‹ Le général YusufChapitre 54 sur 125 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

I. Yusuf-Bey est envoyé au camp de Guelma par le maréchal Clauzel, avec la mème mission que celle qui lui avait été confiée au camp de Dréan. — ]I. Les illusions du maréchal Clauzel. — III. 11 est remplacé, dans le Gouvernement général de nos Possessions du Nord de l’Afrique par le général de Damrémont. — IV. Recrudescence des attaques et des calompies contre Yusuf, qui en éprouve un profond dégoût. — Il veut quitter l'Algérie, et forme lo projet de visiter la France, qu’il ne connaît pas. — Il proteste énergiquement et dignement contre une lettre calomnieuse insérée dans un journal de Lyon, et reproduite par une feuille de Marseille. — 11 demande au Ministre de la Guerre l'autorisation d'en poursuivre l’auteur devant les tribunaux, en attendant qu'il puisse se charger lui-même de la réparation. — V. On cherche à décider Yusuf à donner sa démission de Bey de Constantine. — VI. Fatigué de toutes les mesquines tracasserics auxquelles il est en butte, et miné par la fièvre, il demande un congé de convalescence pour se rendre cn France. — Il est accueilli à Paris avec enthousiasme. — Sa réception à la Cour. — Il est le lion du jour. — VII. En présence des désertions des Spahis réguliers et des défections des tribus alliées, Yusuf est rappelé instamment au camp de Guelma par le général Trezel. — VIIS. Un mémoire sur la question de l'occupation de Constantine est demandé à Yusuf par M. le comte Molé, Président du Conseil des Ministres. — IX. Lettre du maréchal Clauzel à Yusuf-Bcy. — X. Lettre par laquelle le chef d'escadrons Yusuf réclame, auprès du Roi, le grade de lieutenant-colonel qui lui a été promis par le Prince Royal. — Yusuf est nommé lieutcnant-coloncl aux Spahis réguliers d'Oran. — Il quitte la France, où il avait séjourné dix mois, pour aller prendre, en Afrique, le commandement de son régiment.

Le maréchal Clauzel s'était embarqué pour Alger le £ décembre, laissant Yusuf à Bône, en attentant qu'il eût pris une décision sur le rôle réservé au jeune Bey dans les nouvelles combinaisons qu'il méditait pour prendre sa revanche de l'échec de Constantine.

En effet, quelques jours après, le Maréchal envoyait Yusuf- Bey au camp de Guelma, dont le commandement supérieur avait été donné au colonel Duvivier.

Il fallait pour limiter, au moins, à la chaine de Ras-El- Akba la zonc de l'influence hostile d'Ahmed-Bey, conquérir moralement les populations des environs de Guelma, situation qui, déjà, était fort avancée avant l'expédition de Constantine, mais que notre insuccès avait tout naturellement ébranlée.

La mission de Yusuf était la même que celle qui lui avait été confiée au camp de Dréan : préparer les tribus à notre domination, les gagner de nouveau à notre cause, et reconstituer notre influence sur les esprits en vue de l'expédition sur Constantine, que le Gouvernement français, qui ne pouvait rester sur un échec, ne manquerait pas d'entreprendre à bref délai. Du reste, dès le 48 décembre, le maréchal Clauzel adressait d'Alger à Yusuf la dépêche suivante :

GOUVERNEMENT Alger, le 18 décembre 1836.

des Possessions françaises dans le Nord de l'Afrique

Cabinet

Bey Youssouf,

Donnez-moi de vos nouvelles. Appelez du monde à vous. Entourez Guelma des tribus qui vous restent fidèles. Je n'oublic pas les chefs de La Calle. J'ai remis au général Trezel 2,000 francs pour eux.

Comptez toujours sur mon amitié.

Maréchal CLAUZEL.

P.-S. — Je crois que vous êtes nommé Lieutenant- Colonelf; ‘mais je n'ai rien d'officiel. J'ai renouvelé la demande deux fois depuis deux mois.

À Youssouf-Bey, à Guelma.

Quelques jours après, le Maréchal complétait ses instructions à Yusuf par la dépêche suivante :

GOUVERNEMENT Alger, le 21 décembre 1836.

des Possessions francaises dans le Nord de l'Afrique

Mon cher Youssouf,

Il faut employer tout ce que vous trouverez de ressources dans votre esprit pour inspirer de nouveau la confiance dans les tribus, pour les bien persuader que nous voulons, que nous aurons Constantine, ct que c'est pour cela que vous êtes à Guelma.

11 faut leur dire de venir cultiver les terres près de vous, et de se réunir sous Guelma, où Ahmed-Bey ne peut leur faire le moindre mal.

Il reste quelques fonds disponibles que je garderai, avec l'autorisation du Gouvernement, pour contenter les chefs qui resteront avec nous.

Du courage! soyez le Youssouf d'avant et de pendant l'expédition de Constantine.

Maréchal CLAUZEL.

Bey Youssouf, à Guelma.

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