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CHAPITRE XIV

CONSIDÉRATIONS. — SITUATION GENERALE COLLOQUE DE HAMPTON ROADS. — CONTINUATION DE LA LUTTE SOUFFRANCES DES CONFÉDÉRÉS

Avant de raconter la dernière et décisive passe d'armes de la guerre, disons quelques mots d'une circonstance bien frappante. Nous voulons parler de l'humeur égale, presque riante du général Lee, au milieu de soucis, de préoccupations assez fortes pour briser le cœur le plus robuste.

Son quartier général était à deux kilomètres à l'ouest de Petersburg, sur le Goxroad, presque au centre de son armée. C'est là qu'il vivait, attendant avec sérénité l'arrêt de l'avenir. Son visage n'indiquait pas l'ombre d'inquiétude; au contraire il paraissait plein d'espoir et encourageait ceux qui l'entouraient à croire au succès définitif. Nous avons cependant déjà démontré qu'il étaitloin d'avoir réellement cette assurance. Dès le premier jour du siège, il paraît avoir regardé la situation comme désespérée, à moins que son armée ne reçut pas de nombreux renforts; mais jusqu'au bout il s'est rappelé ses deux maximes favorites : Faire son devoir , et Le courage humain doit s élever à la hauteur de l 'adversité humaine.

11 est hors de doute que Lee vit venir le triste dénoûment, car tous ses efforts pour renforcer sa petite armée par

de nouvelles recrues furent infructueux. Sans parler des raisons que nous avons données ailleurs, il est incontestable que le pays était épuisé et à bout de forces. Tandis que l'année fédérale recevait des renforts nombreux et d'une manière réglée; au point que jamais elle ne compta moins de 150,000 combattants, l'armée entière de Lee sous Petersburg n'atteignit jamais le chiffre de 60,000 hommes, et, au printemps de 1865, pendant qu'il tenait encore dans toutes ses positions, il n'avait pas 50,000 hommes sous les armes. Le Sud n'avait plus d'hommes à lui envoyer. a L'immense marteau, » comme Grant appelait son armée, cette armée nombreuse, puissante et admirablement organisée, continuellement recrutée et pourvue abondamment de tout ce qui lui était nécessaire, frappait à coups redoublés sur les rangs décimés, affamés, épuisés des maigres bataillons du Sud. Lee voyait fatalement arriver l'heure inévitable où il lui faudrait se rendre ou se faire jour à travers la multitude de ses ennemis.

A mesure que la situation devenait plus critique, tous les regards de la Confédération se portaient sur le général Lee, comme étant le seul homme qui pût sauver le pays. L'opinion publique demandait qu'on lui confiât la direction de toutes les années répandues sur le territoire du Sud. Si cette mesure avait été prise plus tôt, elle eût peut-être pu produire d'autres résultats ; mais, vers le printemps de 1865, quand ce vœu des populations fut réalisé, il était trop tard.

La cause confédérée avait fini par se personnifier dans Lee. Lue foi presque superstitieuse dans sa bonne étoile s'était répandue dans le pays. Au moment même où Lee voyait clairement crue ledénoûment approchait, la plupart de ses concitoyens ne croyaient courir aucun danger tant qu'il serait à la tète de l'armée. Cette persuasion enracinée a du lui être douloureuse, car personne moins que lui n'était

SA YIE ET SES CAMPAGNES

sujet à illusions ou moins aveugle par un excès de confiance.

C'est en vain que Lee représenta aux autorités civiles que si l'ennemi parvenait à rompre ses lignes sur un point quelconque, c'en était fait de la Confédération. Son expérience militaire ne lui permettant aucune illusion, il avait à supporter le poids de cette confiance universelle qu'il ne partageait nullement. Mais pas un murmure ne lui échappa, rien qui indiquât à quel point désespéré il était réduit. 11 demandait des hommes pour combler ses vides : s'il ne lui en venait pas ou s'il lui en venait peu, il n'en continuait pas moins à tenir tête à son puissant adversaire avec ce qui lui restait de soldats. C'étaient, du reste, des hommes d'élite. Le feu des batailles avait purifié le métal, et tout ce qui était sorti du creuset était de l'or pur de tout alliage.

