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Documents pour servir à l'Histoire de Bône

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A la date du 41 juin, le maréchal Clauzel, qui lui avait conservé loute son affection, adressait au chef d'’escadrons

Youcouf la lettre suivante :

Paris, le 11 juin 1835.

J'ai reçu vos lettres, mon cher Youssouf, et les ai lues avec plaisir. J'ai regretté que vous ne soyez pas venu à Paris au moment où j'avais prié M. Germont de vous engager à faire ce voyage, lequel, peut-être, aurait pu vous être utile.

Quoi qu'il en soit, j'espère qu'il se présentera pour vous quelque occasion de rendre de nouveaux services, et que vous en recevrez plus tard la récompense.

Je vous engage à m'écrire encore, cet à me tenir au courant de ce qui se fait à Bône qui soit digne d'intérêt. Mon désir de voir prospérer le pays fait que j'attache du prix à tout ce qui s'y passe. J'apprendrai aussi avec plaisir tout ce qui pourra vous arriver d'heureux dans votre carrière.

Adieu, mon cher Youssouf. Je vous renouvelle l’assurance de mes sentiments affectueux.

Maréchal CLAUZEL.

Le maréchal comte Clauzel était nommé, le 8 juillet 4835, Gouverneur général des Possessions françaises dans le nord de l’Afrique, en remplacement du lieutenant-général comte Drouet d’Erlon, lequel quittait Alger le 8 août, c’est-à-dire deux jours avant que son successeur y débarquût.

Ce changement dans le gouvernement de l'Algérie fut d'autant mieux accueilli, que le souvenir de sa courte administration de 4830 lui était des plus favorables. De l'avis de tous ceux qui le connaissaient, le Maréchal était l’homme qu'il fallait, dans les circonstances où se trouvaient nos Possessions africaines, à notre colonie naissante : doué d’une grande force de volonté, capable de briser les résistances et de renverser bien des obstacles, cette qualité maitresse, jointe âses talents militaires, semblait convenir merveilleusement à la situation. Aussi, le Maréchal fut-il reçu par la population européenne avec des démonstrations attestant la joie publique, et l'espoir et la confiance qu'inspirait à la jeune colonie son nouveau Gouverneur.

Le maréchal Clauzel avait surtout à cœur de venger l’affront qu'avaient reçu nos armes, le 28 juin. sur l’ouad El- Mokthä‘: c'était à Mäskara, c'est-à-dire dans sa capitale même, qu’il voulait prendre sa revanche contre l’Émir El- Hadj-Abd-el-Kader. Cette expédition avait, d’ailleurs, été

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