‹ Le général YusufChapitre 74 sur 125 · Cri du chameau ou dromadaire · texte numérisé non relu

Cri du chameau ou dromadaire

l’ordre que professe l’Arabe avec tant de candeur. Quelques tentes blanches sont déjà dressées: ce sont celles des femmes de l’Émir, — les tentes-harem ; — tout est en travail sur l’ouad Thaguin, et les Réguliers de l’Émir activent par des encouragements ou des coups de bâton, selon la position sociale de ceux à qui ils s'adressent, cetle immense besogne de l'installation d’une pareille Zmala *.

Après avoir contemplé un instant cette ville mobile, le colonel Yusuf reconnaissait que, comme l'avait dit l’agha des Oulad-Ayad, il n’y avait pas une minute à perdre, non pour fuir, mais pour attaquer. Yusuf rejoignait, au pied du mamelon, le duc d’Aumale, qui s’était porté à sa rencontre jusqu'à un kilomètre environ de Ras-El-Ain-Thaguin.

Yusuf présenta au Prince, avec le plus grand calme, mais sans les dissimuler, les difficultés et la gravité de la situation. Une sorte de Conseil de guerre est improvisé: il est compost des officiers français et des chefs indigènes. Ces derniers sont unanimes pour prier le Prince de rétrograder en toute hâte, et avant que la présence de la colonne soit signalée à l'ennemi. Ils ajoutaient que ce serait faire acte de folie que de s'attaquer à de pareilles masses, pouvant être instantanément défendues par les 5,000 Askeur (Réguliers) et guerriers des tribus chargés de la protection de la Zmala.

Après avoir entendu le rapport du commandant de sa cavalerie, le Prince lui demanda: « Quelle est votre opinion, colonel? » — « Mon avis, répondit Yusuf sans la moindre hésitation, est qu'il faut attaquer de suite, si nous ne voulons pas être écrasés par un ennemi dix fois plus nombreux que

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