‹ Le général Fromentin et l'armée du NordChapitre 58 sur 73 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

Paris, le 30 Messidor an IT. (18 Juillet 1794.)

Extrait des registres dn (Jomité de Salut public de la Convention nationale

(Section de la Guerre).

Le Comité de Salut public, arrête que Fromentin, ancien général de division à Tarmée du Nord, se rendra sans délai à Landrecies pour prendre en cette qualité de général de division, le Commandement de la dite place.

Signé au registre : Carnot, Billaud-Varenne, Gollot d'Herbois,

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G. A. Prieur, B. Barère, Robespierre, Saint-Just, Goutbon et R. Lindet.

Pour extrait signé : Billaud-Varenne, Garnot, Saint-Just, B. Barère, Goliot d*Herbois.

Pour copie conforme :

Le Commissaire, L. A. Pille.

Au quartier général à Promeil, dit : la Maison du Hoy \le 10 juillet 1794.

ABMÉE DE SAMBRE ET MEUSE

Le Citoyen Alexis Dubois, général de Division, Commandant la Cavalerie de V Armée de Samhre et Meuse, aux Représentants du peuple Gillet et Guyton, à l*armée de Sambre et Meuse.

Rapport abrégé de la marche de la division de cavalerie

aux ordres dn général Dubois.

Le 18 Messidor, d*après Tordre du général Jourdan, je réunis ma cavalerie et me mis en marche de concert avec le général Morlot, avec lequel je fus jusqu'aux Quatre Bras où il prit position : Je le quittai conformément à Tordre que j'en avais reçu et dirigeai ma marche sur Nivelles, je passai à la forêt de Hacot, d'où j'aperçus Tennemi sur les hauteurs de Thinnes; je disposai mes troupes militairement et me mis en mesure de les attaquer ; après avoir fait reconnaître les chemins, je suis parvenu à les tourner par Beaulers. Je me suis emparé de la forêt d'Hougoumont ' par

i. C'est dans ce hameau, à la ferme du Caillou, que Napoléon passa la nuit qui précéda la bataille de Waterloo, le 17 juin 1815.

2. C'est sur la ferme et au château d'Hougoumont que portèrent nos premiers efforts, le 18 juin 1815.

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la gauche et des hauteurs adjacentes, d*ou j'ai commencé le feu avec mon artillerie et forcé une forte cavalerie à la retraite par Lillois et à abandonner ses redoutes; il se replia en arrière, rassembla ses forces surtout en cavalerie et en artillerie sur Braine TAlleud et vint nous charger en masse. Sa nombreuse cavalerie et son artillerie me força à me replier pour un moment. L'ennemi n'osant me poursuivre et s'étant emparé d'une pièce et de deux caissons de la 24* compagnie d'artillerie légère, cette compagnie à chargé avec intrépidité pour avoir sa pièce et ses caissons; le brave Naudin, canonnier de la dite compagnie, voyant encore un caisson au pouvoir de sept esclaves, les chargea, toa celui qui tenoit la rêne du premier cheval et mit les autres en fuite. J'arrivai aussitôt avec ma cavalerie : je chargeai l'ennemi avec la plus grande intrépidité, je lui tuai et blessai beaucoup de monde, parmi lesquels était un prince hollandais, colonel de cavalerie et tous les rapports annoncent encore que deux officiers de marque ont été tués. Toute la cavalerie ennemie disparut et se reporta derrière un ravin, pour se mettre à l'abri de mon canon. J'avais alors beaucoup d'inquiétude sur la division de Lefebvre ^ qui n'avançait pas et je craignais d'être tourné par ma gauche. Je pris avec moi mon adjudant général Radet ' pour aller reconnaître à quelle position était la division Lefebvre et ce qui pouvait la retenir. Je l'apperçus de loin et je vis une batterie considérable de l'ennemi qui faisait feu de toutes parts sur lui et une colonne très forte d'infanterie et de cavalerie, qui soutenait ses canons. Je pris alors le parti d'envoyer mon adjudant général chercher huit pièces de canon de quatre. Je vais les placer de msmière à prendre les redoutes de l'ennemi en flanc ainsi que la colonne; j'y parvins avec d'autant plus de succès que je lui tuai beaucoup de monde et le mis en pleine déroute, ce qui facilita le général Lefebvre à s'emparer de la redoute de l'ennemi et à faire jonction avec moi. Nous nous mimes alors en mesure ensemble et nous primes des positions militaires que nous occu-

1. Lefebvre (François-Joseph), né en 1756 (Haut-Rhin), mort en 1820, futur duc de Danlzick, maréchal d*Empire.

2. Radet (Étienue), né en Lorraine en 1762, mort en 1825, devint inspecteur général de la gendarmerie, grand prévôt de Tarmée, général, et enleva Pie Yll & Rome, en 1809.

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pons maintenant. Cette marche combinée force l'ennemi à faire sa retraite, dans la même nuit, une partie de sa cavalerie s'est retirée sur Bruxelles et sa grosse artillerie.

