‹ Le général Joubert, d'après sa correspondence; étude historiqueChapitre 2 sur 34 · SAINTE-BEUVE · texte numérisé non relu

SAINTE-BEUVE

Après la publication de ses trois causeries dans le Moniteur , nous adressâmes une lettre de remercîment à Sainte-Beuve, en lui demandant quelques conseils sur une réimpression de notre biographie de Joubert. Nous insérons ici tout entière la lettre gracieuse de Téminent critique. D'autres profiteront peut-être mieux que nous ne l'avons fait des indications données dans cette lettre :

27 avril 1861.

< Monsieur,

< Je vous remercie à mon tour de vos remercîments. Vous avez vu combien j'ai profité de votre utile travail. Je crois, en effet, que le général Joubert mérite tout nn volume. Il y aurait, pour cela, quelques indications, ce me semble, à suivre, en profitant du premier fond de votre étude. Je vous demande la permission de vous les exposer sommairement, telles que je les conçois.

< Supprimer toutes les allusions à Solférino, Magenta et autres affaires actuelles, qui n'ont que peu à

faire avec l'ancienne et première campagne d'Italie, pour le génie du moins.

< S'inquiéter moins de M. Thiers, mais plus de Jomini, première source, et surtout de Napoléon, qui a écrit tout cela de première main, et parlé de Joubert juste comme il faut. Pour cela avoir non-seulement la correspondance actuellement publiée par le Gouvernement, mais encore une ancienne correspondance publiée par Pankouke, où sont des lettres de Joubert ; les guerres d'Italie, dans les 9 volumes de Mémoires de Napoléon, publiés par Gourgaud et Montholon, et ce qui est dit dans le tome 1 1 de l'expédition d'Egypte, de Napoléon toujours, publié par les fils du général Bertrand. C'est Napoléon qui est le vrai juge et un juge ami.

« Mettre toutes les pièces au long, non tronquées, plus au complet que vous n'avez fait.

€ Mettre les extraits de mémoires contemporains authentiques relatifs à Joubert, également in-extenso, surtout Saint-Cyr. On pourrait un peu discuter celuicij ou du moins chercher à l'éclaircir entièrement, là où il indique les influences sans y mettre de nom. « Ne pas tant s'effaroucher de l'alliance de Joubert avec le Manège et ce qu'on appelait les Jacobins ; on pourrait trouver, dans des mémoires, par exemple de Larevellière, dans ceux de Gohier, peut-être encore dans d'autres, quelques indices.

< Je connais un capitaine qui a trois lettres de Joubert à Cervoni; j'en ai cité une. Demandez au

comte Mathieu de la Redorte, gendre du maréchal Sachet, s'il n'a pas de lettres de Joubert adressées au maréchal. On pourrait, je crois, retrouver, dans les journaux locaux du temps, d'anciens articles pu ces chansons contre Joubert pendant son expédition dans le Tyrol, ce serait curieux.

« Un volume ainsi nourri de pièces, de lettres, de faits, serait le plus durable monument. Votre étude est mieux qu'un premier dessin. Il suffirait de l'étendre, de l'augmenter. Mes articles seraient tout à fait à votre disposition.

« Pardon, Monsieur, de vous exprimer si vite et si mal ce que je conçois, et ce que certainement vous savez autant et mieux que moi. Voyez-y une preuve de l'intérêt que je mets à votre beau sujet et à votre œuvre de digne biographe.

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