‹ Le général FaidherbeChapitre 8 sur 40 · TT · texte numérisé non relu

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LE CÉWfiRAL FAIIIITEHIIE ■

nexion de ce paya turbulent et divisé enlrait-elle (iaos ses plans? ou combinait-i! quelque opération contre nos établissement (lu bas Sénégal? Dans ces conjonctures, Faidherbe crut devoir partager ses forces. 11 envoya h Saint-Louis quelques compagnies, avec ordre de déjouer les tentatives de l'ennemi partout où elles se produiraient. Quant à lui, sans se laisser troubler par l'imprévu des événements, certain qu'Omar échouerait dans son dessein d'asservir les tribus indépendantes du Fouta, conOant dans la fidélité du Oualo et des autres territoires de la colonie, il s'embarqua Jivec une poignée d'hommes sur la Palémé qu'il traversa itSenondébou et arriva à Kénébia, a but de ses efforts, de ses espérances et de ses préoccupations depuis plusieurs années ».

Pendant que le fort s'élevait avec rapidité, le gouverneur signa deux traités de paix avec le Bondou et leBambouk.Par le premier, Boubakar-Saada.almamy du Bondou, reconnaissait les droits de la France sur tout le cours de la Falémé, nous cédait en toute propriété le territoire de Sénoudébouet diiïérenles routes de 20 mètres de large pour mettre en communication nos postes du haut fleuve. 11 s'engageait à ne percevoir aucun impôt sur les caravanes venant de l'est à Sennudébou, â ne mettre aucun obstacle à rémif;ration des gêna de Bondou sur nos territoires. Noua obtenions encore la faculté de fonder un établissement selon nos convenances et moyennant indemnité sur la haute Falénié, quand nous le jugerions à propos. Les Frângais étaient complètement maîtres et indépendanta dans leurs établissements. Par le second, contlu avec Bougoul, chef de Farahana cl Niagata, descendant des s rois de Bambouk, traitant au nom de tous les

AU SliNECU.

de Bambouk, les Français obtiennent le droit de ^sblir partout dans te Bambouk, â l'exclusion de. [ autre nation. Ils seront maîtres et indépenJants leurs êlablisseinents, mais ils laisseront le goiiement du pay=i à ses chela naturels. Ils accordeprotection sous leurs forts aux populations du pays Fe les enneaiia extérieurs. Ils exploiteront les mil'or, concurremment avec les indigènes, cultivées lerres, élèveront des troupeaux, bâtiront des itions sans rien payer h personne (18 août 1838). résultats admirables sont l'œuvre non seulement rare vigueur militaire, mais aussi d'une politique, trieuremeni babilo. Tandis qu'il prenait picil sur et s'y fixait d'une façon inébranlable, Iberbe s'attachait — ce qui est encore plus sûr — des indigènes en honorant leurs chefs, en res- LQt leur indépendance, leurs coutumes, leur relioITrant, sous une protection efficace, les aux avantages de la pais. Quel exemple pour les de colonies! Que n'a-t-il toujours été auivil il de fatigues et de soutTrances obligèrent Faid- ! & quitter momentanénient le Sénégal. Mais son ir en France, dans son paysnalal, où il goûta queljours de repos et rétablit sa santé, fut de courlo .. Le 12 février 183!) il était de retour à Saint-

l' trouva les cboses k peu près dans le même état Prant son départ, si ce n'est qu'Omar, désespérant 'lUinetLre les i<'outa ou d'entrainer les populations ftBuîte, -s'était rapproché du fleuve sur les bords tel la guerre sévissait toujours. Aussitiit Faidherhe mit en campagne, Sa présence détermina la refida prophète. Omar s'aehemina lentemeut vers

