CHAPITRE XIV Neuvième présomption
Ce canaille de D... (16 avril IS'Ji).
Formule de la présomption. — Lo général Roget n'a pas donné à la Cour le texte de la lettre célèbre connue sous le nom de « Ce canaille de D,..)^. Le capitaine Cuignet ne l'a pas lu non plus en présentant le dossier secret. Nous n'avons que le texte lu à la Chambre par M. Cavaignac, le 7 juillet 1898 : « Je regrette bien de ne pas vous avoir eu arant mon départ. Du reste. Je serais de retour dans 8 Jours. Ci-Joint 12 plans directeurs de X... {Nice) que ce canaille de D... m'a donnés pour vous. Je lui ai dit que cous n'aniez pas l'intention de reprendre les relations. Il prétend qu'il y a eu un malentendu et qu'il ferait tout son possible pour vous satisfaire. Il dit qu'il s'était entêté et que vouji ne lui en voulez pas. Je lui ai répondu qu'il était fou et que Je ne croyais pas que vous voudriez reprendre les relations avec lui. Faites ce que vous voudrez. »
1. La huitième, foudéc sur le mémento de Swarakoppeu ."-aisi en <l«''<"embrc 1W4, a OU'' examinée au <;hapltr« VI.
M. le général Roget s'est borné, au commencement de sa déposition, à rappeler la présence de cette lettre au dossier et à dire qu'elle était datée du 16 avril 1801. Pour tout commentaire, il a ajouté :
« Tout ce que je peux dire, c'est que l'initiale D.., |)eut désigner Dreyfus, et que Dreyfus a eu la possiliilité d'avoir les plans directeurs dont il est question. C'est tout ce que je peux dire. » Ainsi, pas même un commencement de démonstration ; le général affirme une possibilité, sans même examiner le texte de la lettre.
M. de Cavaignac ne pense pas avec la même sécurité que le général Roget que D... puisse désigner Dreyfus. — .J'ai déjà indiqué que, sur cette possibilité, M. Cavaignac et le capitaine Cuignet ne sont pas du m^nic avis que le irénéral Roget.
Dans sa déposition du 10 novembre, M. Cavaignac, étudiant les pièces du dossier secret, s'était bien gardé de parler de celles où se trouvait l'initiale D... I)ien qu'il en eût lu deux à la tribune de la Chambre, le 7 juillet précédent. Sur interpellation du président, il déclara qu'il ne s'appuierait pas sur ces pièces sans quelques réserves : déclaration bien anodine, si l'on se rappelle que le capitaine ' iiignet a déclaré qu'une de ces pièces était falsifiée, et que le D... y était le résultat d'un grattage et d'une surcharge.
A cette déclaration, M. Cavaignac a ajouté les paroles suivantes qui se rapportent exclusivement à