fcs trois d(^rni<'i's mots en français
LE (iÊNÉRAL ROfiET ET DUKYKLS "7
D.peut désigner Dreyfus. — La lettre sur les chemins de IcT peut désigner Dreyfus. — La lettre où il est question de Davignon semble prouver que Çohwarzkoppen avait un ami au 2® bureau. — Telle est la forme la plus fréquente sous laquelle se présentent les accusations du général Roget.
D'autres fois, il se borne à indiquer des coïncidences : la présence de Dreyfus à l'Ecole de pyrotechnie, au l" bureau ou au 2" bureau, à des époques contemporaires de certains faits ou de certaines pièces suspectes. « Je veux seulement faire remarquer, a dit de son côté le capitaine Cuignet, que, partout où est passé Dreyfus, École de pyrotechnie, l*"" bureau de l'état-major, section du commandant Bayle, on a constaté des fuites de renseignements secrets concernant l'artillerie. » C'est la même pensée que celle du général Roget. Ces coïncidences ne sont pas des preuves compl.'tes; elles indiquent des possibilités.
Pour toutes ces possibilités, c'est encore le capitaine Cuignet, qui a donné la formule générale, à la place du général Roget : « La preuve de la culpabilité de Dreyfus ne ressort de l'examen du dossier que par une sorte de déductions et de présomptions concordantes. » La concordance est ce qui semble avoir rassuré les accusateurs de Dreyfus sur ce qu'ont de fragile de simples possibilités. C'est de cette concordance que M. Cavaignac avait dit le premier, dans son discours du 7 juillet, « qu'elle pesait sur l'esprit d'une façon décisive ».
Il n'est pas nécessaire d'insister beaucoup sur c<^
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([vi'a d'enfantin cette manière d'incliner avec soumission son esprit, sious le poids décisif d'apparences, de possibilités, de présomptions concordantes. Dans le monde des apparences, la concor» dance des apparences n'est elle-même qu'une apparence : neuf apparences concordantes n»' sau raient jamais valoir une réalité prouvée.
Dans une lettre à M. Scheurer-Kestner. :i |)i()[)os du rapport Besson d'Ormeschcville, M. Dmlaux écrivait, le 8 janvier 1898 : « Je pense que si, dans les questions scientifiques que nous avons à résoudre, nous dirigions notre instruction comme elle semble l'avoir été dans cette affaire, ce serait bien par hasard que nous arriverions à la vérité. Nous avons des règles tout autres, qui nous viennent de Bacon et de Descartes : garder notre sang- froid ; ne pas nous mettre dans une cave pour y voir plus clair ; croire que les probabilités ne comptent pas, et que cent incertitudes ne valent pas une certitude \ )>
Lorsqu'on a sous les yeux le tableau des accusations que, sous le titre de présomptions concordantes, le général Roget a réunies contre Dreyfus, pour la période de quatre années qui précède le l)ordereau, ce jugement de M. Duclaux semble aussitôt avoir été fait pour l'accusateur daujourd'hui comme pour celui de 1894. Les analyses critiques <|ui vont suivre permettront de vérifier si c'est là un jugement trop sévère.