‹ Le général VandammeChapitre 16 sur 49 · MO · texte numérisé non relu

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Hédouville, la lettre ci-dessous, lui prescrivant de prendre Scbweidnitz :

f Monsieur le général, l'Empereur veut que Schweidnitz soit pris avant le 20 février, c'est-àdire avant un mois ; Son Altesse Impériale me charge de vous le mander, et de vous transmettre Tordre d'examiner et de faire examiner de suite quels sont les meilleurs moyens d'attaquer vigoureusement cette place avec succès ; proposez ces moyens à Son Altesse Impériale, et demandez-lui tout ce qui vous sera nécessaire en ce. qui concerne l'artillerie et le génie.

« Son Altesse Impériale, voulant aussi faire attaquer en même Kosel et Neiss, ne pourra augmenter votre division, ni en infanterie, ni en cavalerie, autrement que par les renforts wurtembergeois qui vous arriveront successivement de Glogau. »

Vandamme ne demandait pas mieux que de s'emparer de Schweidnitz , mais pour cela, il lui fallait au moins de l'artillerie de siège, et on verra par la lettre ci-dessous du général de Pernety, lettre datée de Breslau, 24 janvier 1807, que le parc attendu n'était pas même encore parti :

« Mon général, vos affaires en artillerie pour le siège de Schweidnitz seraient plus avancées, et vous eussiez eu déjà Marion, au moins en tournée pour reconnaître des emplacements de parc,. batteries, etc., si, le 22 au soir, je n'avais reçu ordre de faire partir, le 23, pour Kosel, des bouches à

feu et munitions, qui ont retardé le départ fixé alors à ce matin, 24, d'un commencement d'ar-' tillerie pour Schweidnitz, et dont le reste devait être envoyé les trois jours suivants. Il y a plus, nos très-faibles moyens personnels et la difficulté de suffire aux consommations des deux places, ne permettent guère de les pousser toutes deux en* semble avec quelque vigueur. On peut avoir plus aisément Kosel, et relativement à notre position militaire, cette place est aussi essentielle à posséder , nous donnant ensuite des moyens contre Neiss, que Ton attaquerait en même temps que Schweidnitz, si surtout, d'ici là, il arrive quelques compagnies d'artillerie française ; l'intention du prince est, en effet, que l'on active surtout l'attaque de Kosel, sans cependant négliger Schy^eidnitz, où j'enverrai successivement les bouches à feu que vous avez demandées, laissant le 24 pour le dernier, car pour ne faire que canonner, sans battre en brèche, le 12 produit à peu près le même effet, et présente bien moins de difficultés.

« J'espère aller voir momentanément TétabUssement des batteries elles travaux, mais je doute de pouvoir obtenir d'y rester. Je vous laisserai le capitaine Marion, jusqu'à ce que je puisse disposer de quelque bon officier supérieur d'artillerie dont plusieurs me sont annoncés. Il partira aprèsdemain matin.

« Le premier convoi sera mis aussi en route après-demain ; mon aide de camp aura les notes

nécessaires sur sa composition et celle des sui* vants , ainsi que de tout ce qui pourrait être utile au service de Tartilierie.

« Soyez persuadé, mon cher général, que je ne négligerai rien pour vous prouver le prix que j^attache à mériter la continuation de Testime et de Tamitié que vous voulez bien me témoigner. »

Vandamme, très-désireux de satisfaire aux désirs de TEmpereur, écrivit lettres sur lettres directement au prince Jérôme, pour demander l'envoi d'artillerie et de renforts • Le général Hédouville, avec lequel il avait eu, lors du siège de Breslau, quelques difficultés, comme nous l'avons dit, lui ; manda, le 30 janvier, du quartier général :

« Je vous adresse, mon cher général, deux lettres que Son Altesse Impériale m'a ordonné de vous écrire ; vous direz encore qu'il vaut mieux avoir affaire à Dieu qu'à ses saints, mais je vous répète que Son Altesse Impériale ne se laisse influencor par personne ; après avoir mûrement pesé toutes les raisons qui peuvent la déterminer à prendre tel ou tel parti, sa décision est prompte, et l'exécution encore davantage en tout ce qui peut dépendre d'elle.

« Son Altesse Impériale se plaît à vous rendre justice , mais vous ajouterez à la confiance qu'elle a dans vos talents et votre activité, en ne sortant pas des bornes convenables au bien du service.