LIi Gti.NEIlAL FAIDIIERDE

le hauL pays, suivi d'une longue coIoQue de soldatlf d'éiiiisi'i"itg, laissant derrière lui, comme marques^ son passage, uae longue traînée de ruines. C'en en fait de ses projets sur le Sénégal , il renonçait à la li avei; les Français. C'est sur le Niger, k Ségon, ^m alIaiL enfia ïonder son empire, donL il n'avait [ pendu de lui d'étendre les limites jusqu'à la Qier,.t| perte de Guémou, sa derjiière forteresse sur le Sén^ en aval de Bakel, enlevée et détruite par les Franc; malgré la résistance la plus acharnée, dissipa sead nierez illusions. Au mois d'août 1860, sur l'avis q des ouvertures de paix avaient été faites par Moussa, lieutenant d'Omar, au commandant dt le gouverneur se transporta h Médine pour auivi'oJ près lus événements. Il y trouva des agents de Tiem Moussa qui l'informêreul des dispositions paclfîi^ d'El-lludj-Omar el lui présentèrent un projet! traité. PaiiJlierlie cnoni^a les conditions s u La limite entre les Étals d'Lll-Hadj-Omar et les ^ placés sous la protection de la France sera marm par le Sénégal, de Médine à Bafoulabé, puis pau Bafuig, Les hostilités cesseront des deux côtés'. Le'M merct; se fera librement entre les deux pays, qui j derout leurs sujets et leurs captifs comme ils l'a drout. On ne rendra ni sujets ni captifs qui a vei-aieul d'un pays dans lautre. » Omar eo rt accepta tout, conclut la paix avec le gouvemenj^ Sénégal. De bonnes relations s'établirent entre le.tf quéraut noir et les Français. Quand Faidherbe lui elara* son intention du lui envoyer un de ses ofCol â titi-e d'ambassadeur, Omar donna partout l'ord recevoir cet officier avec les plus grands ègardt projet ne se réalisa que trois ans plus tard.

AU SÉNÉGAL 85

Le Fouta sénégalais, berceau de la puissance d'EI- Hadj, dont les populations farouches etindcpendanles étaient très attachées à leurs mœurs, à leur religion, un moment dompté, changea bientôt son opposition latente en révolte ouverte. Le nouveau gouverneur, capitaine de vaisseau Jauréguibéry, imitant les procédés de Faidherbe, ne laissa pas à l'insurrection le temps de s'étendre. Écrasés dans plusieurs rencontres sanglantes, les Toucouleurs déposaient les armes quand Faidherbe rentra dans la colonie. Il n'eut qu'à profiter des- résultats acquis, qu'à compléter les traités antérieurs. Les chefs du Toro reconnaissaient solennellement l'annexion de leur pays à la colonie et s'engageaient à obéir aux ordres du gouverneur du Sénégal . Le Fouta, décidé à vivre désormais en paix avec les Français, renonçait à toute prétention sur le Damga et le Toro. Chaque pays devait continuer à s'administrer d'après ses lois, usages et coutumes, sons de.^ chefs nationaux responsables de la sécurité publique. D'autres clauses garantissaient la liberté religieuse individuelle, commerciale (1803, août et septembre).

§ IV. — EX[>ÉDIT10NS DIVËflSES.

UBDlofa elSi^i'Èrea. — les Tiédos. — Elaldegucrreperiminea^ Expéditions de Nmiik; Irait de bravoure de FrviUher t Expéditions de Siomi-é et de Siiie, contre les D/o£iu; toS ThiÈs construit. - Expédition de la Cosamanee ; popul»li( ~ ilrillanle attaque et prise de Garonne et de Tliioncq ;j taile des lîalinles; tr,jilé de paix.

Gtierre du Cayor. — État du Cayor. — Grande expcdilkm Ô tre le dame) Macodau ; traité de paix. — (féconde e: de Katdttcrbe. — Troisième expédition; iJacodou rt par lladiodio; celui ci est renversé par LuL-Dior, — Faidlierbe ; nouvelle campsgni: ; la guerre s'étornisi faits d'armes ; mort du ca|)itaine Lornas ; combat ds L — Réorganisation du Cayor. — Conditions de du.-ée <le»'4j vrcs coloniales.

