Percepteur des droits sur les marchés
dèrent un temps assez long avant qu'il fût possible d'arriver au compte qui avait été fixé. Quoi qu'il en soit, la colonne Yusuf put se meltre en mouvement le 28 juillet.
Les chioukh des Oulad-Madhi, tribu qui faisait déjà cause commune avec nous, vinrent se joindre à la colonne Yusuf, ainsi que les Zenakhra, qui élaient accourus pour protester de leur soumission. Du reste, toutes les tribus dont le colonel Yusuf traversail le territoires’empressaient successivement de solliciter son aman'. Pourtant, les Oulad-Yäkoub et les Oulad-Khelif voulurent se lenir à l'écart, et le colonel apprit qu'ils se disposaient à rejoindre les débris de la Zmala d’Abd-el-Kader. Mal leur en prit d’avoir cédé à cette inspiralion ; car, surpris dans leur marche par le colonel Yusuf, ils se voyaient enlever tous leurs troupeaux dans la nuit du 3 au & août, en même temps qu’ils perdaient plusieurs de leurs guerriers.
Ils firent alors leur soumission, laquelle fut acceptée ; mais ils étaient contraints de livrer des otages.
La mission qu'avait confiée Le Gouverneur général au colonel Yusuf avait été remplie avec une précision et un bonheur remarquables, et sans qu'il eùt eu besoin d'en arriver aux extrémités qui lui avaient été indiquées dans les instructions qu'il recut avant son départ pour le Sud.
Le général Bugeaud avait été élevé, le 31 juillet, à la dignité de maréchal de France, et il était, fort heureusement, maintenu en Algérie pour y continuer l’œuvre de conquête et de colonisation qu'il avait si magistralement commencée, et qu'il poursuivail, depuis son retour en Algérie, avec une si remarquable habileté.
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1. Aman signifie sécurité, assurance, süreté. Cette expression signifie également merci, quartier, miséricorde, pardon.
Le Gouverneur général adressait au colonel Yusuf, avec ses félicitations sur les heureux résultats qu'il venait d'obtenir dés le début de sa campagne, de nouvelles instructions sur la suite de ses opérations.
GOUVERNEUR GÉNÉRAL de l'Algérie ,
Mon cher Colonel,
J'ai reçu avec grand plaisir votre lettre du ?8 juillet, datée de Moudjeliel, votre premier bivouac. J'avoue que j'avais grand'peur que, malgré votre intelligente activité, et l'autorité que vous savez prendre sur les Arabes, vous n'eussiez pu organiser qu'incomplètement votre colonne. Vous avez réussi dans ce commencement, qui était, à mon avis, le plus difficile: vous êtes mieux préparé que je ne l’espérais; c'est d’un bon augure pour le reste de la campagne; il ne s’agit plus que de trouver de bonnes occasions. Mais je crains encore que ce ne soit là ce qui vous manquera, parce que l'Émir et sa Zmala sont dans le sud-ouest de Mascara, et que les Khalifas Ben- Allal et Ben-Thahmi sont allés, dit-on, l'y rejoindre.
Je regrette de ne vous avoir pas dit, dès le principe, d'aller vous ravitailler à Tiaret, d'abord, et, de là, d'agir conjointement avec le général de La Moricière, suivant les circonstances. Quant cette lettre vous arrivera, il sera trop tard, je pense, pour suivre cette idée.
La contribution cet la réquisition, acquittées facilement par la tribu des Larbaâ, sont de très bon augure. Vous ne me
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dites pas ce que vous avez imposé aux Ouled-Nail. Vous avez encore reçu la soumission de la plus grande partie des Zenakhra, et vous avez placé cette tribu en arrière de Boghar, ce que j'approuve.
Je ne sais pas du tout ce que c'est que Ben-Dhiaf, de la tribu des Ouled-Madhi; j'ignore à quelle époque et comment il a été investi par l'Autorité française : c’est, sans doute, par un des commandants de Médéa. Enfin, vous avez reçu la soumission des Oulcd-Sidi-Aissa-Souagui. Tous ces évènements prouvent combien notre puissance morale a grandi, et vous ne pouvez que la faire grandir encore beaucoup du côté du désert.
Je pense, comme vous, que nous ne devons plus nous contenter d'une apparence de soumission, comme nous l'avons fait trop souvent; il serait bien possible que les tribus au sud de l'Ouarensenis eussent recu l’ordre de nous amener un cheval; elles se sont, en effet, soumises au colonel Korte, ou au colonel Pelissier, ce qui n’a pas empêché le premier de continuer la moisson jusqu'à ce qu'il ait eu achevé de charger son convoi, qui était énorme, à ce qu'il parait. Mais cela n'est pas suffisant, et j'ordonne au général Changarnier de leur faire payer l'âchour' et de leur faire apporter heaucoup d'autre grain à Teniet-El-Had, où on le leur payera. Il serait bon aussi de leur faire payer une contribution de guerre en numéraire, ou plutôt en chevaux. Je l'écris aussi au général Changarnier.
Quant au général Pelissier, il aura quitté le pays quand de pareils ordres pourraient lui arriver, ct je crains bien qu'il n'ait trop ménagé ces tribus; mais on y retournera à la fin de scptembre. Du reste, Korte écrit qu'elles ont fait leur soumission avec toutes les apparences de la sincérité, et qu'elles paraissent horriblement fatiguées de la guerre.
Si vous passez par là en revenant, vous pourrez reprendre en sous-œuvre les tribus qu'a visitées Pelissier, et qui sont moins à portée de Teniet-El-Had. Vous pourriez leur imposer