MM. Damotte, Diter, Rosetti et Bou-Chakor
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rapidement; l'artillerie se mit en batterie sur la rive droite, et lança la mitraille sur cette vaste confusion de cavaliers se réunissant de tous côtés. L'infanterie passa alors la rivière sous la protection de l'artillerie; les Spahis débouchent, ct sont alors suivis de près par les trois escadrons du ‘° réciment de Chasseurs, et le quatrième échelon aux ordres du colonel Gagnon.
» Les Spahis, se voyant bien soutenus par la cavalerie ct l'infanterie, recommencèrent l'attaque : l'ennemi fut vigoureusement poussé pendant une lieue; sa déroute devint complète. Il se retira, partie par la route de Thaza, partie par les vallées qui conduisent aux montagnes des Beni-Znassen.
» Jl était alors midi; la chaleur était grande, les troupes de toutes armes fatiguées. Il n’y avait plus de bagages ni d’artillerie à prendre, puisque tout était pris. Je fis cesser la poursuite, et ramenai toutes les troupes dans le camp du Sultan.
» Le colonel Yusuf m'avait fait réserver la tente du fils de l'Empereur. On y avait déposé les drapeaux pris sur l'ennemi, au nombre de dix-huit, les onze pièces d'artillerie, le parasol de commandement de Moula-Mohammed, le fils du Sultan, et une foule d'autres trophées de la journée.
» Les Marocains ont laissé sur le champ de bataille au moins 800 morts, presque tous de la cavalerie; l'infanterie, qui était peu nombreuse, nous échappa en très grande partie à la faveur des ravins. Cette armée a perdu, en outre, tout son matériel. Elle a dù avoir de 1,500 à 2,000 blessés.
» Notre perte a été de quatre officiers (Spahis) tués; dix autres ont été blessés; de vingt-trois sous-officicers ou soldats tués, et de quatre-vingt-six blessés.
» Je n'entreprendrai pas d’'énumérer toutes les actions d'éelat qui ont signalé cette journée; mais je ne puis me dispenser de citer les noms des militaires de tous grades qu'on à le plus remarqués.
» J'ai été parfaitement secondé dans la conduite de cette bataille, qui à duré quatre heures, par. ............ .
.. ... ; M. le colonel Yusuf, qui s'est hautement distingué dans le commandement des neuf escadrons formant le premier échelon de cavalerie, cte. »
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Le colonel Yusuf avait gagné, à Isly, sa dir-seplième cita- {ion à l’ordre de l'Armée.
Nous compléterons le récit de la bataille d'Isly par le rapport qu’adressait, le lendemain 45 août, du hivouac d’Isiv, le colonel Yusuf au général de La Moricière, sous le commandement duquel il était placé dans cetle mémorable journée.
Au bivouac d'Isly, 1e 16 août 1841.
Mon Général,
Ayant reçu l'ordre d'enlever, par une charge, le camp marocain, je donnai à mes escadrons l'ordre de bataille suivant: les Spahis, formés en colonne serrée par double escadrons, les escadrons du 4° de Chasseurs en colonne serrée en arrière du centre. Ma mission était de marcher directement sur la position; mais à peine avais-je franchi le premier rideau, que l’arrivée subite d’un goum considérable me fit changer mes dispositions. J'apercevais devant moi, une nuée de cavaliers dans le camp, lesquels prenaient une attitude offensive ; j'avais, en outre, sur ma droite, 3 à 4,000 cavaliers qui m'attaquaient en flanc. Je me trouvai, par suite, dans la nécessité de faire un à-droite, et je me lançai à la charge avec la {re division, commandée par M. le commandant Favas, après avoir donné l'ordre au reste de ma colonne de rester en position dans la direction du camp.
Le premier mouvement fut couronné d'un plein succès. Je dispersai promptement ce grand rassemblement; je tuai bon nombre de cavaliers, ct, après trois ou quatre charges vigoureuses, je pus reprendre ma marche primitive. Je laissai. toutefois, pour couvrir ma droite, la division de Spabhis que je venais de conduire à la charge, lui donnant pour soutien M. le commandant Cassaignolles, avec un de ses escadrons.
A la tête du reste de mes Spahis, suivis de très près par le 4e régiment de Chasseurs, je me lançai au galop sur le centre du camp impérial. Arrivé sur la première ligne de tentes,
nous fümes un instant arrétés par le feu de l'artillerie, qui tirait à quarante pas. Un brigadier de Spahis et son cheval venaient d'être coupés en deux par un boulet.
Je fis sonner la charge, et, sous une grêle de balles, Spahis et Chasseurs, d'un élan vigoureux et unanime, franchissaient et culbutaient cette ligne d'artillerie.