Guerre cnntre Uaba. — Dcrense héroïque de Kaoialt par le genl Ilurg — Traité avec BInba.

Eésullala comparés aux forces.

Pendaot la guerre contre les Maures et Omur udsv ngilalion ne cesaa de réRiier dans les paya ouoloSj Bérères. voisins de Suint-Louis, dans le Cayor, le D le Baol, le Sine, le Saloum. Les noirs de ces contf porlèa par leur barbarie et leur intempérance a lenccs et aux déprédations, redoutaient cneore B^ protection, parce que, impuissan te jusqu'alors à le^

fendre, e-lla les exposait aux vengeances des mu9uL4 î. D'autre part, la caste mililaii-c des Tiédos entrer tnaUiin état de guerre permanent, d'autant plus qu'ifd mt bien que notre victoire serait la ruine de lem miaatîon. « Ces gens-là, dit Faidlierbe, no sont, psi

ftgéncral très redoutables Ils ont le physique, la

iractère, les vices, le costume et la niBnicre de com-4 bttre deB Tiédos du Oualo. Les chefs et leurs arfidéa fembattent sur de petits chevaux qui ont à pei Rrce de les porter, mais sont quelquefois pleins Kur. La foule combat à pied ; leurs armes sont dS pands et lourds fusils chnrgca d'un grand nombre d«^ ., des lances et des poignarda. Capables par mo^ tfints d'un courage bruLoI, ils se démoralisent facile* ient. Les populations ouolofs' musulmanes, quoiqûfl n caractère différent parce qu'elles ne sont paffl ^ruties par l'eau-de-vie, font la guerre à peu près d KméiUB faQOQ'lue les Tiédos. «

e Ndiamhoiir est une province du f.ayor. Ai I décembre 1836 on apprit que le village de Ngui^ ait asile aux fugilil'a du Ooalo et a. leur chef ElyJ liedémonsiratioa énergique pouvait seule étouffer qi

rer de trahisons.

IJraidherbe parLit de Bouëlville le 17 décembre aveS

B hommes et 12i)0 volontaires. Le second jou pilltes devants avec les spnhis et les volontaires î levai, il arrivii à l'improviate 'deviml le village. Maî

^enu par des espions, E\y avait eu le temps de s'-^d (ppper. On ne put l'atteindre. Sans attendre I

s forces, le gouverneur pénétra dans Nguik ayed Et poignée d'hommes, 3 oftieiera, 3 ou 4 soldats d'e;

M. FaiJherte oi

88 LE GÉNÉRAL rMDHEIlRR

w coric!. S'il est vrai que cette audace imposnit aux

r elle ne laissait pgs d'être imprudente. Un moment Is

I petite troupe Tut entourée de toute la population noire

I armée. Sans hésiter, Faidherbe, abaissant soû pistolet,

i somme les guerriers de déposer leurs armes. Intimides,

tous obéissent et se dispersent. Quand les voloolairea, en retard peut-être par mauvaise volonté, rejoignirent lïutrépidc avant-garde, on leur abandonna le village qu'ils brûlèrent après l'avoir pillé.

Cette exécution calma les velléités de révolta du Ndiambour. Les cbefs de province h vinrent assurer le gouverneur qu'ils se conformeraient à l'avenir à tous les ordres qu'il leur donnerait ».

Promesse fragile, comme celle de tous les peuples sauvages que la force ne lient pas en respect. Après le départ des Français, les bandes d'Iîly reparurent. I.ea noirs, loin de les arrêter, leur donnèrent asile. Faidherbe, voulant d'abord essayerdesnégociations, envoya enmission à Ntomré, centre de l'agitation, le sous-lieulenant indigène Alioun avec une faible escorte. Alloua tomba dans un guet-apena oii il faillit être massacré. Échappé aux coups de fuail, il ne dut son salut qu'à la vitesse de son cheval. Faidherbe se disposa aussitôt à venger cet outrage.

