ECRITURE DE MADAME DE LA FAYETTE
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Le 5 septembre 1795, M™" de La Fayette, accompagnée de ses deux filles, s'embarqua à Dunkerque (1) et arriva à Altona, où elle retrouva sa tante la comtesse de Tessé et sa sœur la marquise de Montagu(2). Elle s'arracha à la joie de cette réunion inespérée, après de si tragiques événements, pour continuer ses démarches. Elle se fit délivrer par Parish, consul des États-Unis à Hambourg, un passeport au nom de M""" Motier, américaine, et s'en servit pour se rendre à Vienne. Là, elle profita des anciennes relations de sa famille avec le prince de Rosenberg, grand chambellan, pour obtenir, à l'insu des ministres, une audience de l'empereur. Le souverain se laissa fléchir et lui permit, le 24 octobre 1795, d'aller partager, avec ses filles, la captivité de son mari dans la prison d'Olmiitz (3). Elle partit aussitôt avec ses filles; leur arrivée auprès de La Fayette, privé depuis si longtemps de nouvelles des siens, causa au captif une grande surprise et une grande joie. Mais le traitement ne fut pas moins rigoureux, malgré les promesses de l'empereur d'Allemagne, pour la femme et les filles de La Fayette que pour lui-même. Elles avaient trouvé le prisonnier dans
père vis-à-vis du gouvernement français, et à ma propre situation comme président des Etats-Unis. » En conséquence il conseillait au jeune homme de ne pas venir à Philadelphie, mais d'entrer à TUniversité de Cambridge. Cabot répondit que le tuteur de Georges La Fayette, M. Frestcl, resterait chargé de son éducation et que tous deux iraient à New-York et se retireraient dans la maison de campagne de La Colombe, l'ancien aide de camp du général. Washington écrivit, le 22 novembre 1795, au jeune Georges pour l'assurer de son affection et lui dire de se rendre à New-York avec son tuteur près du colonel Hamilton. « Pour commencer à remplir mon rAle de père, je vous engage à vous appliquer sérieusement à vos études. Votre jeunesse doit être employée utilement, pour que vous méritiez, à tous égards, d'être considéré comme le digne liis de votre illustre père. » (Cf. Jared Sparks, t. XI, p. 66, et traduction Guizot, t. IV, p. 12 à 20.)
(i) Cf. Max Biidinger, La Fayette in Œstcrreich.
(2) Cf. Annc-Paidc-Domiiiiquc de Noaillcs, marquise de Monta f:;u, p. 21^.
(j) Cf. dans les Mémoires la lettre de M™" de La Fayette à la comtesse de Tessé, en date du 10 mai 1796.