Au centre, je sabrais, avec le capitaine Jazon, les canonniers avant qu'ils cussent pu faire feu de leurs pièces, pendant qu'à droite, le capitaine Billioud enlevait deux pièces de montagne, et qu'à gauche, le commandant d'Allonville et les Chasseurs s'emparaient simultanément des cinq pièces de campagne.
Le combat n'était point pour cela fini: l'espace qui séparait le parc d'artillerie de la tente impériale était garni d’une nuée de fantassins ct de cavaliers réguliers, qui nous opposaient une résistance individuclle très énergique.
Il fallait surmonter ces obstacles multipliés, et atteindre ce palais de toile que le Prince avait orgucilleusement laissé debout. La crète du rideau devint le théâtre de la lutte la plus vive: nous étions au milieu d'un cercle d'un feu d’autant plus incommode, qu'il était dirigé souvent par des ennemis invisibles, C’est ainsi que plusicurs officiers et soldats avaient succombé. Après avoir fait feu, et au licu de sc retirer, l’ennemi semblait parfois vouloir reprendre l'offensive. La charge énergique du brave 4° régiment de Chasseurs, commandé par le chef d’escadrons Crestey, dégagea les Spahis d'Alger de cette fâcheuse position; le nouveau plateau fut enlevé, et l'ennemi repoussé jusqu'au gué de l'ouad Isly.
Pendant ce temps, M. le lieutenant-colonel de Crény arrivait, et nous prètait un utile concours en me ramenant les trois escadrons que j'avais laissés sur la droite.
Pendant que nous combattions au camp, ces escadrons avaient eu eux aussi une chaude affaire : ils avaient perdu le lieutenant Damotte, mais ils étaient restés maitres du terrain.
Tous mes escadrons étant ralliés, je reçus l’ordre de M. le lieutenant-général de La Moricière de traverser la rivière, et de faire une poursuite à peu près d’une lieue. Ce mouvement . mit le comble à la terreur que les premiers combats avaient
inspirée aux Marocains, et l’arrivée de M. le Maréchal et le feu de son artillerie achevèrent leur complète déroute.
Onze pièces de canon, six drapeaux, le parasol du Prince. des chevaux de guerre, des armes, la tente impériale, des munitions, un parc considérable, un butin immense, le champ de bataille jonché de morts, sont les trophées de cette journé« mémorable.
Ce magnifique combat nous a coûté, dans les Spahis: 4 officiers tués, 2? blessés, 1 brigadier ct 4 spahis tués, 21 chevaux tués, 7 blessés.
Je citerai: dans le 4° de Chasseurs, M. le chef d'escadron:s Crestey, commandant les trois escadrons, et dont le rapport fera connaître les officiers, sous-officiers et soldats qui se sont distingués. Je crois de mon devoir, cependant, mou Général, d'appeler votre bienveillance sur la bravoure et l'intellisence de MM. les capitaines de Loë et Ducrey : avec des officiers de cette trempe, et la troupe qu'ils commandent. j'aurais abordé un camp quelconque, eût-il été deux fois plu considérable.
Je citcrai dans les Spahis : MM. les commandants d'Allonville, Favas, Cassaignolles ; les capitaines Affray, blessé à la jambe, — avec son cheval tué; — Billioud, Jazon, Lambert: Fleury, adjudant-major, à eu son cheval tué ; — les lieutenants Michel, Legrand, Mustapha-Ahmed, Ben-Aouda; Gautrot, — a eu son cheval tué.
Les sous-licutenants Du Barail, — blessé à la jambe, — Caid-Osman, Féméliaux, de Moissac, Olivier, Bertrand: Mohammed-Bou-Khouïa, — a pris un drapeau, — Ibrahinben-Abdy, Ben-Amar.
Le chirurgien-aide-major Stephanopoli, le vétérinaire en 1er Lagardère; les adjudants Kobus et Lefcbvre.
Les maréchaux-des-logis Candas, Ben-Sabor, — a pris un drapeau; — Mohammed-ould-Hamida, — à pris un drapeau: Pigeon, de Bardiës, Cailleux, Lafayette, Mignot, Beguin, Cussin, Mossé, Chalamel, blessé; Gide, Lhabib-ben-Amara, Weyer'.
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1. Le maréchal-des-logis de Spahis Weycr devenait, l’année suivante, le beau-frère de son colonel.
LE GÉNÉRAL YUSUF [1841] k&7
Les brivadicers Rousé, blessé dangereusement, — a pris un drapeau; — de Pradel, Kneur, Valentini, Bou-Dijcrid, Jacotot, Chafi-bel-Arbi, — a pris un drapeau.
Les Spahis Corvisier, — a pris un drapeau; — Dugommier, trompette, blessé, Bonnafosse, blessé, Courtais, trompette, de Douhet, Hugon, blessé, le brigadier Shameau, du 1 de Chasseurs, de planton prés de moi.