‹ Le génie de la révolutionChapitre 112 sur 191 · CAHIERS DES CORPORATIONS PARISIENNES · texte numérisé non relu

CAHIERS DES CORPORATIONS PARISIENNES

de Paris, les bourgeois paraissent moins disposés à réclamer contre l'exclusion des habitants les plus pauvres, qu'à se plaindre simplement de la dispersion des corporations d'arts et métiers dans les collèges électoraux. Les six corps des marchands et les 44 communautés industrielles, de nouveau créés par Fédit d'août 1776, cassant l'édit du mois de février précédent qui les avait supprimés * , ne participaient pas d'une manière directe et collective aux élections parisiennes, comme ils avaient participé aux élections de tous les autres bailliages et sénéchaussées. Mais, les maîtres marchands et les maîtres ouvriers entrant individuellement et grâce à leurs lettres ^e maîtrise dans les assemblées primaires, ils s'y trpuvent souvent assez nombreux pour faire insérer, parmi les doléances et réclamations des districts, leurs griefs et vœux corporatifs ^. De plus, au seul titre de membres d'associations légalement reconnues, ils peuvent tenir des assemblées particulières, rédiger des protestations et des Cahiers, non officiels, il est vrai, mais que rien ne les empêche de faire imprimer, de déposer dans la boîte de THÔtel-de-Ville ou l'armoire du Châtelet, et même d'adresser directement au ministère ^

* Voir cet édit dans le tome II, p. 545, de V Histoire des Classes ouvrières, par M . E. Levasseur.

2 Les districts de Notre-Dame, de Saint-Séverin, des Mathurins, du Petit-Saint-Antoine» de Saint-Jean-en-Grève, demandent le rétablissement des maîtrises avec leurs statuts tels qu'ils existaient avant la réforme de 1776, la remise en jurande de tous les arts et métiers, le maintien et le perfectionnement des maîtrises et jurandes, etc.

3 Les protestations et Cahiers des corporations parisiennes, qui se trouvent dans la Collection générale, aux Archives, nWrent pas beaucoup d'intérêt soit politique, soit même social. On n'y parle que des intérêts de telle ou telle profession, on n'y réclame que le maintien des

Enfin, ils ne forment que l'infime minorité des commerçants et artisans de la capitale, car depuis très-longtemps les ouvriers du faubourg Saint-Antoine travaillent librement, par privilège * , et depuis 1776, beaucoup d'industries se sont affranchies en refusant obstinément d'acquitter les droits de maîtrise '.

L'absence des travailleurs indépendants était donc seule regrettable et leur exclusion, évidemment systématique, pouvait seule faire l'objet des protestations des districts. En demandant la suppression de tous les privilèges exclusifs, hormis ceux accordés temporairement aux inventeurs *, les électeurs des quartiers populaires se plaignent de ne pas voir au milieu d'eux « leurs concitoyens, les journaliers et gagnedeniers , » et estiment de leur devoir de se considérer « comme s'ils leur avaient confié leurs intérêts *. »

La pauvreté, disent dans leurs doléances les électeurs du faubourg Saint-Denis, <« la pauvreté qui af-

privilèges industriels acquis à prix d*argent; des droits de Thommeet du citoyen, il n*en est pas question. — Voir les Observations^ en forme de motion, des plumassières- fleuristes ; le Mémoire pour les marchands amidonniers; la Lettre des maîtres peintres, sculpteurs et marbriers, le Cahier des marchandes démodes; le Mémoire des fruitiers, orangers; le Mémoire des bouquetières-fleuristes et ehapelières en fleurs ; manuscrits. — Les Doléances des loueurs de carrosses, celles des marchands forains 4es halles, celles des théâtres, imprimées, sont plus favorables à la liberté industrielle.

^ E. Levasseur, Histoire des classes ouvrières, t. H, p. 187.

'-i Ibidem, p. 406.

s Cahier du district de Saint-André-des-AHs.

* District Saint-Joseph. — Même idée aux districts des Jacobins-Saiot- Honoré et des Petits-Augostins.

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