Malbei sèment, plus loin, dans d'autres forets de gomt^ l'eau venant à manquer, les troupes soufTi iront o soif. Le lac Cayar, vainement cbereiié, seniblai kl' comme uu mirage. Ou était égaré dans le dés^

Al) SÉNfiGAL 51

fies cartes imparraitcs qu'on possédait, il était im- Bblc de reclifier 11 roule. Les guiJea puï-mèmes brelrouvaicnt pWi*. Le découragemeut cnvahifsail Tannée ; des hommes accablés de chaleur et de fatigue, uiouraDt de soiT, lombaient sur le sol et, soit faiblusse, soit méconlenlement, reTusaienl de se relever. La siluatioii était grave, Faidhcrbc n'était pas sans inquiétude.

Bicnlôt quelques cavaliers envoyés en reconuBw- ECmce à l'ouest revinrent en poussant des cris de joie : <t Oe l'eau! de l'eau! » Ils n'avaient p.is découvert le lac, mais étaient parvenus jusqu'à un marigot d'eau douée qui l'alimentait. On se précipita vers le lien sauveur, et on y savoura toute une journée le bonheur de se désaltérer.

Le gouverneur profila de cette journée pour aller visiter le lac avec les laplols (matelots sénégalais), l'escadron des spaliia et les volontaires. En roule ils reconnurent les traces de tribus que notre présence avait mises eu fuite. Il eût été d'un excellout eflct de poursuivre l'expédition autour de ce lac, soi-te d'asile jus- ' qu'alors inviolable, où les Trarsas campaient quand ils , a'Oloignuient du Hcuve, mais les troupes étaient haros-

Ide fatigue, les transports étaient insuffisants; on osait à laisser en arriére, exposés h la vengeance l laures, des soldats éelopés. iUalgré lu peine qu'il )rouva, Faidherbe dut renoncer & l'entreprise. Il 1 a l'ordre de revenir vers le fleuve. Après un repos 1 jour, la colonne suivant la rive droite redescendit I agana h Ricliard-Toli, En même temps de petita j hements couraient le pays sur le flanc de la 1 colOQuc raî'-ziaiit des hommi s et du bétail.

Un jour, Faidherbe, aoit qu'il fût emporté par s

5"2 LE Gf.SÉIUL FAIOHERBE

bravoure nalurelle, soit qu'il voulût par son exeoi^ fortifier le moral des troupes, part en avant éM 100 laptols et 80 spahis, et se dirige sur Dai'a,vilIag;ftS Ganar, à 3 lieues du fleuve. Il dit lui-même " que e tait donner la partie belle aux Maures, s'ils eusâé voulu se mesurer avec nous n. Bientôt les laptota ^ le pas est trop lent, le gênent : il enlevé ses caval eî, après une course de trois heures, la précipite j une bande de nomades. Les Maures, blottis dans j broussailles, vendent cliôremeut leur vie. On les { on les disperse. Enfin on arrive à Dara. Le villagaj brùli^, et la- population d'environ 500 hommes j transportée dans le Oualo.

Quand la petite armée rentra à Sainl-Loais, i traînait à sa suite 600 prisonniers, 1600 moattâ 600 bœufs et 20 chameaux. Malgré une marcheV 100 lieues, elle n'avait pas fait de pertes sérieuses.

L'effet moral de cette espédilion fut immeS Mohamnied-el-Habib n'avait osé afl'ronler les Fran^ L'abandon des tribus, qu'il livra sans secours à 4 coups, sa fuite dans les pays les plus reculés de aoofi^ ritoire portèrent une atteinte à son autorité. D'un-H tre côté, le prestige deFaidherbe grandissait parin iioirs, enclins, comme les peuples primitifs, à altrîli un caractère surnaturel aux hommes héroïques.

Débarrassé momentanément de Mobammed-el-Hs] le gouverneur s'appliqua à détacher les Braknaf son alliance. Avec le concours de Stdi-Eli, chef d4 fi'aclion de cette nation, de Fara-Penda et d'aoT chefs du Oualo, il entretint une guerre conlia] sur la rive droite du fleuve. Les Maures, en proie»! famine, éprouvèrent de tels desastres qu'ils supplièM leur roi de demander la paix. Mohammed i

pas y conaentir, mais permit aux marabouts d'entamer des négociations pour leur propre compte. On leur i nccorda uoe trêve, dite paix des Marabouts, au mois de J janvier 1857.

Cette trêve, loiu de liàter la paciQcation générale, ranima Thostilité des Maures. Les guerriers, qui n'y ' avaient pas participé, tournèrent leur fureur contre les ■ maraboutB. Les marchés oii se vendait la gomme deviurent le théâtre de rixes sanglantes. De son i Mobammed-el-Habib, dont les intrigues pour soulever le Foula venaient d'échouer, réussità déchbiner contre , nous les El-Guebla, tribus méridionales. A cette agitalion, aymplôpie d'un suprême effort, Faidberbe opposa un camp d'observation sur les bords de la Taouey. Au moisduvril 1837, tout le pays des Maures lut en ébullilion. Des bandes, traversant le fleuve, venaient piller j le pays ami. De leur côté, nos alliés noirs, sous le i commandement de Fara-Penda, tentèrent un coup " hardi au nord du lac Cayar. Malgré leur petit nombre, ils s'emparèrent d'un camp et d'un riche butin. Mais enhardis par ee succès, ils tombèrent sans précaution I et all'aiblis sur le gros des forces ennemies. On élève à 200t) hommes les troupes trarzas, que Sidi, fils de Mohammed-el-Habib, conduisait en personne. Les volontaires toucouleurs de Saint-Louis périrent presque tous dans cette rencontre. Les Ouolofs purent regagner le fleuve, qu'ils traversèrent à la nage. Cet | échec pouvait avoir des conséquences fâcheuses. Faid* herbe se hâta de le réparer.

Un mois après, le 7 mai 1837, il quitta Saint-Louis j à la tête de 100 hommes de troupes régulières et 1250 ' volonlaires ou auxiliaires ouolofs. Cette fois, des chariots servaient de moyens de transport. La réunion eut J

Si

LE GÉSÉJUL FAlDnEABE

Uba à Dagaaa. De là oa partU poar la seconds eX] dilion tla lai; Cayar. L'onlre était de chemiaer leali ment, mains par mesure ds prudence ipie poqrp metlre anx Trarzas ile se raââembler.FaidherbeiiéRin une reneoQtre sérieuse oîi it put d hq coup écraser \m forces eaoemies. Comme la première Tois. la cnaj s'accomplit à travers des plaiaes de sable, des mai an fond monrast, de hautes herbes infestées de I sauvoj^es et de serpent? venimeuv, sous no soleild feu ptu^ terrible que tous les autres lléatix. EdGd,1 13, on i-lécouvrit le camp des trarias, qu'on alteig;! au milieu de la Joarnée par une chaleur dévoraOl Les Maures s'étaieut retranchés dans un bois épais sj le bord du lac. Notre avant-garde, conduite pari lieutenant de spahis indigène Aiioun, était déjà i prises avec l'ennemi. Spahis et laptots s'cSor^eiit'd vain de pénétrer dans le fourré : ils en étaient écarf^ par une vive fusillade. Tout à coup Paidherbe débi cha avec le gros de la colonne. Tandis qu'un esead^ exécutait un mouvement lournant pour couper :3 luile à l'ennemi, deus obusiers placés de front onrt rcnl leur feu sur le bois. Quand l'effet qu'on attendj se fut produit, rinfanterie, au pas de charge, la bû nette au canon, se rua impétueusement sur TadiH saire et le mit en déroute. Les Maures laissèrent ^ le terrain 20 à 30 morts et de nombreux blea Notre butin consista en une cinquantaine de prii niers et quelques têtes de bétail. Nos pertes éta insignifiantes. Cependant nous avions eu affaire à f de iOOÛ Maures. On revoyait le lac Cayar, ce t tuaire jadis inviolable de la nationalité trarza. Oo^ parcourut les bords. L'n capitaine du génie levi ^arle du pays. La colonne reprit ensuite le chemin

l-Louig, oii elle rentra dix jours après en êtra]

