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Annales algériennes, par Pellissier de Reynaud

le commandement de l’Armée algérienne, attaquait nos lignes le 24 au matin. Mais le Général en chef ayant fait prendre aussitôt l'offensive, l'ennemi ne put tenir un instant, ets’enfuit jusque sur les hauteurs qui s'élèvent à une lieue de Sthaouali, et qui se raltachent au Djebel Bou-Zerriàa et aux collines d'Alger. Chassé encore de cetle position, il alla s'établir sur les pentes de ce Djebel. Nos troupes crurent, dès lors, devoir cesser la poursuite de l'ennemi.

Le combat du 24 est connu sous le nom de Sidi-Khalef, qui était celui d’un hameau de gourbis établi sur un plateau qui couronne la position dont nous venons de parler. L’ennemi n'ayant point d'artillerie, nous n'y perdimes que peu de monde; mais un des fils du Commandant en chef y fut mortellement blessé.

Bien que la position de Sidi-Khalef, dominée par celle que l'ennemi avait prise, nous fut très désavantageuse, il fallut cependant nous résoudre à l’occuper jusqu'à l’arrivée du matériel de siège et des chevaux du Train. Heureusement que, le lendemain 25, le convoi mouillait dans la rade de Sidi- Feredj, où il opérait sans retard son débarquement.

Après la nouvelle défaite d’Ibrahim-Agha à Sidi-Khalef, le Pacha fut tout à fait convaincu de l’absolue nullité de son gendre, qu'il destitua et remplaça par Mosthafa-Bou-Mezrag, Bey de Thithri, lequel, s’il n’était pas plus habile dans les choses de la guerre que celui dont il prenait la place, avait lout au moins plus d’énergie et de résolution.

Les journées des 25, 26, 27 et 28 juin furent employées à des mouvements de troupes, ayant pour objet la prise des nouvelles dispositions décidées par le Général en chef, en vue de la marche définitive de l’Armée sur Alger. Ces quatre journées ne furent qu’un combat incessant de tirailleurs. Les

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4r et 3° divisions, établies dans la position de Sidi-Abd-er- Rahman-Bou-Naga depuis le 25, y restèrent jusqu’au 28.

Le Général en chef avait établi, dès le 25, son quartiergénéral à Sthaouali. Le débarquement du matériel étant enfin terminé, l'Armée pouvait dès lors manœuvrer en vue de l’investissement d'Alger, dont elle n’était plus qu’à cinq kilomètres. L'attaque des positions de l’ennemi fut donc fixée au 29 juin.

En effet, à la pointe du jour, l'Armée s’ébranlait en colonnes serrées, traversait en silence le vallon qui la séparait de l'ennemi, et tombait impétueusement sur les Algériens, qui lîchaient pied sans opposer la moindre résistance. Cepen:dant, remis de leur surprise, ils essayaient de faire tête à notre 3° division, qui les rejetait promptement sous le canon d'Alger. L'ennemi nous abandonnaiïit encore une fois ses positions,

La 3° division occupait sans retard les pentes du Djebel Bou-Zerriäa, qui font face à la ville ; les deux autres divisions y arrivaient quelque temps après. Les Turks s'étaient bornés à tirailler une partie de la journée, puis ils étaient rentrés dans la place. L'investissement d’Alger n'ayant pu être complété, les Arabes étaient descendus sur les bords de la mer.

Dans cette journée du 29, le Général en chef et le général du Génie Valazé reconnurent les approches du Fort-l’'Empereur, que les Turks nommaient Bordj Solthan-Kalaci'.

Le 30, dès trois heures du matin, on commençait les travaux de tranchée devant le fort, travaux que les fatigues des troupes et l'intensité du feu obligèrent d'interrompre jusqu'à

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1. Ce bordj portait aussi les noms de Moulaïi-Hacen, de Bou-Lila, et de Bordj Eth-Thaous.

la nuit suivante. Cinq batteries furent construites au sud et à l'ouest du Bordj.

Dans la journée du 4°" juillet, les Turks tentent une sortie, qui est repoussée vigoureusement. Le général de La Hitte fait commencer une nouvelle batterie de quatre obusiers à droite de la tranchée.

Le 2 juillet, les travaux sont poussés avec activité; une de nos batteries est attaquée par les Turks, qui s’avancent bravement jusque sur l'épaulement ; mais nos soldats fondent intrépidement sur les assaillants et les rejettent sur le Bordj.

Le 3, l'amiral Duperré paraît devant Alger avec une partie de ses forces et canonne la ville el les forts : mais le mauvais état de la mer rend cette canonnade à peu près inefficace.

Dans cette mème journée du 3, les batteries furent armées.

Le &, à quatre heures du matin, toutes les batteries commencent leur feu à la fois. Les Turks ripostent vigoureusement, non seulement du Fort-l'Empereur, mais encore du Fort Bab-Azzoun et de la Kasba. À huit heures, la défense commence à se ralentir.

À dix heures, le feu du Fort était éteint : les pièces sont toutes démontées, et l'intérieur du Bordj est entièrement bouleversé par nos projectiles. Le général de la Hitte venait d’ordonner de battre en brèche, lorsqu'une épouvantable explosion annonça à l'Armée que le Fort n'existait plus. Désespérant de le défendre plus longtemps, les Turks l’avaient évacué, s'étaient retirés dans la Kasba, et avaient mis le feu aux poudres. Quelques compagnies escaladèrent les ruines et en prirent possession. Le général de La Hitte fit placer sur les débris de la place deux pièces de campagne qui imposèrent promptement silence au Fort Bab-Azzoun.

Le Général commandant l'artillerie venait de choisir, À gauche dela Voie-Romaine, un emplacement pour y construire des batteries destinées à l'attaque de la Kasba, lorsque Hocein- Pacha, poussé par la population d'Alger, qui, craignant une prise d'assaut, demandait à grands cris une capitulation, envoya Mosthafa, son makatadiji', vers M. de Bourmont pour lui offrir le remboursement des frais de la guerre et des excuses. Le Général en chef répondit à l’'Envoyé du Pacha-Dey que la base de toute négociation devait être l'occupation immédiate de la ville par les Français. Il était alors onze heures et demie. D’autres tentatives furent faites dans la journée auprès du Général en chef pour obtenir des conditions moins dures ; mais celui-ci, qui avait mission de détruire la domination turke à Alger, rejeta toutes les offres, s'en tenant à ses premières conditions.

Après deux heures de discussion, une capitulation fut rédigée et portée au Pacha par l'interprète de Bracevich. Une suspension d'armes fut accordée jusqu’au lendemain 5 juillet, à sept heures, pour attendre la réponse de ce prince, qui finit par consentir à toutes les conditions qui lui étaient imposées”.

Conformément à la convention passée entre le Général en chef de l’Armée française et le Pacha d'Alger, le Fort de la Kasba, toutes les autres défenses qui dépendent d’Alger et les portes de la ville furent remis aux troupes françaises le 5 juillet, à dix heures du matin.

La piraterie barbaresque avait cessé d'exister.

Nous ajouterons que, pendant cette magnifique campagne

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