CLAUZEL
Le lendemain, 46, paraissait un autre arrèlé nommant à sa place Sid El-Mosthafa, frère du Bey de Tunis. D’après une convention passée le 18, le nouveau Bey s’engageait, sous la caution de son frère, à payer à la France un million de francs par an, à litre de contribution pour sa province. Seulement, cetle convention était absolument muette sur les moyens par lesquels le nouveau Bey serait mis en possession de son gou-
vernement. Il pensait qu'il était sous-entendu que ce serait par ses propres forces, condition, qui, dès lors, enlevait considérablement de sa valeur au cadeau que nous avions la prétention de lui faire ; car il n’était pas possible, ainsi que nous l'avons fait remarquer dans les premiers chapitres de celivre, que le titulaire du Beylik de Constantine, El-Hadj-Ahmed, cédât sa place à Sid El-Mosthafa sans faire quelque difficulté, et cela d'autant mieux. que, débarrassé du Pacha d'Alger par notre conquête, son intention bien arrêtée était de se déclarer indépendant.
Nous avons vu plus haut que, froissé que ce traité eût été conclu sans sa participation, M. Sébastiani, alors Ministre des Affaires étrangères, fit tous ses efforts — etil y réussit — pour que celte convention ne füt pas ratifiée. Nous savons que, quelque temps après cette affaire, le 2 février 4831, le général Clauzel, à qui le Gouvernement reprochait des manières d'agir trop indépendantes, était remplacé par le général Berthezène.
Mais, replacé à la tête du Gouvernement général de l’Algérie, le maréchal Clauzel reprenait son projet, auquel il n'avait pas renoncé, d'étendre notre domination jusqu'aux deux extrémités de l’ancienne Régence d'Alger. C'était fait pour l'Ouest; mais le Beylik de l'Est, à l'exception des ports de Bougie, Bône et La Calle, et d’un certain nombre de tribus vivant autour de ces places, était resté presque en entier à la main d'El-Hadj-Ahmed, le Bey de Constantine.
Considérée au double point de vue politique et administratif, cette situation, qui n’était plus tenable, appelait de promptes et urgentes modifications. En effet, la France ne pouvait véritablement se dire maîtresse de la Régence d'Alger, tant que l’un deslieutenants du.Pacha déchu lui disputeraitla possession
de la partie la plus importante de son ancien Gouvernement. Au point de vue administratif, cette province manquait encore à notre autorité, en ce sens qu'elle nous privait des abondantes et riches ressources de ce pays de production. En un mot, il y allait de notre dignité et de nos intérêts de réunir à nos Possessions cette partie des États de l’ancien Pacha d'Alger, dont nous étions. par droit de conquête, les légitimes héritiers.
Mais, cette fois, il ne s'agissait plus, comme en 1830, de placer un prince tunisien à la tête du Beylik de Constantine ; le temps avait marché, et notre situation dans le pays s'était d’ailleurs, singulièrement modifiée et améliorée: la prise retentissante de Bône et de Bougie nous avait permis de nous établir solidement dans l'Est, et d'y faire sentir notre influence d'une manière d'autant plus utile et efficace, qu'elle nous préparait les voies et moyens devant nous mener à notre but, l'occupation active, par la conquête ou autrement, de la partie du Beylik de Constantine sur laquelle régnait encore El-Hadj- Ahmed. |
Ilest clair, comme nous venons de le dire, que cette importante entreprise devait, pour réussir, être préparée de longue main ; il fallait gagner à notre cause les populations de l'intérieur du Beylik de l’Est; il fallait que notre influence fit la tache d'huile, et qu'elle pénétrât de la lisière à la pièce, c’est-à-dire du littoral au centre du Beylik. Du reste, notre politique, dans ce sens, était tellement marquée, que nous l’avions suivie presque inconsciemment depuis la conquête : ainsi, dès le mois de juillet 4830, nous occupions Bône, où nous ne nous établissions définitivement qu’en mars 1832, après le merveilleux fait d'armes des capitaines d'Armandy et Youcouf ; nous nous emparions de Bougie en septembre 4833, et nous
nous préparions à prendre possession définitive de La Calle.
Du moment que nous avions renoncé aux princes de la Maison beylikale de Tunis pour accomplir l'œuvre que nous voulions entreprendre de ce côté, il fallait chercher, parmi les éléments dont nous disposions, un homme réunissant au plus haut degré les multiples conditions indispensables pour assurer le succès de cette difficile opération.
