‹ Le Général La Fayette, 1757-1834Chapitre 100 sur 284 · SOUPÇONS CONTRE LA FAYETTE · texte numérisé non relu

SOUPÇONS CONTRE LA FAYETTE

d’avoir renversé, en jouant dans le Champ de Mars, un des vases de l’autel de la patrie (i). Le 7, au cours de la discussion soulevée à l’Assemblée nationale sur l’affaire de Nancy, son beau-frère Noailles déclara qu’il avait « outrepassé les bornes de ses fonctions » en invitant les gardes nationales des départements de la Meurthe et de la Moselle à obéir aux décrets de l’Assemblée (2). Le 15, aux Jacobins, Mirabeau, président de la Société, tonna contre La Fay-ette. Le 17, on y discuta la demande faite par la municipalité de Marseille d’être fixée sur l’opinion qu’elle devait avoir de La Fayette, « sur lequel des bruits populaires lui avaient inspiré quelque défiance. » On faisait un crime au général d’avoir abandonné le club et on répondit que la Société surveillerait toujours les fonctionnaires publics et ne manquerait jamais de les dénoncer, s’ils trahissaient la cause commune (3).

Le 18 décembre 1790, La Fayette appuya et fit adopter le décret obligeant les membres de la famille royale, éventuellement appelés à succéder à la couronne, à prêter le serment civique. Il disait :

Il est faux que les membres de la dynastie aient les mêmes droits que les autres citoyens. Quoique les projets des ennemis de la révolution ne paraissent pas mieux conçus que leurs systèmes politiques, les désordres qu’ils excitent dans l’intérieur du royaume, les inquiétudes et les alarmes qu’ils produisent, tout me semble provoquer votre surveillance et votre sévérité (4).

La Fayette visait à la fois par ces paroles les frères du roi et le duc d’Orléans,

(1) Cf. Tourneux, t. I, n° 2o;7.

(2) Cf. Moniteur , t. VI, p. 581.

(?) Cf. Aulard, la Société des Jacobins, t. I, p. 408 et 409. (4) Cf. Moniteur, t. VI, p. 674.

Mission secrète de Louis de Bouillé. — Conversations avec La Fayette et réponse loyale à d’étranges propositions (janvier 1791). — Mirabeau accepte le poste de chef de bataillon, pour espionner La Fayette. — Adjoint au comité de marine (17 janvier). — Lettre sur l’envoi de commissaires en Alsace (21 janvier). — Jugement sur les officiers. — Il mande au marquis de Bouillé l’état de la situation politique et de la sienne. — Nouvelles tentatives de rapprochement avec Mirabeau. — Affaire de Vincennes (28 février 1791). — Il chasse des Tuileries les Chevaliers du poignard. — Lettre de Louis XVI (5 mars). — Déboires de La Fayette. — Lettre de Washington (19 mars). — Mort de Mirabeau (2 avril). — La Fayette assiste à la pompe funèbre (4 avril). — Émeute pour empêcher le roi de partir pour Saint-Cloud (18 avril). — 11 donne sa démission et la reprend, en raison des témoignages de dévouement des gardes nationaux (21 et 22 avril). — Il est acclamé à l’Hôtel de Ville, et va porter à Louis XVI les hommages de la garde nationale (26 avril). — Violent libelle de Marat contre lui. — Protestation de Dubois de Crancé. — Lettre à Washington. — Il prend la défense des hommes de couleur libres (ti mai). — 11 approuve un plan d’hospice d’éducation pour les demoiselles sans fortune. — 11 fait à Washington le tableau de la situation politique (6 juin). — Procès avec Santerre. — • Fuite de Louis XVI et de la famille royale (20 juin). — Situation critique de La Fayette. — 11 donne des ordres pour l'arrestation. — 11 se rend à l’Assemblée nationale et à la Société des amis de la Constitution (21 juin). — Terrible apostrophe de Danton. — Marat réclame la tête de La Fayette. — Le général prête serment (22 juin). — Arrestation du roi. — Il fait prêter serment aux gardes nationales (23 juin). — Retour de Louis XVI aux Tuileries, escorté par La Fayette et son état-major (25 juin). — Conversation avec le roi. — Irritation de la reine. — Il est accusé par le marquis de Bouillé de vouloir la République et il s’en défend. — 11 est promu lieutenant général (30 juin).

L’année 1791 s’ouvrait et l’horizon politique se rembrunissait. Les royalistes s’agitaient et cherchaient les moyens d’enlever le roi. Le fils du marquis de Bouillé était arrivé à Paris le 25 décembre 1790, chargé d’une mission secrète; il se logea chez Achille du Chastellet, « pour rendre, a-t-il dit lui-même, mon voyage moins suspect à M. de La Fayette et aux différents partis populaires qui devaient épier mes démarches (1). » Il avait aussi des

(1) Cf. Mémoire du marquis de Bouillé ( comte Louis), lieutenant général, sur

portrait au physionotrace.

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