‹ Le général YusufChapitre 44 sur 125 · Annales algériennes. — Livre XVII · texte numérisé non relu

Annales algériennes. — Livre XVII

Cependant, il se produisit, parmi ses aghas, une défection qui le frappa douloureusement : ce fut celle d'El-Hadj-El- Mazari, le neveu de Mosthafa-ben-Ismail. Depuis ses revers, l’'Émir Abd-l-Kader lui montrait une défiance d'autant moins justifiée, que, depuis quinze mois, cet agha le servait avec fidélité. et que, dans la dernière expédilion, il avait été blessé au combat de l’ouad El-Habra. Ce manque de confiance inspira de justes craintes à l’agha, qui n’hésita pas a faire secrèlement à Ibrahim des ouvertures, que ce Bey in partibus de Mäskara —- il n’est pas besoin de le dire — accueillit favorablement. El-Mazari se réfugiait, dès lors, à Mostaghanem, entrainant dans sa défection une partie des Douair et des Zmala restés fidèles à l'Émir après la seconde révolte de leurs tribus.

Instruit de cet important évènement, le Maréchal Gouverneur général envoya à El-Mazari le commandant Youçouf pour l'assurer de sa bienveillance, et l'inviter à se rendre à Oran. Youcouf, qui était aussi habile diplomate qu'excellent officier, réussit dans sa mission, et amena l'ancien agha de l'Émir au Maréchal, lequel le reçut on ne peut mieux, lui assigna un traitement suflisant, et le nomma khalifa du Bey Ibrahim et agha de la plaine d'Oran. Ce dernier l'avait accompagné dans cette ville, ainsi que l’ancien Kaïd des Bordjia, Kaddour-ben- El-Mokhfi, qui avait également abandonné la cause de l'Émir avec quelques hommes de son kaïdat.

Page 1