‹ Le Général La Fayette, 1757-1834Chapitre 143 sur 284 · DÉLIVRANCE DE LA FAYETTE · texte numérisé non relu

DÉLIVRANCE DE LA FAYETTE

femme et ses deux filles, virent s’ouvrir devant eux les portes de la prison. Ils quittèrent Olmütz sous la garde d’un major autrichien et ils ne purent communiquer qu’à Dresde avec Louis Romeuf. Mm0 de La Fayette était malheureusement dans un état d'épuisement qui gâtait la joie que le général ressentait de sa liberté. A partir de Leipzig, on se pressait pour les voir et on ne leur ménageait pas les hommages, auxquels la pauvre malade s’efforçait de répondre (1). Le 4 octobre, on arriva à Hambourg, chez le consul américain Parish; celui-ci avertit aussitôt Gouverneur Morris, qui dînait avec le ministre impérial, le baron Buol de Schaüenstein. Tous deux quittèrent la table et montèrent en voiture pour aller accomplir la formalité de la mise en liberté (2).

Ainsi, après cinq années d’une captivité barbare, La Fayette renaissait à la vie, à la lumière, et était rendu à sa famille et à ses amis. Il devait ce bienfait à la pression de l’opinion publique, justement indignée, aux sollicitations des Etats-Unis et surtout au gouvernement français, qui avait fait insérer dans le traité de paix une clause libératrice (3). Toutefois l’empereur, ne voulant pas paraître céder à la force, eut soin de déclarer qu’il mettait en liberté La Fayette par égard pour les Etats-Unis (4).

(1) Cf. Vie de Madame de La Fayette , p. 585.

(2) Cf. Mémorial de Gouverneur Morris, t. Ier, p. 4J9.

(?) Le traité de Campo-Formio 11e fut signé qu’après la délivrance de La Fayette, le 17 octobre 1797, mais les prisonniers d'Olmütz auraient, en tout cas, été mis en liberté en vertu de l’article XXI, qui portait : « Tous les prisonniers de guerre faits de part et d'autre, et les otages enlevés ou donnés pendant la guerre, qui n’auraient pas encore été restitués, le seront dans quarante jours, à dater de celui de la signature du présent traité. »

(4) Gouverneur Morris dit dans son Mémorial (t. 1er, p. 4?9), à la date du 27 septembre 1797, que le ministre impérial « a communiqué une lettre de M. de Thugut, qui dit expressément que ce n’est pas à la demande de la France que l’empereur entend rendre M. de La Fayette, mais que Sa Majesté accorde sa délivrance comme un témoignage de sa considération pour les Etats-Unis d’Amérique ».

La Fayette, La Tour-Maubourg et Bureaux de Pusy remercient Talleyrand, Clarke et Bonaparte (6 octobre 1797). — Il exprime sa reconnaissance à Francis Huger et au général Fitz-Patrick et voit d'Archenholtz et Klopstock. — Il se rend à Wittmold, près de sa belle-sœur la marquise de Montagu et de sa tante la comtesse de Tessé (10 octobre). — Emotion causée par la délivrance des prisonniers d’Olmütz. — Pièce de théâtre, intitulée : Le prisonnier d’Olmüt^. — Lettre de Mme de Staël (20 juin 1797).

— La Fayette désapprouve le coup d'Etat du 18 fructidor. — Le Directoire fait vendre le reste des biens du général en Bretagne. — Conversations politiques. — Jugement de la marquise de Montagu sur son beaufrère.— La Fayette et sa famille s’installent avec les La Tour-Maubourg au château de Lemkhulen, près de Wittmold. — Il tient rancune à Alexandre Lameth et à Dumouriez (30 novembre et 15 décembre 1797).

— Sortie contre les Jacobins. — Il écrit ses Souvenirs en sortant de prison.

— Il reçoit la visite de la comtesse de Simiane. — Il applaudit aux succès des Français. — Arrivée de son fils Georges à Lemkhulen (février

1798) . — Lettre de Washington. — 11 remercie Bonaparte de l’accueil fait à son fils par Joséphine (C> mars 1798). — Louis Romeuf, qui était venu le voir, repart pour l'armée. — Mariage de sa fille aînée Anastasie avec Charles de La Tour-Maubourg (9 mai 1798). — Lettre à Louis Romeuf (23 mai). — Voyage de Mme de La Fayette en France (août 1798).

— Il demande au Directoire de laisser rentrer dans leur patrie les officiers qui l’ont accompagné dans sa fuite (27 novembre). — Il s’établit en Hollande, à Vianen, près d’Utrecht. — Lettre de Washington (25 décembre 1798). — 11 retrouve les anciens patriotes hollandais de 1787 et notamment le général Van Ryssel. — 11 correspond avec la comtesse de Tessé et avec Washington et s’indigne de l’assassinat des plénipotentiaires français à Rastadt (mars et mai 1799). — Arrivée de Mmcs de Montagu et de Grammont à Vianen (avril 1799). — Départ de Mme de La Fayette pour la France (mai). — Lettre du général à sa femme (16 mai 1799). — Visite de Rouget de Liste et conversation sur Bailly (28 mai). — Il déplore la mort du général Joubert et applaudit aux victoires de Brune et de Masséna (juillet à octobre). — Mme de La Fayette discute avec Siéyès la question de la rentrée de son mari en France. — Prophétie sur Bonaparte, connétable du parti conventionnel (17 octobre 1799). — Nouvelle du retour de celui-ci d’Egypte et perspicaces considérations à ce sujet (18 octobre). — 11 vit à Utrecht et joue aux échecs avec le général Van Ryssel. — Visite de Mme de La Fayette à Bonaparte, qui l’accueille avec grâce. — Lettre de félicitations de La Fayette à Bonaparte (30 octobre

1799) - — Lettre à sa femme sur son état d’esprit et sa répugnance à rentrer dans les affaires publiques. — Alexandre Romeuf lui apporte la nouvelle du 18 brumaire et un passeport sous un nom supposé. — La Fayette part aussitôt pour la France (novembre 1799).

Le premier soin de La Fayette et de ses compagnons fut de voir le ministre français à Hambourg, Reinhard,

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