Lee était à leurs yeux l'idéal du capitaine. Depuis longtemps ils avaient cessé d'avoir de lui cette crainte respectueuse des premiers temps; ils étaient arrivés à comprendre les trésors de bonté et de simplicité cachés sous cet extérieur grave. On raconte à ce sujet un trait charmant. Un jour, pendant les derniers mois du siège, dans un des trains qui allaient de Pùchmond à Petersburg, un jeune soldat, dont le bras était en écharpe, s'efforçait de mettre son manteau pour se garantir contre le froid très-vif ce matin-là. Il s'aidait de son mieux avec ses dents et son bras valide, quand un officier assis à quelque distance se leva, vint à lui et, passant avec précaution le paletot sur le bras blessé, le boutonna ensuite avec soin. Puis, après quelques mots de réelle sympathie, retourna à sa place. Son uniforme gris clair, les trois étoiles au coilet et la simplicité du reste de sa tenue n'auraient pas suffi à désigner son rang, si toutes les personnes présentes n'avaient su que cet officier était le général Lee, aussi bon qu'il était modeste et brave.

Cet hiver de 1864 nous le montre beaucoup vieilli. Mais sa démarche était aussi ferme et sa taille aussi droite qu'au commencement de la guerre. 11 semblait être de fer. Toutes ses journées se passaient à cheval et la moitié de ses nuits à écrire.

A mesure que la fin approche, que se déroulent les dernières scènes tragiques de cette longue lutte, il est difficile, même pour ceux dont les sympathies ont été forcément pour le Nord, de ne pas se sentir tristement et respectueusement attirés vers celte noble figure du général en chef confédéré.

Ce grand homme de guerre allait avoir à subir la plus cruelle épreuve pour un général, celle de voir son armée dispersée et renvoyée dans ses foyers, vaincue et ruinée.

La dernière passe d'armes entre les deux armées sous Petersburg commença en mars 1865. Elle avait été précédée sur d'autres points par de graves événements, dont le résultat avait été d'anéantir, pour ainsi dire, les ouvrages avancés de la Confédération , en ne laissant debout que la citadelle. Dans la vallée de Virginie, depuis l'automne précédent, la situation des Sudistes avait grandement empiré. En septembre, le général Sheridan, à la tête de 45,000 hommes, avait attaqué près de Winchester le général Early, qui ne disposait que de 8 à 10,000 hommes d'infanterie. Refoulé d'abord jusqu'à Slrasburg, ce dernier dut par la suite se retirer jusqu'à Staunton, dans le haut de la Vallée. Au mois d'octobre, Early, reprenant l'offensive, faillit écraser complètement Sheridan à CedarRun; mais, surpris lui-même parmi retour des Fédéraux, il dut finalement battre en retraite jusqu'à Waynesborough, dans la Vallée. C'est là qu'en février sa petite troupe fut attaquée et définitivement dispersée. Sheridan, qui avait remporté ce triomphe, peu glorieux quoique important, put descendre dans la plaine, se joindre au général Grant et

prendre part avec ses nombreuses légions de cavalerie aux derniers combats sous Petersburg.

Dans l'Ouest, le succès des armes fédérales avait été encore plus grand. Le général Johnston, auquel on avait enfin donné, sur la demande de Lee, le commandement des troupes confédérées dans cette région, voyant qu'il ne disposait pas de forces suffisantes pour résister au général Sherman, avait dû se retirer devant lui. Le chef fédéral traversa presque sans rencontrer de résistance, grâce à l'épuisement du pays et au petit nombre des soldats de Johnston, toute la contrée jusqu'à Savannah sur l'Océan. Se rendant facilement maître de cette ville, il poussa en avant jusqu'à Goldsborough dans la Caroline du Nord, d'où il pouvait facilement se porter sur n'importe quelle ligne de retraite que Lee choisirait.

