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Impôt du dixième sur les céréales

412 LE GÉNÉRAL YUSUF i1843)

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de charger toutes leurs bêtes de grains, et de les porter au camp du colonel Korte, où on les leur paiera. Ïl est évident qu'il ne faut exiger cela qu'autant qu'il ne leur aura pas été imposé d'en porter à Tiaret, ou qu'on ne leur aura pas fait payer l'âchour, impôt qu'il faudra exiger avant tout, de même que la dhifa' pour nourrir votre cavalerie.

Vous vous proposez de faire émigrer des tribus du désert, qui ne vous offriraient pas toutes les garanties désirable*, jusque dans la Metidja. Je ne puis accorder ce dernier point. Les Arabes qui y sont nous gènent déjà bien assez; cela est réservé pour la colonisation civile. Je ne comprends pas, d'ail- Icurs, comment ces populations pourraient assainir la plaine. Il faut, pour cela, de grands travaux dont celles ne feraient pas le premier mètre.

J'espère que vous m'écrirez le plus souvent possible.

Adicu, mon cher Colonel, bonne fortune, il n'y a plus que cela à vous désirer, puisque vous êtes si bien paré.

Le Gouverneur général de l'Algérie, BUGEAUD.

Monsieur le Colonel Yusuf.

Par ordonnance royale du 6 août, le colonel Yusuf était promu au grade de Commandeur dans l’ordre de la Légion d'Honneur, en récompense de ses brillants services, parliculièrement dans l'affaire de la prise de la Zmala de l’Émir, à Thaguin,

A la date du 24 août, le colonel Yusuf était nommé Com-

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4. Dhifa signifie hospitalité, repas d'hospitalité, réception. Cette expression ne s'emploie que pour les personnes, tandis que c’est le mot âlfa ( fourrages, nourriture, ration d'une béle de somme), qu'on emploie quand il s'agit des animaux. Ainsi, la dhifa et l'dlfa, c'est la nourriture de l’homme et celle de la bûte.

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mandant supérieur de Tniyet-El-Ahd, et des troupes qui devront en composer la garnison.

Le maréchal Bugeaud lui donnait connaissance de cette nomination par la lettre suivante, qui est absolument remar-quable par la multiplicité et la précision des détails qu'elle renferme :

GOUVERNEUR GÉNÉRAL Alger, le 24 août 1843.

de l'Algérie Cabinet

Colonel,

Je vous confie Ile commandement du poste de Teniet-El- Had, ct des troupes qui en composeront la garnison.

Votre mission est : 4° d'achever le plus promptement pos- | sible les travaux de l'établissement et de l’approvisionnement en tout genre de ce poste, mais surtout en paille ct en orge, de manière que nous puissions y maintenir environ 300 chevaux ou mulets, sinon pendant tout l'hiver, au moins pendant la plus grande partie de cette saison. |

Vous devez amener à une soumission réclle cet obéissante les tribus du sud de l'Ouarensenis, qui, à ce qu'il parait, ont fait, jusqu'ici, une soumission équivoque.

On ne leur a imposé qu'un très léger âchour. Sur ce point, il ne faut pas défaire ce qui a été fait; mais si vous reconnaissez que les tribus ont conservé des ressources en grains qui pourraient servir à Abd-el-Kader ou à ses lieutenants, il faut leur imposer d'en porter une partie à Teniet-El-Had ou à Tiaret, selon qu'elles seront plus ou moins rapprochées de l'un de ces deux points. Les plus voisines de Teniet-El-Had doivent dépendre de ce cercle; ce sont, je crois, les Beni-Maïda, les Ouled-Bcssem, les Ouled-Aaradij, etc.; les autres, plus à l'ouest, doivent dépendre de Tiaret. Si vous allez chez elles,

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et que vous les imposiez, vous leur ferez porter les grains sur ce dernier point, et vous informeriez le Commandement de toutes les mesures que vous auriez cru devoir prendre à leur égard.

