LB GÉNÉRAL FROMENTIN
162 LE GENERAL FBOMENTIN
capitula. Nous y capturâmes 3,000 hommes et 50 canons. Cette conquête amena la glorieuse journée de Fleurus où les efforts de Cobourg, retardé dans sa marche, demeurèrent infructueux (26 juin). Charleroi, soumise par les Républicains, devint Libre-sur-Sambre.
Interprète de la reconnaissance publique pour tous ces combats et vicloires, la Convention Nationale décréta, le il messidor an II (29 juin 1794), que toutes les armées réunies ^ de la Moselle, du Nord et des Ardennes avaient bien mérité de la Patrie et qu'elles seraient désormais officiellement désignées sous la commune appellation à! Armée de Sambreet'Meuse.
En avançant vers la Belgique et en y pénétrant, Jourdan laissait^derrière lui plusieurs de nos places fortes aux mains de l'ennemi. C'étaient Landrecies, Le Quesnoy, Yalenciennes et Condé. La réussite du nouveau plan de campagne adopté, qui était d'envahir la Belgique, ne nous avait pas permis de retarder les étapes du gros de Tarmée. Il fallait nécessairement profiter des effets merveilleux de l'offensive (cette vraie et légendaire tactique française), sans quoi nous risquions fort de permettre aux Autrichiens de trouver le répit nécessaire pour se reformer et revenir à la charge. Suivant les instructions de Carnot aux Représentants en mission, nous devions faire vigilance et ne pas quitter l'ennemi, d'une semelle. On commit donc à des corps, dont il sera question prochainement, le soin d'assiéger les places de la République sur l'ancienne frontière, déjà dépassée par nos soldats.
Le i" juillet, en effet, le divisionnaire Ferrand a son quartier général à Mons : il y est entré le 14 juin triomphalement^avec Favereau et les colonnes de Kléber, détachées au mont Panissel. Le premier souci des représentants Guy ton et Gillet qui les accompagnent, est de lever dans cette impériale cité une contribution de 500,000 livres sur les couvents.
L^occupation de Mons, coïncidant avec la prise de Charleroi et la victoire de Fleurus, inaugurait une seconde et définitive conquête des Pays-Bas. On sait que la première, celle de 1792, avait d'abord brillamment réussi, que de deux côtés, nos troupes s'étaient enfoncées dans le Nord, par Bruges et Anvers d'une part, par la ligne de la Meuse d'autre part jusqu'à Maëstricht et même jusqu'à Aix-la-Chapelle. L'échec de Miranda, la mollesse du général en chef Dumouriez, ne cachant plus ses sentiments suspects — depuis la journée de Jemappes — avaient rapidement fixé la défaite : nous avions dû abandonner tout le territoire afifranchi.
En 1794, l'enlèvement de Charleroi nous ayant assuré la Sambre, clef des Pays-Bas, Tarmée républicaine resta en alerte. Le 2 juillet, une partie de la division Morlot chasse l'ennemi de Seneffe', à deux lieues sud-ouest de Nivelles, et le général Marceau repousse l'avant-garde de Beaulieu, postée à Gembloux*.
Le général en chef Jourdan, jugeant sa présence plus nécessaire vers la Dyle, laisse à Ferrand, alors à Mons, six bataillons et le 1*' régiment de cavalerie pour observer les garnisons de Yalenciennes et de Condé, puis il lui enjoint de sommer toutes les places de la République, encore souillées par les esclaves (style du temps) et de leur annoncer l'entrée à Ostende, Tournay, Mons, des armées françaises. « Nos forces, ajoute-t-il, sont déjà aux portes de Bruxelles ; si les places ne se rendent pas, elles ne doivent attendre aucun ménagement^. » Par ailleurs, la mission de Ferrand et do Kléber est difficile. Cobourg, non loin d'eux, campe avec 60,000 hommes entre Yalenciennes et Mons.
1. Arch. de la Guerre, Corresp., juillet, armée de Sambre -et-Meuse. Lettre de Jourdan au Comité de salut public.