Tel était l'état des affaires militaires en février et en mars 1865. En février, des délégués du gouvernement confédéré s'étaient rencontrés avec le président Lincoln, à bord d'un navire à vapeur, en rade de la forteresse de Munroe, à l'embouchure du James River. Mais l'entrevue n'avait pas abouti. 11 ne restait donc plus que l'arbitrage des armes, et tous les avantages étaient du côlé des Fédéraux. Lee, que l'on venait de nommer généralissime des armées confédérées, vain titre, presque une dérision, à un pareil moment, voyait les différentes armées ennemies former peu à peu le cercle autour de lui. Il ne nourrissait pas l'illusion de croire qu'il pourrait se maintenir plus longtemps dans les lignes de Petersburg. Le pays, l'élément civil surtout, avait dans son général une confiance telle qu'il refusait de voir l'imminence du danger. Mais il fallait pour cela fermer les yeux, car Lee avait devant lui le général Grant à la tête de 150,000 hommes; le général Sherman, avec des forces presque aussi nombreuses, entrait à ce moment dans le midi de la Virginie. Toute l'armée de Lee ne comptait qu'un peu plus de 30,000 hommes et

celle de Johnston, poursuivi par Sherman, était un peu moins nombreuse.

Il était donc bien évident qu'un peu plus tôt ou un peu plus tard, en tous cas dans très-peu de jours, l'armée confédérée serait anéantie. Dès le commencement de février 1865, Lee prévoyait bien qu'il n y avait plus que l'abandon de la Virginie qui pourrait le sauver. Aussi, avant que Sherman eût pénétré au cœur de la Caroline, s'était-il mis en mesure d'effectuer ce mouvement de retraite, en donnanl l'ordre de faire passer ses fourgons et ses trains d'équipages à Amelia Court llouse.à l'ouest de Petersburg, et de préparer ses pontons pour franchir le Roanoke River* Son plan était de se réunir dans la Caroline du Nord à Johnston, qui devait manœuvrer de façon à donner la main à son chef, et de se i étirer avec lui vers les contrées de l'Ouest. Les montagnes de la Virginie d'abord et les fertiles régions du Sud-Ouest ensuite lui permettraient, espérait-il, de prolonger la lutte avec la possibilité de traiter à de meilleures conditions. Tout plan de compagne valait mieux que le séjour prolongé en Virginie où l'on devait finir par être entouré par l'ennemi et forcé de se rendre cà merci.

Ce sera toujours un. sujet de regret qu'il n'ait pas été permis à Lee de réaliser ce plan. L'upposition du cabinet de Richmond, qui redoutait surtout l'effet moral que produirait l'abandon volontaire de la capitale confédérée, força Lee à renoncer à son projet.

Les souffrances des Confédérés pendant ces mois d'hiver autour de Petersburg ne peuvent se décrire. Le service des vivres se faisait mal et très-irrégulièrement. A mesure que les mouvements des Fédéraux s'étendaient de plus en plus sur le territoire de la Confédération, l'intendance du Sud voyait se rétrécir progressivement la limite des contrées où elle pouvait espérer s'approvisionner. Quand le mois de lévrier arriva, les seuls chemins de fer parlésquels les vivres arrivaient encore aux villes de Richmond

et de Petersburg, ainsi qu'à Farincë confédérée, étaient le canal de Lynchburg et les deux voies ferrées qui menaient vers l'Ouest, Finie le Southside, côtoyant, comme l'indique son nom, la rive sud de FAppomattox, l'autre le Danville et Richmond, qui part de cette dernière ville et, quittant le James River, se réunit à Burke Station à la première ligne, pour de là se bifurquer vers Lynchburg à l'ouest et vers Danville au midi.