LesgensdeNiomré, bien que pasteurs et cultivateurs, passent pour être très braves. Ce sont des muàulmans fanatiques. Le paya est peuplé ; la seule localité de Nionirê renferme 3000 habitants. Il était nécessaire de prendre de grandes précautions. Faidherbe réunit 3500 hommes qu'il conduisit lui-même, et auxquels se joignirent bientôt d'autres troupes, ce qui porta nos foreesàSSOO horamesavec accompagnement de chameaux pour porter les bagages et les munitions. Cette petite

AD SfiNfir,AL

mée comprenait des soldats de lotîtes armes suivis â jbelquea obusiers. On se dirigea jiar une chaleur meurt ^ëre qui fut fatale à beaucoup d'hommes vers le,vîla Lge de Nguik menacé par l'ennemi, oii se trouvaieal «puits. Malgré des eraintessérieuses, la colonne n'enÙ lubir aucune attaque pendant la route. Mais dans 1f| ^uit le camp fut assailli : le^ volontaires, réveilles nirsiiul de leur sommeil de plomb, combattirent au ht^ lard. Faidlierbe, plein d'inquiétude, accourut pour réj " r l'ordre. Au jour seulement l'eunemî se reliru Rryanl causé plus de trouble que de mal : mais s'il avi B profiter de la circonstance, il pouvait nous infligen a désastre.

Le lendemain, le gouverneur se porta en avant avea

9 tirailleurs sénégalais, les laptots, les spahis,

Montaires de Saiot-Louis. Tandis qu'il brûlait les villsî

Hes hostiles autour de Nguik, un escadron envoyé-j

Nbirama était mis en déroute. A cette nouvelle, Faidd

^erbe accourut. « llalliantaussitôtles spahis et sachai

|ii'il pouvait compter sur l'appui des reuTorts qui la

aivaient de prÈs, il reprit immédiatement l'olTensivi

ndirigeant lui-même une charge àfond sur lesNdiatB

Ëpurs, qui montrèrent un ncbarnement et un eouragél

pemarquables r 21 des leurs furent tués sur pince et 1m

'Sste battit en retraile sous le feu des tirailleurs qui

arrivaient successivement pendant la charge et e

ni encore plusieurs '. n tljC 7 mars on poussa jusqu'à Niomré. L'enneu npait une forte position en avant de ce grand vi

unie d'bahitude, il se proposait " de nous attaque fl ^tons côtés â la fois, surluut par derrière ». Des haie

ff, FSÎililcrbc, le S'în^oa'.

•JO É.E GKSÉRAL FAIDHERRE

él des chtkmps de mil, dans lesquels il pouvait muler, favorisaient ses opérations. Faidherbe répondit & celte manœuvre en marchant vivement vers le village. On repoussailleslirailleurs noirs de haie en haie, tandis qu'un feu nourri éloignait de nos flancs les cavaliers. Le village fut traversé au pas de course et, de l'autre côté, on eut le plaisir de voir disparaître les boadea ennemies en déroute, Niomré devint la proie des flammes. " Grâce à la vivacilé de notre attaque et â la rapidité de notre marche en avant, nos pertes furent très peu considérables. Avec le peu de moyens de transport pour les blesses, dont on dispose, en général, au Sénégal, on est obligé ainsi de brusquer les afl'aires pour qu'Ëlles durent moins longtemps, etoa ne peut généra, lementpas se permettre d'agir plus méthodiquement et de combiner des mouvements qui pourraient noua faire obtenir des résultats plus complets, mais augmenteraient aussi le nombre de nos blessés et seraient un grand embarras pour nous. « (Faidherbe.)

La colonne rentra à Saint-Louis. Quant ù, Faidherbe, toujours infatigable, après avoir reçu la soumissmn de quelques chefs, il alla faire une tournée à Richard-ïoll entassant par Mérighaoem.