Mnistau même instant, Mohammed-el Hnbibconfiaïll a chcl'a hardis, de sa propre Famille, le soin d^^ iduire une bande au pillage du Oualo. Composée di i 400 hommes, de 30 chevaux et autant de elia-< meau^t, elle traverse le fleuve à Mêkin.ik. Courant ht "loute vitesse par le Oualo, elle paivîent jusqu'au port | lie Saint-Louis où elle brûle le village de Gaudon, tua 1 une dizaine d'hommes, enlève 80 femmes ou enfanta,* Elle échappe à la poursuite du gouverneur. Bienlôtl Ion apprend qu'elle a paru sur les bords du lac Guîer,,! puis, qu'elle a, sous la direction d'EU, atteint levillageij de Nyder en plein pays ouolof. Là se trouvait un blo- ] ckaus mal eonatruit, mal armé, contenant une garni- Bon de huit hommes. Mais ces hommes étaient com- . mandés par un soldat de cœor, le caporal Valette..! Indifférent au danger, tout entier au devoir, ce héros | obscur communique son ardeur à ses compagnons madriers du fort s'écroulent, ces braves gens les vent sous le feu de l'ennemi ; l'incendie tes menace, ils | le détournent ou l'éteigneut. Ils blessejit, tuent, lassent les ennemis, les forcent à fuir. Les dcfenseura 1 du blockaus perdirent un homme ; les Maures laissèrent | 10 cadavres aux pieds des remparts.

Cependant les Maures glissaient à travers les détachements français qui cherchaient à les suivre. De nouvelles bandes s'ajoutaient aux anciennes. Le pays i était rançonné, pillé, saccagé chaque jour. Quelques ï coupsheiireuxmirent On à cette situation. Le capitaine] Bilhau extermina une de ces bandes à Langobé prés de 1 Diaimaich, et lui enleva ses chevaux, ses méharis, ses I troupeaux, ses captifs. Ce glorieux fait d'armes eut ua J

LE CÔflAL TUMEMÊE

lee n eat : Dne coslxîbitapaspeQàiléet ■ Tnms d« leois htemr^oaa snr U rîre gauche. I ttUtÎTe de Kofaamiaed et-BabOt sor l'île .Je Thiql ^^tiabitaicat leâTeodns, Doirssdooaéa à l'élevage 4 IfcèUil, o'aboaiit q«'à aoe retraite précipitée dev^ ^TippuiticMi des troopcs françaises. EoGn, dana i ' ; raxzû. an chef sèçre eoleva le troopi al, SOI chamelles^ perte enielle. dont les pria)

5 ne se consolèreat pas.

Les échecs, les dÊsenaons. les défeclioas de I !9 décidèrent enOn Hohimmedàdéposerlesa : 13 mai 1858, Voklar-Sidi. son enTojé, arrivi^ int-Loub, mnaide pleins poaTOÎrs. Le £0 da i RiDob fat si^èela pais avec les Jtanas. Elle avait  cêdèe, trois ans auparavant, d'une conrentioD aq s Douaîch. Elle fut suivie de près d'oc traité avecâ

Jias( 10 juin 1858).

Ain^i Goi'sail, aprèâ Iroîf ans de guerre atroce, 1 htoogue lutte entre Us Français et les Uaures. A f(t| Vde Tolontê énergique, par une activité ineessante,'] f dévouement incomparable, en suivant une politÏM I ausn habile que ferme, Paidberbe avait dompté, sïm Isonniia. les peuples a rabo- berbères, que semblai liTeadre intraitables leur iostîncl d'iadêpendanee, I £tat social, leur fanatisme religieux. U avait obt« I. les résultats vniaemeat cherchés pendant des eièclfii A titre de curioiilé, pour doauer une idée deJ f forme de ces conventions, mettre en lumière toutes j [ conditions de cette paix libératrice, noua reprodui F le texte même du traite avec le roi des Trarzas, * que les ducum^nts de ce genre figurent plus habiM ' lement aux annexes dun livre. Ce traité est d' ailla Lis modèle sur lequel ont été calqués tous les traité

AU SÉNÉGAL 5Tj

gnéa avec les rois maures: il dispensera de parler autres. Puis il mettra un peu de couleur locale danM bplre récit :

Traité de paix avec LE roi des Thabzas (20 mai ]Bj8.)

tOIoJre h. Dieu, maître (te.'i mondes, créateur de tout ce c[u! 1 |SSte dans les cieux et sur la terre!

n de Sa Majesté Napoléon 111, empereur des Fran« j 9, Louis FaidlierLe, lieutenant-coloueldu génie, ofricietl t la Léjriitn d'honneur, gouverneur du Si:négal et dépen-B inces, d'une part, et Moliammed-El-Habib, roi de ; (l'autre part,

■Pour mettre lin à la guerre qui dure depuis trois aasl

â les Français et les Trarza^, out conclu le traité de paix9

gltvant:

LBTicLE PBEMiKR. — Le roi des Trarzas reconn.iit, en 3oa J

u nom de ses successeurs, que les territoires du J

lialo, de Gaé, de Bokol, du Toube', dallialakliur, de Oan- J

Jtple, de Tbiong, de DJiaos et de N'dia^o apparlienaent &M

Kjpittocû et que tons ceux qui les babitent ou les habiter^

L plus tard sont soumis au gouvernement français, et,I

v'suite, ne peuvent être astreinte à aucune espèce

ni dû di![3endances f|uel(;onques envers d'autreaJ nf» que ceux que leur donnera le [gouverneur du Sénégal,-J

— Le roi des Trarzas reconnaît, en son nom etM e ses successeurs, que le gouverneur du Sénégal,! Blâ protecteur des États ouolof, du Dimar, du Djolof, Jb' r, et du Cavor. Comme quelques-uns de ces.

La Bont tributaires des Trarzaa, c'est par l'intermÉdiaira i fegonvei-iieur que les tributs seront perçus et livrés au hTrarzas, et c'est par lai que seront levées les difCcu Rpoiirraienl s'élever enlre le roi des ïrarzas et ces États^

LE CMliBAL FAltHirnilE I En conséquence, aucint Maure armé ne traversera le fleuve pour aller dans ces pays, sansle consentement préniahle du gouverneur.

Art. lll. — Le roi des Trareas s'engage, en son nom et ' au nom de ses successeurs, àeïercerla plus grande surveillance pour empêcher lea courses et pillages de quelquesunes de ses Iribua sur la rive gauche du fleuve. Le gouverneur du SéniSgal s'engage à. aider de tout son pouvoir le roi des Trawas dans ce biil, et à soutenir son autorité contro ceux de ses sujels qui voudraient, malgré lui, revenir i\ leurs anciennes habitudes.

Abt. IV. — Les relations commerciales seront immédia- • tement rétnblies entre les Français et les Trarzas, Les Français ne veulent, pour le moment, acheter la gomme que dans leurs établissemenis de Saint-Louis, Dagana, Podor, Saldô, Halam, Bakel et Médine, et veulent l'acheter toute l'année. Le roi des Trarza? ne veut, pour le moment, laisser venir les gommes des Trarzas qu'à Uagann; il en est le maître. Le roi desTrarzas et le gouverneur prendront, chacun de leur côté el dan.» la limite de leurs droits, les mesures nécessaires pour faire eiÉcuter leur volonté par leurs sujets el administrés respectifs. Le commerce de tous les autres produits du pajs des Trarzas se fera librement et partout, soit à terre, soit à bord des embarcations.

