LIVRE PREMIER
De 1789 à la fin de 1793
l^remières aimées de Vandamme. -^ U est ineorporé am ré^ment colonial de la Martinique (1789). — Il revient en France (1790). — Il «si choisi par ses concitoyens pour commander U coiG^agnie de grenadiers de la garde sédentaire à Gassel (1790). — Il s*engage comme volontaire au 24« de ligne (juin 1791). — Sa libération du service (août 4792). — Vandamme lève une compagnie de chasseurs à Gassel (août 1792). — Il reçoit l'ordre de se rendre avec sa compagnie à Armentièi^es (novembre 4792). — Coup d'œil sur la situation de la France et des armées de la République à cette époque, et jusqu'en jiÙB 4793. r^ Ijb. Convention veut faire croire que l'année désire la mort du roi. — Affaire Haussman. — Vandamme îait la campagne de Hollande, à la tète de sa compagnie de dMsseors. — Il est nommé chef du bataillon du Mont-de- Cassel (!«** août 4793). — U est d^oncé au Comité de salut public. — Document curieux. — Vandamme reçoit le 5 septembre le commandement d'un petit corps de 4,800 hommes avec ordre de se porter en avant. — Ej^trait de son journal. — Bataille de Hondschoote (7 septembre 4793). — Ordre qu'il reçoit de Houchard pour brûler des villages, des châteaux et des bois (41 septembre 4793). — Ses ordres aux troupes qu'il commajatde pour réprimer les exactions. — Ses lettres
au général Davesjie. — Curieux documents relatifs aux i présentants du peuple près les aimées françaises. — Ho ehard destitué. — Lettres de Vandamme. — Il est nomi général de brigade, reçoit son brevet le 8 octobre avec Ton de se rendre à Dunkerquc, sous le général Davesne. — ^ lettres à ce dernier et au Comité de salut public. — Expéditio de Furnes et de Nieuport. — Vandamme reçoit l'ordre de replier sur Poperinghuo (29 octobre 1793). — Sa correspc dance. — Sa disgrAce. — 11 est replacé en novembre rejoint la division Ferrand. — Lettre du général Em (25 décembre 1793).
Vandamme (Dominique-René), fils d'un chir gien de Cassel, naquit dans cette petite ville, f; sant alors partie de la Flandre -Maritime, actuellement de Tarrondissement d'Hazebrou( le 5 novembre 1770. Le 2 mars 1786, il entn Técole militaire du maréchal de Biron, et en soj le 11 juin 1788. Son éducation avait été commenc au collège des Récollets, à Cassel, où il s'était 1 remarquer par son intelligence et aussi par la vacité d'un caractère rebelle à la discipline. Inc pore au régiment colonial de la Martinique com simple soldat, le 27 juillet, parce qu'il n'avait i suivi avec fruit ses études, et que son caract ardent faisait craindre à sa famille la fougue de i passions si on le laissait en France, il fut embi que à bord de la flûte VUranie, et partit de I rient pour rejoindre son corps. Nommé caporal 14 septembre et sergent le 17 mars 1789, 19 juin 1790 il obtint un congé pour revenir ài sa patrie et fut définitivement rayé des contrôles régiment le 24 juillet de la même année.
Dès cette époque, les colonies françaises étaient agitées par les mêmes sentiments, les mêmes instincts de liberté que la mùre-patrie. Le jeune Vandamme avait embrassé avec ardeur les principes libéraux. Ne voulant combattre ni avec ni contre ses camarades restés fidèles au drapeau, il obtint de quitter la Martinique et le régiment. V*.
