‹ Le général Vandamme (volume 2)Chapitre 6 sur 43 · LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC AU GENERAL VANDAMME · texte numérisé non relu

LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC AU GENERAL VANDAMME

2 avril 1791.

• Nous avons reçu, citoyen général, avec la lettre et celle du général Moreau du 11 (31 mars) (le ce mois, les copies des infâmes propositions que t'ont faites les esclaves des despotes. Le sentiment de confiance que nous inspirent ton courage et ton incorruptibilité s'est mêlé au mépris

(1) Pichegru accueillit fort bien l'année suivante (avril 1*795) les propositions de ce genre qui lui furent faites, mais il ne songeait pas alors encore à trahir le gouvernement républicain auquel il devait tout.

e plus profond pour ces vils séducteurs à la leclire de ces productions du crime. La patrie a les eux ouverts sur toi et sur tes braves compagnons l'armes. Les lâches récompenses qui leur sont iffertes pourraient-elles balancer un instant dans âme des enfants de la Liberté, la gloire d'avoir aérité d'elle? La Convention nationale, le Colite de salut public, attendent de toi que la camlagne qui s'ouvre verra se réaliser les' espéranes que donne ta conduite jusqu'à ce jour, et que ?s monstres qui mesurent la possibilité du crime

leur penchant, à leur habitude de le commettre pprendront à leurs dépens comment les républiains répondent aux sollicitations perfides des nnemis du bonheur des Français. »

Cette lettre est signée de Carnot.

Le 9 mars, Vandamme, toujours à Hazebrouck, t sans cesse occupé de son métier, écrivit à loréau la lettre suivante :

■ Je t'envoie ci-joint deux lettres que je viens e recevoir, lune de Bruges et l'autre d'Ostende, vecles gazettes anglaises et bruxelloises. D'après 3 que m'a rapporté Pape, l'ennemi est en force 0 ce côté; prend tes précautions, préviens -en le énéral en chef; demande-lui au moins un régilent de cavalerie, malgré que le pays soit couert, il en faut ; tu dois voir la célérité avec laquelle ennemi se prépare, s'arme, s'équipe et s'exerce, .u nom de la patrie, complète, arme, équipe et abille les troupes à les ordres ! Partout tu de-

mandes, partout on te promet, et nulle part ou ne te tient parole. Dis donc à tous ceux qui rignorent ou qui semblent l'ignorer que des promesses ne font pas les armées; ne suivons en rien Texemple de nos ennemis, mais regarde cependant avec quel soin on habille les émigrés. Je demande tous les jours des armes, des casques et des souliers, et je gémis que personne ne m'écoute, puisqu'il est vrai que personne ne me donne rien. Je désirerais bien te voir demain; si tu pouvais venir à Hazebrouck, nous causerions ensemble de choses essentielles. Si tu viens, je te donnerai du sucre en pain, il vient de m'en arriver du bon et du beau ; il ne te coûtera pas cher, mais apporte-moi de l'argent. Pour que le moulin tourne, il faut du vent.

« P,-S, — Que fait la compagnie de grenadiers à Saint- Venant? Que font les chasseurs à cheval à Aire? Que fait le 9^* bataillon de Seine-Inférieure à Saint-Omer? Que fait le général Vandamme à Hazebrouck avec sa troupe? Si Rougiff (1) le savait, il dirait : A la frontière, tous ces bougreslà, et il aurait raison,

a Demain je continue mon mouvement, et après demain il sera effectué. y>

Le 12 avril 1794, la brigade Vandamme eut un engagement avec l'ennemi.

(1) C'esl probablement le Comité de saint public que veut désigner Vandamme.

LegéiîéraK alors à Stc^nvorde» écrivit à Moreau : « Je te rends compte, général^ que ce matin, à six heures, la découverte de SHeenvoorde rencontra à TAbeele une forte patrouille de Fennemi ; le feu s'engagea aussitôt de part et d'autre, Tennemi fut repoussé, mais bientôt après il reçut un ren-r fort de Poperinghue qui le portait à 800 hommes et 50 cavaliers ; j'envoyai aussi au secours de ma découverte le bataillon des chasseurs du Mont- Cassel, la compagnie des grenadiers du 16® et un détachement de ce régiment; le commandant de Godwelde envoya à TAbeele deux compagnies de grenadiers et 150 hommes, et le commaudant de Boeschepe sa compagnie de carabiniers. Ces détachements arrivèrent au secours de ma découverte en même temps que Tennemi recevait du renfort de Poperinghue. L'affaire s'engagea avec plus de force, le feu fut très-vif et continuel et dura jus* qu'à deux. heures; l'ennemi fut repoussé jusqu'à Poperinghue, il fut deux fois pris enilanc et mis en tléroute ; il perdit beaucoup de monde et eut une vingtaine de blessés. Nous leur avons fait trois prisonniers et pris plusieurs fusils, sabres et gibernes ; nous n'avons perdu qu'un brave sergent des chasseurs du Mont-Gassel, et nous eûmes quatre blessés. Tous nos soldats se sont distingués par leur courage ; je ne saurais te faire assez de louanges de la conduite qu'ont tenue tous nos braves frères de la réquisition, ils se sont comr portés comme des héros et ont donné des preuves