J'ignore si l'on a nommé des chefs à ces tribus; si ce n'avait pas été fait, vous en choisiriez, et vous les enverriez à M. le général Reveu, qui les dirigera sur Alger pour y reccvoir l'investiture. De cette manière, ils apprendront à nous connaître, et ils se soumettront. Je n'ai pas besoin de vous dire que, lorsque vous sortirez, leur cavalerie devra marcher avec vous, et qu'ils seront tenus de remplir toutes les obligations imposées aux tribus soumises à la France. Si quelquesunes des tribus se montraient récalcitrantes, n'obéissaient pas à vos ordres, ou commettaient quelque acte d'hostilité, il faudrait tâcher de les punir sévèrement. Je vous autorise même à faire, au besoin, sur l’une d'elles, un grand exemple, qui consisterait à l'enlever et à la déporter dans la vallée du Chelif, où M. le général Reveu la distribucrait entre plusieurs tribus.

Je me garde de vous indiquer les opérations, voulant vous laisser toute liberté d'agir conformément aux circonstances; sculement, je vous recommande de ménager les troupes dans leurs marches, et de les bien soigner en tout point.

Vous êtes sous les ordres de M. le général Reveu: vous lui adresserez donc vos rapports. Je lui écris pour le prier de me les envoyer textucllement, en y joignant ses observations. M. le général Reveu vous approvisionnera, ou vous enverra, au besoin, des renforts, soit en cavalerie, soit en infanterie.

Il faut que vous ayez une dizaine de cacolets et deux paires de litières : cela doit exister déjà à Teniet-El-Had; au besoin, vous demanderiez à M. le général Reveu de vous les compléter.

Vous examinerez s’il ne serait pas possible d'affermer aux Kaïds les marchés des environs; celui des Beni-Khelil nous donne 3,000 francs par an.

Vous ne pouvez rien tenter avant que les deux bataillons du 58m=e aient relevé les deux bataillons du 53me, et que cette nouvelle garnison ne soit un peu reposée.

— —— —— - — On ne te - ——

Remettez copie de vos instructions à M. le général Reveu, commandant la subdivision de Miliana, dont dépend le poste de Teniet-El-Had.

Il est bien entendu qu'avec votre petite colonne, vous ne devez pas pénétrer dans les hautes montagnes de l'Ouarensenis; mais vous pouvez aller jusqu’au pied des terrains peu accidentés.

Je vous prie de vous informer de la situation politique des tribus montagnardes, telles que les Ouled-Bou-Ghalia (celle que le général Changarnier fit capituler sur le grand pic), les Beni-Bou-Khannous, les Beni-Boudouan, les Beni-Lassen, etc., etc.

Informez-vous quel serait l'homme qu'on pourrait mettre à la tête de ces tribus, qu'il faudra probablement visiter en automme.

Recevez, Colonel, l'assurance de ma considération distinwuée.

Le Maréchal Gouverneur général, BUGEAUD.

Monsieur le Colonel Yusuf.

Par dépêche du #% septembre, le Maréchal Gouverneur général communiquait au colonel Yusuf un extrait d’une lettre par laquelle M. le Ministre de la Guerre le félicitait au sujet de ses succès, et des résultats qu’il avait oblenus dans sa dernière expédition sur les tribus du sud de Boghar et de Tniyet-El-Ahd.

Nous voulons citer cet extrait si flatteur pour le vaillant et habile Colonel des Spahis.

GOUVERNEUR GÉNÉRAL Alger, le 4 septembre 1843. de l'Algérie

Cabinet Mon cher Colonel,

J'ai l'honneur de vous communiquer un extrait d'une lettre de M. le Maréchal Ministre de la Guerre, en date du ?6 août. concernant votre dernière expédition. Je vous invite à en donner connaissance au commandant du bataillon d'élite du 33me; pour mon compte, j'en donne communication au commandant des Zouaves :

« Monsieur le Maréchal, j'ai trouvé joint à votre dépèche du 20 de ce mois, relative aux opérations militaires, le rapport fort intéressant du colonel Yusuf sur sa dernière expédition. Il à bien fait connaitre l'organisation intelligente qu'il avait donnée à sa colonne, ses marches et les succès remarquables qu'il a obtenus contre l'émigration, qu'il a pu joindre dans le pays des Beni-Yâcoub. Aussi, je me hâte de mettre ce travail sous les yeux du Roi. $S. M. sera, sans doute, satisfaite des résultats obtenus; mais je ne pense pas qu'il y ait lieu d'en rien publier, même par extrait. Dans ce dernier cas, il faudrait composer un récit dont les diverses parties se trouvent confondues avec des détails étrangers aux opérations: et, comme, d'ailleurs, le colonel Yusuf va se remettre en campagne, sans doute avec les mêmes officiers qu'il a cités, nous aurons l'occasion, plus tard, de rappeler leurs noms à l'attention publique, ils ne pourront rien perdre à ce délai; car je fais prendre note, dès ce moment, de leur belle conduite et de leur dévouement. »

Recevez, mon cher Colonel, l'assurance de mes sentiments distingués ct affectueux.