Abt. V. — Comme le commerce d'un pays doit rapporter des revenus au gouvernement de ce paj's, il est juste que

le roi des Trarzas tire un profit du c La perception de cet impùt sur le c □tirant pour lui des difficultés de plus

vernemPnt li son allié, veut bien s séquence, tes comn Trarzas à Da^^ana, points, sauront que I

e des gommes.

:e de ses sujets :, le gou-

:omme preuve de bienveillance envers e charger de cotte perception, lin conerçauts qui achèteront la gomme de.-' ou peut-être plus tard sur d'autres e produit est fjrevé, ii sa sortie dupavs

AU SLNIÎGAI, ^ Tfûrzas, d'un droit d'une pièce de gninée paiiilO kilo-j

!5 de gomme, soit environ 'i p. lOC au profit

> Trareaî, et qu'ils auront à yerser ce droit entre IsiJ

Il uorniuandant ou de telle ^ul^â personne dé5i;;née,I

pi! le livrera uu roi des Tranas quand celui-ci le désireraij

• piËce de guince par (000 lirrea de gomma sera <:gaIa^J

t perçue à Saint-Louis, au profit du roi des TrarzaaJ

psand biS caravanes trarzas en apporteront sur ce poinLa

intorisation.

AiiT, VI, — Le roi des Trarzas s'engage à protéger s les mojens en son pouvoir, le commerce des gommes.' i it autres produits contre tous ceux qui voudraient l'empâ- ./ ^er ou le gduer, et à ne jamais intervenir entre les ven- :set les acheteurs, pas plus que le gouverneur ne le tail: g Ton apprenait que, moyennant paj-euient ou graluita-

1 intluençat ses sujets pour leur faire vendre de . rérérenoe à tel ou tel particulier, on cesserait aussilût la | rception du droit d'une pièce.

t AiiT.VII, — I,e Kouverneor permettra, en temps de paix .

ïec les Trarzas, à leurs caravanes, de traverser les terri-

isfrauçaij pojr aller faire du commerce sur la rive gau-

mais-aucun Maure armé n'accompagnera ces carava-

i, sana une permission spéciale du gouverneur ou de ses"

Lulorisés. De leur cQlé, et en observant les mêmes

indiliOns, les sujets français pourront circuler librement J

Ken toute sécurité sur le territoire du roi des Trar

|(.AnT. VIII. — Les sujets français n« pourront, K)ir préalablement obtenu l'autorisation du roi des Trar-^J| ha, cultiver ou pécher, ou en un mot faire aucun acte dsJ ropriété sur son territoire. De leur côté, les Trarzas !ont| WJnis aux mêmes conditions vis-à-vis des Français.

r exception, les ronieis situes sur la rive droite, entre 1 ïTil-ToU et Dagana, restent à l'enliÉre disposilii B^uvernement français.

eO LE GÉNÉRAL FAIDHERBE

Art. IX. — Les gommes des Aidou-el-Hadj (Darmankotir) iront, comme les autres, àDagana et rapporteront le même droit de sortie que les autres au roi des Trarzas, à moins que celui-ci ne les laisse venir à Saint-Louis, auquel cas le gouverneur coasentirait à percevoir la pièce pour 1000 livres, au prolit de Clieias, chef de cette Iribu.

Art. X. — Le présent traité servira seul, à l'avenir, de base aux relations politiques et commerciales des Français avec les Traitas, Tous les traités et conventions antérieurs sont annulés de plein droit et du consentement des parties contractante».

Fait et signé en triple expédition, à Saint-Louis, le ■ 20 mai 1858.

Signé: L. Faidhehbb.

Celui qui ces présentes lira, saura que Mohammed-el- Habib donne son assentiment à ce traité de paix entre lui et les Français, traité qui lui a été apporté par Kfûaroum, de la part de son père Mokhtar-Sidi, le dimanche iO° jour du mois de Choualde l'année 1374 de l'hégire.

Horasubd-el-Habib, roi des Trarzas, à ses successeurs et à ses peuples.

Malgré le désordre auquel les royaumes maures étaient exposés, malgré les troubles qui renversèrent l'ordre des successions, les traités avec les Français furent respectés en tout temps: la paix ne subit plus aucune atteinte. Après la mort violente de Mohammedel-l!abib, assassiné par ses neveux, le royaume des Trarzas fut en proie à une longue anarchie. Mais, ea 1871, Ely, fils de Mohammed, s'empara du pouvoir. Cet ancien prétendant au trône du Oualo, loin de rom- [M-c avec les Frangais, affermit ses bonnes relations par un nouveau traité conclu en 1877.

ftïll, — fii'iriiRE cuntkï; EL-H^m-ÛMAn et les musulmans

mlattonâ ilu haut fleuve : les MaliukËs, Soninliés ; les Foula» à luPeuls; \es Toucouleurs. — El-Hadj-Omar : il attaque noft- 1 K^csles; Ma lellre aux miisultnani de Saini-Louis. — Gra<rit& J "e cette guorre. — Soulèvement général. — Les Français déruiseot le village de Balcel. — Faidtierbe ravitaille le Sorl de- 1 Prisedu camp de Uaunaël. — Succès et insolence lA'Oinar. — Faidherbi) (onde le poale de Médine ; alliances.

- Siëge et délivrance de îlédine : l'aul IloU et Faidlierba-

- Faidherbe poursuit les débris de l'armée d'Omar. -- Pris» < on-Tala. ^ Prise et destruction de Kbana-Hakounoui

B— ReLiiup oHensif d'Omar, — Espédition de Faidherbe dans le

miwuk oii il Tonde le poste de Kénébia. — Traïtèa de paix

EàTecleBambatjk et le liandou. — TlerniËre campagne de Faid-

Pllerbe. — Omsr abandonne le Sénégal et Tait la paix avec la-

— Traités avec les chefs du Foula, '

I^Pour plus de clartii noua avons raconlt! séparément B guerres du Oualo et dea Maures. En réalité, les événenlB n'offrent pas tant de simplicité. On a pu voir

H se déroulèrent dana une mêlée confuse de loutes | 8 races du bas fleuve. C'estau prix de mille peines que , l^ïdberbe parvint à pacifier le bas Séaégal, à inaugu- "r une ère cîe tranquillité et d'ordre là où avait loumrs régné l'agitation anar^jhique. Cette œuvre sera- ^ Huit doaaer une occupatioa suffisante au gouverneur..

G2 LE GËNËRAL FAIUIIEFIBE

Cependant il avait à soutenir dans le haut Heuve une outre guerre pleine de daogerB. Unprophètoinusulinan, El-IJadj-Omar, méditait de fonder un grand Etat aveo Ifs tribus du Sénégal et du Niger ; mais pour cela îl l'ai lait jeter les chrétiens à la câte. » Dans cette formlduble lutte, il devait avoir un gouverneur du Sénégal pour adversaire et pour vainqueur. » (Faidherhe.)

