‹ Le général YusufChapitre 92 sur 125 · Djenn, génie · texte numérisé non relu

Djenn, génie

#. Le maréchal-des-logis Weyer, qui, pendant les cinq années qu'il passa sous les drapeaux, — 1843-1818, — s'était fait un nom au milicu de la brillante et vaillante jeunesse militaire de ces temps héroiïques, comptait les services suivants : Engagé volontaire au 4° de Chasseurs d'Afrique en mars 1843. — Passé aux Spahis quelque temps après. — Détaché, en quàlité de secrétaire, auprès du colonel Yusuf. — Brigadier au même corps en juillet de la même année. — Maréchal-des-logis en novembre suivant. — A fait la campagne du Maroc en 1844. — A été cité à l'ordre de l’Armée du maréchal Bugeaud, à la suite de la bataille d’Isly, pour sa belle conduite à l'affaire sur l’ouad El-Mouilah : « A rapporté sur son cheval le brigadier Baure, grièvement blessé, ct a arraché des mains des Marokains, avec l'aide du brigadier Bessy, le corps du capitaine de Rovigo, tué à l'ennemi. » — Décoré à la suite de ce fait d'armes, sur la proposition du maréchal Bugcaud. — Promu sous-licutenant en mai 1846 au 2° de Hussards. — Démissionnaire en juillet 1848.

avait été recommandé par une de ses cousines, Mee la comtesse Guilleminot, veuve en secondes noces du général de ce nom. Le colonel Yusuf, qui avait servi sous les ordre du général, avait conservé pour sa mémoire un véritable culte de reconnaissance; aussi, devenait-il de suite, pour le jeune Wever, le plus paternelet le plus bienveillant des chefs. Sachant que sa famille habitait Paris, il lui offrit de l'accompagner, ce qui fut accepté avec joie.

Dès son arrivée, le colonel Yusuf s'empressa d'aller faire une visite à Mme la comtesse Guilleminot, qui passait cet hiver chez Mere Wever, et c'est ainsi qu'il vit pour la première fois celle qui, pendant vingt ans, devait réaliser tous ses rèves de bonheur.

Il emportait de cette soirée une impression ineffaçable, et, quelques jours après, il confiait ses sentiments à Mme Guilleminot et la priait de demander pour lui la main de Mile Wever.

La réponse si impatiemment désirée se fit attendre. Elle était pénible et difficile à dire... Mais, devant les instances du colonel, il fallut enfin lui apprendre que, si honorée et si touchée qu'elle fat de sa demande, Mme Wever ne consenirait jamais à donner la main de «a fille à un Musulman.

Cet obstacle, qu'il n'avait pas prévu, parut insurmontable au malheureux colonel et le désespéra! — car, disait-il, plus je sens le bonheur de ma vie attaché à cette union, plus je regarderais comme indigne de moi et de celle que j'aime de devenir un renégal' pour un motif purement humain... Dicu seul, peut me venir en aide!

Deux semaines se passèrent ainsi, n'apportant aucune solution, aucune espérance à cette douloureuse situation, lorsqu'un jour, rentrant chez lui plus désespéré que jamai<.

1. Le co‘oncl Yusuf était d'autant plus fondé dans ses préoccupations à cet égard, que l'autcur des « Annales algériennes », Pcllissicr de Reynaud, dans son récit de la première expédition de Médéa, en novembre 1830, lui attribue déjà cette épithète injurieuse, bien que le jeune Youçouf — un enfant de six à sept aus — n'ait jamais été fait Musulman que par la viclence lorsqu'il fut enlevé par les pirates barbaresques, ct vendu au Bcy

Yusuf passa devant une petite chapelle attenante à une Maison religieuse, près des Invalides. Cédant à une sorte de pressentiment, d'inspiration, il fit arrêter sa voiture et y entra. La nuit était presque venue, et l’église eût paru sombre, si la chapelle de la Vierge, resplendissante de lumières ct de fleurs, n'eût attiré tous les regards. Une famille en descendait les degrés; on venait d'y consacrer un petit enfant à la madone.

Entrainé comme par une force irrésistible, Yusuf se dirigea vers la chapelle, et, agenouillé devant l'autel, perdu comme dans une sorte d'extase, de ravissement mystique, il lui sembla qu'un voile s'écartait de ses yeux. Tout ce qui lui paraissait impossible hier avait disparu ! Les souvenirs de son enfance semblaient remonter vers lui! Il avait été chrétien inconsciemment; il voulait redevenir chrétien de cœur et de foi!