du plus grand courage. Quelle différence, général, entre des liomincs libres et les esclaves! On voyait les officiers A sous-officiers de ces derniers les battre pour les faire avancer, et les nôtres ne peuvent pas retenir nos braves défenseurs, qni, aussitôt qu'ils voient Tennemi, se jettent dessus à corps perdu.

« Je t'enverrai demain les prisonniers. Je suis allé ce soir à Godwelde et Boeschepe; tout y est tranquille, les troupes sont entrées dans leurs cantonnements.

« Nous avons entendu ce matin tirer le canon du côté de Warneton ou Lille.

(( Je t'embrasse. »

Pichegru, croyant ses troupes en état d'entrer en campagne, donna des ordres, vers la fin d'avril, pour que Ton fût prêt à marcher. La brigade Vandamme dut camper partie à Gaestre, partie à Rome, deux localités voisines de la frontière.

Les généraux Souham et Moreau, dont les divisions étaient en position, la droite à Menin, la gauche à Courtrai, virent bien, du reste, qu'ils allaient être attaqués, car les préparatifs de l'ennemi leur étaient connus. La brigade Vandamme, forte de 5 bataillons de chasseurs (ou d'infanterie légère), de 11 bataillons d'infanterie de ligne, de 130 cavaliers et de deux bouches à feu de position, se mit en mouvement sur trois colonnes le 28 avril, pour assiéger Menin. Sa droite attaqua

et enleva Wenicke, son centre et sa gauche passèrent à la gauche de la grande route d'Ypres à Menin, et le soir même cette dernière place fut investie. Un cercle des troupes de la division Moreau Tenserra au sud et à Touest, se rapprochant à portée du canon, tandis que celles de la l** division (Souham), fermaient le cercle au nord cl à Test. Le lendemain, le parc du siège arriva de llommines, remplacement des batteries fut déterminé des deux côtés de la petite rivière nommée la Lys. Les pièces ayant été conduites aux batteries malgré le feu de Tennemi, une partie de la ville ne tarda pas à être en flammes et le clocher (le la principale église jeté bas.

Le 30 avril, le commandant, sommé de rendre la place, refusa , et, dans la nuit suivante, vers deux heures du matin, la garnison, réduite aux abois, fil une sortie vigoureuse ayant à sa tête 400 émigrés de la légion de La Châtre. Le but de l'ennemi était de faire une trouée pour rallier les troupes du camp de Rousselaere en abandonnant la ville, qui, du reste, n'était plus tenable. Le l sort des émigrés qui, d'après les usages cruels de celte guerre, ne pouvaient être compris dans une capitulation, avait déterminé celle opération dangereuse ; aussi ces malheureux et braves soldats avaient-ils voulu marcher les premiers dans celte circonstance. Cent hommes seulement furent laissés dans Menin, pour simuler quelque temps la ;arnison et servir les batteriçs.

L'avant-garde de la colomiê d'attaque s'avança dans le plus grand silence sur le faubourg de Bruges, occupé par les chasseurs du Monl-de- Cassel. Les émigrés attaquèrent à la baïonnette et forcèrent les postes des chasseurs, sans tirer un coup de fusil. Un combat sanglant s'engagea dans le faubourg même, au milieu de robscurilé. Un bataillon de grenadiers et un du i24® de ligne avaient pris les armes. Les émigrés crièrent de ne pas tirer, qu'ils étaient Français, et jetèrent ainsi de l'incertitude dans la défense. Ils parvinrent à se dégager, à se frayer un passage sanglant et à gagner Moorseele, entre la route de Gourtrai et celle d'Ostende. Poursuivie de très-près , la garnison de Menin éprouva des pertes, et un certain nombre de prisonniers fut fait par la division Moreau. L'adjudant général Lacour, chef dclalmajor de cette division, fut pris, s'étant avancé imprudemment avec quelques hussards. La place se rendit aussitôt.

Le 4 mai, Vandamme, dont une partie de la brigade occupait Menin, reçut ordre de porter son quartier général à Weveighem, sur la roule de Gourtrai, en se rapprochant de cette ville. Le 9, Tennomi essaya une reconnaissance offensive sur les avant-postes qui bordaient la petite rivière de la Haule. Il fut repoussé et les ponts rompus.

Vandamme reçut à cette époque les lettres cidessous :

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