‹ Le général YusufChapitre 14 sur 125 · Que nous appelons {a Chiffa · texte numérisé non relu

Que nous appelons {a Chiffa

montagne, entre les tribus des Beni-Salah et des Mouzaïa, et elle dressait ses tentes autour du Haouch-Mouzaïa, belle et vaste ferme située sur la rive gauche de l’ouad, et au pied du Djebel-Mouzaïa.

L'Armée quittait le Haouch-Mouzaïa, le 24 novembre, à la pointe du jour. L’Agha des Arabes, Hamdan-Bou-Rkaïb, qui avait suivi la colonne jusque là, fut laissé dans cette ferme, qui avait été mise en état de défense pour observer les mouvements des Arabes dans la Metidja ; mais, au lieu de pousser quelques reconnaissances dans les environs pour avoir des nouvelles de l'ennemi, le trop circonspect agha se tint prudemment renfermé dans ce bordj jusqu’au retour de la colonne.

Les Mouzaïa ne cherchèrent point tout d'abord à s'opposer à notre marche : l'Armée gravit sans trop de peine les premières pentes de l’Atlas, et parvint sur un plateau élevé qui permettait d'embrasser du regard toute la plaine de la Metidja. Le Général en chef ordonna une halte sur ce point, et notre artillerie de montagne salua avec enthousiasme le vénérable et classique Atlas de vingt-cinq coups de canon.

La colonne se remettait en route et marchait encore quelque temps sans apercevoir l'ennemi; mais, vers une heure, il se présentait devant la brigade Achard, qui formait tête de colonne, et commençait le feu. Quelques compagnies, lancées en tirailleurs, l'ayant débusqué de sa position, il se retirait par les crêtes sur les hauteurs dominant le col.

Continuant d'avancer, l’Armée se trouva bientôt en face de cette Tniya', qui est une sorte de coupure étroite,

4. Tniya, col, défilé. Cette glorieuse journée prit officiellement le nom de « Combat du Col du Ténia ». c'est-à-dire du Co! du Col. Les Arabes désignent ce point sous le nom de Tniyet-Mousaïa, Col des Mouzaia.

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commandée à droite et à gauche par des mamelons coniques ct élevés. Le Bey de Thithri, Mosthafa-Bou-Mezrag, avait mis deux mauvaises pièces de canon en batterie de chaque côté de la coupure, et ses bandes en garnissaient les hauteurs'.

Quoi qu'il en soit, nos intrépides soldats, lancés sur cette formidable position qui semblait inexpugnable, lui donnèrent l'assaut avec une vigueur surhumaine, et en précipitèrent les défenseurs dans les sombres abimes qui béaient au-dessous d'eux.

La cavalerie avait trouvé le moyen de fournir une charge sur cet abominable terrain ; Youcouf y avait montré son intrépidité ordinaire et son habileté de cavalier consommé.

Enthousiasmé de la valeur et de la conduite de Youçouf dans cette affaire, où il avait été blessé légèrement, el où son cheval avait été tué sous lui, le Général en chef l'avait fait officier, à litre provisoire, sur le champ de bataille, situation qui ne fut ratifiée que quelques jours plus tard, et il lui avait donné un de ses chevaux en remplacement de celui qu'il venait de perdre à l’atlaque du Col. L

Toute l'Armée, fière de sa sanglante et glorieuse besogne, bivouaquait sur les hauteurs vertigineuses enlevées à l'ennemi.

Le 22 novembre, l’Armée, à l'exception de la brigade Munck d’Uzer, qui fut laissée à la garde du Col des Mouzaïa, prenait la direction de Médéa. En descendant ie versant méridional, la brigade Achard combattit jusqu’au bois des Oliviers, après lequel le terrain s’élargit et se découvre. Le Général en chef ordonna à la cavalerie de charger en arrivant sur ce point: nos escadrons s’ébranlèrent et poussèrent les Arabes et les

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1. Extrait du rapport du Général en chef sur l'expédition de Médéa.

Kabils devant eux le sabre aux reins ; malheureusement, un profond ravin arrêla court nos cavaliers. qui n’eurent la satisfaction que d’en sabrer quelques-uns. Les cavaliers de Youçouf, qui s'étaient engagés dans des ravins boisés presque impénétrables, rapportèrent quelques tètes dont ils firent hommage au Général en chef.

A quelques kilomètres du bois des Oliviers, un piéton arabe, vêtu de loques, émergeait subitement d'un pli de terrain où il se tenait caché, et se présentait à notre avant-garde en montrant une lettre qu’adressaient au Général en chef les autorités de Médéa, et par laquelle cette ville lui faisait sa soumission. Il est hors de doute que Ia défaite du Bey de Thithri n'avait pas dù être étrangère à cette détermination des Lamdani ou Médéens, lesquels, pour nous donner une preuve de leur sincérité, tiraient sur les bandes de Mosthafa- Bou-Mezrag, qui s’enfuyait, avec quelques centaines de ses adhérents, par la route de Berouaguïa.

Le Général en chef, au-devant duquel s'étaient rendues les autorités de Médéa, faisait son entrée dans la ville à la chute du jour.

Le 923, le Bey Mosthafa-Bou-Mezrag, qui craigaait de tomber entre les mains des Arabes du Sahra, préféra se remettre entre les nôtres. Il se rendit prisonnier au général Clauzel, qui le traita avec assez d'égards. Mosthafa-ben-El- Hadj-Omar, désigné pour le remplacer à la tête du Beylik de Thithri, y fut installé avec un certain apparat. Le général Clauzel décidait, en même temps, qu'on laisserait les Zouaves et deux bataillons à Médéa pour en former la garnison, et prêter appui à notre nouveau Bey, Ben-El-Hadj-Omar.

Le 26, le Général en chef quittait Médéa pour retourner à Alger, et allait coucher au Haouch-Mouzaïa. Lorsque l'Armée

approcha de Blida, le 27, elle eut à disperser quelques groupes ennemis qui paraissaient vouloir s’y introduire, et reprendre un combat qui avait eu lieu la veille dans les rues de cette ville. En effet, £l-Hadj-Mohammed-ben-Zamoum était venu, le 26, à la tête de nombreuses bandes kabyles, attaquer le colonel Rullière, laissé à Blida, au passage de la colonne, pour en former la garnison; celle-ci s'était trouvée, à un certain moment, dans la situation la plus critique.

Le 28, le général Clauzel quitta Blida avec tout son Corps d’Armée. Craignant de retomber entre les mains des Kabils, les débris de la population suivirent la colonne, qui, le soir, bivouaquait à Sidi-Aaïd, à quatre kilomètres au nord de Bou- Farik.

Le 29 novembre, l'Armée rentrait dans ses cantonnements'.

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Avant son départ pour l'expédition de Médéa, le général Clauzel avait ordonné la formation d’un corps de Zouaves à cheval ou de Spahis, dont le commandement avait été confié provisoirement au capilaine d'artillerie Marey. Bientôt après, le Général en chef avait décidé la création d’un second escadron de ces cavaliers indigènes, sous la dénomination de Mameloucks, et c'élait à Youcouf qu’il avait laissé le soin de son organisation. '

Grâce à l'influence que lui avaient déjà acquise son

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