Le lendemain, 5 janvicr, le colonel Yusuf était fiancé à Mile Weyer. M. l’abbé Jousselin, curé de Sainte-Elisabeth-du- Temple, ami dela famille, ct l'un des prêtres les plus éminents du diocèse de Paris, avait accepté la mission d'instruire le catéchumène dans sa nouvelle foi", et le 14 février, à six heures du soir, avait lieu dans la sacristie de l’église, et dans le plus grand secret, la touchante cérémonie du baptème... Le colonel Yusuf, qui accomplissait ce grand acte avec une foi profonde, avait demandé que personne n'y assistät en dehors de Mme Weyer, de ses enfants, de l’Intendant général Genty de Bussi et de Mme Genty de Bussi, qu'il avait choisis comme parrain ct marraine.

de Tunis, ainsi que nous l'avons raconté plus haut. C'est dans les termes suivants qu'il cntamait sa gucrre de vingt ans contre Yusuf : « À une licue cn avant de Blida, l’Arméc rencontra une forte troupe de cavaliers arabes dont les intentions paraissaicnt hostiles. Le général en chef (Clauzcl) envoya vers eux un jcune renégat tlalien nommé Joseph, appelé à joucr plus tard un rôle remarquable. »

1. Ce fut le Père Régis, l'illustre fondateur de La Trappe de Sthaouali, qui compléta l'instruction religieuse de Yusuf ; il eut la joie de lui voir remplir, jusqu'à sa mort, tous les devoirs de sa nouvelle religion avec la simplicité ct la foi du vrai chrétien.

Cette mesure était d'autant plus sage, que tout Paris était occupé de cet évènement, et qu'on évitait ainsi de transformer en spectacle une cérémonie d'un caractère si éminemment sacré. Rien, en effet, ne fut plus touchant et plus poétiquement religieux que ce retour du jeune captif des pirates barbaresques à la foi de ses pères. Et c'était son amour pour là jeunc chrétienne qui avait fait ce miracle!

Le mariage, et pour les mêmes raisons, fut célébré le ie‘ mars, à neuf heures du soir, dans une chapelle de Saint- Thomas-d'Aquin. Seuls, les plus proches parents de la jeune fille et les témoins y assistaient. Ceux du colonel Yusuf étaient le général duc de Mortemart qui, depuis 1836, l'honorait d'une affection presque paternelle, et le général baron d'André. Horace Vernet lui servait de père. Ceux de M" Wevyer étaient son frère ct son beau-frère, et l'un de ses oncles remplaçait le père.

Le 27 mars suivant, le colonel et Mme Yusuf débarquaient à Alger et se rendaient de suite à Dar-El-Kiat, maison mauresque qui avait été attribuée au colonel commandant les vingt cscadrons de Spahis, et dont le Gouvernement venait de lui faire la cession, par une vente de gré à gré, en récompense de ses services.

Le 31 mars, c'est-à-dire quatre jours après, le colonel Yusuf quittait sa jeune femme pour se remettre à la tête de ses Spahis, et il reprenait, dès les premiers jours de mai, cette chasse implacable à l'Émir dans laquelle il devait encore se couvrir de gloire.

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[II

Nous avons dit, dans le chapitre précédent, que le maréchal Bugeaud s'était embarqué, le 46 novembre 1844, pour aller jouir en France d’un repos qu’il avait si glorieusement gagné, et que le général de La Moricière était chargé de faire l'intérim de Gouverneur général.

Avant de reprendre notre récit des services et de la vie mililaire du colonel Yusuf, nous voulons montrer quelle était la situation politique de l'Algérie au moment du départ du Maréchal, c'est-à-dire trois mois aprés la bataille d’Isly, laquelle avait eu tant de retentissement dans nos tribus, surtout dans celles de l'Ouest de nos Possessions. Sans doute, cet important évènement n'avait pas élé sans donner à réfléchir, non-seulement à l’Émir, mais encore aux tribus qui marchaient sous ses drapeaux.

Mais comme, en définitive, rien n'arrive que par la volonté de Dieu, — et l’Émir et ses adhérents en étaient bien persuadés, — et que le Tout-Puissant alterne les succès et les revers, il n’y avait pas de raisons pour déscspérer, et pour croire qu’il n’y aurait plus de beaux jours pour l'Islam. Embusqué à quelque distance de notre frontière du Marok, Abd-el- Kader attendait patiemment que ses partisans de la province d'Oran fussent revenus de la stupeur que leur avait causée la défaite si complète de l’armée marokaine. pour reparaitre au milieu d'eux et reprendre la campagne.

Prévoyant que cette sorte de trève, de suspension d'armes, serait sans durée, le général de La Moricière, qui, nous l'avons

dit, faisait l'intérim de Gouverneur général, avait profilé de ce répit pour créer de nouveaux postes et fonder des élablissements militaires, particulièrement sur la lisière du Tell de notre province de l'Ouest.