Souvent Lee n'avait plus de râlions que pour deux ou trois jours, tant le pays était appauvri et tant on avait de peine à faire arriver le peu qu'on pouvait se procurer. Cette vie d'abnégation continuelle, de privations cruelles, le manque de vêtements chauds, de médicaments, de nourriture, diminuèrent rapidement l'effeclif de l'armée de Lee. Certains régiments comptaient moins de deux cents hommes dans leurs rangs. Ce n'était plus que le fantôme d'une armée, et les visages aux traits pâles et amaigris semblaient appartenir à des ombres sans corps. Parfois Farrivée de quelques navires assez heureux pour forcer le blocus de Wilmington dans la Caroline du Nord, s ul port resté au pouvoir du Sud, répandait dans le camp un bienêtre relatif. Mais assez souvent on était réduit à un quart de livre de lard et un peu de farine délayée dans de l'eau. Un peu de café de temps à autre était le seul stimulant qui ramenât un peu de chaleur dans ces corps défaillants. Ce n'est qu'à de rares intervalles que le gouvernement de Richmond pouvait faire aux troupes une distribution de couvertures, de vêtements ou de chaussures. Leurs pauvres uniformes pendaient en loques et ne les défendaient plus contre la bise glacée. Ils grelottaient la nuit sous leurs couvertures usées et trouées. Leurs vieux souliers, bien des fois raccommodés et toujours percés à jour, à force de marches et d'alertes, ne protégeaient plus leurs pieds nus contre le sol rocailleux et gelé. C'étaient bien véritablement les « Misérables de Lee», comme ils s'intitulaient

en souvenir du livre de Victor Hugo, qui avait pénétré sous les tentes des soldats de cette armée aux abois.

Nonobstant toutes ces souffrances et le peu d'espoir qui se montrait à l'horizon, la grande majorité des vétérans de Lee resta ferme à son poste, formant une ligne bien mince et bien ténue, égrenée sur une étendue d'ouvrages de 64 kilomètres de long, tandis qu'en face d'eux se tenait un ennemi admirablement équipé, outillé et nourri, pouvant disposer de forces quintuples.

Assurément l'histoire impartiale rendra justice à ces soldats qui, en de telles circonstances, n'ont pas désespéré ni laissé entamer leur moral. Inébranlables dans leur patriotisme et indomptés dans leur foi militaire, ils persistèrent dans la lutte, quoique leur courage fût soumis à de terribles épreuves. Jour et nuit, pendant des mois, le feu incessant des Fédéraux faisait pleuvoir sur eux, sans discontinuer, tous les moyens de destruction connus. Leur constance ne faiblit pas pendant ces tristes jours d'hiver : la nuit venue, ils couchaient dans leurs tranchées, où le froid et les obus ennemis ne leur laissaient guère de repos. La neige, la grêle, le vent, la pluie, le feu de l'ennemi, ils avaient à supporter tout sans un rayon de soleil, sans un rayon d'espoir. Si l'inquiétude ou la fatigue venait parfois ébranler leur résolution, ils n'avaient qu'à porter leurs regards sur la figure calme et paternelle de leur chef, pour sentir renaître plus profonde que jamais la confiance illimitée qu'il leur inspirait.

Le dénûment de ses braves soldats lui allait au cœur. Il n'en montra cependant rien. Il n'épargna aucun effort, aucune démarche pour soulager leur misère. Mais il faut croire que le cabinet de Richmond se trouvait dans l'absolue impossibilité de faire plus pour ses nobles défenseurs. L'égalité d'âme, la sereine tranquillité de Lee le rendirent encore plus cher à ses soldats et au pays. L'une après l'autre , les armées confédérées du Sud et de

l'Ouest s'étaient fondues et avaient disparu devant l'ennemi; Wilmington, le dernier port qui reliait encore la Confédération à l'Europe et au reste du monde, venait de tomber aux mains de Sherman ; le congrès de Richmond montrait l'indécision et l'impuissance que nous retrouvons si souvent dans les assemblées à de pareils moments de crise ; seule la grande figure de Lee se détachait lumineuse sur ce fond sombre et orageux. Il restait l'ancre de salut de la patrie agonisante.

Lorsque le bill qui le nommait commandant en chef de toutes les armées du Sud lui fut communiqué, il ne cacha pas l'embarras dans lequel le mettait ce nouvel honneur qu'il était loin de désirer. Ses relations d'amitié et de confiance réciproques avec le président Davis firent qu'il hésita à accepter un titre — vain, il est vrai, et bien inutile désormais — qui semblait devoir amener des froissements avec le pouvoir exécutif. Mais le vœu unanime de tous s'était fait jour; il dut céder, quoiqu'il sentit que ce pouvoir presque absolu qu'on lui décernait ne pouvait plus sauver le pays.