Or, le maréchal Clauzel n’avait pas hésité longtemps dans son choix ; il avait vu Youcouf à l’œuvre lors de son premier passage aux affaires en 4830-1831 ; il savait ce qu'il valait aussi bien à la tête d’un goum qu’au milieu d’un cerele de diplomates indigènes discutant les conditions d’un traité; le Maréchal connaissait de Youçouf l'audacieuse témérité, l'éclatante bravoure, le chevaleresque dévouement, l'élévation des sentiments ; il savait sa puissance de charmeur, l’influente irrésistible qu’il exerçait sur les populations arabes qui approchaient de sazonedeséduction ;elles savaient, ces populalions, qu'il était au courant de leurs ruses, de leurs chilanneries’, qu'il lisait couramment jusqu’au fond de leurs consciences, et qu’il découvrait le mensonge avant même qu'il fût arrivé sur le seuil de leur bouche.
Nous savons aussi que le maréchal Clauzel, qui se connaissait en vaillance, faisait le plus grand cas du jeune commandant, pour lequel, d’ailleurs, il avait une grande affection, laquelle était établie sur ses magnifiques services, et sur sa haute valeur que personne, dans l'armée d’Afrique, n'avait jamais contestée.
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1, De cheithen, intriguer. Le mot cheithen vient lui-même de Cheifha Satan, le Diable.
La belle réputation militaire de Youçouf était, du reste, déjà légendaire dans le district de Bône ; sa qualité de Musulman, d’un fanatisme très modéré, il est vrai, lui donnait. en outre, une grande influence sur ses coreligionnaires ; aussi, nul n'était dans des conditions plus favorables pour préparer l'œuvre de désagrégation et de pénétration qu'avait projetée le maréchal Clauzel, et qu’il espérait mener à bonne fin.
C'esten raison de ces considérations, des brillants services qu'il avait rendus à notre cause, et de son dévouement à la France, que le Maréchal éleva le commandant Youcçouf à la dignité de Bey de Constantine, et qu'il lui en remit le brevet à Tlemsen le 21 janvier 4836.
Cette solution était d'autant plus prévue, que, dès le mois de juin 4832, à la suite de l'expédition sur les Dreïd, il avait été question déjà d'une marche prochaine sur Constantine, annonce qui avait amené à Bône un grand nombre de chefs indigènes influents, lesquels s'étaient empressés de venir saluer et reconnaitre Youçouf pour leur maitre, c'est-à-dire pour le remplaçant d’'El-Hadj-Ahmed, que ses cruautés et sa tyrannie avaient fait haïr jusqu’à l’exécration par les tribus de son Beylik, et cette démonstration frappa tellement le colonel
1. C'est en ces termes que le maréchal Clauzel le recommandait au Ministre de la Guerre: « Youçouf est un des hommes Iles plus intrépides ct les plus intelligents que je connaisse. »
d'Houdetot, aide-de-camp du Roiï, en mission à Bône à ce moment, qu’en présence de l'empire, de l’espèce de fascination qu’excerçait sur les indigènes le jeune officier, il ne put s'empêcher de reconnaître que nul n’était plus propre que lui à remplacer El-Hadj-Ahmed, et que, sous cette impression, il n’avait pas hésité à le désigner en ces termes aux indigènes et aux Turks de la Kasba : « Voici votre Bey!.. Oui, Youçouf sera Bey de Constantine, et nous l’y conduirons prochainement avee l’aide du fils du Sultan de France. »
Nous avons vu plus haut qu'à la suite de son beau succès du 20 novembre 14834 sur les troupes du Bey de Constantine, conduites par Ben-Aïcça, le général d'Uzer n'avait pas hésité à proposer au Gouvernement d'entreprendre, au printemps suivant, une expédition sur la capitale du Beylik de l'Est. Il ne demandait, pour en assurer le succès, que d’être renforcé de quatre bataillons d’infanterie, et que l’effectif de sa cavalerie fut élévé de 12 à 1,500 chevaux. Mais l’instabilité du commandement en chef, le défaut de maturité de ce projet, et d’autres circonstances encore avaient fait retarder ou ajourner cette entreprise indéfiniment.
Youcouf-Bey recevait, à la date du 43 mars, avec les instructions nécessaires, l’ordre du maréchal Clauzel de se rendre sans retard à Bône pour y reprendre le commandement des Spahis réguliers, ainsi que celui des Spahis auxiliaires.
Ces ordres étaient conçus dans les termes suivants :
ARMÉE D'AFRIQUE Alger, le 13 mars 1836.
État-Major général
Commandant, vous vous rendrez immédiatement à Bône pour y reprendre le commandement des Spahis réguliers ; vous y joindrez le commandement supérieur des Spahis auxiliaires. Cette disposition ne rendant plus nécessaire la présence à Bônc du lieutenant-colonel Duvivier, cet officier supérieur reçoit l'ordre de revenir à Alger le plus tôt possible.
Je donne des ordres pour qu'en votre qualité de Bey de Constantine, on vous salue, à Bône, de trois coups de canon. Les Arabes de l'extérieur seront ainsi prévenus de la présence de celui qui est appelé à les commander.
