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confi^rGnces faites, en déceml)re IHîK}, aux stagiaires lurL'au. Ce serait déjà une hypollu'se (|u'il cuu\ iL'iulrait de présenter sous toutes réserves, si la lettre parlait de documents re(,'us et en vantait riinportance; mais la hasarder avant de savoir si Panizzardi a jamais rien reçu, c'est faire en quehjue sorte de la divination, et se mettre ainsi en dehors de toutes les règles de la critique historique et du témoignage judiciaire. Le général Koget n'a pas l'air de se douter qu'il commet une véritable monstruosité. En réalité, la seule raison qu'il ait de penser aux conférences de décembre 189.3, c'est le désir d'écarter ses soupçons des stagiaires du 4^ bureau pendant le l*' semestre de 1894, pour les reporter sur les stagiaires du second semestre de 1893, parmi lesquels se trouve Dreyfus.
1 1 sait d'ailleurs très bien, et il le montre sans le vouloir, que, même si les conférences de décembre 1893 n'avaient jamais été faites, Panizzardi aurait pu recevoir, d'une source d'état major, l'organisation militaire des chemins de fer français.
Un des motifs qui permettent de soupçonner Dreyfus, dit le général, c'est que Dreyfus avait été attaché au réseau de l'Est, où aboutissent tous les mouvements de concentration; c'est dire qu'il suffisait à Dreyfus d'être attaché à ce réseau, pour avoir, parla même, la clef des mouven"Mi- '!«» oonrentration sur tous les autres réseaux
Mais Dreyfus n'est pas le seul stagiaire (jui ait été attaché à ce réseau : il y en a\ ait à chaque semestre, et pendant le l*"" semestre de 1894 comme pendant le 2« de 1893. Si donc il v a »mi au 4« bu-
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rcau une indiscrétion ou une trahison, dont Panizzardi a peut-être profité, elle peut tout aussi bien dater du semestre, pendant lequel a été saisie la lettre révélatrice, que du semestre précédent.
De deux choses l'une : ou les conférences de décembre 1893 ont pu seules fournir les éléments des renseignements qu'attend Panizzardi aux environs d'avril 1894, et alors il était inutile de faire remarquer que Dreyfus a été stagiaire au réseau de l'Est ; — ou tout stagiaire au réseau de l'Est est capable de reconstituer l'ensemble des mouvements de concentration, et ceux quiy étaient pendant le prem«er semestre 1894 en étaient aussi capables que Dreyfus et leurs camarades du semestre précédent.
C'est donc uniquement pour remonter à ce semestre et pouvoir accuser Dreyfus, que le général Roget a introduit comme hypothèse dominante la communication des cours de décembre 1893, alors que cette hypothèse était absolument inutile.
En reculant la date de la lettre, le général Roget viole arbitrairement la règle qu'il a posée lui-même, à propos de la date du bordereau. — L'intention est d'autant plus visible que, comme nous l'avons vu dans le chapitre précédent, le général Roget a déclaré à la Cour que les documents non datés, venus au service des renseignements, par la voie des papiers déchirés, étaient toujours d'une date très voisine de celle à laquelle ils avaient été apportés. Pourquoi la lettre Panizzardi, saisie en avril 1894, échapperait-elle à cette règle, fondée sur une expérience constante? Pas plus que pour
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la note Scinvarzkoppen saisie en déeeniltre 1H9."), il n'est possible d'apercevoir un fait, ou même un simple indice, qui justifie cette exception. Il faudrait que l'unique hypothèse possible fût celle do la livraison des conférences de décembre, et, puisque le général a jugé bon de parler du réseau de l'Est, il a indiqué lui-même qu'il y avait au moins deux hypothèses possibles sur la nature du document annoncé.
Nous voyons donc très clairement que^ dans l'esprit du général Roget, la possibilité de reculer la date de la lettre se lie exclusivement à celle d'accuser Dreyfus. Présentant à la Cour Dreyfus comme un traître en action depuis 1890, le général a senti qu'il serait difficile d'admettre qu'il ait attendu trois mois pour livrer les conférences de décembre 1893, et, comme il avait besoin de supposer qu'elles avaient été livrées, pour rétrécir autour de Dreyfus le cercle des soupçons, il a dû supposer, du même coup, que la lettre de Panizzardi était de trois mois antérieure à la date de sa saisie.
En liant ainsi deux possibilités l'une à l'autre, le général Roget s'est enfermé dans un cercle vicieux : il recule la date de la lettre pour accuser Dreyfus, et, pour reculer la date de la lettre, sa seule raison est qu'il accuse Dreyfus.
Le général Roget. en nommant les capitaines Mené et Ducrocq. a trahi son parti pris d'accuser Dreyfus sans preuves. — Si, par hasard, le général Koget niait que cette accusation C(mtre Dreyfus reposât sur autre chose que sa propre volonté, je
lit.' LB OfiNfiRAL KOOKT KT DRKYFUS
le prierais alors d'expliquer [pourquoi il a design»^ par leurs noms deux stagiaires au 4" bureau peiidai le 1" semestre de 1X93,
Il lui suffisait de m«»ttre hors de cause tous les stagiaires de ce bureau pendant ce même semestre, en supposant que le dooumont annoncé était la série des conférences de décembre; or cette raison générale ne lui a pas paru suffisante, et il a imprudemment ajoute ce qui suit : « Enfin il n'y avait parmi ces stagiaires que deux officiers d'artillerie, les capitaines Mène et Ducrocq, et ces offîciers servent encore aotnellcmrnt comme titulaires au i'' bureau, ce qui prouve suffisamment la confiance qu'ils inspirent. '
Pourf|Uui iiaiier spcciaiemeni de c»'s deux oiUciei's, si ce n'est parce que, aux yeux du général Roget, un officier d'artillerie seul peut être désigné par la pièce incriminée?
Mais pourquoi la pièce incriminée ne peut-elle désigner qu'un officier d'artillerie? Est-ce parce qu'elle concerne des matières d'artillerie? l*as du tout : il s'agit de l'organisation militain^ des chemins de fer, et, artilleurs, cavaliers ou fantassins, tous les stagiaires du 1* bureau ont les mêmes lumières sur ce sujet, quel que soit le semestre.
Alors, d'oii vient pour le général Roget la nécessité que le secret de cette organisation ait été livré paT un officier d'artillerie? Il ne le dit pas lui ' même, ne donne aucune raison, et se contente de l'affirmation implicite que renferme s<mi oi^o-v. tion sur les capitaines Meno et Ducroo,
La vraie raison c'est que Dreyfus était artilleur