‹ Le général VandammeChapitre 37 sur 49 · MOLITOR A VANDAMME · texte numérisé non relu

MOLITOR A VANDAMME

« Ulrecht, 9 avril 1813.

• Mon général, en apprenant votre arrivée dans le voisinage de la Hollande où je me trouve employé, permettez-moi de n^e rappeler à votre sou» venir et de vous offrir mes vœux pour la campagne glorieuse que vous allez ajoutera tant d'autres.

« Les soulèvements des 3ûucheâ-du-Weser que votre présence va dissiper entièrement n'ont pas, je crois, dépassé TEms; j'ai envoyé deux bfitaillons à Groningue pour renforcer le général Janssens.

« La tranquillité a régné jusqu'à présent en Hollande, Une conspiration, sur le plan deMallet, s'était ourdie, il y a deux mois, à Amsterdam; c'était l'œuvre de quelques intrigants; je les ai découverts à temps; une commission militaire en a faitjustice,

« Nous sommes en mesure ici contre les An* glais; de bons forts élevés sur la côte, de bonnes places bien approvisionnées, garantissent les points principaux de débarquement ; six bataillons étrangers en font la garde avec Une artillerie suffisante, trois autres bataillon^ de garde soldée et compagnies départementales assurent la tran- (juillité des grandes villes de l'intérieur.

« J*ôl qttllté AmStérdahi pour établir ihoh quâN tlw général k Utrecht où ëe rassemble un corps de troupes françaises ; j'y ai déjà quatre bataillons sans comprendre ceux que j'ai envoyés à Groningue; j'attends 1,200 Suisses sous peu de jours, et pour le mois prochain des forces beaucoup plus considérables. MM. les généraux de di- \Î8ion Ledrut et Amey me sont annoncés pour le camp d'Utrecht.

• Voilà, mon général, ma position actuelle; ajoutons-y votre puissant et imposant voisinage, je pense que nous pouvons raisonnablement désirer plutôt que craindre l'arrivée des Anglais.

« S'il survenait quelque chose d'important dans cette partie , permettez-moi d'avoir l'honneur de vous en faire part. »

VANDAMMB AU MAJOH GéNÉRAL.

« 9 avril 1813.

• Monseigneur, j'ai l'honneur de rendre compte à Votre Altesse que Brème et Minden sont maintenant à l'abri d'un coup de main. On travaille k force à perfectionner les travaux et à compléter la défense.

« Tous les ponts sur le Weser sont rompus, ainsi que celui de V Aller à Verden, Le pont en pierrô de Nieubourg est couvert par un ouvrage offensif dont on s'occupe avec activité.

« J'ai donné pour l'instruction des troupes des

ordres très-positifs , dont autant que possible je surveille moi-même l'exécution. On fait l'exercice régulièrement le matin et le soir. Nous nous dépêchons de former nos jeunes soldats.

« L'organisation de mes divisions s'opère autant qu'il peut dépendre de moi. Je stimule le zèle de tout le monde.

• M. le comte d'Arberg, préfet du déparlement des Bouches-du-Weser, m'annonce : 1*^ que les perceptions ont peu souffert et que la rentrée des contributions sera sous peu complète ; ^ que tous les chevaux votés par son département sont prêts à être livrés. J'en préviens M. le général Bourcier et l'invite à envoyer chercher ces chevaux.

« Sur mon invitation, MM. les préfets des départements de la Lippe, de l'Ems-Supérieur et des Bouches-du-Weser ont, par une proclamation, engagé les gardes-côtes, les gendarmes et douaniers à reprendre sans délai le poste que quelquesuns d'entre eux ont abandonné. Il a été accordé àces déserteurs un délai de douze jours à l'expiration duquel ils seraient jugés par des commissions mi- Utaires.

« La nouvelle des succès obtenus par le viceroi sur les Russes et les Prussiens a été publiée ici et a produit dans tout le pays le plus heureux effet.

« Une lettre que je reçois du général Monlbrun m'annonce que le prince d'Eckmùhl a reçu des ordres du vice-roi pour se rapprocher de Son Al-

tesse, et qu'en conséquence le maréchal a déjà commencé son mouvement. Le général Montbrun a dû lui-même quitter aujourd'hui Lunebourg avec Tarrière-garde et ira coucher demain à Ultzen, »

VANDAMMfi AU MAJOR GENERAL.

« 10 avril 1813.

« Monseigneur, M. le général Montbrun m'ayant annoncé que le prince d'Eckmûhl remontait TElbe pour se rapprocher du vice-roi, et que son arrière-garde devait arriver ce soir à Ultzen, je n'ai pu faire autrement que de rappeler près de Brème les divisions Garra-Sainl-Cyr et Dufour. L'une est à Ottersberg et l'autre à Osterolz et Stellebrock, en face d'Elsfeth, où se trouvent des moyens de passage en cas de besoin. Son Excellence m'a confirmé la nouvelle de son départ seulement aijyourd'hui, et c'est la première lettre que je reçois d'elle parce qu'elle ignorait mon arrivée

« Le général Dufour, qui avait d'abord Tordre de se porter sur Guxhaven, a été jusqu'à Bremer- Ihé. A son approche, les bricks anglais ont appareillé et mis à la voile. Ils ont emmené avec eux environ trente barques ou bateaux chargés de grains qu'on assure être la propriété de quelques négociants hambourgeois.

«Des députas de Bremerlhé sont venus deux

lieties aù-deVant du généi*ftl ; lU ont paru effrayé et n'ont pas dissimula que les habitants, craignant de voir renouveler les scènes qui se sont passées le mois dernier, voulaient abandonner leurs foyers. Le général les a rassurés et personne n'a quitté la ville. Pendant cette marche, le général Dufour a été trôs-satisfalt de ses bataillons. »

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