DÉMISSION DE LA FAYETTE
j’y tiens beaucoup; et voilà ce qu’à la Cour on ne me pardonne pas . De tout cela la conclusion est que je deviens
gênant. J’en prends mon parti. Je garderai à la famille royale la même amitié, mais je n’ai qu'une parole, et je ne puis changer mes convictions (1).
C’est ce qu’il répéta à Odilon Barrot, qui le blâmait (2), et au roi, qui ne semble avoir insisté que faiblement pour empêcher une décision conforme à ses secrets désirs (3). Rien ne put changer la résolution du général, et le dimanche 26 décembre, à minuit, le roi accepta la démission de La Fayette (4). Le 27, celui-ci adressa un dernier ordre du jour à ses frères d’armes de Paris, pour les remercier de leur concours, tandis que Louis-Philippe exprimait ses regrets dans une proclamation. Le même jour, il donna des explications à la Chambre des députés sur les motifs de sa retraite ; puis, le Ier janvier 1831, il adressa ses adieux aux gardes nationales du royaume et à la garde nationale parisienne (5).
(1) Cf. Histoire et Mémoires par le général comte de Ségur , t. VII, p. 372.
(2) Cf. Mémoires, t. Ier, p. 197.
(3) On lit à ce sujet dans les Mémoires de Gui-ot, t. II, p. 155 : « Le roi fut, je crois, peu surpris de la démission de M. de La Fayette et était dé'cidé à l'accepter. Mais il redoutait l'apparence d'un tort envers un homme considérable, persévérant dans son dévouement à ses principes, et qui venait de lui rendre un grand service. »
(4) La minute de cette lettre de Louis-Philippe à La Fayette est de la main de Madame Adélaïde: elle est conservée dans la collection d'autographes de M. Victor Bouvrain.
(5) Le général de Ségur fait à cette occasion les réflexions suivantes sur son cousin : « Quanta M. de La Fayette, libre désormais et tenant parole, il se jeta ouvertement dans l'opposition. 11 a persévéré, jusqu'à son dernier soupir, dans cette mission républicaine et démocratique pour laquelle il avait été évidemment créé. Car en lui, et pour qui l'observa de près, tout, depuis sa naissance jusqu'à sa fin, semble attester une véritable prédestination, surtout son dévouement, naïf, invariable et sans réserve, à cette terrible mission, dont le but l'aveuglait sur les sacrifices, quel que fût le contraste avec les pures qualités de son coeur, les grâces aimables et aimantes de son esprit plein de finesse et d’agrément, et l'intègre bonté et générosité de son noble caractère. » (Cf. Histoire et Mémoires par le général comte de Ségur, t. Vil, p. 380.)
La Fayette présente l’adresse des Irlandais au préfet de la Seine (6 janvier 1831). — Allocution d'Odilon Barrot et juste éloge du général. — Il préconise la forme du jury américain ou anglais, déclare que la Révolution de 1789 n’avait pas d'abord voulu être conquérante, et exprime ses sympathies pour la Pologne (10 et 15 janvier). — Il est nommé membre du conseil général de Seine-et-Marne (18 janvier). — Lettre à Palmerston (23 janvier). — Discours à la Chambre (28 janvier). — Il demande à Laffitte un prêt pour les Polonais (10 février). — 11 offre un asile à l’archevêque de Paris (14 février). — Discours sur l’augmentation du nombre des électeurs et sur l’indépendance de la Belgique (20 et 23 février). — Il se prononce contre le cens d’éligibilité (7 mars). — Il recommande la cause polonaise au roi de Suède et parle en faveur de la Pologne (17 et 18 mars). — Popularité de La Fayette. — A Lahore, Victor Jacquemont boit à sa santé (mars 1831). — Lettre du général Arthur O’Connor sur les causes qui ont privé la France des avantages de la révolution de 1830 (15 avril). — La Fayette remercie le général Ostrowski du titre de garde national polonais (21 avril). — Il intercède auprès de Casimir-Perier pour les proscrits italiens (6 mai). — Mort de César de La Tour-Maubourg (28 mai). — Exposé de principes aux électeurs de l’arrondissement de Meaux (13 juin). — Impression et distribution de ce manifeste. — Il est réélu député par les arrondissements de Meaux et de Strasbourg (3 juin). — II opte pour le premier. — Il assiste à l’anniversaire de la révolution de 1830 (27 juillet). — Il soutient Laffitte pour la présidence de la Chambre (Ier août). — Discours à l’occasion de la discussion de l'adresse (15 août). — Il parle en faveur de la Pologne (11 septembre), — II répond à un discours de Thiers (20 septembre). — 11 s’oppose à l’institution d’une pairie héréditaire et obtient gain de cause (6, 10 et 11 octobre). — Il accepte les fonctions de maire de Courpalay. — Il assiste, en uniforme de garde national polonais, à la célébration de l’anniversaire de l’insurrection de Pologne (29 novembre). — Appréciation de La Fayette par le duc de Dalberg (21 novembre). — 11 fait supprimer les peines édictées contre ceux qui s’attribuent des titres de noblesse (7 décembre). — Lettres au comte Ostrowski, à lord Holland et à dom Pedro (3, 14 et 17 janvier 1832). — Il stigmatise la conduite de l’Autriche dans les affaires d’Italie (ior février). — Lettre au président Andrew Jackson et éloge des Belges et de leur roi (5 février). — Interpellation sur la'conduite extérieure du gouvernement (8 mars). — Discours en faveur des réfugiés politiques (9 avril). — Mort de Casimir-Perier (16 mai). — Il écrit à lord Grey pour convier l’Angleterre à s’unir à la France pour sauver la Pologne, et il signe le compte rendu de l’opposition (29 mai). — Mort du général Lamarque (ier juin). — La Fayette tient un des cordons du poêle aux obsèques de celui-ci, et fait l’éloge du défunt (5 juin). — insurrection des 5 et 6 juin 1832. — La Fayette la désapprouve, ainsi que la répression sanglante faite par le gouvernement. — 11 explique les faits et sa conduite à Dupont de l’Eure et à un ami (9 juin). — 11 donne sa démission de maire de Courpalay eL de