Au momentoiicetaveaturier de génie entre en scène, le paya arrosé par le Sénégal et le Nigeraupérleur était occupé par deux races distinctes. Les Malinkés ou Mandingues forment le fond de la population. Ils sont noîra, ont ies cheveux crépus, le corps bien proportionné, robuste. Les uns s'adonnent à la guerre, les autres h la culture du sol. Quelques ti-ibus excellent dans le cooi- - merce. A cette branche se rattachent les Soninkéa oa Sarrakolés, disséminés dans tout le Sénégal. On a dit d'eux qu'ils étaient les futurs Français de la haute Sénégambie, comme les Ouolofs le sont de la basse. La langue mandiugue est la source commune de leurs idiomes. Les Malinkés et les Soninkés peuplent plus de vingt États à titres de maîtres ou de sujets.

Aux populations primitives s'est superposée une race étrangère, les Foulas, Pouls ou Peuls. D'origine lointaine, venus par étapes des bords dn Nil ou de l'océan Indien, les Foulas, après avoir traversé, en y semaal des colonies ou des empires, le Soudan central, débordèrent au commencement du xviu" siècle sur le Niger et le Sénégal. Leur peau a une teinte bronzée un peu rougeâtre ; leurs traits rappellent ceux de l'Européen. Ils étonnent par leur intelligence, quelquefois parla noblesse de leurs idées. On trouve parmi eux des savants, des lettrés, des poètes. Beaucoup se livrent & l'industrie, travaillent les métaux, fabriquent des lis;;

AD SENKCU.

JU'une exquise délicatesse ; d'autres, fixés au sol, se ji adonnés avec succès à l'agricullure. Mais les aplis primilives Je la race les portent à la vie nomade, da bétail. C'est à la suite de leurs immensea \ Bopeaux de zébus que les Foulas pasteurs ont pari l'Afrique de l'oneat à l'occident. C'est comme Ts qu'ils se sont présentés dans les tribus mandini9 ; mais ils n'ont pas tardé à les assujettir. Au point je religieux les Foulas se sont divisés : les uns sont a ûdèles aux croyances el aux pratiques des ancè- H, tout en adoptant une sorte de fétichisme où la ] lairie tient la plus grande place ; les autres, plus pmbreux, ont subi l'ascendant de l'Islam. Si l'on i parmi ces derniers des gens simplement pieux E tolérants, il n'est pas moins vrai que la masse emblée par le fanatisme se livre par tous les moyens, ria guerre, le ferel le feu, aune propagande effré- 1

. Le résultat en a été la conversion forcée d'um rtiedes peuplades noires.

9 Foulas se sont répandus un peu partout. On tes rc spécialement dans le Fouta sénégalais, le Foutaon, le Eondou, le Khasso, le Kaarta, le Ségou, le 1 cina. lia allaient constituer une des forces du protète Omar, moins pourtant par esprit politique que I Ir sentiment religieux. Car, non seulement des Pi Mes servirent dans les troupes françaises, mois encore J I tribus entières se rangèrent sous notre drapeau I BIP faire au conquérant une guerre acharnée.

&u mélange des Foulas et d es noirs est sortie uue race I îe, bien digne de fixer l'attention par son carac-e et le rôle qu'elle a joué dans l'histoire du haut 1 «va, C'est celle des Toucouleurs, dont le nom semble \ liqiier Ja double origine. Passionnés pour la guerre, '

fi.l LE CÉNÉILiL FAIUIIEHBE

d'une bravoui-e intrépide, jamais l'islnmiûme tt'eu^ zélateurs plus ardents. On n'a pas d'idée de la lerï qu'ils inspiraient. Ils furent les meilleurs tolijj d'Omur, les plus enthousiastes, les plus envieux fci mort, qui ouvre aux eroyants les portes du paràdT ■Omar était Toueouleur. C'est, pour ainsi dirt sur les épaules de ses compatriotes qu'il a parcouru en vainqueur tant de contrées : c'est avec leurs armes qu'il a fondé finalement un grand empire sur le haut Niger. On a pu dire avec quelquo raison que, sans leura divisions, les Toueouleurs auraient barré la route aux Français. Ils étaient prépondérants dans le Foula sônégalaiâ, le Damga, le Toro et le Dimar.

Omar, nègre toueouleur d'Aloar, près de Podor, né d'une famille obscure, était revenu de la Mecque, où il avait séjonrné plusieurs années, avec un grand renom de eaintelé et le titre d'Hadj, pèlerin, qu'il associa à son nom. Établi, dès 1848, ^Dinguiray sur la frontière septentrionale du Fouta-Biallon, sa parole véhémente, sa [irédication religieuse, le mystère de sa vie, le surnature! qu'on prêtait à aa personne, quelques jongleries destinées à Irapper l'imagination attirèrent autour de lui uuc foule de disciples ou talibés sur lesquels il dserça bientôt l'empire le plus absolu. On lui attribuait le don des miracles ; les foules s'enflammaient d'enthousiasme pour le nouveau prophète. Quand il proclama la guerre sainte, en 1838, toutes les populations musulmanes du haut fleuve accoururent sous ses étendards sacrés. EI-Hadj-Omar feignit d'abord Je respecter les Français : il manifesta même à diverses reprises le désir de vivre en paix avec eux. Il leur demanda des munilioria et des armes en échange de son auiitié. Mais ses incursions dans les l<)tats idolfitres, tels que Kaarla^.

AU SENEGAL

^ambouk, le Cayor, devaient fatalement le mettre mtact avec nos postes avancés. D'ailleurs l'islaïsme étaal inconciliable avec toute autre religion, il , ait éïidentiju'Omar n'a tleadait que l'occasion de nous i clarerla guerre.

idia qu'avec une armée de 12 000 hommes il en'

ssatt le Bambouk, où il mettait tout à feu et â sang,

«bandes de talibés apparurent menaganles autour de ,'

el. On sait comment le capitaine du génie Faîd-

l^rbe fortifia et sauva le poste.

l A la On de 1854, El-Uadj-Omar, laissant derrière lui . s populations du Foula, c!u Bondou et du Guay Tallîsées el soulevées par sea émissaires et disposées à lentreprendre à son premier ordre », francliit le ^cgal pour s'établir dans le Kaarta. Ses premiers l'enhardirent. Il jeta enfinle masque. Ses hordes plièrent nos traitants sur le haut fleuve ; ses alliés imirent les plus afîreux ravages autour de Bakel e Sénoudébou. Tous les habitants qu'on soupçc t de fldélité à notre égard et qui n'avaient pu rail temps no» postes fortifiés, furent massacrés ou réduit f, servitude. Sur les pas des Hadjstes le territoire se I 3||angeait en désert. Omar voulut même nous frapper 'f. eœur de notre domination. Comme il savait par ses [ents que la population musulmane de Saint-Louis |it troublée par la proclamation delà guerre sainte el puisait mal son antipathie contre les cbrétient<, il lui

I lettre pleine de menaces, de promesses " illacieuses, afin de l'exciter et de la soulever contre |btre domination.

R Maintenant, disait-il, je me sers de la force, et je JK cesserai que lorsque la p^ix me sera demanJée par ire tyran, qui devra se soumettre à moi, suivant ces

paroles de uotre maître : « Fais la guerre aux gens qui « ne croient ni en Dieu, ni au jugement dernier, ou « qui ne se conforment pas aux ordres de Dieu et de « son prophète, au sujet des choses défendues, ou qui, « ayant reçu une révélation, ne suivent pas la vraie « religion (les juifs et les chrétiens ) jusqu'à ce qu'ils « payent la Djezia (tribut religieux) par la force et « qu'ils soient humiliés. »

« Quant à vous, enfants de Ndar (Saint-Louis), Dieu vous défend de vous réunir à eux : il vous a déclaré que celui qui se réunira à eux est un infidèle, comme eux, en disant : « Vous ne vivrez pas pêle»méle avec les juifs « et Jes chrétiens; celui qui le fer» est lui-même un « juif et un chrétien, Salut! »

Faidherbe, nommé gouverneur sur ces entrefaites, prit ses mesures: les musulmans de Saint-Louis ne bougèrent pas.

