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PROTESTATIONS EN FAVEUR DU PROLÉTARIAT

flige le district Saint-Laurent est attestée parle procèsyerbal de rassemblée de ceux qui Thabitent, tenue le 21 avril dans leur église paroissiale, sous la présidence deM. Jusselin, par eux choisi à cet effet. Ce procès-verbal constate qu'après des affiches et des publications, par lesquelles tous les habitants payant 6 livres de capitation seulement étaient invités à se rendre à cette assemblée, il ne s'y est trouvé que 81 votants. » En conséquence, ceux-ci n'ont pas cru devoir ne s'occuper que de la misère de leurs concitoyens et des moyens d'y porter remède * .

f « La pauvreté, lit-on dans le même Cahier da district Saint-Laurent, ne devrait point être le partage des hommes laborieux; et tous ou presque tous les habitants de ce district sont laborieux, mais ils sont pour la plupart chargés de familles nombreuses, et le produit de l'emploi de leurs bras, de leurs sueurs et de leur travail ne suffit point à Ventretien de leur ménage. Il est clair conséquemment que la pauvreté qui les tourmente prend sa source dans des causes étrangères» et ces causes étrangères ne sont autres que T élévation maladroitement et mal à propos donnée au prix des subsistances. »

Suivent les demandes que voici :

Réduction du prix du pain, — encouragements à l'agriculture, — défense d'exporter les grains et farines, — libre circulation des blés à l'intérieur, — l'administration des subsistances aux mains d'élus du peuple, qui régleront le prix de vente des blés et farines.

Et c'est tout; pas un mot de politique.

Le Cahier de Saint-Laurent (manuscrit), a été déposé le 23 avril par Bourdon -Desplanches, l'un des électeurs nommés.

Plusieurs autres districts, à l'imitation de Saint-Laurent, ne voulurent s'occuper que des absents et de leur misère. Quelques-uns, sans doute par respect du droit du peuple exclu, ne donnèrent que des instructions verbales aux électeurs et s'abstinrent de dépoSer aucun Cahier. Je m'explique ainsi pourquoi je n'ai retrouvé ni aux Archives de France, ni aux Archives de l'Hôtel-de- Ville de Paris, les pièces concernant onze des soixante districts. Je regrette surtout l'absence de documents sur les Filles-Dieu, Saint-Merri, Saint-Jacques-la-Boucberie, les Enfants-Trouvés et Sainte-Marguerite. — Voir, concernant l'état des pièces ofQcielles

Mais si le prolétariat parisien, incapable de se réunir , comme le travail privilégié , en assemblées spéciales, ne pouvait pas, ou ne pouvait que dans une mesure très-insuffisante, protester, se plaindre et agir par l'organe des assemblées primaires, il ne lui était cependant pas impossible de revendiquer son droit, de crier sa misère et de poser la question sociale. La presse était libre et les écrivains, à même de connaître le peuple et capables d'élever la voix en son nom, n'étaient pas rares.

L'auteur ou les auteurs anonymes de la Pétition des cent cinquante mille ouvriers et artisans de Paris^ s'écrient : « Patrie, ouvre ton sein à tes enfants !... Pourquoi faut-il que 150,000 individus, utiles à leurs concitoyens soient repoussés de leurs bras? Pourquoi nous oublier, nous, pauvres artisans, sans lesquels nos frères éprouveraient les besoins que nos corps infatigables satisfont et préviennent chaque jour? Ne sommes-nous pas des hommes, des Français, des citoyens?» — Pourquoi n'aurons-nous aucun députéde notre classe parmi ceux du Tiers-État, disent d'autres voix, qui s'élèvent en faveur a des manouvriers, journaliers, artisans et autres dépourvus de toute propriété, » généralement repoussés de la cité dans le pays entier, et qui pourtant « composent spécialement la classe du pauvre peuple, et malheureusement la moitié de la nation française ^? »

relatives aux élections de Paris, le n* 13 des Éclaircissements et pièces justificatives de ce volume.

* Cette petite brochure anonyme est datée du 3 mai 1789.

2 Doléances du pauvre peuple, petite brochure du 25 avril. — Dans une autre, Y Argument des pauvres aux États Généraux, M"* Sophie

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