'^ Ne voyez dans ma franchise, mon cher général, que le désir de vous voir continuer à avoir

des succès sans qu'ils soient mêlés de désagré* ments. >

Brieg, cependant, avait capitulé le 16, la division de Deroy était parti le 18 pour investir Kosel , et le princq de Pless laissait soupçonner rintenlion de se porter contre la division wurtem- , bergeoise occupée devant Schweidnitz. Le 26 jan- ! vier, Vandamme fut prévenu que le général prussien réunissait dans le comté de Glatz une dizaine de mille hommes tirés des garnisons de Silberberg, de Neiss et de Glatz , pour l'attaquer, que la brigade Lefebvre, avec un bataillon léger, avait | ordre de marcher vers Franckenstein pour couper | la retraite à Tennemi, tandis que le général Mi- { nucci devait^ avec quatre mille hommes d'infanterie, son artillerie et quelques escadrons, se tenir prêt à voler au secours du corps occupé devant Schweidnitz. Quelques petites affaires de cavalerie commençaient déjà à mettre Vandamme sur ses gardes. Le 29, il dirigea sur Wartha une forte reconnaissance, qui l'instruisit, à son retour, qu'en effet, le prince de Pless avait réuni aux environs de Glatz mille deux cents chevaux et huit mille fantassins.

Les différentes reconnaissances dirigées par' ordre de Vandamme sur Franckenstein, Wartha, Neiss, les rapports des espions , ne pouvaient laisser de doute sur le rassemblement dans le comté de Glatz ; mais en même temps, il devenait certain que le gouverneur de la Silésie, cantonné

dans le triangle formé par Wartha, Neurode el Franckenstein, n'avait pas bougé, et faisait courir à dessein le bruit d'une levée de boucliers des Autrichiens, pour exciter les hommes valides du pays à prendre les armes, à se soulever et à se joindre à lui.

Si donc il était évident que le prince de Pless n'attendait qu'une occasion favorable pour tenter un coup de main, d'un autre côté, il était assez difficile de savoir s'il se dirigerait sur Schweidnitz ou sur Kosel. La brigade Lefebvre fut mise à la . disposition de Vandamme. Elle était à Strelhen, en intermédiaire, et pouvant se porter sur le point menacé, mais son chef étant malade et au lit, ainsi que Montbrun, le général d'artillerie de Pernety reçut l'ordre d'en prendre momentanément le commandement •

Revenons au blocus de Schweidnitz. Vandamme avait sous ses ordres, à la fin de janvier, sept mille cinq cents fantassins, sept cent cinquante cavaliers et quelques centaines de canonniers ou de soldats du génie: Ce n'était pas une force suffisante pour s'emparer d'une place telle que l'était celle que ses troupes bloquaient; à des demandes pour l'envoi de renforts , on se bornait à répondre que l'on comptait sur son zèle, sur ses talents, sur son activité, mais qu'on n'avait personne à lui donner.

Du 26 au 28 janvier 1807, le blocus continua sans événement remarquable, la gelée, le manque

d'outil empêchèrent le commencement des travaux d'attaque. Le 28, l'ennemi fit une sortie avec deux cents fantassins et cent cavaliers. Vandamme se trouvait près des avant-postes attaques. Il fit monter à cheval une centaine de chasseurs, les lança sur le flanc de la colonne prussienne , sous la conduite de ses deux aides de camp, les capitaines Revest et Vincent. Il neigeait, ce qui favorisait ce mouvement. L'ennemi, culbuté, laissa une partie des siens sur le terrain.

Enfin , le 30 janvier eut Heu l'ouverture de la tranchée. Un matériel de siège assez considérable annoncé de Breslau , huit pièces de douze, deux obusiers, deux mortiers, des munitions en assez grande quantité partirent de cette place le 27; huit autres pièces de vingt-quatre, six obusiers, quatre mortiers avec leur armement complet furent mis en route le 80. Le capitaine Marion, excellent officier, aide de camp du général de Pernety, et dans lequel ce dernier avait la plus grande confiance, arriva le 29 devant Schweidnitz, pour prendre la direction de l'artillerie au siège. Il était temps que l'on fournît enfin à Vandamme les moyens de réduire la place. Il s'était engagé a satisfaire aux désirs de l'Empereur, et à entrer dans la forteresse avant le 20 février, si on lui en donnait la possibilité. Le général , pour faciliter et activer l'arrivée de son matériel qu'il attendait avec une vive impatience, avait envoyé de Schweidnitz tout ce qu'il avait d'attelages, mais

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