Le pays des Sérères comprend la vallée du Saloun et la côte jusqu'au cap Vert. Cette population, proche parente des Ouolofs, métissée de Mandinguea, se partage en deux grandes fractions, les None et lesSlue. Leur langue offre beaucoup d'analogie avec l'idiome ouolof, dont les chefs ont conservé l'usage. Ce sont les plus grands des nègres du littoral ; moins noirsque les ouolofs, ils ont le nezplua épaté, la figure plus aplatie, les lèvres plus grosses, La masse, malgré la propagande des marabouts musulmans, a conservé les céré-

AU SÉNCiîAL innés, parce qu'elle ne veut pus renoncer jt^ ige de l'eau-do-vie (Sang'ara). Si les Sércres sup-T^ Kaicril l'esclavage pour s'appliquer h rngncultun Bu régénéreraient rapidement, En l»îi't, il la suite de la réunion au gouvernemenl 1

il de l'île de Corée et delà côtejuBqu'âSîei'rajttine, le gouverneur réclama l'exécution des traités 1

en 16TJ avec le Meulenant général des ara $Vales Dacasse. Il avait, en outre, à se plaindre lÈlences commises par des indigènes de marque, 1 mis ou parents des rois, de contributions extorquées I [Cos marchands, de pillages exercés habituellement 1 ries habitants de la c6te sur ies navires naufragés, f St&t par mer, tantôt par terre, il s'avance le long I Krivage jusqu'au fleuve SaloTim. De la, pénétrant dans \ r des terres, il se mesure avec les liédos du roi Sine. Par son attitude énergique, autant que par j 1 coupa rapides, il imprime à toules les peuplades de , ) région une crainte respectueuse. Il signe des i ités avec les rois de Baol, de Sine et de Saloum. « liféa reconnaissaient notre droit exidusif d'établisse» ■ SntBurla rive droite de la rivière Saloum. Ils nous- 1 [orisaient à y construire un poste fortifié — on ^isit â cet clVet Koalakh — et réglementaient, à la e de Salouin, des droit*, au profit du roi, sur les a iduitsdu pays. »

s deux rois, une fois la colonne partie, oublièrent 1 &Tite leurs engagements. Ils se mirent à vexer noa ïantSi ft voler notre bétail; ils interdirent à leurs , Utfl d'entretenir des relations commercialesavecnos pOuatiK. Faidherbc cborgea le chef de bataillon B de les rappeler au devoir.., Celui-ci partit do tte le 21 février 1861 ; ses troupes, partagées en .

LE CÉ.XtBAI, FAIDIlEIllîE

deux corps, soutenues par la flolUlle, fondirent h fois snr laSine et le Saloum. Aux premiei-s coups, rademenl portés, les deux rois se soumirent à toulea nos exigences. Ouverture immédiate de la Iraili?, reconnaissance et exécution scrupuleuse des traités de 1859, cession de territoire k Joal et à Koalakh, contribution de guerre d'un millier de bœufs : tel fui le pris dont ils payèrent leur trahison. La leçon était bonne: ils ne recommencèrent plus.

A cette guerre se rattache une expédition isolée, qaî eut lieu plus tard contre les Sérëres, Les habitants da village de Thiès, les pires bandits parmi les Sérères, ayant en 1862 commis des vols de troupeaux dans la province de Diandor placée sous notre protection, le colonel Laprade brûla ce village. On établit ensuite un blockhaus fortifié à Pout, « afin de placer à une étape de Rulisque un centre de ravitaillement dans ces pays abrupts». Les Djobaa, « tribu vivant dans des fourrés où personne n'osait pénétrer, habitués au pillage des caravanes », n'attendirent pas la (in des travaux pour l'attaquer. Lagarnison, composée de 13 hommes, s'étant laissé surprendre, périt égorgée. Sur ces enirefailea, Faidherbc revint au Sénégal. Il poursuivit aussilàt la campagne entreprise de ce côté u afin de venger l'agression du blockhaus, d'ouvrir une route à travers le dùlllé de Thiès et de mettre un terme aux brigandages commis journellement sur l'immense voie de communication existant eulre le Baol et notre comptoir de Rufiaque n. Le plus sûr moyen d'atteindre ce but était de construire â Thiès un poste forlilié. Lsprade fut chargé de ce soin : il s'en acquitta heureusement avec sa décision habituelle. Parti de Gorée en ■avril t86i& la tète d'une colonne d'un millier d'hotn-

