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LE ROI LUI RETIRE SON COMMANDEMENT

lettres de service de maréchal de camp. La Fayette l’annonça à son ami le marquis César de la Tour-Maubourg : « Vous apprendrez, dit-il, que le roi m’a redemandé mes lettres de service, en même temps qu’on a mis à la Bastille les députés de la noblesse de Bretagne (i). » Le 12 août, il écrivait au même correspondant : « On me distingue plus que je ne mérite en me punissant pour n’avoir fait que mon devoir (2). »

La Fayette se consola de cette disgrâce en se jetant encore plus ardemment dans la lutte politique. Franklin lui envojmit, au nom de la Société philanthropique de Philadelphie, une adresse sur l’abolition de l’esclavage, où on lui disait :

La réputation dont vous jouissez parmi vos compatriotes, l’intime conviction que nous avons de votre philanthropie nous engagent à vous faire part du but intéressant de notre institution (3).

La Fayette correspondait activement avec la commission intermédiaire d’Auvergne, dont il était membre honoraire, et qui administrait la province, depuis la clôture de l’assemblée provinciale (4). Le 26 août 1788, il annonça à ses collègues le retour de Necker au ministère des finances, et, le 29, la commission le chargea de présenter ses félicitations au nouveau ministre (5). Dans le courant du même mois, il perdit sa belle-sœur, Mmo de Thézan et assista à ses derniers moments (6).

(1) Cf. Ch. Nauroy, le Curieux , t. I, n° du 1er janvier 1884, p. 91.

(2) Cf. le Curieux , p. 98.

(5) Cette adresse, en date du 26 mai 1788, a été publiée, en 1817, dans la traduction française de la Correspondance inédite et secrète de Benjamin Franklin ; Paris, 1817, 2 vol. in-8. (Cf. Correspondance de Benjamin Franklin , éd. Laboulaye, t. II, p. 499.)

(4) Cf. F. Mège, Les premières années de la Révolution dans la Basse- Auvergne ; Clermont-Ferrand, 1897, in-8, P- 7J.

(5) Cf. F. Mège, L'assemblée provinciale d’Auvergne, p. 106 et 107.

(9) Cf. Madame de La Fayette, Vie de Madame la duchesse d'Agen, p. 104.

Le 23 septembre 1788, Louis XVI se décida à convoquer pour mai 1789 ces États généraux, si audacieusement réclamés par La Fayette deux ans auparavant. Le 5 octobre, sur les conseils deNecker, les notables furent convoqués pour le 3 novembre, à l’effet dérégler les diverses questions de convocation et de mode d’élection de ces États. La Fayette, qui se préparait à partir pour assister à l’assemblée d'élection de la basse Auvergne, à Riom, s'excusa, le 10 octobre, auprès du président, son ami le marquis de Laqueuille (1).

La seconde assemblée des notables s’ouvrit à Versailles le jeudi 6 novembre 1788. La Fayette fit partie, comme en 1787, du second bureau présidé par le comte d’Artois. Ce bureau tint, du 7 novembre au 9 décembre, vingt-six séances (2). Le 1e1' décembre, on examina la question suivante : « Quel doit être le nombre respectif des députés de chaque ordre? Sera-t-il égal pour chaque députation? » Le marquis réclama la double représentation du tiers, mais sa proposition n’obtint que huit voix contre seize, et le deuxième bureau décida « que les lettres de convocation doivent être conçues dans les mêmes principes que celles des quatre dernières tenues d’États et dans les mêmes termes que celles de 1614 (3) ». Le vendredi 12 décembre, le roi clôtura l’assemblée (4).

(1) Cf. le texte de cette lettre inédite aux Pièces justificatives, n° xm.

(2) Les procès-verbaux des séances du second bureau sont conservés aux Archives nationales, C 6.

(j) Cf. Archives nationales, C 6. — Seul, le premier bureau, présidé par Monsieur, se prononça pour la double représentation du Tiers, par 13 voix contre 12. La Fayette raconte que cette majorité vint de ce que le vieux comte de Montboissier, assoupi au moment du vote et réveillé en sursaut, demanda à son voisin le duc de La Rochefoucauld : « Qu’est-ce qu’on dit? » et que celui-ci répondit : « On dit oui. »

(4) Le 4 décembre 1788, Thomas Jefferson écrivait à Washington : « Le marquis de La Fayette est en défaveur auprès de la Cour, mais augmente en crédit auprès de la nation. J’ai eu un moment quelque crainte

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