‹ Le général Vandamme (volume 2)Chapitre 23 sur 43 · LEFEBVRE A VANDAMME · texte numérisé non relu

LEFEBVRE A VANDAMME

20 janvier 1795.

• Je te préviens, mon cher général, que je viens de recevoir à riijstanl un ordre du général Hatry, commandant provisoirement notre armée, par laquelle il m^nvite à célébrer demain par plusieurs salves d'artillerie et de mousqueterie le

jour mémorable où la France fut délivrée du dernier de ses tyrans couronnés. — Je ne sais si de ton côté tu en as reçu un pareil, pour moi, je ne crois pas qu'il soit bien prudent de le faire en présence de Tennemi et dans la position où nous nous trouvons. — Je te prie, par conséquent, de me dire si tu es intentionné de Texéculer, auquel cas je m'y conformerai aussi.

« Réponds-moi sur le champ.

« Salut et fraternité. »

PICHEGRU A VANDAMME

21 janvier 1795.

• Toutes les troupes hollandaises se trouvant actuellement prisonnières de guerre, je te préviens que tu ne devras plus recevoir de déserteurs de cette nation, mais faire reconduire à leurs corps tous ceux qui se présenteront.

« S'il se trouve de ces troupes dans les placep de l'étendue de ton commandement, tu devras leur faire prêter le serment de ne point servir contse la République française, et leur laisser provisoirement leurs armes, pour concourir au maintien de l'ordre et de; la police. Tu ne permettras pas qu'elles soient vexées ou insultées par qui que ce soit, non plus que l'on s'oppose au maintien de leur discipline et subordination envers leurs chefs et officiers, en un mot, tu t'opposeras à tout ce qui tendrait à leur désorganisation.

« Salut et fraternité. »

MORE.\U A VANDAMME

La Haye, 24 janvier l'î95.

€ Nous sommes absolument maîtres de la Hollande, reste les provinces de Groningen, Over-Yssel et Frise, que l'armée anglaise occupe encore, et dont je pense qu'il serait important de la chasser, car ce sont des ressources qu'elle nous oie et qu'elle se donne, tandis que, proûtant du moment de terreur, je pense qu'il suffira de se montrer pour les forcer à se retirer en Allemagne.

« Cette opération peut s'exécuter facilement si l'armée de Sambrc-ct-Mcuse, faisant un mouvement vigoureux vers nous, nous débarrasse des Autrichiens.

• Je me munirai d'un ordre des Etals généraux de nous faire remettre les places, et pour peu qu'on ait brouillé les cartes dans ce pays et monté les habitants contre les Anglais, ce qui, je pense, n'est pas difficile, on en sera bientôt débarrassé.

• Quant à présent, borne-toi à envoyer force espions dans le pays pour t'assurer de la position des Anglais et de celle des Autrichiens; fais faire, de concert avec Macdonald, des reconnaissances sur l'Yssel.

« J'ai appris que le pays se plaignait amèrement de leur pillage, notamment à Zwol, où le commandant hollandais les a consignés dans leur quartier.

« Je pense que l'Yssel passé aux environs de Duisbourg ou Deventer, en menaçant de les ac-

culer à la mer, on les forcera à exécuter leur retraite ; mais il faudrait pour cela que Tarmée de Sambreet-Meuse assurât nos derrières par un mouvement 5ur le Rhin.

« Tu voudras bien me communiquer le plus Dîomptement possible les renseignements que tu e seras procurés, j'en rendrai compte au général m chef qui prendra une détermination d'après ce •apport.

« Tu voudras bien communiquer au général Leebvre les instructions que tu as reçues du général m chef sur la conduite à tenir envers les troupes loUandaises.

• Tu voudras bien faire mettre des sauvegardes m château de Bever-Vaard, près d'Utrecht.

« Dis à Compère de m*envoyer très-promptenent les états demandés pour les officiers d'étatnajor; il ne me manque que les siens.

« Je te fais passer ci-joint un paquet d'arrêtés les représentants du peuple à faire mettre à exéion.

« Je vais faire, avec Pichegru , une tournée du iôté deBréda et Berg-op-Zoom, et voir s'il est pos- ' »ible de pénétrer en Zélande, il n'y existe d'em- )arras que les glaces.

« Tout est parfaitement tranquille en Hollande. L.a révolution s'y fera, je crois, sans commotion, ^resque toutes les troupes hollandaises ont prêté e serment de ne pas servir contre la République rançaise; elles vont être réparties avec nos trou-

— 22i pes, dans les cantonnements, et elles conlinueronl à y faire le semce intérieur des places.