« Le nouveau gouverneur allait doncavoir uujc guerre sainte sur les bras, en môme temps que la guerre avec les Maures: c'était trop à la fois, et ceux qui, pendant six ans, avec des moyens biea bornés, ont fait face à ces deux besognes, passant la saison sèche à batailler contre les Maures, et la saison des hautes eaux à faire des expéditions dans le haut du fleuve, et qui ont, malgré cela, établi notre domination sur le Sénégal, peuvent avoir la conscience d'avoir rendu un grand service à leur pays. » (Faidherbe, le Sénégal.)

Les bandes d'El-Hadj-Omar étaient composées des Toucouleurs et des Foulas du Fouta-Djallon, du Bondou, du Damga, du Fouta sénégalais, du ïoro, du Dimar. 11 y avait aussi desSarakholés du Gadiaga et du Guidimakha, et plus tard du Bambara, du Kaarta, et des Khassonkés, nègres du Khasso.

Du mois de mars au mois de juilleL 183o, tes villa^

geadela Falémé devinrent le théâtre d'un soulèvemetiH général, auquel nous n'avions à opposer que la faibiffl garnison^de Bakel forlifîée de quelques cavaliers auxîJ liaires douaïch. Un jour, Ali, que son frère Bakar, roy deaDouaïch, avait mis â notre disposition, ayante un troupeau â l'ennemi, le ramenait sur les bords duJ fleuve : il fut assailli par des gens hostiles de Bakel qud l'auraient accablé, s'il n'eût été secouru à temps pur laî lieutenant Dargone avec lea troupes du fort. BargoueJ sentant le danger de laisser subsister & deus pas difl poste un foyer de trahison, prit une résolution énergiJ que: il canonna et brûla le village en ayant soin d'é-1 pargoer le quartier où logeaient les habitants fidèl D'ailleurs, les dégâts furent surtout matériels, car les^ femmes et les enfants s'étaient réfugiés dans les villa- M ges voisins. Paidherbe approuva, quand il le connut, F cet acte de vigueur. Non seulement les attaques de»-« gens de Bakel étaient à craindre; mais encore leurs | rapports avec les soldats noirs et les laptots de le nison, musulmans zélés, pouvaient entraîner des dér] fec lions.

Au milieu de juillet, Faidlierba partit pour Bnkel,-| Le Serpent, bateau qui le portait, remonta Iranquille-'ï ment le fleuvei Mais arrivé dans les eaux ennemies, itl "fat assailli des deux rives par des bandes furieusca 1 C'est au milieu d'une fusillade incessante, plus dange*^ reuse pour l'ennemi que pour l'équipage, qu'il atteiW gnit Bakei. Fidèle à ses principes, Faidherbo s'étaitj appliqué pendant tout le trajet à montrer qu'il voulait qu'aux agresseurs, mais qu'il respectait les populations paisibles. Sa présence ranima le courage J de la garnison. Sous ses yeux on brûla le grand village J

fis

LF. GÉNÉRAL FAlDLIEnilE

- de Tuabo, capitula du pays. Le gouverneur meilleures diapoaiiiona, confia le commandement j poste au capitaine Parent, puis redescendit à Sai Louis pour préparer les mesures que nécessitait'.Qtfi «ircon stances. Son retoui" fut signalé par les môjij incidents. Les Toueoiileurs eurent beaucoup à s àa tir du bateau.

Bîenliit rejoial par 250 hommes venus de Saint-U sur le vapeur l'Èperviêv, le commandant de Bal tenta d'enlever à Maunaël un vaste camp de Sarr^ . holés. L'entreprise ne réussit qu'en partie. Le cal bien fortifié et défendu pa.r un millier d'hommes rèsifl JL toutes les attaques. Nous dûmes battre en retra avec des pertes sérieuses. Mais quelques jours aprjj lesSarrakholéSjcbranléa dans leur confiance, abandqj nêrenl, d'eux-mêmes leur position.

Cependant les affaires' d'Omar prospéraient dàa»J Kaarta. Il ruinait entièrenuent notre commerce dans^ liaut ileuve. « Les blancs, disait-il, ne sont que d marchands,- qu'ils apportent des marchandises d(ii leurs I a'eaux, qu'ils me payent un fort tribut quM je serai maître des noirs, et je vivrai en pais a Mois je ne veux pas qu'ils forment des établissemoî^ & [erre, ni qu'ils envoient des biJtimcnls de gu&n dans le fleuve. « Faidberbe ne l'entendait pas i Mieux valait se perdre soi-même que de perdre la fi louie. Et -la colonie était perdue si l'on ne briaaita puissance d'Omar. Avec une témérité que justitiaita BituatioQ, mais à laquelle on ne ménagea pas les c

I ques, Paidherbe, après avoir parcouru en quinze joâ " I pénible navigation 250 lieues, parut subilemei Méaiiie dans le Khasso. Ses forces, relativement cofO

I dérablea, consistaienten 1200 ou laOOhommes. C'était

AU SÉNÉGAL

^qtie toutes les troupes de la coloDie accourues,

Ë|r la première fois, toutes ensemble, h la guerre

pis le haut fleuve. Et quelle guerre! Il fallait vaincre

tt seulement des races féroces, une religion irrédue-

, mais encore une nature implacable, le sol, les

:, le climat torride, les tempêtes de riiivernage,

I maladies pernicieuses. La résolution de Faidherbe

1 & la hauteur des difflcultês. Une campagne rapide,

s ou moins déoisive contre les Hndjstes, ce n'est

ez. 11 prendra pied dans le paya, en pleine

i ennemie; il fera acte du possession, il bâtira un

;, suprême défense du haut fleuve, gage de notre

Ëtpansion future.

e 13 septembre, Faidherbe avec aa petite armée rrivait devant Médine. « La i-eille, un détachement de îipmée d'El-IIadj-Omar occupait encore la ville, mais iLavait fui dans la nuit, et le roi Sambala, allié dou- Ijix, nous attendait paisiblement à la tète de ses gens, s de la ville.

t Le gouverneur lui dit:

- Je viens te demander compte du pillage de nos étants.

-Ce pillage, c'est le marabout El-Hadj-Omar qui ■ il. Moi, qui ai toujours été l'ami des Français, j'ai jrché & l'empêcher. J'ai ofiert cent esclaves au mail a ut pour qu'il respectilt vos biens; il a répondu 1 allait me couper le cou, si je disais un mot de s en votre faveur.

-Je te crois; mais alors tu avoues que tu n'ee

I le maître chez toi et que tu es incapable de

fotéger toi-même et tes hûtes contre les Toucqu-

l^ C'est V

es lé:

70 LE GÉNÉIUL FAIUllF-nUt;

— Eh bien, je vais me charger de ie faire.

me vendre un terrain où je bâtirai un fort.

— Tu peux le prendre pour rien puisque lu eelé; maitrc ici.

— Non; je n'agis pas comme les marabouts et je n© dépouille pas les gens parce que je suis plus fort qu'eux: voici le prix du terrain que je vais te désigner: 3000. francs une fois payés et 1200 francs de cadeaux par an.,

— J'accepte tes conditions. »

« Le terrain concédé comprenait non seulement no;: vaste einplacemenl de 4 hectares pour le fort, dans la^ situnlioQ la plus favorable, mais encore toute la rive gauche du fleuve, depuis Médine jusqu'aux cataractes. du Félou, e'est-à-dire, sut 3 kilomètres de longueur, o' (Faidherbe, le Sénégal.)