Dès les premiers jours de 1845, on remarquait une mauvaise disposition d'esprit chez les indigènes de cette région. surtout chez ceux de la vallée du Chelef et du Dhabhra, disposition née précisément de la création des postes dont nou: venons de parler, lesquels présageaient une intention de permanence sur leurs territoires. L'Émir ne pouvait moins faire que de profiter de cette situation que nous avions créée; aussi, en présence de cette sourde agitation qui se manifestail surtout dans l'Ouest de la province d'Oran, lança-t-il ses émissaires là où il le croyait utile à sa cause.

Nos généraux attendaient, pour entrer en campagne, que la situation se dessinät plus nettement afin de juger où ils porteraient leurs efforts : c'est par la mystérieuse et dramatique affaire du poste de Sidi-Bel-Abbas que se rouvrent les hostilités. Ce coup de main, qui marque la haine que les indigènes nourrissent contre nous, décide le général de La Moricière à prendre, sans retard, des mesures énergiques pour parer à toutes les éventualités. Il établit un camp permanent à Dhaiïa.

On apprenait, en mème lemps, que l'Émir avait quitté le Marok et pénétré sur notre territoire au Nord du Chothth-El- R'arbi. |

Le général Cavaignac, qui était chez les Oulaca, se portait sans retard vers Sebdou. Apprenant que l’Émir file vers l'Est, el que, dès lors, Tlemsen n'est plus menacé, le général revient sur les Oulaca, qui, pendant sa courte absence, se sont révoltés; puis, après les avoir réduits, il se transportail

de nouveau dans la direction de Sebdou pour fermer cette porte du Tell à El-Hadj-Abd-el-Kader.

Le général Korte couvre le pays vers Sidi-Bel-Abbas et Dhaiïa, et La Moricière manœuvre dans la direction de Säïda. Le colonel Géry prend position du côté de Frenda. Par suite de ces combinaisons, il est à peu près impossible à l’Émir de pénétrer dans le Tell de la province d'Oran sans se heurter contre une de nos colonnes.

Cependant, comme il lui était possible de se porter, par le Sud, vers le Haut-Chelef, et de gagner de là l'Ouanseris, où une insurreclion venait d’éclater, le général de La Moricière lança une colonne dans la direction de Stiten et de Brizina.

Le commandement de cette colonne fut confié au colonel Géry, qui arriva devant le premier de ces ksour dans les derniers jours d'avril, sans avoir, d'ailleurs, rencontré d’ennemis. Il trouve les tribus de cette région, à l'exception de celle des Oulad-Sidi-Ech-Cheikh, dans des dispositions qui lui paraissent pacifiques.

Le colonel Géry remonte ensuite vers El-R’açoul, ksar devant lequel il arrive le 27 avril; puis il se dirige sur le Kheneg-El-Arouia, défilé rocheux très étranglé et d'une défense des plus faciles. Sid Hamza-ould-Sidi-Abou-Bekr, le chef des Oulad-Sidi-Ech-Cheikh, — dont la famille jouera plus tard un rôle considérable dans le Sahra, -— Sid Hamza, disons-nous, tente d’arrèter en ce point la marche de la colonne; mais le passage cest forcé et le colonel Géry se dirige sur le Ksar-Brizina, qui, bien qu’appartenant aux Oulad-Sidi-Ech-Cheikh, n’en fait pas moins sa soumission.

En remontant vers le Nord, la colonne Géry eut à combattre un fort parti de cavaliers de cette tribu, qui, dans cette rencontre, perdit 50 hommes.

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Le 9 mai, le colonel Géry avait regagné Goudjila, d'où il était retourné à Frenda.

Cette expédition, qui n’était pas sans hardiesse, en ce sens que c'était la première fois qu'une de nos colonnes visitait cette région, eut pour effet d'arrêter l’'Émir dans sa marche vers l'Est : il rétrogradait vers le Chothth-Ech-Chergui, et s'arrètait à Kheneg-El-Azir. Le colonel Géry quittait de nouveau Frenda, et se portait dans le Sud; mais, dès son arrivée à Aïn-El-Guethifa, à la pointe orientale du Chothth-Ech-Chergui. l'Émir, qui, sans doute, n’avait pas jugé prudent de l’attendre au Kheneg-El-Azir, s'empressait de regagner le Marok.

Le mouvement du général Cavaignac vers le Chothth-El- R'arbi l'avait, d’ailleurs, décidé à ne pas trop s’attarder sur notre territoire.