Le lendemain à la pointe du jour, je poussai des reconnaissances qui me mirent à portée de savoir que l'ennemi n'avait laissé derrière le Mont Saint-Jean \ que des détachements de cavalerie et de l'artillerie légère en assez grand nombre et de l'infanterie pour protéger sa retraite, qu'il effectua dans la nuit du 19 au 20; & trois heures du matin je m'en apperçus, je me mis à sa poursuite jusqu'à la Chapelle Saint-Lambert ' le mis de nouveau en déroute et je lui fis plusieurs prisonniers, ce qui nous amena plus de deux cents déserteurs, qui nous dirent que la terreur étoit si forte chez eux, qu'ils avaient abandonné leurs canons; mais ayant devant moi un bois et étant sans infanterie, ne voulant pas compromettre ma troupe, je repris ma position.

J'ai à vous dire du bien de mes deux aides de camp Noël et Lion, qui portaient des ordres partout dans le plus fort du feu de l'ennemi. Mon adjudant général Radet qui est toujours près de moi dans les combats, a déployé dans cette journée la plus grande intelligence et beaucoup d'intrépidité.

Je prie les Représentants du peuple de faire connaître à la Convention nationale, les sujets qui se sont distingués dans cette

mémorable journée.

Le général Républicain,

Alexis Dubois.

Avesnes, le 13 juillet 1794.

ARMÉE DE SAMBRE ET MEUSE

Groslévin, agent national près le dtstrict (TAvesnes, au Comité de Salut public.

Je dois vous instruire du dévouement unanime que viennent

1. Nom du village qui occupait le centre de Taction, le 18 juin 1815.

2. Village célèbre par les défilés à travers lesquels Tarmée de Blucher arriva sur le champ de bataille, le 18 juin 1815.

de montrer la garde nationale d'Avesnes et celle de Maubeuge. Un simple invitation leur a suffi pour voler au poste qui leur a été assigné sous les murs de Landrecies; un membre de chaque autorité constituée marche à la tête et donne, en partageant les dangers et la gloire de ses concitoyens, Texemple du courage et de la bonne discipline. Une nation capable d'une pareille résolution anéantit les satellites des despotes et vous en fournira incessamment une nouvelle preuve par la restitution de Landrecies, que la trahison avoit livré à Tennemi.

Je vous prie, Citoyens Représentants, de faire connaître à la Convention nationale, la conduite républicaine des habitants d'Avesnes et de Maubeuge.

Salut et fraternité.

Groslevin.

ARMÉE DE SAUBRE ET MEUSE

Bapport d'un déserteur venant de Landrecies,

le 8 juillet 1794.

Dans Landrecies il y a deux bataillons du régiment de Deitchmeister, composés à peu près de 1,500 hommes.

200 Canonniers, artificiers et canonniers mineurs.

40 et quelques pièces de canon du calibre de 4, 7, 42, 16 et de 24.

40 hussards de Barco.

30 tant sapeurs que Pionniers.

A la porte de France à gauche en entrant, sur le bastion n*" 3, il y a 9 pièces de canon, du calibre de 4, 12, 16 et de 24, un mortier et un pierrier. Les pièces de 4 sont sur le petit pont qui est en avant du dit bastion.

Sur le bastion n° 4, à droite de la dite porte, il y a deux pièces de 16, une de 24, 1 mortier et une pièce de 7.

A la demie lune en avant des dits bastions, il y a 2 pièces<ie 16.

Ils ont encore à peu près 300 coups à tirer par chaque pièce de canon.

Les soldats disent hautement qu^ils veulent se rendre déserteurs.

Avant-hier 18, sur les ii heures du soir, au moment où Tennemi se disposait h faire une sortie, trois hussards de Barco, les mieux montés et armés, munis aussi de quelques vivres, avaient Tordre de se rendre au Quesnoy et à Valenciennes ; ils étaient porteurs de dépêches.

Le déserteur observe qu'ils ont dû passer par la forêt de Mormal.

Je soussigné pour copie conforme.

L'adjoint, faisant les fonctions d'adjudant général chargé de la partie secrète.

Quartier général, Maroille, le 22 Messidor, An II.

La COUR.

Au quartier général de Landreci, 30 germinal, 3^ année républicaine.

(19 avril 1795.)

Le général de division Fromentin ^ commandant V arrondissement de Landreçi, à la commission de l'organisation et du mouvement des armées de tare *.

J'ai reçu votre lettre du 24 courant relativement à Saint-Quentin; il est vrai, citoyen, que j'ai donné l'ordre au commandant de faire rentrer les chasseurs et de leur faire faire le service de la place.

Ceux qui ont fait le rapport ne vous ont pas dit quelle en était, quelle en est encore la cause ; la garde nationale refuse absolument de monter la garde ; elle abandonnait les postes qui lui étaient confiés ; les poudrières, les magasins militaires en tout genre étaient sans fonctionnaires; vous sentez que j'ai du prendre des mesures pour en prévenir le pillage et que j'ai employé

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