Comme il importe que votre autorité soit reconnue le plus promptement possible dans la province de Constantine, je vous aulorise à agir, pour votre propre compte, toutes les fois que vous le jugerez avantageux aux intérêts de la France, et à l'influence que vous devez vous efforcer d'acquérir dans le pays. Je fais donner l’ordre au commandant supérieur de Bône de vous aider de tous les moyens qui sont à sa disposition.
La prudence exige que cet officier supérieur soit instruit de vos desseins, et des mouvements de troupe qu'ils occasionneront, afin qu'il puisse faire les dispositions nécessaires pour vous soutenir au besoin. Vous devrez lui rendre compte, aussi souvent que possible, des évènements militaires et politiques qui se produiront, et lui adresser des rapports journaliers sur les Spahis réguliers, qui continueront à être, ainsi que les Spabhis irréguliers, sous la police administrative de l'Intendance militaire.
Deux pièces d'artillerie de montagne seront mises à votre disposition avec leurs accessoires, et des munitions à raison de 50 coups par pièce ; elles seront servies par des artilleurs de bonne volonté, en attendant que ces derniers puissent
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être remplacés par des canonniers turks, dont vous hâterez l'instruction.
Selon vos besoins de guerre, et d'après les demandes régulières que vous adresserez, il vous sera délivré des munitions de gucrre. J'ai décidé également que douze rations de vivres et de fourrages par jour vous seraient accordées pour nourrir les Arabes et leurs chevaux, que votre qualité de Bey vous obligera de recevoir. Enfin, si vous aviez besoin de biscuit pour les Spahis auxiliaires ou les autres indigènes que vous aurez jugé nécessaire de prendre à votre service, On vous en délivrera des magasins de l’État, moyennant remboursement, au prix du tarif.
Je ne doute pas que vous ne remplissiez d’une manière satisfaisante la haute et importante mission qui vous est confiée. Votre dévouement et vos brillants services m'en donnent l'assurance, et j'ai la confiance que vous acquerrez de nouveaux droits à la bienveillance du Gouvernement français. Je vous autorise à continuer l’enrôlement des indigènes jusqu'à concurrence de mille hommes.
Le Gouverneur général, Maréchal CLAUZEL.
P. $S. — Le premier établissement que vous formerez En dehors de Bônc devra être à Sidi....., le second à Sidi- Ammar; vous ne serez là éloigné que de dix-huit lieues environ de Constantine.
Vous devrez vous occuper sans relâche des moyens de n'avoir derrière vous ct sur vos côtés que des tribus amies.
Maréchal CLAUZEL.
En exécution de ces ordres, Youçouf-Bey se rendait sans relard à Bône, où il arrivait le 20 mars. Il y était reçu avec les honneurs que comportait sa nouvelle dignité.
Le général d'Uzer, qui venait de quitter Bône, depuis quelques jours, y avait été remplacé provisoirement, en quà-
lité de Commandant supérieur, par le colonel Duverger, chef d'État-Major, lequel n’arrivait à Bône, pour y prendre possession de son nouveau poste, que le 29 du même mois.
Le colonel Corréard, du 3° de Chasseurs d’Afrique, avait commandé à Bône pendant les quelques jours qui s'étaient écoulés entre le départ du général d’Uzer et l’arrivée de son successeur.
Dans les premiers jours de la seconde quinzaine d'avril, un camp permanent avait été établi à Dréan sous la dénomination de Camp-Clauzel. Cet établissement était bastionné, entouré d’un fossé profond et armé d'artillerie. Des blockhaus, placés en avant de deux batteries intermédiaires , donnaient des feux de flanc et de revers sur tout le périmètre de l'ouvrage. Enfin, son front avait été dégagé de tout obstacle nuisible au débouché de sa garnison. A cheval sur la route de Constantine à Bône, et à cinq lieues au sud de ce dernier point, ce camp réunissait à la foisles avantages d’une position offensive et défensive.
Le Camp-Clauzel avait surtout comme objet de couvrir de son canon les populations indigènes qui venaient y chercher un refuge contre la tyrannie et les cruautés d’ El- Hadj-Ahmed, le Bey effectif de Constantine.
La garnison de Dréan se composait de 300 Spahis réguliers et de 300 fantassins indigènes aux ordres de Youçouf- Bey. Elle avait été renforcée d’un bataillon d'infanterie, dont
il pouvait, au besoin, réclamer la coopération.
