‹ Le Général La Fayette, 1757-1834Chapitre 185 sur 284 · IL EST RENOMMÉ DÉPUTÉ · texte numérisé non relu

IL EST RENOMMÉ DÉPUTÉ

Non, mon cher général, je ne consentirai pas à ravaler le grand nom de Bolivar et à descendre moi-même au point de vous imputer les inconvénients et les desseins d’une ambition vulgaire. La couronne fut pour Napoléon une dégradation, comme son second mariage fut une mésalliance; il ne sentit pas combien une magistrature populaire l’élevait au-dessus des trônes de l’Europe, et devant une monomanie de pouvoir vinrent échouer les dons du caractère, de l’esprit, du talent, et la plus belle chance d’unesituationextraordinaire. 1 1 lui manquait cet enthousiasme de dévouement à la cause de l’humanité qui vous maintiendra, dans l’hémisphère essentiellement républicain, à la hauteur du titre de libérateur si justement donné à vos nobles efforts et à vos glorieux succès.

La Fayette pensait que l'expédition d’Alger pouvait s'éviter, mais que le gouvernement la faisait pour éblouir les esprits par un succès et s’attacher les troupes. Il n’en faisait pas moins des vœux pour le triomphe de nos soldats (1). La mort du roi d’Angleterre, George IV, lui paraissait une perte pour le parti de Coblentz (2). Les élections eurent lieu et La Fayette fut renommé par ses commettants de Meaux, le 12 juillet 1830, par 264 voix contre 72. Il n’avait pas encore obtenu une si forte majorité. Il attendait à La Grange la réunion de la Chambre, quand Charles de Rémusat lui fit parvenir un exemplaire du Moniteur contenant les fameuses ordonnances royales. La Fajœtte pensa que, devant cette attaque imprévue, il devait se réunir à ses collègues, et il partit aussitôt pour Paris.

(1) Cf. lettre de La Fayette, en date du 15 juin 18)0.

(2) Cf. lettre de La Fayette, datée de La Grange, icr juillet 1850. — George IV était mort le 26 juin 1850 et avait eu pour successeur son frère le duc de Clarence sous le nom de Guillaume IV.

Insurrection dans Paris (28 juillet 1830). — Réunion des députés. — La Fayette annonce à ses collègues qu’il s’agit d’une révolution et qu'il se met à la tête du mouvement. — 11 accepte les fonctions de commandant de la garde nationale (29 juillet). — Ordre du jour au peuple. — Rétablissement de la garde nationale. — Hommage rendu par lui à l’héroïsme des Parisiens (50 juillet). — Les Chambres offrent la lieutenance générale du royaume au duc d'Orléans. — La Fayette déclare que la famille royale a cessé de régner. — Choix entre la monarchie constitutionnelle et la République. — Question posée par Charles de Rémusat, et conversation de La Fayette avec Odilon Barrot. — Réception du duc d’Orléans par La Fayette à l’Hôtel de Ville (31 juillet). — Le drapeau tricolore est placé aux mains du prince. — Rédaction du programme de l’Hôtel de Ville. — Ses clauses, d’après Armand Marrast. — Conférence entre La Fayette et le duc d’Orléans. — On convient d’établir une monarchie constitutionnelle avec des institutions républicaines. — Le mot : C’est la meilleure des républiques, est répudié par La Fayette. — Proclamation à l’armée française. — Il annonce aux Parisiens la nomination du duc d'Orléans.— 11 accepte le titre de commandant général des gardes nationales de France (31 juillet). — Le duc d’Orléans est appelé au trône (7 août). — La Fayette réclame l'abolition de la pairie héréditaire (7 août). — Examen de conscience (12 août). — Popularité du général et mot de Stendhal. — Banquet offert par la ville de Paris (15 août). — Discours de La Fayette. — Il est nommé commandant général des gardes nationales du royaume (16 août). — Il réclame l’abolition de la peine de mort (17 août). — 11 remercie Guizot (19 août). — Règlement des attributions du commandant général et nomination de Mathieu Dumas comme inspecteur général (23 août). — Distribution des drapeaux à la garde nationale (29 août). — Lettre de félicitations du roi à La Fayette. — Ordre du jour de satisfaction (30 août). — Le duc d’Orléans se fait inscrire dans la garde nationale comme canonnier; ordre du jour à ce sujet (11 et 13 septembre). — La Fayette donne des conseils au roi (27 septembrel. — 11 demande l'abolition de la traite des noirs (25 septembre). — 11 fait ouvrir une souscription pour l’érection d’un monument aux quatre sergents de La Rochelle. — Il parle de nouveau en faveur de l’abolition de la peine de mort (8 octobre). — Il transmet une pétition du patriote Palloy (10 octobre). — Banquet maçonnique offert par les loges de Paris à La Fayette dans l’Hôtel de Ville (10 octobre). — Lettre au général Robert Wilson (17 octobre). — Félicitations à la garde nationale (19 octobre). — Revue au Champ de Mars (31 octobre). — Il réclame la complète abolition des cautionnements pour la presse périodique (8 novembre). — Il désigne, pour les honneurs du Panthéon, les quatre sergents de La Rochelle, Manuel et le général Foy (15 novembre). — Il présente au préfet de la Seine, Odilon Barrot, une députation de la ville de Philadelphie et boit à la mémoire de Washington (18 novembre). — Discours à la garde nationale de Meaux (22 novembre). — Lettre à Joseph Bonaparte (26 novembre). — Propositions de royauté à lui faites

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