Il existe dans les papiers de Vandamme plusieurs lettres de cette époque, indiquant la situation des esprits à la Martinique. L'une de ces lettres, écrite au jeune sous-officier par le ct)mmandant de son bataillon, est des plus flatteuses. Nous la transcrivons ici :
« J'ai reçu, mon cher Vandamme, votre lellre et j'y réponds ainsi que vous le désirés, par réassurance que j'ayc été très facile de vous perdi* , et par la justice que je vous dois de dire, que vous vous estes parfaitement bien conduit tout le temps que vous avés servi sous moy. Je vous souhaite tout l'avancement que vous mérités, et ne doute nullement, qu'en veillant un peu sur votre jeunesse , vous ne parveniés à une fortune militaire qui doit être le but de touts les honnêtes gens destinés à servir. *.
• Je vous souhaite une bonne santé, et suis, mon cher Vandamme, avec tout l'attachement possible, etc., etc. »
Les autres sont écrites au père de Vandamme
par des habitants de la colonie, qui rendent pleine el entière justice au courage et à la conduite de son fils.
De retour dans sa patrie, Vandamme fut choisi par ses concitoyens à Gassel , pour commander le compagnie de grenadiers de la garde sédentaire de la commune, le 14 juillet 1790. Une année ne s'était pas écoulée que le jeune capitaine, ennuyé de son nouveau métier dans lequel on n'était pas en face de Tennemi , et prévoyant une lutte prochaine à la frontière , s'engagea comme soldat au 24*^ de ligne (7 juin 1791).
La famille Vandamme était liée avec le lieutenant général Labourdonnaye , qui commandait alors à Lille et avait eu plusieurs fois l'occasion de voir le jeune soldat, dont les qualités militaires l'avaient frappé.
Cet officier général ayant eu ordre du gouvernement de se prêter à la levée de corps destines à combler les vides laissés dans l'armée par l'émigration, songea à Vandamme pour le melln* à la tête d'une compagnie de chasseurs volontaires, qui prendrait son nom, et dont il serait le capitaine.
Il lui fit d'abord donner un congé définitif que nous transcrivons ici, comme n'étant pas une pièce des moins curieuses, puisqu'elle prouve de quel pouvoir jouissaient, à cette époque de désorganisation militaire, les généraux commandant les divisions territoriales.
CONGÉ MILtriURS.
« Nous soussignés, cerlifions à tous ceux qu*il appartiendra, avoir donné congé absolu au nomm^ Dominique Vendame, dit Vendame, fusilier de la compagnie de Laurent, au vingt-quatrième régiment d'infanterie, natif de Gassel, district de Uile, département du Nord, âgé de vingt-un ans, de la taille de cinq pieds quatre pouces six lignes, cheveux et sourcils châtains, front bas, yeux gris^ nez long , bouche petite , menton pointu , visage ovale, coloré, uny, un seing à la tempe gauche. Fait à Lille, le vingt-cinquième jour du mois d'août mil sept cent quatre-vingt-douze. Le dénommé cydessus a très-bien et fidèlement servi audit régiment depuis le vingt-deux juin mil sept cent quatre-vingt-onze jusqu'à ce jour qu'il a été congédié par ordre de monsieur le lieutenant géiiéral Labourdônnaye, et n'a contracté aucun acte (le mariage qui soit parvenu à notre connois- ^nce. »
( Suivent les signatures des officiers composant le conseil d'administration du régiment. )
Vandamme, cependant, à la fin d'août 4792, était parvenu à lever une belle compagnie de chas- 8em^ francs appelés d'abord chasseurs du Montde-Cassel (1).
(i) Il noas a paru intéressant de faire connaître ce qu*est •levenue la compagnie Vandamme.
Elle res(a formée en x^oipc^gme. isolée, de chasseurs francs
Celle compagnie , dont nous avons le premier conlrole sous les yeux , était toute formée d'habitants des départements du Nord et de la Somme. Elle se composait de soixante-dix-huit individus, dont plusieurs avaient pris des noms de guerre. Plus tard elle atteignit le chiffre de cent quarante hommes.
Voici l'ordre en vertu duquel le jeune capitaine fut appelé à organiser cette compagnie , premier instrument de sa gloire militaire.