TOTAUX
Dans le corps des Spahis réguliers, la plupart des officiers étaient Français. Les Spahis irréguliers se composaient de cavaliers de tribus soumises à Yusuf-Bey.
Avec ses forces indigènes ou turkes, auxquelles on avait adjoint un détachement d'artillerie, Yusuf formait une extrème avant-garde, qui avait presque entière liberté de manœuvre.
Le 8 novembre, le Corps expédilionnaire, qui, selon la saisissante expression du duc d'Orléans, n’était que « l’ébauche d'une armée ». entamait son mouvement. Les parcs d'artillerie et du génie et le gros convoi étaient dirigés sur le camp de Dréan pour s’y concentrer.
Le 9, la brigade d'avant-garde, et, le 40, les trois brigades du général Trezel, étaient mises en marche pour se porter sur Guelma, qui devait être le lieu définitif de rassemblement de l'Armée, et le point de départ des opérations.
L'avant-garde campait, le 40, sur les ruines de Guelma, et, le 41, on commençait les travaux pour améliorer l’habitation, et surtout la défense. Les ordres étaient d’y attendre le Corps expéditionnaire, de réunir tous les moyens de transport possibles, de s'assurer des dispositions des différentes tribus, et de pousser des reconnaissances en avant pour avoir des nouvelles de l'ennemi.
Le Maréchal avait lancé de son quartier-général de Bône, le 4 et le 7 novembre, des proclamations aux habitants de Constantine, ainsi qu'aux populations obéissant à El-Hadj- Ahmed. Le Bey Yusuf s’élait chargé de les faire parvenir à destination, et dans toutes les tribus du Beylik.
Dans la première, il annonçait aux Constantinois qu’il allait marcher contre leur ville, s’en emparer et planter sur ses murailles le Drapeau francais. Il les engageait à rester paisibles dans leurs demeures, et à les défendre non contre lui, qui ne voulait pas les attaquer, mais bien contre celui qui cherchera à les perdre lorsqu'il se verra contraint de se séparer d’eux et de prendre la fuite.
Le Maréchal ajoutait que l'Armée française sous ses ordres respectera leur religion, leurs personnes et leurs propriétés. « Ahmed-Bey, lui-même, continuait-il, peut trouver une sécurité parfaite dans une soumission sans conditions ; mais il cesse de régner, de commander; son pouvoir est brisé, et vous apparienez désormais à la France. »
La seconde proclamation, celle que le Maréchal adressait aux habitants de la province de Constantine, était conçue dans les termes suivants :
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