Le Maréchal Gouverneur général, BUGEAU D.

Monsieur le Colonel Yusuf, Commandant supérieur du poste de Teniet-El-Had.

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Dans les derniers jours de novembre, le colonel Yusuf, toujours commandant supérieur du poste de Tniyet-El-Alh, amenait à Alger. pour y recevoir l'investiture du Maréchal Gouverneur général, les chefs qu’il avait fait placer récemment à la tête des tribus de la Guebla (Sud) de son commandement. L'un d’eux, Ameur-ben-Ferhat, avait été nommé bach-agha de Tniyet-El-Ahd, et, certes, il l'avait bien mérité, Nous voulons dire dans quelles circonstances il nous avait donné des preuves non équivoques de sa valeur et de sa fidélité.

« À la prise de la Zmala', nous avions plus de 2,500 cavaliers de goum: à la vue de l'ennemi, malgré la présence du duc d’Aumale, et avant qu’un seul coup de fusil eût été tiré, ils furent pris d’une frayeur telle, qu’en un clin d'œil tous avaient disparu. Un seul cavalier resta à son poste: ce fut Ameur-ben-Ferhat. Du reste, en l’élevant à ces hautes fonclions de bach-agha, la France était d'autant plus en droit de compter sur son dévouement absolu, que quarante-six de ses femmes et de ses enfants, précédemment enlevés par l’Émir, avaient été délivrés lors de la prise de la Zmala.

» De ce moment, d'ailleurs, Ameur-ben-Ferhat? nous

1. De la Guerre en Afrique, par le général Yusur. 2. Le bach-agha Ameur-ben-Fcrhat, que nous avons cu sous nos ordres, quand, l'un des arrière-successeurs du colonel Yusuf, nous cxcr-

cions — de 1868 à 1871 — le commandement supérieur du cercle de = = |

était absolument acquis. Du reste, dès le jour de son investiture pour le bach-aghalik de la Guebla, nous avions pu nous convaincre, par cette citation qu'il prétendait avoir trouvée dans le Livre (le Koran), que nous n'avions pas affaire à un fanatique, et qu'il étail aussi, avec le ciel des Musulmans, de faciles accommodements : Dieu a dit dans son Saint Livre: « Je ferai élever le trône fondé sur la justice, füt-il occupé » par un Infidèle, et je renverserai celui fondé sur l'injustice, » füt-il occupé par le plus fervent des Croyants. »

Après la brillante journée du 11 novembre, dans laquelle le colonel Tempoure livra, sur l’ouad Khacheba, à l’ouest de la Sebkha d'Oran, au vaillant Khalifa Mohammed-ben-Allal. qui y trouva une mort glorieuse, un combat dans lequel celui-ci perdit #00 fantassins ou Réguliers tués, 364 prisonniers, et trois drapeaux, les affaires de l'Émir semblérent absolument désespérées. El-Hadj-Abd-el-Kader était, en effet,

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Tniyet-El-Ahd, s'est toujours montré, malgré les sollicitations, les cxcitations et les menaces de l'Émir, et, après lui, des cherifs ou chefs des diverses insurrections qui se sont produites dans le Sud de la province d’Alger; Ben-Ferhat, disons-nous, s'est toujours montré inébranlablement dévoué à notre cause; en un mot, sa fidélité ne s’est jamais démentie. Il est mort, il y a quelques années, dans son bordj d'’Ain-Toukria, au sud du poste de Tniyct-El-Ahd. Quand nous l’amenions sur l'affaire de la prise de la Zmala, Ameur-ben-Ferhat ne tarissait pas d'éloges sur la haute valeur du général Yougef, pour lequel il professait une véritable admiration, un culte.