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La mission de Youcçouf était surtout politique: il devait, de là, préparer la conquête de la province par la soumission de ses tribus. Ce camp fortifié de Dréan avait pour but, en même temps qu’il menaçait la route de Constantine, de servir de foyer, de centre d’attraction aux tribus qui voulaient échapper au joug abhorré du chef du Beylik de l'Est. En effet, l'enthousiasme qui s'était manifesté, après la prise de la Kasba de Bône, à l'endroit du capitaine Youçouf, s'était reproduit. depuis qu'il avait été élevé à la dignité de Bey de Constantine, avec une intensité extraordinaire. Toutes les populations indigènes, jusqu’à vingt lieues autour de Bône, venaient lui prèter hommage et le reconnaître pour le Souverain.
M. Baude, Membre de la Chambre des Députés, chargé d’une mission dans nos Possessions du Nord de l’Afrique, a pu constater cette situation, dont il rend compte dans son livre « L'Algérie. »
Prématurément investi, dit-il, par un arrêté du maréchal Clauzel, du titre de Bey de Constantine, Youçouf avait pris, dans ses relations avec les indigènes, toute la représentation attachée à cette dignité. Sa conduite pleine de tact avec les officiers français, vis-à-vis desquels sa position était souvent délicate, la discipline à laquelle il soumettait ses Turks et ses Spahis, le dévouement qu'il leur inspirait, la parfaite soumission qu'il obtenait des tribus environnantes, témoignaient de son intelligence et de son habileté. Par ses qualités et ses défauts même, — car il en est qui sont des moyens de succès dans le monde, — il était en état de rendre à notre cause les services les plus signalés.
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Les forces dont disposait le nouveau Bey se composaient, comme nous l'avons dit plus haut, des escadrons de Spahis réguliers, dont il avait, d’ailleurs, le commandement, et des Spahis irréguliers, espèce de milice dont les éléments étaient répandus dans les tribus soumises de la province de Bône. Il avait été autorisé par le Maréchal à lever, en outre, un corps de 1,000 Turks, Maures ou Kouloughlis, dont il avait recruté 280 à Alger. Le reste devait être fourni par Bône etses environs.
Dès son arrivée à Bône, le Bey Youçouf lançait une proclamation, dans laquelle il faisait connaître aux Arabes la nouvelle dignité que venait de lui conférer le Maréchal Gouverneur général, et il prescrivait aux Chioukh' de venir, selon l'usage, lui rendre hommage, et recevoir de sa main une nouvelle investiture.
Au point de vue politique, on pouvait, à cette époque, partager en deux zones concentriques les tribus de l’arrondissement de Bône : la plus rapprochée se composait de tribus ou de fractions de tribus soumises, et dont les cavaliers étaient à notre solde. La zone la plus éloignée comprenait les tribus qui, sans reconnaître absolument notre autorité, entretenaient cependant avec nous des relations de commerce et de bon voisinage. Les tribus de la première zone reconnurent le nouveau Bey sans difficulté. Il n’en fut pas de même de celles qui, étant plus éloignées de notre action, croyaient
1. Chioukh, pluriel de Cheïkh, chef de tribu ou de fraction de tribu.
pouvoir se maintenir dans une sorte d'indépendance, que, raisonnablement, il nous était impossible d'accepter ‘ou de tolérer. Une d'elles, entre autres, celle des Redjata, qui avait ses campements à une quinzaine de lieues à l’ouest de Bône, sommée de se soumettre, non seulement refusa d’obtempérer à l'ordre du nouveau Bey de se rendre auprès de lui, mais, en outre, aggrava ses lorts en maltraitant son envoyé.
Ne pouvant tolérer cette conduite des Redjata sans encourager les autres tribus à en faire autant, Youcouf-Bey sollicila l'autorisation du Commandant supérieur d’aller sur-le-champ châtier cette tribu rebelle.
Cette mesure était dictée par la nécessité bien reconnue de ne luisser, de la part des Arabes, aucune faute impunie.
Le Bey marcha donc avec ses seules forces indigènes, c'est-à-dire 250 chevaux des Spahis réguliers, auxquels vinrent se joindre quelques centaines de cavaliers auxiliaires non soldés, mais flairant le butin.
Il surprit les douars des Redjata, et leur enleva 2,000 tètes de bétail, c’est-à-dire 800 baœufs et 4,200 moutons. Cédant, selon son habitude, à son penchant pour la générosité, Youcouf fit la remise de la moitié de la prise à la tribu des Redjata dès qu'elle lui eut apporté sa soumission, et il récompensait largement les cavaliers qui s'étaient faits ses auxiliaires dans celte expédition, et qu'il avait lieu, par suite, de croire de nos amis.
Une seconde expédition fut dirigée, quelque temps après, contre les Oulad-Athiïa, dont un parti était venu saccager une propricté européenne située dans les environs de Bône. Les troupes du commandant Youcouf surprirent trois des douars de celle tribu, leur enlevèrent du bétail, leur firent des prisonniers, el leur tutrent du monde.