Quand le résultat des conférences entre les délégués réunis à la forteresse Munroe fut connu, l'indignation fut grande à Richmond et dans l'armée. Le président Davis avait déclaré que l'indépendance du Sud était la base absolue de toute négociation ultérieure. C'était là aux yeux du président Lincoln et de ses conseillers une condition inadmissible. Les pourparlers furent donc rompus. Des réunions nombreuses à Richmond témoignèrent du sentiment profond d'irritation qu'avaient éveillé les propositions humiliantes faites par le Nord. Cette manifestation de l'opinion publique prit diverses formes; des adresses se signèrent dans l'armée et parurent dans les journaux, affirmant de nouveau l'inébranlable résolution de lutter jusqu'à la fin pour la cause sacrée de la patrie.

La volonté était là, mais les moyens manquaient. Il

fallait plus de défenseurs à cette cause qui succombait faute de soldats et de moyens matériels. Le gouvernement eût-il pu armer et équiper de nouvelles levées, lui qui ne pouvait déjà pas convenablement suffire aux besoins et à l'équipement des soldats qu'il avait sous les drapeaux? Il fut question, dans les premiers temps de la guerre, d'armer les nègres. Celte proposition avait été si mal accueillie, qu'on fut obligé d'y renoncer. Quand cependant plus tard on s'aperçut que la loi sur la conscription, qui devait fournir quatre cent mille hommes, ne donnait pas à beaucoup près les résultats qu'on en avait espérés, une loi pour l'enrôlement des noirs fut présentée à la Chambre des représentants à Richmoncl. Le général Lee était favorable à cette loi et écrivit en février, à ce sujet, une letlre à une commission de la Chambre, dans laquelle, entre autres choses, il dit : « Je crois cette mesure non-seulement praticable, mais même nécessaire. L'ennemi se servira certainement des noirs contre nous, s'il en a l'occasion, et comme la supériorité numérique dont il jouit actuellement lui permet de pénétrer de tous côtés sur noire territoire, je ne puis comprendre que nous nous obstinions à garder les nègres jusqu'à Ta'rrivée des Fédéraux, quand il nous est loisible, en nous en servant à temps et avec discernement, d'arrêter les progrès de l'ennemi. »

Selon lui, on aurait pu en faire de bons soldats à l'aide d'une discipline sévère. Il ajoute : « Mon avis est que ceux d'entre eux qui servent dans l'armée doivent, par ce fait seul, être déclarés libres. 11 ne serait ni juste ni sage de les exposer au plus grand danger, la perte de la vie, et de leur refuser la plus belle récompense, la liberté. »

Le bill qui fut voté en mars, trop tard du reste pour être d'aucune utilité, ne répondait pas aux idées élevées énoncées par Lee. Le parti esclavagiste, dans l'acception étroite du mot, en avait dicté les clauses.

Le général Lee, en acceptant la nouvelle position qui lui

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était imposée par les circonstances, publia un ordre du jour dans lequel il invoquait humblement l'appui du Tout- Puissant, et faisait un appel chaleureux au patriotisme de ses concitoyens, exprimant la confiance qu'ainsi serait atteint le but si ardemment désiré, la paix et l'indépendance.

La concentration de tous les pouvoirs militaires entre les mains de Lee, et l'évacuation, précédée de la destruction des ouvrages de Charleston, semblaient annoncer une défense à outrance qui inspira dans le Nord une légitime inquiétude. Un écrivain nordiste s'exprimait à ce sujet en ces termes : <k En cherchant à nous rendre compte de ce que signifie le récent changement dans le système de défense du Sud, l'avenir nous paraît plus sombre et plus impénétrable que jamais. C'est à une seule tête, et nous savons en combien de ressources elle est fertile, — c'est à un seul cœur, et nous connaissons sa fermeté et son courage, — c'est à un seul homme, et nous savons à quel point il est doué de ce qu'il faut pour projeter, pour frapper, pour contre-carrer, pour réparer des erreurs, ou pour profiter des nôtres, que sont désormais confiées les destinées militaires du Sud. »

Mais il ne devait pas lui être permis de mettre à exécution ies projets indiqués ici. S'il avait pu obtenir du gouvernement de Richmond l'autorisation d'évacuer Petersburg ainsi que la capitale confédérée, la guerre aurait probablement pris une autre tournure.

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