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DÉCLARATION DES DROITS DE L'HOMME

L’Assemblée nationale s’occupait alors de la rédaction d’une déclaration des droits. La Fayette en rédigea une, et, le 1 1 juillet, il présenta à ses collègues une Déclaration européenne des droits de l'homme et des citoyens (1). Il disait : « Quoique mes pouvoirs m’ôtent la faculté de voter encore parmi vous, je crois cependant devoir vous offrir le tribut de mes pensées. » Cette déclaration, qui servit de base à celle adoptée plus tard par l’Assemblée constituante, fut renvoyée aux bureaux, sur les observations de Lally-Tolendal ; mais les événements empêchèrent qu’on s’en occupât utilement (i).

Le même jour, 11 juillet, il exprimait une opinion sévère sur le duc d’Orléans, qui lui faisait des avances, et sur le comte d’Artois :

Je répondis froidement que M. le duc d’Orléans n’est à mes yeux qu’un particulier plus riche que moi, dont le sort n’est pas plus intéressant que celui des autres membres de la minorité; qu’il est inutile de former un parti quand on est avec toute la nation; qu’il faut aller au bien sans nous embarrasser des conséquences, et bâtir l’édifice ou laisser les matériaux après nous. Mais, en attendant, je veille M. le duc d’Orléans, et peut-être serai-je dans le cas de dénoncer à la fois M. le comte d’Artois comme fâcheux aristocrate, et M. le duc d’Orléans comme fâcheux par des moyens plus populaires.

Cette journée du samedi 11 juillet se termina par un coup de théâtre : Necker reçut l’ordre de quitter le minis-

(1) Cf. le texte de ce document aux Pièces justificatives , n° XV. — La Fayette avait soumis sa Déclaration des droits de l'homme à Gouverneur Morris, qui écrivit à ce sujet dans son Mémorial (t. i, p. 2 j 1) : « Je lui ai dit ce que j’en pense, et lui ai suggéré plusieurs amendements tendant à adoucir le langage un peu vif de la liberté. Ce n’est pas avec des mots sonores que se font les révolutions. »

(2) Le 15 juillet 1789, le comte de Castellane réclama l’examen de la motion de La Fayette; le 14, on commença une discussion à son sujet, mais sans prendre de décision.

tère et il partit de Versailles vers les cinq heures du soir (1). Cette mesure produisit une grande émotion dans Paris. A Versailles, l’Assemblée nationale exprima, le lundi 13 juillet, ses regrets de la retraite de Necker et des autres ministres. On fit observer que, la longueur de la séance empêchant le président (2) de rester continuellement à son poste, il convenait de nommer un vice-président. En conséquence, on procéda au vote; La Fajrette obtint la majorité des suffrages et fut proclamé vice-président, aux acclamations de toute l’Assemblée. Il remercia en ces termes :

Messieurs, dans un autre moment, je vous rappellerais mon insuffisance et la situation particulière où je me trouve; mais la circonstance est telle que mon premier sentiment est d’accepter avec transport l’honneur que vous me faites, et d’en exercer avec zèle les fonctions sous notre respectable président, comme mon premier devoir est de ne me séparer jamais de vos efforts pour maintenir la paix et consolider la liberté publique (3).

Le mardi 14 juillet 1789, dans la séance du matin, on discuta la motion faite par La Fayette de mettre la déclaration des Droits de l’homme en tête de la Constitution, mais on arrêta seulement que cette déclaration figurerait dans la Constitution. Le soir, le vicomte de Nouilles apporta la nouvelle de la prise de la Bastille; aussitôt l’Assemblée s’empressa d’envoyer au roi une députation, pour lui peindre l’état de la capitale. Le président étant sorti avec la députation, La Fayette le remplaça au fauteuil et fit observer qu’il était « de la dignité comme du devoir de l’Assemblée de ne pas interrompre ses travaux

(1) Cf. J. Flammermont, La journée du 14 juillet 1789, p. CLXXI.

(2) Le Franc de Pompignan, archevêque de Vienne.

(?) Cf. Moniteur , réimpr., t. I, p. 156.

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