aux abois, et sa Zmala réduite à la plus extrême misère. Forcé de songer, avant tout, à sa subsistance et à celle des siens, et ne pouvant plus rien entreprendre, d'ailleurs, sur notre territoire, il ne trouva rien de mieux que d'aller attaquer avec quelques cavaliers des tribus de la frontière du Marok. la grande tribu sahrienne des Hameïan, sur laquelle il fit un butin considérable. Ce coup de main pourvut, pour quelque temps au moins, à ses besoins les plus pressants. En attendant les jours meilleurs, il établit sa Zmala au sud du Chothth-El- R’arbi, et profita de son séjour forcé dans le Sud, .et de’sa proximité de la frontière du Marok, pour nouer avec le Souverain de ce pays des relations qui devaient avoir pour résultat d'amener, l’année suivante, un conflit entre la France el l'Empire de l’Ouest.

Quoi qu’il en soit, la province d'Oran profita de cette sorte de trève pour prendre un peu de ce repos dont elle avait perdu l'habitude. En résumé, la tranquillité la plus parfaite régnait en Algérie quand s’ouvrit l'année 1844.

Pendant les trois premiers mois de celte année, la poudre continua de se taire, et nos troupes ne furent guère employées qu’à des travaux de routes. Aussi, le colonel Yusuf avait-il quitté le commandement supérieur de Tniyet-El-Ahd dans le courant de novembre pour aller reprendre son poste à Alger, au centre de son commandement du corps des Spahis des trois provinces. Il allait pouvoir s'occuper quelque peu de l’admi-

nistration intérieure de ces régiments, laquelle, en raison du déplacement incessant de ces corps, toujours en campagne. n'avait pas encore acquis toute la fixité désirable. I s'agissait surtout d'appliquer à ces corps indigènes les prescriplions de l'ordonnance du 7 décembre 1841. La question de l'uniforme. bien que définie par cette ordonnance, flottait un peu dans le domaine de la fantaisie, et il y avait lieu de prendre des mesures pour modifier ce capricieux état de choses. Le colonel Yusuf avait pris l’initiative de demander au Gourerneur général l'autorisation de faire habiller, uniformément. les cavaliers des escadrons de cavalerie indigène de la province d'Alger.

A la date du %5 février 1844, le Gouverneur général, qui, paraît-il, n'attachait pas à l'habillement la même importance que le commandant du corps des Spahis, répondait au Colonel dans les termes suivants:

ARMÉE D'AFRIQUE

État-Major général

Colonel,

En réponse à votre lettre du 20 février courant, n° 54, j'ai l'honneur de vous prévenir que je vous autorise à faire habiller uniformément les cavaliers des escadrons de cavalerie indizèene de la province d'Alger, vous conformant à ce qui est prescrit au tableau D, annexé à l'ordonnance du 7 décembre 1841, pour les sous-officiers et brigadiers.

Le Ministre ayant autorisé MM. les Officiers à porter le pantalon en drap bleu céleste, je vous autorise à substituer cette couleur au bleu de roi indiqué dans l'ordonnance, en vous conformant au modèle que vous avez adressé au Ministre.

Vous ne devez pas perdre de vue que l'uniforme, bien que très important, ne doit cependant venir qu’en seconde ligne pour les Spahis ; qu'il faut, avant tout, s'occuper du cheval, du harnachement et de l'armement. Le burnous rouge peut parfaitement suffire, ct ce n'est que quand il y a excédant à la masse que l'on doit songer à l'habillement uniforme.

C'est le cas actucl des escadrons de la province d'Alger. Aussi, je n’hésite pas à vous donner l'autorisation que vous avez demandée, mais j'appelle sérieusement votre attention, pour l'avenir, sur cet objet très important.

Le Gouverneur général de l'Algérie, BUGEAUD.

Monsieur le Colonel commandant le corps de cavalerie indigène, à Alger.

Par une autre dépèche du 40 mars, n° 547, le Gouverneur général indiquait au colonel Yusuf diverses mesures prises par le Ministre de la Guerre, relativement à la fixation des effectifs budgétaires de la cavalerie indigène.

ARMÉE D'AFRIQUE

État- Major général

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