‹ Le général Fromentin et l'armée du NordChapitre 14 sur 73 · Reubell (J.-F.), représentant du Haut-Rbin · texte numérisé non relu

Reubell (J.-F.), représentant du Haut-Rbin

2. Merlin (de Tbionville) (Antoine), député de la Moselle, homme de

à Luxembourg, 6 à 7,000 autres pouvaient d'un instant à Tautre se rassembler à la trouée de Carignan^ Depuis la trahison de Dumouriez, c'est-à-dire depuis quatre mois, le danger avait été toujours croissant. Au Nord, les Anglais, sous le duc dTork, assiégeaient Dunkerque défendu par Souham et Hoche, et si la frontière restait encore fermée par les places de Lille, Douai, Bouchain et Cambrai qu'on armait d'urgence, les revers successifs dans la région de l'Escaut, les pertes de Maulde, de Raismes, de Condé, de Famai*s, de Yalenciennes, la faiblesse des places de la Sambre non encore approvisionnées ou commençant à peine à l'être, découvrent le pays et jettent l'émoi dans les villes de seconde ligne : la Fère, Laon, Péronne et Saint-Quentin.

L'armée du Centre, par contre, pauvre en artillerie et en cavalerie demeurait, malgré l'activité de Bouchotte et l'optimisme relatif de Kilmaine, toujours très exposée. Un hourra de hulans, le 7 août, avait déjà fait momentanément lever le camp de César. Le 9, on songea à se retirer sur Arras et l'on recule jusqu'à Vitry entre Arras et Douai. Le 17, le camp de César est définitivement levé^ Cambrai est alors l'objet d'une démonstration de la part de l'ennemi, qui dure quelques jours, mais celui-ci n'insiste pas après une sommation; nos éclaireurs lui prennent même un drapeau. Kilmaine, avant de quitter le commandement, reçoit 5,000 hommes de renfort, tirés de la 2* division de l'armée desArdennes. L^ennemi ne poussant pas plus avant autour de Cambrai, se dirige vers Maubeuge '. Ihler, qui avait mandat d'occuper la forêt de Mormal avec les

loi) ancien membre de la Législative. Ne doit pas être confondu avec j

son collègue, Merlin (de Douai). , |

1. Rapport de l'espion Sionville, contresigné par Calés, représentant | du peuple. Arch. de la Guerre. Correspondance.

2. Voyez rapport de Ronsin, délégué du Comité exécutif. (Correspondance, 17 août.) Arch. de la Guerre. j

3. Le 13 août, on transporta la manufacture d*armes de Maubeuge à Charle ville.

flanqueurs de droite, ne put résister à sa marche et se réfugie à Landrecies et Avesnes. L'abandon des bois de Mormal livrait à Gobourg les rives de Sambre depuis Hautmont jusqu'au Quesnoy^ Le Gâteau nous était ravi ce même jour.

Dès le il août, Houchard, muni des instructions du Comité de Salut public, avait été appelé au commandement suprême des armées du Nord et des Ardennes. Son action devait s'exercer non seulement sur Orchies, Gambrai, Maubeuge et Landrecies, mais encore sur Lille et la Flandre maritime. Il porta les yeux d'abord de ce côté. Tout en préparant une nouvelle expédition sur Furnes et Ostende, il charge Favart de déloger l'ennemi de Tourcoing et lui prête 1,500 hommes de la garnison de Lille. Lui-même se dispose à tenter le déblocus de Dunkerque.

Pour faire face de son mieux aux périls, le Gomité de Salut public décida que 30,000 fantassins, extraits des armées du Rhin et de la Moselle, iraient augmenter celle du Nord. Le ministre Bouchotte, par un arrêté du 16 août 1793, les distribuait ainsi : 8,000, dans la division de Gassel ; 10,000, à Maubeuge ; 8,000, de Maubeuge à Landrecies le long de la Sambre; 4,000, près de Ham (au camp formé de Ham à la Fère). Il mande en outre 6,000 hommes de cavalerie à la même armée, levés dans les anciens corps, y compris les carabiniers. On réquisitionne encore 30,000 autres citoyens. On triple aussi l'envoi des commissaires.

Arrivé le 13 août dans Landrecies, le commandant temporaire Gourtois convoqua un conseil de guerre le 18 ', qui vota l'envoi d'un délégué à Paris pour accélérer l'approvisionnement. Ses démarches aboutirent. A sa séance

1. Voyez : Procès-verbal du conseil de guerre tenu a Avesnes. Correspondance d'août, pièce n» 132. Arch. de la Guerre.

2. Pièce 124, dossier du 18 août. Correspondance. Arch. de la Guerre.

74 LE GÉNÉBAL FBOMENTIN

du 21 août 1793, présidée par Hérault (Séchelles)S la Convention, se rappelant que la forteresse de Landrecies avait arrêté Fennemi en 1792, décréta, sur la proposition de Gossuin', qu'une somme de 10,000 livres serait mise à la disposition des administrateurs de ce district'. Comme cette place jouera un rôle énorme par la suite, et que Fromentin évoluera longtemps autour de ses murs, nous avons cru nécessaire de donner ce renseignement.

^ Ainsi donc, à la date du 16 août 1793, Tennemi coupait nos communications entre la Sambre et la Deule par le Cateau, tenait toute une ligne de Denain à la forêt de Mormal, il bombardait le Quesnoy, il traquait Maubeuge, Landrecies, et au Nord-Ouest il souillait la Flandre maritime de sa présence, n'ayant guère dans ces parages devant lui, à Cassel, qu'une de nos plus fortes divisions. Hollandais, Anglais, Autrichiens, Prussiens, inauguraient contre la France nouvelle une série de trop longues coalitions. Leurs multitudes nous serraient de toutes parts. Je ne parle même pas des opérations de nos armes sur les Alpes et aux Pyrénées, ni de Tinsurrection de la Vendée. Bref, jamais pays n'avait été aux prises jusque-là avec autant d'éléments contraires. Si l'Europe nous submergeait, la guerre civile sévissait sanglante, et dans la France déjà entamée au Nord, la République, de plus en plus aux mains des violents, offrait l'exemple d'une noire tyrannie. C'est miracle qu'elle pût, en anéantissant ses ennemis du dedans et du dehors, sortir saine et sauve de cette phase terrible. Une partie de ce résultat revient à ses dévoués généraux et aux Représentants du Comité de Salut public dont la virile ténacité ne se laissa jamais émouvoir.

La fin de l'année 1793 et les années 1794 et 1795 virent

1. Hérault (Sechelles) (Marie-Jean), député de Seine -et-Oise, condamné à mort le 16 germinal an II.

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