‹ Le général Fromentin et l'armée du NordChapitre 46 sur 73 · Voyez Pièces justificatives, n*» LVIII et LIX · texte numérisé non relu

Voyez Pièces justificatives, n*» LVIII et LIX

difficile à première vue, de l'expliquer. Quoi qu'il en soit, à peine était-il installé à Landrecies depuis un an, qu'à la fin juin 1795, on remettait au général Menou* le commandement des villes de Guise et de Saint-Quentin et à un autre, les places du Quesnoy et de Landrecies *. En vain Fromentin protesta-t-il à plusieurs reprises, contre une dépossession si incompréhensible et si inattendue. La nouvelle organisation mise en vigueur au ministère de la guerre, les 24 et 23 prairial an III (12 et 13 juin 1795), n'avait pas compris son nom parmi ceux des chefs que le Comité de Salut public désirait maintenir ou élever. Oubli injurieux pour un général qui n'avait certes pas démérité ' et qui avait même poussé le point d'honneur, après son accusation injuste, jusqu'à attenter à ses jours !

Bien plus, comme il sollicitait instamment de continuer à servir, soit dans son grade de général de division, soit dans un grade inférieur, la Commission des officiers généraux, désireuse de le réformer, lui objecta la lettre qu'il avait écrite, le 24 septembre 1793, au ministre de la guerre pour refuser le brevet de divisionnaire. Et pourtant cette pièce à conviction n'aurait-elle pas dû plutôt lui aider que lui nuire? Ne contient-elle pas l'aveu d'un désintéressement bien fait pour permettre d'apprécier sa réelle valeur I C'est du moins ainsi qu'on en jugeait en 1793, puisque sur l'insistance du ministre Bouchotte et des Représentants, le grade de général de division lui avait été imposé. Mais avec des hommes nouveaux, les idées s'étaient modifiées et les hécatombes de généraux entraient dans les plans de ces réorga-

1. Le même qui commanda un instant Tarmée d'Egypte en 4800 après rassassinat de Rléber et le retour de Bonaparte en France.

2. Voyez Pièce justificative, no LX. Fromentin au Comité de Salut public.

3. Voyez Pièce justificative, n» LXIIÏ. États de services de Fromentin et article du général Thoumas, le Temps du 29 juillet 1890.

nisateurs. Fromentin fut victime de leurs errements, comme tant d*autres braves.

Toutefois, en 1794, comme le ministre de la guerre Aubert Dubayet, sollicité par le conventionnel Despinassy ' et le citoyen Gossuin*, membre des Cinq-Cents, hésitait à prendre cette mesure rigoureuse, le bureau des officiers généraux fut reconsulté. Mais celui-ci maintint sa décision; alors la Commission des secours dut établir le règlement de retraite du général Fromentin'.

Peut-être faut-il voir aussi, dans un arrêt aussi injustifié, rinfluence de la haine des thermidoriens dont plus d'un fonctionnaire, et plus d'un général, ressentit alors les rigoureux effets. Lazare Carnot, lui-même, ne fut-il pas un instant à cette époque, sur le point d'être mis en accusation? Mais Bourdon ^ (de TOise) réduisit ses accusateurs au silence, lorsqu'il s'écria au milieu de la plaine de TAssemblée : « Osetiezvotis porter la main sur celui qui a organisé la victoire ? »

La situation de Fromentin se régularisa seulement à la fin de l'année 1798, en raison des lenteurs administratives occasionnées par une mauvaise interprétation à son égard de l'arrêté du Comité de Salut public, dont fut responsable l'ordonnateur Roman. Après avoir plusieurs fois réclamé, envoyé son état de services, y compris une attestation en sa faveur du général Ërnouf qui l'avait connu au camp de Cassel", Fromentin eut gain de cause : à partir de 1799, une retraite de général de division, de 6,000 francs, lui fut allouée.

Dès lors il se fixa à Marbaix, près Avesnes. Il y habitait

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