« Tu me parlais avec acclamation de la beauté d'Arnheim, mais je suis en fond de te répondre : Rien n'est plus charmant qu'Amsterdam et La Haye.

« Salut et amitié. •

Amsterdam^ 30 janvier 1795.

« J'ai chargé mon aide de camp de l'acheter tout ce que tu me demandes, et s'il ne le fait pas nous lui foutrons chacun une rincée, mais je ne sais comment on peut t'acheter des pantalons sans que tu les essaye. En tout, nous les prendrons à vue de pays.

« Donne,' je te prie, une sauvegarde pour la maison dont le nom du particulier est cité dans la lettre ci-incluse.

« Salut amical. »

PICHEGRU A VANDAMME

La Haye, 31 janvier 1795.

• Je viens de recevoir, avec ta lettre d'hier, celle du général Macdonald, relative au mouvement ou reconnaissance que vous faites l'un et l'autre au-

(1) Le général Salm commandait une brigade de la divisiou voisine de celle de Vandammo.

ourd'hui ; le résultat ne peut manquer d'en être avantageux, si les habitants du pays s'insurgent l'une manière bien (Jécidée, et qu'ils tombent euxnémes sur les Anglais.

« Je viens d'écrire au général Hatry qui a touours de grandes inquiétudes sur l'objet des subistances et des fourrages. Je lui mande de faire tousser fréquemment des partis sur l' Yssel pour amasser ce qui peut y être encore, et de se conerter à cet effet avec les généraux qui touchent à a gauche. Tu voudras bien, dans la circonstance, e tenir pour autorisé et prévenu.

• Tu me feras plaisir de venir me voir avec klacdonald, sitôt que les circonstances pourront e permettre, nous tacherons de te faire manger les gourmandises comme celles que tu nous a lonnées à Clèves.

« Salut fraternel. »

« P. -S. — Fais partir tout de suite la lettre ciointe pour le général Macdonald , et remettre celle adressée à mes secrétaires qui sont actuellement 'à Utrecht. »

SALM A VANDAMME

l«r février 1795.

« Nous avions pensé, je crois, à la même heure à ce que tu me demande par ta lettre d'hier, tu vois que je ne peux envoyer le détachement que tu désires, celui que tu as à Gunterstein peut suffire, si tu veux l'augmenter de deux hommes de

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plus. Je t'envoie deux paires de bottes dont loi cl ton lapin avez pris mesure ; j'aurais désiré que lu vinsses les essayer ici. li n'arrive point d'huîtres ici à cause du froid, et je vais cependant faire faire des démarches pour t'en envoyer, mais la quantité que tu me demandes n'existe je crois pas dans Amsterdam. Pour tes culottes, je ne me crois pas compétent pour cet achat ; d'abord la mesure me manque, le prix ne me convient pas non plus qu'à toi; je crois c'est cent vingt livres. Envoie la mesure, et si tu en veux à ce prix je te les enverrai. « Salut amical. »

SALM A VANDAMME

2 février 1795.

« Il faut, si tu veux avoir des huîtres, que tu me fasses relever un détachement que j'ai à Ouleubourg, composé d'une compagnie d'infanterie et quelques hussards, ils sont trop éloignés de ma brigade et fatigués de service, le nombre pour les convois et transports n'étant point suffisant. Tu as dû recevoir deux paires de bottes. Ces jeanfoutres d'Amsterdamois ne veulent plus d'assignats; mandc-mbi positivement ce que tu veux et en dernier ressort je ferai venir chez moi les marchands qui me vendront, ou je les étrangle.

« Salut amical. »

SALM A VANDAMME

7 février i795.

« L'officier qui commande le détachement à

Oulenbourg sera en prison en arrivant à Amsterdam et je lui apprendrai à obéir à qui que ce soit, s'il est d'un grade supérieur au sien. Tu renverras aussi le citoyen Bertrand, et je ferai examiner sa conduite à Oulenbourg. Envoie, je te prie, copie de ceci à ce beau commandant.

« Salut et fraternité. •

« P. 'S — Je ferai ce que je pourrai pour t'envoyer des huîtres, mais comment? Et ces jeanfoutres ne veulent point entendre reparler d'assignats. La livre en assignats vaut cent sols. Le cordonnier, malgré cela, m'a promis hier qu'il travaillerait pour toi.

« Bonjour. »

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