‹ Le général Joubert, d'après sa correspondence; étude historiqueChapitre 11 sur 34 · DEUXIEME CAMPAGNE DE · texte numérisé non relu

DEUXIEME CAMPAGNE DE

Nous diviserons la campagne d'Italie en plusieurs campagnes, pour être plus clair. La première campagne avait duré un mois, et avait eu pour résultat la soumission du Piémont. La deuxième campagne, qui eut lieu en mai et juin, se termina par la bataille de Lodi, la destruction de l'armée de Beaulieu, et l'occupation de toute la Lombardie. Bonaparte commença cette deuxième campagne en trompant de nouveau Beaulieu, auquel il fit croire, par ses dispositions, qu'il voulait passer le Pô à Valence, tandis qu'il passait le fleuve plus bas à Plaisance. Masséna et Joubert entrèrent les premiers à Milan. Les magistrats vinrent leur offrir les clefs d'or de la ville à la porte de Milan.

Le 22 mai, Joubert écrit à son père :

c( Nous sommes entrés à Milan au milieu des applaudissements de tout un peuple. Beaulieu fait la sottise de laisser dans le château 2,000 hommes qui seront nôtres. »

L'enthousiasme des Milanais contraste avec Tattitude réservéo des Piémontais à l'entrée des Français sur leur territoire, et avec la mauvaise volonté et les mauvais procédés des Vénitiens envers l'armée française, qui leur apportait cependant la liberté dont ils ne voulurent point alors. Cette différence dans Taccueil fait à l'armée de Bonaparte explique et justifie en partie, comme nous le montrerons plus tard, la conduite de la France pour le traité deCampo- Formio.

Joubert rend compte à son père du commencement de cette deuxième campagne dans une lettre du il mai :

« Passage du Pô à Plaisance. Déroute de Tennenii sur TAdda. A Lodi, 10 canons pris, etc., etc. Jamais on n'a tant fait, jamais rien de si héroïque. Hier trois bataillons de grenadiers passent un pont où huit hommes seulement pouvaient passer de front, pont défendu par 16 canons et 7,000 hommes. Je suis arrivé lorsqu'il n'y avait plus rien à faire, au milieu des acclamations d'un peuple immense.

« Le petit Modène paie sept millions et députe à Paris. Le Milanais nous fournit abondamment. Il n'existe pas de si beaux pays en Europe. Nous espérons que les soldats français républicains s'y soutiendront mieux que les soldats de nos rois. Nous vengerons les mânes de nos ancêtres tués à Pavie, de ceux qui reposent au Campo-Santo de Plaisance.

« C'est une chose inouïe comme nous poursuivons vivement les Autrichiens. Je n'ai pas encore éprouvé une telle lassitude et elle m'empêche de dormir. »

Après la bataille de Lodi, Beaulieu essaya de défendre la ligne du

Mincie, en appuyant sa droite sur le lac de Garde et sa gauche sur

Mantoue. Bonaparte passa le Mincio à Borghetto, du côté de Pes-

cbiera, espérant couper la retraite à l'armée de Beaulieu; mais

se retira précipitamment derrière TAdige, laissant une forte

L dans Mantoue, dont les Français commencèrent le siège.

te chargea Joubert de protéger l'armée du siège de Mantoue,

iç^nt aux débouchés du Tyrol, où s'était réfugiée l'armée

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