‹ Le Général La Fayette, 1757-1834Chapitre 194 sur 284 · RÉCLAMATIONS EN FAVEUR DE LA POLOGNE · texte numérisé non relu

RÉCLAMATIONS EN FAVEUR DE LA POLOGNE

offrit un asile chez lui à l’archevêque de Paris, Hyacinthe de Quélen. Le 20, il prononça un important discours sur l'augmentation du nombre des électeurs, et il railla les modérés. Le 23, il parla sur l’indépendance de la Belgique. Le 7 mars, il se prononça contre le cens d’éligibilité. Le 13 mars, Casimir Perier devint ministre de l’intérieur et président du Conseil. La Fayette alla le voir, par amitié, mais il restait en désaccord pour les opinions politiques. Le 17, il recommanda la cause polonaise au roi de Suède, auquel il rappelait ses anciennes relations. Le 18, il réclama une fois de plus « les efforts du gouvernement en faveur de la Pologne, de cette glorieuse Pologne, qui a droit aux sympathies, à l’intérêt de l’Europe entière ». Le 29, il défendit, contre les attaques ministérielles, Y Association nationale , à laquelle il avait adhéré, en compagnie d’un grand nombre de ses collègues.

La Fa)rette se trouvait amené à faire de l’opposition au gouvernement qu’il avait, pour ainsi dire, créé. Sa popularité n’en diminua point : elle se traduisait par l’imagerie populaire et par les manifestations ordinaires , brochures, portraits (1), almanachs, médailles (2). On proposa même une souscription pour ériger un monument en l’honneur de la garde nationale et de La Fayette (3). En mars 1831, Victor Jacquemont, reconnaissant des bontés de La Fayette, dont il avait été l’hôte à La Grange, portait, à Lahore, dans un banquet, la santé du

(1) Je reproduis ici un portrait populaire, publié en 1830, et dont la physionomie respire la vérité.

(2) Je possède une cocarde en papier à son effigie et M. Raoul Bonnet m’a communiqué un Calendrier des régénérateurs de la liberté , dédié et présenté au général La Fayette, imprimé en 1851 par le graveur-éditeur Gouget.

(3) Cf. Souscription proposée à la nation française pour l'érection d’un monument en l’honneur de la garde nationale et du général La Fayette, par M. A. Hervier; Paris, 1831, in-8. (Bibl. nat., Lb51422.)

héros des deux mondes, avec une coupe pleine de vin de Champagne (1).

Le 15 avril 1831, le général Arthur O’Connor, gendre de Condorcet, mécontent des tendances gouvernementales, exposa à La Fayette, dans un mémoire, en forme de lettre, son opinion « sur les causes qui ont privé la France des avantages de la révolution de 1830 (2) ». A la même époque, les Polonais conférèrent à La Fayette le titre de garde national polonais ; le 21 avril 1831, le général remercia le sénateur comte Antoine Ostrowski (3) de cet honneur :

C’est avec un vif empressement que j’attendais une occasion pour vous faire parvenir l’expression de ma profonde reconnaissance et de mon dévouement à votre héroïque patrie, à mes camarades delà garde nationale et à leur digne chef, que je prie d’être auprès d’eux l’interprète de mes tendres et fraternels sentiments. Que ne m’est-il possible de les leur témoigner moi-même en partageant leurs périls et leur gloire!

Le 6 mai 1831, La Fayette intercéda auprès de Casimir Perier en faveur des patriotes italiens proscrits et réfugiés en France. Le 28, il perdit son compagnon de captivité, César de La Tour-Maubourg, et il éprouva un profond chagrin de la mort de son plus ancien et meilleur ami (4). La Chambre ayant été dissoute le 31 mai, et les collèges électoraux ayant été convoqués pour le 5 juillet, La Fayette exposa, dans une lettre aux élec-

(1) Cf. Jules Cloquet, Souvenirs sur la vie privée du général Lafayettc ,

(2) Cf. Lettre du général Arthur Condorcet O’Connor au général Lafayette sur les causes qui ont privé la France des avantages de la révolution de 1850; Paris, 1831, in-8. Le général publia, en 1850, chez Firmin-Didot, une seconde édition, dont je possède un exemplaire.

(3) Le comte Antoine Ostrowski était commandant de la garde nationale de Pologne.

(4) Cf. dans les Mémoires , lettre de La Fayette en date du 28 mai 1831.

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