Le 13 septembre, malgré lescooditionsclimatériqnei lés plus défavorables, commencèrent les travaux du fort. 600 hommes y travaillèrent neuf heures par jour. Le S octobre ils étaient terminés. <t Le fort, quadrilatère bastiouné de 30 mètres de côté, avait une pièce d^-. canon dans chaque bastion; la garnison se composait, outrele commandant, en fait de blancs, de 2artilleurs,^ de i sergent et de 5 hommes d'infanterie de marine. Avec cela une vingtaine de soldats noirs et une vingtaine de matelols noirs. «Le gouverneur en conQalA, commandement à un vieux trailant muliltrei^PatiI Holl, homme énergique et intelligent, connaissant bieii-' le haut pays. Il ne pouvait mieux placer sa confiaDCé,i comme les évéuements ne devaient pas tarder à le montrer. Ensuite, sur ses instances, leschefsduKhaHSftîn oubliant leurs haines et rancunes réciproques, embras--, scrent noire cause en échange de quelques faveurs. -'

D'un autre côté, appliquant au haut fleuve la poHr'i

AU SliN'ÉGAL HM

pe qui lui avait si bien réaasi dans le Ounlo, il s'at-1 ' l'espérance d'une prochaine reàtauratioal mbakar, le ûls détrôné <le l'ancien almamy du Bon-, Boubakar s'entoura de bandes dévouées, pour--4 nirit les partisans d'Ojuar, nous rendit enfin les plua I Iraada services. Devenu maître du Coudou, notre la- J valut la dignité d'almaniy; sa fidélité nej est jamais démentie. L'année 1SS6 est remplie d'événements sans impor-* ince, bien que la guerre u'ait pas cessé dans le hauU

u mois de mars de l'année suivante, Omar, de re->9 «r de sa campagne du Kaarta, reparut dans lel

, dont la làuheté et la trahison des chefs i

li/acilitèrent la conquête. Mais son œuvre était incom-

llÈte et fragile tant que le fort de Médîne reslait debout. I

■ fallait à tout pri;c détruire ce repaire d'infidèles. Ufl

Remploya loute son énergie, toutes ses forces. Sous I

9 yeux, 15000 hommes pendant plus de trois moùl

nisËrent leur rage sur les murs inébranlables de Mé- 1

. La place, qui comprenait le tata du roi Sumbal» J

efortbàti par Faidherbe, n'étail défendue que par]

lelqnes blancs ayant pour auxiliaires un millier 1

Siommes de couleur. Mais un excellent esprit régnait,!

IDS la garnison et le chef était un héros.

eSO avril, à 5 heures du malin, l'armée ennemiefl visée en trois corps, s'avança sous la mitraille

1 pied des murs. Tandis que les plus hardis ten-l Lt l'eBCûladc, d'autres plus prudents ou moins té-j fraîres, cachés dans les herbes, entretenaient une fu.. , le nourrie contre le fort. La défense n'était j .s vive que l'attaque ; les assaillants étaient préei-. | t^S des remparts ; les obus et les balles trouaient leur%9

75 LE GÉNÉRAL F41UHERBE

rangs. Après cinq ou six heures d'assaut impuiBSB les hordes d'Umar ébranlées haltaient ea retraite,! Bant les fossés et la plaiae couverts de leurs morts, C dit que leurs pertes s'élevèrent à 000 hommes. Qua)

- « les assiégés purent sortir à portée de canoQ, ils TËrent partout des morts, de^ mourants et de noR| breu ses traces deaangu.

Cet échec n'abattit pas l'orgueil d'Omar. Il rassem ees fidèles, les enflamme de ses paroles. Un de i meilleurs généraux, Tierno-Guibi, les conduira à.) victoire, tille est certaine; le prophète parle aund de Dieu I

A une centaine de mêlres de Hédine se trouve S îlothériaé de rochers. Paul Holl, qui en compretU f importance, y avait envoyé une garde de 30 homm C'est sur cet ilôt que se porta l'efTort de l'ennemi, limai, au milieu delanuit,200Toucoiileurss'y étalij rent : te détachement surpris se saura à la nage. A)|

' sitôt le fort braqua ses canons contre l'ilot, tir resta sans eflet, l'eQuemî s'abritant derrière les^ chera. Ce fut alors (|u'un sergent de marine, Desplats, aveu 3 laptots et quelques noirs, se jeta d UD canot, et, protégé par des bastingages en peau | bœuf, tourna l'île pour prendre à revers les TouHi leurs. La manœuvre réussit complètement. Les Td eouleursse jetèrent à l'eau sous les feux croiséal canot, du village et du fort : ils perdirent 100 hom tués. Pendant plusieurs jours, de nombreux réunis sur ce point du neuvë,.dévorércnt les cadavi — A la faveur de celle diversion, l'armée d'OiB embusquée dans les plis de terrain ou dan^i l n'avait eessé de tirer sur laville. Quand elle vît 1»^ mtre dfe défenseurs de l'ilot, elle quitta ses posîUoi

AU SÉSÉGAL

Ce nouveau revers ébranlail sa foi el son assurance ;

des cris relenlissaient conlre le propUèle ; on doutait de Ba misMOD. Qu'alteodait-il pour accomplir les miracles que chaque jour i! aiinongait î

Le découragement ne fui. pa^ de longue durée ; Omar reprit tiienlôl son ascendant sur ces ânies fanatisées. Avecuiii! habileté perûde il rejelnit fes défaites sur ses liâulenanU. Quant à lui, il était toujours invincible. Et leurs frères morts ! qui lea vengerait î Le propbète versaitdes pleurs sur la perte de ses chefs et de sesaol- .dsts. u Tenez, dit-il, prenez ces pioebes. ouvrez la

I .brèche au (ala de Sumbala. Le fort tombera de luimême, vaincu par la famine. Courez h la victoire OU & la mort, une autre victoire, car elle mène au paradis 1 » ■ Une trots ic me fois, grossis par de nouvelles bandes, les Toucoleurs se ruèrent sur le tata. Quoique l'attaque câl lieu de nuit, les gêna de Sumbala étaient sur leurs gardes. Pendant plusieurs heures on les vit tirer sur l'ennemi, boucher les brèches avec des cadavres, rétablir leurs murs, se porter un mutuel secours, refouler,

I écraser l'assaillant au pied du rempart L'ortillerie du' fort les soutenait de loua ses Teux. Le jour se leva sur ladéroutc des Toncouleurs. Il permit de compter leurs morts ; [jrÈa de 100 cadavres étaient étendus autour du lata.

Dès lors l'ennemi renonça à de» entreprises de vivfl. force, changea le siège en blocus, attendit des souffrances de la population et de la garnison la fin de larêsiâtance, La place se trouvait, en effet, dans un état presque désespéré. Les munitions et les vivres étaient il. peu près épuisés. Six mille personnes entassées dans Médiue, parmi lesquelles ae Lrouvaient des enfanta et des femmes, éliraient une proie fatale à la fsmine, à

[que temps eo'^H : mais oa pou- ]

