I. Chargement des obus à mélinite
Eu 1890, le service des renseignements reçut des débris de papier calciné, sur lesquels il ne restait que l'extrémité des lignes à droite. La direction de l'artillerie y reconnut la copie d'une instruction relative au chargement des obus à mélinite. L'expertise sur l'écriture n'a pas donné de résultat définitif, dit le général Roget, mais le papier est un papier pelure analogue à celui du bordereau, et, en 1890, Dreyfus était à l'École de pyrotechnie. Donc, présomption grave que Dreyfus a livré le se<"ret du chargement des obus à mélinite, en 1890.
II. Obus Robin (1891). — Il y a,entreleshrapnell de campagne d'une puissance étrangère et l'obus Robin, une ressemblance singulière. Or Dreyfus a été à l'Ecole de pyrotechnie de Bourges, où se faisaient les études de l'obus Robin, de septembre 1889
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à la fin de 1890; étant à l'École de guerre (1891-92), il a. sous un prétexte qui paraît mensonger, demandé à un de ses camarades de la Pyrotechnie, le capi taine Rémusat, des renseignements sur les der nières expériences faites avec l'obus Robin. D'autre part, le shrapuell de campagne étranger, qui ressemble à l'obus Robin, a été adopté en 1891. Donc présomption grave que Dreyfus a livre ]o ^crrot de l'obus Robin, vers 1891,
III. Cours de l'École de guerre (1891-92). — Un fait très significatif, sur lequel le général Rogct manque de précisions suffisantes et renvoie la Cour au capitaine Cuiguet.
IV. Plans directeurs des places fortes (1893). — « Pendant les années 1892-93, la correspondance (saisie) au ministère de la Guerre traite surtout des plans directeurs des places fortes. J'ai pu, dit le général Roget, constater simplement, en ce qui concerne ces actes de trahison, que Dreyfus avait eu la possibilité d'avoir ces plans directeurs. »
Il s'agit évidemment de l'année 1893, puisque Dreyfus n'est entré à l'état-major que cette année là.
V. L'artillerie lourde de la neuvième armée, (1893). — (( Une pièce arrivée au ministère, par la voie des papiers déchirés, en octobre ou novembre 1895, ^montre que Schvvarzkoppen venait d'avoir connaissance qu'un certain nombre de batteries de 120 avait été attribué à la neuvième armée.
«...Le renseignement, dit le général Roget, venait d'une pièce officielle de l'année 1893. » Cette pièce serait une note faite au l*"" bureau, dans une section
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OÙ se trouvait Dreyfus. La minute de cette note a, parait-il. dispara.
VI. Organisation militaire des chemins de fer français (fin 1893). — Il s'agit d'une pièce saisie en avril 1891. mais « pouvant, dit M. Roget, remon ter à une date plus éloignée. Dans cette pièce, Paniz- /ardi dit à Scliwarzkoppen qu' « il ta recevoir l'organisation militaire des chemins de fer français ».
Cette pièce, d'après le général Roget, peut désigner Dreyfus; il en donne diverses raisons, que nous examinerons plus tard.
VII. Lettre où il est question du colonel Davignon(1894). — C'est une lettre de Panizzardi à Schwarzkoppen, qui a figuré au dossier de 18iM, et dont j'ai dc'jà donné le te.xte, page 24. Il y est question d'un ami de Schwarzkoppen, qu'on suppose un officier du 2® bureau. Le général Roget trouve cette relation suspecte; il veut que l'ami suspect soit Dreyfus.
VIII. Relations d'un officier français avec rattaché militaire allemand, révélées par une dépêche en clair adressée à cet attaché, à la fin de 1893. et un mémento de cet attaché, saisi en janvier 1894. — 11 s'agit de la dépêche envoyée en clair de Berlinà M. de .Schwarzkoppen: n Chose aucun signe d'étathiiijov ". et du mémento qui a figuré, en 1894, dans le dossier >ecret, et dont le texte, donné à la Cour par le général Roget, est : « Doute. Preuve. Lettre de ser rice, situation dangereuse pour moi avec un officier français. Xepas conduire personnellement de négociations. Apporter ce qu'il a. Absolu. Bureau des
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renseignements '. Aucune relation corps de troupe. Importance seulement sortant du ministère. Déjà quelque part ailleurs. »
M. Roget se borne à signaler cette pièce dans la série des actes qui peuvent être attribués à Dreyfus, et, pour tout commentaire, fait remarquer qu'elle exclut toute relation de Schwarzkoppen ou de son correspondant avec la troupe.
IX. Lettre du 16 avril 1894. — C'est la pièce connue sous le nom de « C e canaille de D... ))AI. Roget n'en donne pas le texte. J'ai déjà donné, page 25, celui que M. Cavaignac a lu le 7 juillet 1898 à la tribune de la Chambre. « Tout ce que je peux en dire, dit à la Cour le général Roget, c'est que l'iui tiale peut désigner Dreyfus, et que Dreyfus a eu la possibilité d'avoir les plans directeurs dont il est question (Nice). C'est tout ce que je peux dire. »
Pas une certitude, mais neuf présomptions concordantes. — Il y a donc, antérieurenieut au lior dereau, neuf faits ou indices de faits, au sujet desquels le général Roget a exposé, plus ou moins nettement, à la Cour la pensée que Dre\ fu-< pouvait bien être suspecté de trahison.
La première observation qui se pic^tuic .t i l> prit, en présence de ce tableau formidable, c'es( que, pas une seule fois, le général. Roget n'a exprimé la certitude absolue que Dreyfus fût cou pable. Certains actes antérieurs à 181)2 peurenf t'tre attribués à Dreyfus. —^Dreyfus a eu lApossi hiliiÉ d'avoir les plans directeurs. — L'initiale