‹ Le général YusufChapitre 3 sur 125 · Capitaine, commandant de navire · texte numérisé non relu

Capitaine, commandant de navire

2. Par mesurc politique, les Beys de Tunis chcrchèrent à composer le corps des Mamelouks, qui formait leur garde, avec des enfants étrangers que leur procuraient leurs pirates, et qui recevaient, dès qu'ils avaient quitté le harem, c'est-à-dire à l'âge de douze ans, une éducation spéciale en vue du rôle militaire qui leur était réservé. Le but de cette mesure était de placer cette troupe tout à fait en dehors des intrigues de Cour et des ambitions exagérées, lesquelles avaient été, autrefois, si funestes aux Beys régnants: ils cspéraient, en Îcs prenant enfants, se les attacher autant par dévouement à leur personne que par leur propre intérêt.

La manicre d'être des Beys de Tunis à l’égard des Élèves-Mamelouks avait, d'ailleurs, quelque chose de paternel ct de familial qu’on ne retrouvait dans aucune des Cours des souverains de l’Oricnt,

c'est-à-dire lorsqu'il eût atteint sa douzième année, il reçut l'éducation qui est donnée habituellement aux fils de famille, — aux R’elam and Solthan, — sorte de pages en service à la Cour du Bey. Il apprit là la jurisprudence musulmane, la grammaire et les langues turke et espagnole. Il parlait, dans son enfance, l'italien, qui était sa langue maternelle, ainsi que le français.

» 1l étudiait, en outre, la calligraphie, et surtout le dessin oriental, dans lequel il finit par acquérir une grande habileté*.

» Mais ses goûts, ses aptitudes, le portaient vers l'étude des choses de la guerre, les armes et les chevaux, et bientôt il n’y eut plus de rivaux.

» À l’âge de treize ans, il fut employé auprès du XKhasnadar' du Bey en qualité de Xhoudja*.

» À quatorze ans, il était admis dans le corps des Mamelouks** du Bey, corps qui n'est autre chose que la garde particulière du prince.

» À dater de ce moment, il prit part à toutes les expéditions, à toutes les sorties qui furent dirigées par le Bey dans l'intérieur de la Régence de Tunis; il était de toutes les mahal”, de tous les coups de main de quelque importance qui avaient pour objet soit la perception de l'impôt ou le châtiment de quelque tribu révoltée, soit, enfin, la guerre

* Voir la note do la page 31.

1. Espèce de Ministre des Finances, de Trésorier du Beylik (Gouvernement du Bey).

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