LE MINISTRE DE LA GUERRE A M ASSÉNA
t 8 mai 1799.
« Au moment, citoyen général, que je venais de vous adresser l'arrêté du Directoire exécutif, en date du 8 de ce mois, qui ordonne que le général Vandamme sera traduit et jugé par un conseil de guerre, pour avoir imposé à son profit des contributions particulières, et avoir exercé et toléré des déprédations, concussions et exactions de toute espèce dans les lieux où il a commandé; le Directoire exécutif m'a fait transmettre des copies authentiques des pièces qui doivent servir à rinstruction du procès de ce général.
« Elles sont au nombre de huit, que vous trouverez ci-jointes, savoir :
« 1^ Une lettre adressée au citoyen Trouvé, ministre de la République française, par le ministre des affaires étrangères du duc régnant de Wur-
lemberg , datée de Stuttgard , le 26 mars 1799.
• 2** Une traduction d'un rapport officiel adressé à S. A. S. Monseigneur le duo régnant par son grand bailli de Tubingcn, en date du 23 mars 1799.
• 3'* Extrait d'une lettre du citoyen Roberjotau citoyen Merlin, directeur, datée de Rastadt, le 28 germinal dernier.
• 4*^ Lettre du citoyen greffier du tribunal criminel du Haut-Rhin, au Directoire ext'culif, datée do Golmar, le 3 du courant.
• 5° Lettre de Léopold Krauth , gi-cflier de la ville du Vieux-Brisach, adressée à un législateur le 4 du courant.
• G^ Extrait d'une lettre du général Joui'dan au Directoire exécutif, en date du 6 du courant.
• 7^ Lettre du citoyen Trouvé , ministre de la République, près le duc régnant de Wurtemberg, adressée au ministre des relations extérieures, datée de Paris, le 13 du courant.
« 8^ Détail des contributions privées que le glanerai Vandamme a levées en Souabe.
« Vous voudrez bien m*accuser la réception de ces pièces. »
LE MINISTOE DE LA GUEBHE A MASSÉNA.
« 12 mai 1790.
« Je suis informé ofliciellemeul^ citoyen gêné rai, qu'une exaction révoltante vient d'être commise dans la commune du Vieux-Brisach.
• Les habitants de cette malheureuse ville , qui a déjà été totalement incendiée en 1793, avaient reconstruit une partie des maisons et commençaient à se relever de leurs pertes, lorsque la re- . traite de Tarmée du Danube a fait arriver dans . cette commune une de nos colonnes, commandée par le général Vandamme , qui , au lieu de donner . à ses subordonnés l'exemple du respect dû aux ~ propriétés, a sommé les habitants, en les menaçant du pillage et de l'incendie, de lui compter en cinq minutes une somme de douze cents ft^ancs, et d'y joindre des effets de différentes espèces.
« Je vous invite, citoyen général, à ordonner la vérification de ce fait, et à me transmettre les renseignements que vous vous serez procurés. L'intention bien prononcée du Directoire et la mienne est de punir avec sévérité les auteurs de ces sortes de brigandages qui, en nous aliénant imprudemment Tespril des peuples doublent la force des rois. « Je vous prie d'adresser votre réponse à moi seul. »
Vandamme, au moment où il se disposait àexé- <;uter l'ordre de prendre le commandement d'une colonne marchant sur Veway, le 14 mai 1799, xeçut de Ghérin une lettre datée de Zurich 14 mai, ot dont voici la teneur :
« Le général en chef me charge, citoyen généx*al, de vous mander que vous ayez à vous rendre €iu reçu de la présente, au quartier général, à Zui"icb, avec vos équipages. »
Yandammo était fort loin de 8*attendre à cette nouvelle disgrâce. Il se rendit en effet à Zurich et là, le général Masséna, qui devait être quelques années plus tard accusé lui-même, avec plus de raison peut-être, de concussions en pays étranger (si l'on en croit la correspondance récemment publiée de Napoléon PO» l^i enjoignit de partir sans délai pour Luné ville, où une commission militaire devait être formée pour le juger.
Un chef de bataillon nommé Coquengeiot fut chargé de remplir les fonctions de commissaire du gouvernement près ce tribunal militaire; il reçut le 20 juin l'avis ci-dessous de Tétat-major général de l'armée du Danube :
• Je vous préviens, citoyen, que le général en chef a nommé les généraux de division Ménard» Delaborde et Legraud pour être membres du conseil de guerre qui doit juger le général Vandamme.
« Je vous invite, en conséquence, à instruire ces officiers généraux du moment où vous aurez termine l'instruction de cette affaire, afin qu'ils puissent se rendre au conseil de gueiTe.
« Le général en chef désire que vous mettiez dans votre travail toute la célérité possible et que vous l'instruisiez du résultat de ce jugement aussitôt qu'il sera terminé.
« Je vous prie de m'accuser réception de la présente.
« P'S. — Je vous préviens que le général Delaborde est à Strasbourg , le général Legrand en
vant de Kehl et le général Mesnard au Vieuxtrisach. • Vandamme ne se laissa pas abattre par ce noueau coup. Sans perdre de temps, il s'occupa de a rédaction d'un mémoire justificatif qu'il fit à Strasbourg et que voici en son entier-