AU SLSÉGAL

mes auxquels se joignirent loOO volontaires de Dakar i;t de lluAsque, il franchit sans mésaventure le redou- , table dénié de Thiès. Les travaux du fort furentnienéa avec une i-apiditê telle qu'au bout de peu de jours il put otTrîr un abri sufflsant. On se porta ensuite contre les villages dont on avait â se plaindre; nous y rencontrâmes peu de résistance. » Les Sérères, en général, ont pour habitude, loi-squ'îls redoutent quelque attaque, de se réfugier dans les bois fourrés qui entourent leurs cultures avec leurs troupeaux et leurs biens ; ils ne laissent à la merci de leurs ennemis que. de mauvaises cases en paille qu'ils peuvent rétablir en peu de leuipa. Les villages hostiles furent livrés aux flammes. » (Faidherbe.) Dans cette expédition, c nous avions porté à une étape plus en avant le drapeau de Ift France' >•. i

Les populations de la Casamanee offrent difTéreuls types. A la base, on trouve les Bagnoum^ de taille ' moyenne, à la têtevolumineLise, à labouche largement fendue, au nez épaté, aux oreilles arlificiellement pendantes. Ils sont puérilement vaniteux, se couvrent d'ornements, anneaux, bracelets, boutons de cuivre, verroterie- Sous les inigrittious de peuples voisins, ils se sont généralement fondus avec les nouveaux venus. Cependant quelques tribus ont gardé leur pureté de ' pacG. Du reste ils n'ont pas perdu les habitudes dei ancêtres. Attachés au sol, ils le cullivent avec quelqut art: leurs produits ne sont pas sans valeur. Fidèles ky Itui- culte grossier, ils ont résisté pour la plupart au ' prosélytisme musulman.

On aiipelle Fi-loups les nègres de la cûtu. De n

I iks sênéga'

LE OKSÉRAL FAlDBEnBE

I orî^ae, l'instinct, la guerre, l'iatërët, le contact an [ les Européens les ont divisés en tribus înnoDibrablfj [ dont il laut ciler celle? des Djolas, des ^'acas, I Fouloup9, à cause de leurs relations avec les França T Ils sont timides, soupçonneus, prévoyants. C'est i I race déprimée, sans ressort, mais d'une doinioatij I facile.

A une époque indéterminée, bien qu'assez récei L sn flot de A/n/ii'^^s ou Mandingues, venus de l'es r précipita dans les vallées de la Gambie et de la C l mance, chassant devant lui ou engloutissECnt les r [ autochtones. Les Mandingues entraînaient â leur» ^des pasteurs foulas et des agricnlteurs sarrakhoiésq !oiit fixés dans le pays, où ils forment encore li i jourd'huî des communautés distinctes. L'expanafi ' mandingue, contenue à l'est par le grand mouvem

peuples fouI:is, s'est arrêtée devant lesFrançaisS ' la côte. Les conquérants, refoulés de toutes part3,j

igpeat la région de la haute Casamanec, où I C tribus organisées en petites républiques oligarchiq

partagent leur temps entre la guerre et les eoint t l'agrieultureetdu commerce. Les Mandinguea proi I sent la région musulmane. Leurs instincts )

trouvent un excitant dans lefanalisme; mais s'il»;

impunément opprimé les noirs, leur insolence 60."^ . nous leur attire un châtiment terrible.

:&s Batailles, autre population de piliardshsrdisîfl

rocËs, originaires des bords de laGeba, ont, à diflâ ^ tes époi^iues, porté la dévastation sur les deux rive*

la Casamanec et provoqué de notre part une iaH

que inlei'vention.