Pendant que ces faits se passaient dans l'Ouest. une insurrection éclatait dans le Dhahra et dans la vallée du Chelef: un prétendu cherif de la confrérie des Khouan de Moulaï-Eth- Theiyeb, et qui, bientôt, ne fut plus connu que sous le surnom de Bou-Mâza, était venu prêcher la guerre sainte, pour son propre compte, chez les Oulad-Younès du Dhabra d'Oran, puis il s'était porté, à la tête de 5 à 600 hommes, dans la direction d'Orléansville, chef-lieu de la subdivision de ce nom. Le colonel de Saint-Arnaud, qui commandait sur ce point, marche à sa rencontre, et le bat, le 44 avril, à Aïn-Meran ; puis il se transporte au cœur même du Dhahra, foyer de l'insurrection. Il y est bientôt rejoint par le général de Bourjolly avec les lroupes de Mostaghanem, et par le colonel Canrobert avec celles de Tenès. Ces troupes livrent combat, le 48 avril, aux bande: de Bou-Mäza, lesquelles ne tiennent pas et se dispersent.

Le 28 du même mois, Bou-Mäza vient atlaquer Orléansville. Il va sans dire que ce fut sans le moindre succès,

Le maréchal Bugeaud, qui s’était mis en route, le 3 mai, à la tête de la colonne expéditionnaire du Dhahra, arrivait le 9 sur le pays soulevé. Malgré des pluies torrentielles de chaque jour, les tribus de l'Ouanseris, qui évitaient avec le plus grand soin tout engagement avec ses troupes, furent poursuivies, harcelées et finirent par se disperser et fuir devant elles, sans laisser au Maréchal la satisfaction de leur infliger un châtiment sérieux. Quant à Bou-Mâza, il disparut poursuivi par notre agha El-Hadj-Ahmed, qui le serrail de près, et qui lui tua tous ses compagnons, lui prit ses chevaux, son drapeau, et des mulets chargés de poudre et d'argent.

Le maréchal Bugeaud rentrait à Alger le 42 juin. Il laissait le commandement à son chef d'État-Major, le colonel Pelissier, qu’il chargeait du désarmement des tribus soulevées, et du soin de chôâtier celles qui avaient accueilli et soutenu Bou-Mäza.

Les colonnes placées sous les ordres des colonels Ladmirault et Saint-Arnaud devaient, concurremment avec celle que commandait le colonel Pelissier, manœuvrer dans le Dhahra d’abord et ensuite dans l’Ouanseris, régions où la répression était restée incomplète.

Pendant l'été de 1845, c’est-à-dire de juin au mois d'août, ayant été appelé à commander par intérim la province de Thithri, le colonel Yusuf rayonna, avec une colonne mobile, dans le Tell de la province d’Alger et sur les Hauts-Plateaux., Il marcha aussi avec le maréchal Bugeaud dans son expédition

de l'Ouanseris ; mais, contrairement à ses habitudes, il nv trouva pas, tout d’abord, l’occasion de ces coups de main retentissants qui avaient marqué son long séjour dans la province de Constantine. En revanche, la campagne d'automne contre l'Émir Abd-el-Kader va le dédommager largement du repos relatif que lui avaient laissé les évènements. Nous devons dire cependant que sa présence sur les points où il était le moins attendu avait facilité, par d’heureuses diversions, les opérations des diverses colonnes qui manœuvraient sur la ligne de ceinture du Tell pour en fermer les portes à l'Émir.

Entré en campagne le 3 mai, Yusuf ne descendait de cheval que le 30 juillet.

L'importance du commandement qui avait été confié à Yusuf, — celui des vingt escadrons de Spahis, — jointe à ses remarquables services, ne permettaient pas de le laisser plus longiemps dans le grade de colonel ; il lui fallait, d'ailleurs. une autorité qui lui permit de faire mieux sentir sa main dans les trois provinces. Aussi, ces considérations décidèrent-elles : le maréchal Soult, alors Ministre de la Guerre, à le proposer pour le grade de maréchal-de-camp au titre indigène. Une ordonnance royale du 49 juillet 4843 lui conférait ce grade ct lui donnait le commandement des Spahis, qui avaient été réunis en une brigade formée de trois régiments, dont un élait affecté à chacune des trois provinces.

Yusuf prenait dès lors, avec l'uniforme francais de son “rade, le titre de « Général ‘commandant la cavalerie indiyène. » Il était nommé, en mème temps, Inspecteur général des trois régiments de Spahis composant cette brigade. Le 20 août, le général Yusuf partait de Mustapha, sa résidence, pour inspecter le régiment de la province de l'Ouest.

Le maréchal Bugeaud s’embarquait pour la France le 4 septembre. Ce voyage avait pour but de conférer avec le maréchal duc de Dalmatic, Président du Conscil, sur les affaires de l'Algérie, el, particulièrement, sur les questions intéressant la colonisation militaire.

Si l'on ne me comprend pas, disait-il le 21 août à son ancien aide-de-camp de Saint-Arnaud, si l'on ne veut pas me comprendre, je ne reviendrai pas. Si tout s'arrange, comme je le crois, je serai à Alger dans les premiers jours de novembre.

L'intérim du Gouverneur général était laissé de nouveau au commandant de la province d'Oran, le général de La Moricière.

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