‹ Le général YusufChapitre 83 sur 125 · LS · texte numérisé non relu

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Colonel,

Par lettre du 26 février dernicr, M. le Maréchal Ministre de la Guerre m'informe que, sur ma proposition, il a arrêté les dispositions suivantes par décision du 2? février :

1° Le licenciement de l'escadron de Spahis de La Calle ;

2 L'incorporation, dans les escadrons de Bône, des cavalicrs de cet escadron jugés propres au service;

3° L'organisation d'un 4° cscadron à Constantine.

Je vous rappelle la recommandation de ma lettre du 51 janvier, relative à l'effectif des escadrons de Bône et de Constantine. Le Ministre les approuve, et il me rappelle que l'effectif des cscadrons de Spahis, porté au budget de 1844, n’est que de 464 sous-officiers ct cavaliers. L'effectif actuel de plusieur. escadrons, au delà de ce chiffre, ne peut être maintenu que par l’ajournement de la création du 20e escadron, ce qui permet de répartir, entre les 19 autres, 164 cavaliers.

Le Maréchal Gouverneur général, BUGEAUD.

Monsieur le Colonel Yusuf, commandant le corps de cavalerie indigène, à Alger,

Par une autre dépêche du 13 mars, le Gouvernenr général fait connaitre au colonel Yusuf que le Ministre de la Guerre. en lui transmettant le chiffre des crédits alloués pour les services auxiliaires irréguliers, lui fait connaître que, pour l'année courante, l'effectif du corps des Spahis ne devra pas dépasser dix-neuf escadrons à 130 hommes par escadron. II réformera tous les hommes qui ne sont pas aptes à rendre de bons services en temps de guerre.

Par lettre du 23 mars, le Gouverneur général faisait connaître au général Yusuf, qui avait voulu avoir une réponse catégorique à ce sujet, afin de faire cesser les obsessions dont il était l’objet de la part des Spahis indigènes, lesquels avaient beaucoup de peine à comprendre l’intérèt que pouvait bien avoir la France à supprimer l'esclavage dans le pays:

En réponse à votre lettre du 21 mars courant, j'ai l'honneur de vous prévenir que jc ne puis donner des ordres pour faire rendre le Nègre Messaoud au brigadier de Spahis Ahmed-ben-

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Moussa. Il serait contraire à la dignité de la France de remettre en esclavage un homme qui a été reçu sous les drapeaux français. Mais, afin que pareille réclamation ne puisse plus être présentée, je donne des ordres dans les trois provinces pour défendre qu'on reçoive des Nègres dans les bataillons de Tirailleurs indigènes.

Le Gouverneur général de l'Algérie,

BUGEAUD

Par une autre lettre, également du 23 mars. le Maréchal Gouverneur général transmettait au colonel Yusufune dépêche du 9 du même mois, par laquelle le Ministre de la Guerre interdisait l'engagement d'étrangers dans les Spahis sous des noms arabes, tolérance qui était arrivée jusqu’à l’abus.

Colonel,

Par dépêche du 9 mars courant, M. le Maréchal Ministre de la Guerre me prévient qu'il est informé que des étrangers, Belges, Allemands, Polonais, Italiens, ont été admis dans le Corps des Spahis en qualité d'indigènes, et sous des noms arabes.

Cette admission n'a pas été prévue dans l'ordonnance constitutive du Corps. Elle n’est, d’ailleurs, pas conforme à la décision royale du 4 juillet 4843, qui s'applique aux Français exclusivement.

Rigoureusement, le renvoi des étrangers dont il s'agit devrait étre prononcé. Toutefois, d’après les renseignements qui ont été donnés au Ministre à ce sujet par le Général Inspecteur baron d'André, la plupart de ces étrangers faisaient déjà partie des Gendarmes maures et des Spahis irréguliers. Ces considérations ont déterminé le Ministre à maintenir provisoirement ces cavaliers, dont la bravoure, la tenue et la discipline ont été reconnues, et peuvent être d’un bon exemple; mais, en consentant à laisser subsister ce qui a été

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fait, le Ministre ne veut pas en autoriser le renouvellement à l'avenir.

En conséquence, aucun étranger ne pourra être reçu désormais dans le Corps des Spahis. Tous ceux qui ont été admis contrairement à ce principe devront se retirer à l'expiration de leur engagement.

Le Maréchal de France, Gouverneur général, BUGEACD.

Monsieur le Colonel Yusuf, commandant le corps de caralerie indigène, à Alger.

Nous disions plus haut que les premiers mois de 18$4 se passèrent dans la plus absolue tranquillité. Pourtant, malgré nos succès de l’année précédente et la détresse de l’Émir, Ben-Salem, son Khalifa du Sebaou, tenait toujours dans les montagnes de ce district. Pour mettre fin à cet incommode voisinage, qui gènait notre action dans cette riche contrée, le maréchal Bugeaud résolut d’y diriger une nouvelle expédition, et de prendre possession, par cette occasion, de la petite ville de Dellys.

En conséquence, avant réuni à la Maison-Carrée, vers la fin d'avril, une division de 7,000 hommes, il allait prendre position, le 29 de ce mois, sur l'Icer, où notre Khalifa de l'Est, Mohi-ed-Din, venait le rejoindre avec #00 cavaliers. L'Armée se mil en mouvement le 4er mai; le 8, le Maréchal arrivait à Dellys, dont il prenait possession; le 12, il culbutait

la cavalerie de Ben-Salem, qui avait résolu de nous attaquer au passage de l’ouad En-Nsa ; il en faisait autant de l’infanterie kabile, qui s'était établie au village de Taourga. Le Maréchal se dirigea ensuite sur Bordj-Sebaou; le 46, la division se trouvait réunie à Tamdaït, à l'entrée du pays des Flicet-ou-Mellil ; le 47, il attaqua les Kabils embusqués sur une chaine de positions très fortes, qui furent toutes enlevées successivement. Malgré les difficultés de l'attaque et l'énergie . de la défense, nous n’eûmes cependant que 24 lués et 105 blessés, tandis que les pertes de l'ennemi furent évaluées à 609 hommes mis hors de combat.

Les Flicet-ou-Mellil faisaient leur soumission le 21 mai.

Le Maréchal aurait désiré achever son œuvre de ce côté ;: mais des nouvelles d’une extrème gravité, qu'il venait de recevoir de la province d'Oran, rendaient sa présence nécessaire sur les frontières du Marok.

Le 26, le Corps expéditionnaire commencait son mouvement de retraite sur l'Ouest; le Maréchal s’'embarquait à

Dellys, et rentrait à Alger le 27 mai au matin.

Le 31 mai, le Maréchal partait pour Oran, où l’appelait, avons-nous dit, une dépêche inquiétante du général de La Moricière, puis il se portait, sans retard, sur Lalla-Mar’nia, point voisin de la frontière du Marok'.

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