Les habitants desvillagesde Garonne et de Thioôj

de la tribu des Djolas, commirent dans l'annéo )

AU SÉSÉCAL

d'aSreuses cxacLions sur nos nationaux et nos alliés. I. Les indigènes Je la bas?e Cosamance, plus sauvages eacoi-e que loua ceux à qui nous avions eu adaire auparavant, ne sont qu'en partie aimâs de fusils; un grand nombre de leurs guerriers eombattent encore avec desjavelots et des boucliers en penu de buffle. Cependant ceux de Gai'Onneaont tousbien armésel ont une grande réputation de bravoure dans le pays. » (Faid- , herbe.] Ils se flattaient d'être à l'abri de nos atteintes parce qu'ils sont perdus dans un lacis de marigots presque inabordables; ils nous bravaient parce qu'une espédilion française n'avait pu pénétrer jusqu'à leurs repaires.

Faidlierbelettr envoya Piuet-Laprade, commandarfL particulier de Corée, avec uue colonne de 800 hommes. Cet inirépidc ofOcier, biendifçue de son chef, s'embarqua sur la flottille, et, après une navigation d'autant plus dil'fieile qu'on parcourait des eaux inconnues et peu profondes, apparutsubitemeutdavont [[îlor, poste avancé du village de Garonne. Marais, rivières, toulfea de palétuviers, massifs de beutéuiers, obstacles naturels presque insurmontables, favorisaient une défense que sou tenaient des milliers d'indigènes résolus et bien armés. Sous la protection de l'artillerie des bateaux, une colonne, lancée à l'assaut de la position, l'enleva au pas de course, malgré une résistance désespérée. L'ennemi perdit beaucoup de monde, entre autres un lils du roi de Hilor : il laissa en outre entre nos mains uu butin considérable. Sans perdre de temps, l'expédition , secondée par la tribu amie des Djougoultes, se porta sur le village de 'f hioncq. « Bientôt des eris sauvagos annonQaient la présence de l'ennemi... Ce (ut un si gulier spectacle pour nos troupes que cette nuée de ,

^fl^

LE GÉSÉR.iL FAIDIlUmiE

noirs armés quelques-uns de fusils, mais le plus granj' nombre de lances et J'inimeoses faoucHerâ ronds en

■ peau (le bufOe venant noua défier à vingl-eiiiq pas. . Accueillis par un feu de mousqucLerie bîeu dii-igé et ' par f|uelques fusées de guerre liabllemcnt lancées par l'arlillerie, ils s'arrêtèrent frappés d'étonnement. » ■Une charge vigoureuse " changea en déroute une aitaqite falLe avec la plus grande confiance' ».

Cette répression porta aussitôt ses fruits. Désormais kucune agreesion ne troubla plus nos établissements/ ie. la basse Caaamance.

Mais la domiaation de la haute rivière nous échappait. Les Balaales et les Mandiagues méprisaient nos exhortai ions, noâ menaces. Nous subissions depuis diï ans les plus indignes oulrages. Pillage des cmbarca-

^. lions, massacre des éijuipagcs, enlèvement d'officiers, vols effrontée, incendie des comptoirs : on ne pouvait

.tolérer plus longtemps celte odieuse violation des'

(traités. Une poignée d'hommes écrasa les Balanles.

1 Pinet-Laprade sévit contre les Mandingues des grands villages du Souna. Une course de quelques jours lui

' suffit h briser la résistance. Les chefs se jelërent à ses pieds (1 en implorant la paix, protestant de la plus

] entière soumission " (JStiO, nov.).

Par différents traites passés avec les chefs de la

y basse Casamanee, la France obtint la recon naissance de la suzeraineté ou d'iiuportanles cessiûus de.lerrîtoires. — D'autre pûrl, le Souna reconnaissnit la souveraiiiclé de la France. Tout sujet françaîa pouvait s'établir dans le Souna en achetant aux hahîLnnls le terrain qui lui serait nécessaire, avec !e droit d'y cou-

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