7i LE r.Éîft'RAN FAlDillîRBE

la maladie. La foim, on la trompa quelque temps e mangeant des arachides crues ou pilÉes vait prévoir le moment, oii, malgré le rationnement,: ceLledernièrereaaourceviendraitàinanquer. La misère,;"* la décomposition des corps, qui restaient sans sépulture, engendraient des maladies pestilentielles, auxquelles on n'avait plus à opposer aucun remède. La' mortalité en s'aecroissaat augmentait encore le dan- . ger. La garniaon, elle aussi, était à bout de forces* f Abattue par les privations, elle n'avait même plus â»*» poudre. Cette disette était, pour ces braves gens, plu«~' poignante que l'autre. Et on était réduit il celte e Irémité quand les auxiliaires de Sumbala prêtaient i l'orelUe aux insinuations de l'ennemi, quand le poir entamait do toutes parts la fidélité I PaulUoU, bien qu'il souiïrît de ses propres peines et de celles dMautres, s'efforçait de dissimuler sous un front sereiai, ses cruelles inquiétudes. Pour l'ennemi, il se montrait, indomptable; pour ses compagnons d'armes, plei d'assurance. Les assiégeant, lui criaient: '«Vous n'avest plus de vivres, vous n'avez plus de poudre ; le Boront^ A^'rfaJ' ne peut venir à voire secours parce qu'il n'y a* pas d'eau dans le Ûeuve : d'Ici à quelques jours nou9 voua aurons coupé le cou à tous, » 'Paul tioU répondit-^ du haut des murs: « Jamais un noir n'entrera de forcft" ^ dans la maison d'un blanc. » Quand Sumbala lui àè- mandait des munitions : ci J'ai là, disait^il, dans et»-' magasin beaucoup de poudre, mais n'avona-noui'" pas tué assez d'ennemis 1 L'air en est empesté. Aif • tends le jour du combat et n'aie peur : la délivraftWi . approche, n La délivrance, y croyail-ilî Eh bien, si' ' elle ne venait pas, on mettrait le l'eu aux derniêrea ma- 4 sauterait avec le fort 1

AU sisf:<iiL

CepeiiJant FaiJherbe n'oubliaiL pas les héroïrjues défenseurs de Médinc, Ea 185G, un premier navire, le Gtiel !S''d'ii'. commandé par l'enseigne de vaisseau des Essat'ts, r>ïmonla le lleuve avec dea muniliona et dea troupes. Malheureusement, écbou»! sur une roche, il ae put atteindre sa destination. Le commandant, an milieu d'attaques incessantes des populatioas riveraittes, mit sept mois à le réparer. Aussitôt qu'il le put, il reprit le chemin de Médinc dont il iHinnaissait la dér trâsse. Un nouveau malheur l'arrêta. Arrivé aux petites cataractes, assailli par une fusillade qui partait desj deux rive.*, le bateau pris en travers par un courant de foudre fut jeté sur les rochers. Tous les elTorta pour' le tirer de cette position furent inutiles. Dea Kssarls' défendit intrépidement son épave .jusqu'au jour oii,. rejoint par le /"odor, il vint mourir d'un accès pernicieux k bord de ce navire, dans les bras du gouverneur.

En elfet, Faidlierbe arrivait. Il était parti au commencement de juillet avec deux buleaux, le Basilic et le Po'lor. .\ Ilakel il apprit les nouvelles les plus gra- Tes. On prit des renforts à Mutani dont on bâtissait alors la tour; ensuite, le /"^(^'J'' que moulait Faidlterbe s'avanga à toute vapeur vers Médino. Les eaux étaient basses ; le navire meurtri dut mouiller aux petites car laractes près du Guet Pi'dar. Faidherbe débarqua son mondesur la rive droite, S) hommes de troupes et 140 noirs. Il brûla le village de Soutoukhollé, espérant que lafiarame et la fumée annonceraient àMédiue l'arrivée des secours.

Puis, passant sur le ûosUic, il donne l'ordre du départ. Le bateau, chauffé, atteint les petites calaraotea, t&Ioune, héaite, tremble de toute stt membrure sur ï'è-

16 i.K i;É?iv:oAL faidiieube

cume bouillonnante et s'arrête. Sur la dunette, où il se tenait avec l'état-major, Faidherbe frémit d'impalieuce. « Le devoir est de périr ou de sauver Médiue 1 » s'écric-t-il. On surcharge les soupapes de sûreté, on pousse les feux, le navire avance, mugissaçt. Craquant B0U3 reffort ; il monle lentement, il franthit l'obstacle.

Aux Kippea nouvel arrêt. Les roches de ce nom domineot les deux côtés du fleuve de leurs escarpements abrupts. L'ennemi en nombre les occupe. Sans hésitation Faidherbe descend à terre, enlève ses troupes, les lance à l'assaut, Cette manœuvre, protégée par les canons du Basilic dont le feu bat les deux rivea, frappe d'efTroi les Toucouleurs. Le navire passe: la colonne )esui(.

Bientôt on aperçoit Mcdine. Le fort est debout, mais silencieux : il ne donne aucun signe de vie. lîst-it trop tardî Non. Les Toucouleurs errent dans la plaine, ou se tiennent en embuscade; le drapeau tricolore flotte sur le fort, Faidherbe rassemble ses gens sur la rive gauche, met en position son infanterie sur un mamelon pour y attendre l'artillerie, « se lance enfin avec ses irrégoliers, au pas de course, vers Médine à travers les cases du village brûlé de Komentara ».

Au moyen d'une lunette Paul Holl avait distiugué, h l'horizon, vers les Kippes, les uniformes français ! [I -

attendait, inquiet, impatient. " 11 hcsitc cependant

il redouble d'attention, et bientôt, aperçoit distinctement des combattants portant des bottes et coiffés de chapeaux de paille Plus de doute! ce sont les libérateurs.,, le gouverneur est làl Paul Holl court à la cloche, l'agile, appelle son monde Voilà les blancs I

voilà les hommes du Sécégal I voilà le gouverneur^ Courons auxAl-Aghistes '. ■■

Uq dernier combat acharné, meurlrier, explosion d B,defureursaceumiilée3, termina le sublime dra ËMédine. Sur !ea débris Je rnrmée d'Omar les asi iset leurs sauveurs se rencodlrcren t. Paul Holl Ion 8 les bras de FaiJhcrbe en pleurant d emolion. i Est-il rien de plus beau que cette scène oii ce^ di Lommes de cœur éciiangeuient leur reconnaissant ■oii-, l'un par l'aulre, sauvé le poste de Modinj l avec Médine, l'honneur et la fortune de la Frj igés dans une lutte à mort aux confins du Soudant' f X-a puissance d'Omar, affaililie, n'était point brisât & guerre dura trois ans encore, acharnée, impitoyai Erileine de surprises, de combats, d'horreurs. Sielle n'o

s plus de fait comparable au siège de Médine,

bisse pas d'honorer les armes françaises. Du tourbilfl

ptn d'innombrables événements plus ou moins dignef

'^mémoire, on peut dégager quelques épisodes ini

saanta.

i Médine avait été délivrée le 18 juillet 1857. Cinq Joui ^rès, la garnison dispersait dans un brillant con 8 débris d'EI-Hadj-Omar réunis à une ai'méede secc li arrivait du Fouta. Le gouverneur avait pris le eomfl ^andenieot. 11 rencontra l'ennemi dans un ravin a Hvirons de Médine. Faidherbe n'avait avec lui qu'u Olgnée d'hommes. Cette infériurilé n'était pas posçj iiTêler. A force de succès sa témérité devenait u ferlu. 11 coupe en deux, d'un premier choc, lu, lig

e et tandis que son aile gauche culbute, rejetl^ lUs la montagne des bandes qui résistent intrépide^^

