JUSTICE
« De Yanues, le ii thermidor an 3® de la République tme et i^idivisible (29 juillet 1195).
« LE REPRÉSENTANT DU PEUPLE, MEMBRE DU COMITÉ DE SALUT PUBLIC, ENVOYÉ EXTRAORDÏNAIREMENT DANS LES DÉPARTEMENTS DE l'oUEST, A SES COLLÈGUES DU COMITÉ.
a La commission, créée et nommée en vertu de notre arrêté du 3 de ce mois, est entrée en activité. Le 9, après midi, elle a jugé et condamné à la peine de mort, conformément aux lois, les individus compris dans le jugement dont copie est jointe, et qui ont été fusillés aujourd'hui à onze heures. Ce même jour, nous avons reçu de ladite commission la lettre, dont je vous adresse copie.
<( Il nous a paru que, nonobstant notre arrêté du 5 de ce mois, qui précise les cas douteux, nonobstant l'assurance que nous lui avens donnée qu'il n'y a pas eu nipu y avoir de capitulation entre des républicains et des traîtres pris les armes à la main, cette commission chancelait, hésitait à remplir avec fermeté la tâche qu'elle a acceptée, et risquait, par des délais hors de saison ,-de compromettre la tranquillité de ce pays, dont le plus grand
LE GÉNÉRAL IlOCHE A QUIBEROX 199
nombre des habitants n'est que trop disposé à une insurrection en faveur des ennemis détenus à Auray. En conséquence, nous avons cru devoir casser la première commission et en nommer une autre qui fût à la hauteur de ses fonctions et qui mît dans ses opérations la célérité qu'exigent les circonstances et la notoriété du délit. Cette mesure m'a paru d'autant plus indispensable que la flotte anglaise menace toujours nos côtes y que les Chouans de V intérieur continuent leurs brigandages, et que les prisonniers^ ainsi que leurs complices, sont, malgré toutes les précautions prises jusqu'à ce jour, instruits à la minute de tout ce qui peut intéresser les uns et les autres, et que le plus léger incident peut rendre au crime les ennemis de la République *et faire tourner la plus brillante victoire à notre désavantage. C'est pour éviter tant de malheurs que nous nous sommes déterminé à prendre les deux arrêtés de ce jour. « C.-A.-A. Blad. »
« Vannes, 44 thermidor an III (V^ août 1195).