LE GKSf.tt\L FAlUIIERCf:

meni, lui-même se beurle an corps principal avec

[ 50 soldais blancs, ■! L'ennemi était excessivement noni-

IX et son feu 1res vif. <> Nous perdîmes du monde,

des officiera et des solUats ; mais une partie du convoi I pesta entre nos mains, w Quant au reste, il s'enfonça t ^ans les gorges de la montagne avec toute l'émigration ;o désordre. « (Faidherbe.) Ensuite, le gouverneur ayant appris qu'Omar abanl.donnait sa résidence de Sabourcîré dans le Khasso ■ 'pour remonter la rive gauche du Sénégal, et ayant l'reçu des renforts de Saint-Louis, décida de s'emparer l' dû Somson-Tata, dans le Bondou, la ville la plus forte r de tout le haut pays, qu'assiégeait en ce moment le ' commandant de Sonoudebou avec l'aide de l'almamy f Boubnkar. « La forteresse de Somson avait 300 mè- I itrcs de totir. Le mur avait S mètres de hauteur et une t épaisseur de plus d'un mètre. Il était construit en pier- \ tes, terre glaise et paille bâchée: dix-huit tours à hétage, faisant office de bastions, garnissaient l'enceinte. LSans certains endroits, il y avait double et triple en- L ceinte. Dans l'intérieur sa trouvait un réduit dont l'enf «einteétaitgarnie dequatreautrestoura. »(Faidherbe,) I L'expédition eut encore h vaincre des difficultés natales avant d'arriver devant la place. C'était le temps I de rhivernage, e'est-à-dire l'été par la chaleur, l'hiver f par l'abondance de pluies. On cheminait dans des

marécages, sous la pluie, a travers des nuées de moua- I tiques. Les hommes et les mulets s'enlisaient dans la . On fléchissait sous une température accablante. n.Lavue de la forteresse n'était pas pour raffermir les rcourages. Gomment prendre cet amas de pierres et de

terre défeudu par un millier d'hommes? On mit en .position deux obusiers; oa prépara une mine sous le

mi

AU SÉNÉGAL

rempart, lleureusemenl les assiégea, effrayés de notre prêseDce, au lieu de résister, ne songôrent qu'à fuir. A minuit Ic3 portes s'ouvrirent aux Jlola pressés do ïti population. Nos soldais, tenus en éveil, reçurent les J fuyards sur leursbaïonnettesj en tuèrent (|iielques-uns, J en prirent 400. Le tata mis au pillage fournit ud immense butin, le lendemain on ouvrît une large ti chée dans la muraille, on lit sauter les tours, on brûla loules les cases. Cetlo exécution produisit un grand effet dons le pays, où elle forlifial'autoritd de noire alliai Boubakar.

Pour débarrasser Médioe d'un .voisinage gëriantj Faidherbc résolut d'attaquer Kartoum-Sambala, doulable parlisan d'Omor, établi avec les KhnsFonkûs j au village de Khana-Makouiiou. 11 réunit les troupes j régulières, au nombre de î)00 hommes, à 1300 hominea descontiogents alliés, Bambaras et Malinkés, Commô | on le voit, l'affaire était d 'iui porta nce, L'armée, ayant francbi le Sénégal, s'avança contre l'ennemi sur deux eolonnen. « A peine en marche, nous reçjiimes i énorme averse (jui eut bientôt converti toute la l'orèt en vrai lac. Les volontaires avaient sur nous un énorme avantage : ils se mettaient complètement nus et renfermnieut leurs vêlements dans leurs peaux de bouc : ils les tiraient secs après la pluie. « Arrivé à portée de fusil du village, sur le bord du marigot, Faidlierbe mit ses obuïiers en batterie. Après quelques jours, il donne l'ordre de l'assaut. « Tout le monde se jette à l'eau... C'était uti spectacle extrêmennent curieux que de voir près de :2Û0O hommes passant, sorrés les uns contre les autres, le torrent grossi par les pluies et écumaut an milieu des roches. « (Paidherbe.) L'ennemi,ne songeapasà rcsister. Ce fut tout de suite une fuite générale,

80 le: cÉ^ËitAL FMDiiE:r.DF: ^

dans tous les sens. Nos soldats poursuivîrenl les fuyard» i la course, en ramenèrent un grand nombre avec da bétail et du butin, bijoux, provisions, eiïcts, ustensiles dcniC'nnge. On démolît le lala; on livra le village an* flammes, Médlne était bien vengée.'

H En somme, nous avions débarrassé le Bondou et le. Khasao des bandes d'El-Hadj-Omar, nos postes étaient dégagés, respiraient à l'aise, et le pro[il]étD était eiï pleine retraite, à la grande mortiGcation de ceux qui : lui croyaient un pouvoir surnaturel, Lacolonne ramonait beaucoup de malades. Nous n'avions eu que quelques morts à déptorer. » {Faidherbe.)

Apres la rentrée de Faidherbe à Saint-I.ouis ses lieutenants elles chefs alliés, continuant les opérations sur les borda dn Sénégal et de la Falémé, obtinrent de nouveaux résultats, l.e gouverneur pouvait dire à la fin de 1B37 : « Les Étals du haut fleuve se reconstituaient grâce à l'absence d'El-Hadj-Oniar, retiré au fond du Bambouk et réduit, eu apparence du moins, à un état d'iEii puissance complet h ta suite de son aUront de Hëdiue ; le Danga avait été sérieusement rappelé à l'ordre et châtié par noua ; le fort de Hatam élait construit et les Maures du haut pays attaquaient vigoureusement lestrihusqui cherchaient omettre des entraves au coMmerce de Bakel. Enfin tout était en voie de paeîDca-' tion. j>

Faidherbe cette fois se trompait. Dès le mois d'avril' 1858, les partisans d'Omar reprennent partout l'otTensive. Le prophMe même pénétre dans te Bondoti, où il s'établit à Boulébané considérée comme la capitale 3opays. Désespérant de prendre le fort de Sénoudébou, il brûle les villages environnants, dont il enlève les babitants en masse, pour en repeupler le Kaaarla. Mat-

treduBondou presque enlier, il se tourne vers le Fou ta. B Oale voit le long du fleuve, notamment à Bakel, qu'îlfl n'ose alla-|uer, suivi de 3000 ou 3000 hommes, bandits m (lêterminJs. Ses émissaires répandent partout d'arden-« tes proclumatioas. M

Le gouverneuL' est prêt. Depuis longtemps il orga- m nise iinte expédition pour aller foniler un élablissemenfc I à Kénébia, dans le Bambouk , au pays de l'or. Il y a là fl des richesses à exploiter qui pourront un jour aUîrer-B l'émigralion. La position de Hédiue en reeevra une-J force nouvelle. Faîdherbe entrevoit aussi la conquête V prochaine du bassin de la F<i1émé. Il pense que devant ■ nne aciion vigoureuse El-Iîadj s"empressera, comme M d'habitude, de fuir devant lui, vers l'oi-icnt. Une flot- I tille Iransporle la colonne eïpédilionnaire à Bakel. 1 Mais que de peines, que d'efCorts 1 Sur les eaux basses j du fleuve les bateaux avancent péniblement ; les acci- 1 dents se muUiplient: échouages, orages, tornades, eha-B leur insupportable, tout concourt à ralentir la marche. ■ Par Tordre d'Omar et sous sa surveillance les Toiicou- ■ leurs ont construit un barrage à Garly. «Ilseconpo-^ sait <!e massifs de 16 mètres de largeur sur 33 mHrea J de longueur dans le sens du courant, séparés les uns ■ lies autres par un intervalle dei à 2 mètres. 1500 bom- I meay avaient travaillé du 35 février au 23 avril, et ils I y avaient accumulé auoins 20000 mètres cubes do J bois, de pierres, de terre et de broussailles. « Heureii-» sèment la première crue bouleversa cette conslructioa I peu solide, qui fut emportée par les grosses eaux. Les''! bateaux passèrent. ■

Mais on appril aussitôt qu'Omar, quittant les borda ■ du fleuve, au lieu de se retirer dans la région haute, I avait, par un détour, gagné le centre du Fouta. L'an- ■

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